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Togo Presse

27 Sept 2006

[ 7374 du 26 Sept 2006]

 

« La charcuterie de la  République » : un genre nouveau ,une œuvre nouvelle à découvrir

Comédie ou pièce de théâtre, « La charcuterie de la  République » est une œuvre de 63 pages parue aux éditions Graines de Pensées ce mois-ci à Lomé. Elle est écrite par notre compatriote Frédéric Gakpara-Yawo, comédien confirmé, directeur du centre culturel Denyigba et responsable de la compagnie les Kami scènes. L’auteur est également porte-parole du collectif des Artistes Promoteurs et Journalistes culturels ainsi que membre de la coalition togolaise pour la diversité culturelle…

Première œuvre de l’auteur après plusieurs représentations qui ont fait salle comble à Lomé, « La charcuterie de la  République » est une pièce de théâtre qui révolutionne le genre par son originalité, son audace et son humour.

            La thématique qui s’en dégage est la vie sociopolitique et culturelle de notre pays mais l’auteur, au lieu de la traiter simplement, a voulu la faire transparaître à travers la presse, les journaux. Un domaine qui, sans doute offre un champ ou une plate-forme plus vaste à l’auteur pour combattre les divers maux de la société.

            En fait, l’œuvre rapporte l’histoire d’un vendeur de journaux à la criée. Il est « black », costaud, sympathique, dynamique et très volubile, toujours à la recherche de meilleures stratégies pour mettre les clients dans sa poche. Et « La charcuterie de la  République » (titre au demeurant évocateur), « le quotidien indépendant d’informations et d’analyses » est son journal préféré que notre vendeur lit et commente à haute voix à l’adresse de la clientèle. Il interpelle les clients, les amadoue, use de tout et surtout, de l’ironie pour attirer leur attention, à la manière d’un conteur.

            Par sa structure, la pièce veut rompre avec celle du théâtre classique (subdivision en actes et scènes, plusieurs personnages évoluant sur scène, respect de la règle des trois unités...). Au contraire, un seul personnage (le vendeur de journaux) évolue sur scène, jusqu’à la fin de la pièce, une pièce subdivisée en refrains comme dans une chanson. Ces refrains sont à leur tour scindé en chapitres portant des titres.

            Le style de cette pièce est également nouveau avec un langage courant, familier, une écriture où se côtoient le français et les langues locales (éwé, kotokoli, kabyè, etc.) et où foisonnent des néologismes.

            Genre nouveau que le dramaturge appelle « théâtre libertin », « La charcuterie de la  République » est très proche du concert-party, théâtre populaire en vogue au Togo dans les années 80. C’est la réécriture de ce genre tôt disparu, où acteurs et spectateurs s’interpellent, communient dans une parfaite complicité.

            « Le théâtre libertin est un fait certes d’une littérature écrite mais aussi et surtout du droit du spectateur d’y placer son mot d’y pousser son cri, d’y mêler son râle, quand l’envie lui en prend. Le principe du théâtre libertin est de violer tout principe, pour expérimenter tout facteur de jouissance extrême au théâtre », peut-on lire dans l’avant-propos que l’auteur propose aux pages 11 et 12 de l’œuvre. Ce dernier justifie le choix de ce genre par le fait que « dans notre monde, la parole ne se donne plus, elle s’arrache ». Et quand on a la chance de la tenir, il faut dire ce que l’on pense quels que soient le moment et l’endroit où l’on se trouve, sans s’encombrer de lois, de commodités  de rituels inutiles.

            Ainsi se présente « La charcuterie de la  République », une belle pièce novatrice et rénovatrice du théâtre au Togo et sur le plan international, une pièce majeure par sa technique et son style, une œuvre que le lecteur averti ne manquera pas de remarquer.

Blandine TAGBA

 
[ 7373 du 25 Sept 2006]
20e anniversaire de l’agression terroriste du 23 septembre / Sur fond de réconciliation nationale :  Une armée unie au service de la nation

Le vingtième anniversaire de l’agression terroriste du 23 septembre 1986 a été commémoré samedi dernier sur toute l’étendue du territoire national dans un esprit de réconciliation, mais aussi de renouveau pour le progrès de notre pays. A Lomé, les manifestations commémoratives ont été marquées par une parade militaire précédée d’une cérémonie de remise des médailles décoratives au camp général Gnassingbé Eyadema. Elles se sont déroulées sous la présidence du chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, entouré, pour la circonstance du Premier ministre, Me Yawovi Madji Agboyibo et du président de l’Assemblée nationale, El Hadj Abass Bonfoh. On notait également la présence des membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée nationale, des membres du corps diplomatique, de plusieurs autorités militaires et civiles ainsi que de nombreuses invités et curieux.

C’est par un défilé sur le boulevard des Armées en face du camp gal. Gnassingbé Eyadema que les différentes composantes des forces armées et de sécurité ont rendu un hommage aux victimes et à la vaillante armée qui avait repoussé l’attaque dans cette horrible nuit du 23 septembre 1986.

