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La
bouillie « coco » a généralement une couleur
qui s’apparente à celle du mil. Elle peut aussi
prendre la couleur blanche. La technique de
préparation est traditionnelle et la bouillie est
prête à la consommation au bout de deux jours. Coco
est tiré du mil, du petit mil, du sorgho et parfois
du maïs. Il est aussi obtenu à partir du mélange du
mil et du maïs ou du mil et du petit mil, des
mélanges qui lui donnent sa couleur et une certaine
consistance. Ainsi, du coco fait à base du maïs ou
du petit mil a une couleur blanche alors que celui
obtenu à base du mil prend la couleur de ce céréale.
La bouillie est également préparée à base du maïs
mélangé avec « adako » feuilles d’une plante
qu’on mélange avec certaines substances pour obtenir
sa couleur traditionnelle.
Par contre, dans certaines régions,
contrées, ethnies et particulièrement chez les
Haoussa, le céréale est mélangé avec du gingembre ou
du piment pour lui donner un autre goût, parfois
piquant. Les consommateurs du coco l’accompagnent
souvent de tourteaux (« couli-couli »), de
beignets, de gâteaux. Certains la préfèrent sucrée,
d’autres sans sucre.
En période de jeûne en pays musulman,
coco sert de petit-déjeuner ou de déjeuner selon les
personnes. Cette bouillie peut être conservée
pendant au moins trois jours, sans qu’on la
réchauffe ou qu’on la mette au frais. Et au bout de
deux ou trois jours, mélangée à de l’eau, elle
atténue la faim, d’où son intérêt auprès des
personnes qui effectuent des voyages de plusieurs
jours.
Des gens la préparent à la maison,
d’autres préfèrent la commander auprès des
revendeuses. C’est une période très fructueuse pour
les revendeuses, car les chiffres d’affaires
augmentent. Des femmes se sont essayées dans cette
activité pendant cette période et n’ont jamais
arrêté.
A l’origine, la préparation du coco
était l’apanage des certaines populations de la
région septentrionale, celles de la Région Centrale
surtout. Contrairement à « akassan », « aklui »
ou « tapioca », bouillies longtemps préférées
par les populations du Sud, coco était l’aliment
privilégié du pays « Tem », dont la grande
majorité est de religion musulmane. Il était un
aliment qui servait de petit-déjeuner à la place du
thé et un second lait maternel pour les bébés. Mais
aujourd’hui, force est de constater que dans toutes
les localités du Togo, coco est produit et consommé.
Des femmes non originaires du pays Tem sont
parvenues à maîtriser les techniques de préparation.
Ainsi, tous les matins, surtout les
soirs, nombreuses sont les femmes qui dressent des
étals au bord des rues pour vendre cette bouillie.
Elles font d’ailleurs de ce commerce leur activité
principale. Et ce commerce leur réussit parce que
nombre de Loméens font du coco leur principale
nourriture.
Coco, aliment très apprécié
Dans les divers quartiers de la ville de
Lomé, on en trouve de nombreux points de vente de
coco et la clientèle, des nationaux comme des
étrangers, afflue. Au rond-point du quartier Trésor,
rares sont les passants dont l’attention n’est pas
attirée, les soirées, par l’attroupement qui se
forme autour de la revendeuse de coco. Cette
bouillie est rentrée dans les habitudes alimentaires
de certaines personnes à tel point qu’elles ne s’en
passent pratiquement pas. « J’habite Agoè. Au
sortir du service, je passe prendre la bouillie
avant de rentrer. Si je suis pressé, je me fais
servir dans un sachet, pour la boire à la maison »,
déclare Alassane. « Coco me sert de dîner. Chaque
soir, avec 50F de bouillie et 50F de beignet, j’ai
le ventre plein », confie l’apprenti mécanicien
Koffi. Chaque soir, en longeant la rue pavée de
Djodjolé, l’on peut compter une trentaine de
revendeuses de coco et les clients sont toujours au
rendez-vous. Certains en prennent en raison de sa
consistance et son coût relativement bas, d’autres
par habitude acquise depuis l’enfance.
Un
commerce florissant
Dans cette activité, rares sont les
revendeuses qui abandonnent. Bien au contraire elles
cherchent d’autres lieux de vente à leurs sœurs. En
définitive le commerce est florissant et les
revendeuses le confirment. « Au retour du
Nigeria, je ne pensais m’installer à Lomé. La vente
de coco m’a stabilisée ; j’ai tiré bien de bénéfices
et au bout de deux ans, mes réalisations sont
nombreuses », confie Zarata qui regrette son
aventure au Nigeria. Pour Ablavi, 35 ans, ce sont
les réalisations faites par sa voisine qui l’ont
amenée à installer sa baraque à 50 m d’elle.
« Elle avait beaucoup de clients, certains
attendaient longtemps avant d’être servis. Au bout
de quelques mois, elle avait changé de look et le
nombre de ses serveuses a augmenté », dit-elle
avant de préciser que la plupart des femmes qui se
lancent dans ce commerce trouvent leur compte.
Ablavi n’a jamais diminué les 5 bols de mil par jour
qu’elle prépare. « Coco rapporte beaucoup »,
souligne de son côté Angèle, qui ajoute : « je ne
pense pas l’abandonner en dépit du fait que
je rentre tard dans la nuit, car les bénéfices
réalisés m’ont permis de payer mes dettes et de
trouver la paix ».
Isabelle KUEGAH-TOYO
Réforme dans l’enseignement supérieur
Le
LMD introduit à la rentrée académique 2006-2007
L’Université
de Lomé organise, du 20 au 29 septembre, des
journées, d’information sur le système LMD
(Licence–Master–Doctorat), une réforme en cours dans
l’enseignement supérieur au Togo. L’ouverture de
cette manifestation a été marquée hier par une
conférence de presse, tenue à l’auditorium du campus
universitaire de Lomé, en présence des premiers
responsables de l’éducation nationale et des
journalistes.
Le LMD (Licence–Master–Doctorat) est un
système de formation universitaire, inspiré du
modèle d’enseignement anglo-saxon. C’est une réforme
entreprise par des pays francophones dont la
finalité est de réduire l’échec dans les universités
de ces Etats et adapter la formation aux besoins du
monde du travail.
Le système LMD est en effet un cursus de
formation avec une architecture en trois grades :
Licence–Master–Doctorat, dont les contenus sont
organisés en domaines pluri et transdisciplinaires
comportant des parcours diversifiés. Le domaine, qui
ne coïncide pas toujours avec la carte des facultés
et départements existants, recouvre plusieurs
disciplines avec leurs champs d’application