            Tout a commencé peu après 10 heures avec l’arrivée et l’installation des trois plus hauts responsables du pays, notamment le président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, le Premier ministre, Me Yawovi Madji Agboyibo et le président de l’Assemblée nationale, El Hadj Abass Bonfoh.

            Auparavant, officiers généraux et supérieurs des Forces Armées Togolaises (FAT), membres du gouvernement et du corps diplomatique, députés, autorités politiques, administratives, religieuses et traditionnelles ainsi que de nombreux curieux avaient pris place dès les premières heures de la matinée.

            Le défilé proprement dit n’a débuté qu’après une prestation des chorales, « Avenir » de l’Université de Lomé, SS Pierre et Paul et Femmes FAT de Lomé.

            C’est le Col Lémou, chef corps du Régiment Para Commando (RPC) qui a ouvert le défilé suivi de près par l’étendard porté par des éléments de tous les corps des FAT

La Gendarmerie nationale, l’Armée de l’Air et la Marine nationale amenées respectivement par le chef d’Escadron Kondji, le Cdt. Mourouma et le Cne de Corvette Mignarbouga suivront.

            A la suite des trois unités passeront les Régiments. D’abord le Régiment de Soutien et d’Appui (RSA) du Lt-Col. Atoueme, le 1er Régiment d’Infanterie (RI) du Cdt Kemence, le 2e RI du Lt-Col Kpélenga et le 3e Régiment Inter-Armes du Cdt Bataba.

            Le passage des Régiments a été bouclé par les éléments du RPC et du Régiment Commando de la Garde Présidentielle (RCGP) que dirigeaient respectivement le Cne Korodowou et le Col Bali.

            Chacun des deux régiments avait une démarche particulière, les uns aux pas des félins, les autres comme des fauves martelant le macadam.

            Au demeurant, la prestation de toutes ces composantes des FAT montre leur détermination et leur capacité à défendre l’intégrité territoriale et les institutions républicaines puis veiller à la sécurité des citoyens et de leurs biens.

            Certaines chansons qu’ils fredonnaient à leur passage l’exprimaient si bien : « Pour protéger le peuple paisible, nous veillerons. Pour protéger la patrie, nous serons là… ».

            Les FAT ont par la même occasion prouvé leur loyauté et leur soutien à la politique du chef de l’Etat. Ainsi, on pouvait lire sur certaines banderoles des inscriptions telles : « Président Faure, nous soutenons votre politique de paix et de réconciliation pour le progrès du Togo ».

            Les troupes motorisées notamment, les Jeeps tout terrain, les véhicules de transport de troupes, les batteries anti-aériennes et les chars d’assaut ont également marquée leur passage avec en tête le LT-Col Kadangah, chef corps de la Force d’Intervention Rapide (FIR).

            De même, les corps paramilitaires n’étaient pas du reste. Dans l’ordre et la discipline, la Police nationale, les Gardiens de préfecture, les Sapeurs pompiers, la Douane et les Eaux et Forêts devancés respectivement par le commissaire divisionnaire Atayi, les Lts-Cols Zoumavor et N’Zono, le Brigadier-chef Alidou et le Cne Agaté ont eux aussi prouvé, à travers leurs prestations, leur attachement à la paix, à la sécurité, à la réconciliation et à la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.           

            Le défilé au cours duquel l’ambiance a été entretenue alternativement par les musiques des FAT, du RSA du RPC et du RCGP a pris fin à 11 heures un quart avec le départ du chef de l’Etat et des autres autorités.

Plusieurs membres des FAT décorés

Les festivités de l’agression terroriste du 23 septembre 1986, célébrées sous le signe de la réconciliation, ont démarré par une cérémonie de décoration de plusieurs officiers et hommes de troupe. C’était au camp gal Gnassingbé Eyadema en présence de nombreuses personnalités tant politiques, civiles que militaires.

Pour cette cérémonie, le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé a remis des insignes honorifiques de divers degrés à 17 officiers supérieurs des Forces Armées Togolaises (FAT) et à quatre autres officiers coopérants militaires. Parmi les récipiendaires, on notait deux commandeurs de l’Ordre de Mono, trois officiers du même ordre, sept commandeurs et neuf officiers de l’Ordre National du Mérite.

Auparavant, le ministre Kpatcha Gnassingbé de la Défense et des Anciens Combattants et le chef d’état major général des FAT, le gal. Zakari Nandja avaient médaillé plusieurs autres personnalités militaires et hommes de troupes.

A cette phase 873 récipiendaires ont reçu la Médaille de mérite militaire, 38 et 24 autres ont été élevés respectivement au rang de Chevaliers et d’Officiers de l’Ordre national du Mérite.

La cérémonie de décoration a pris fin aux environs de 10 heures avec le retrait du chef de l’Etat des lieux.

A son départ, comme à son arrivée, il eut droit aux honneurs militaires que lui ont rendus tous les corps militaires et paramilitaires placés sous les ordres du Col Lémou.

Les festivités se sont poursuivies dans la soirée au même camp gal Eyadema par un grand banquet.
 

Rigobert BASSADOU & Bernardin ADJOSSE

 

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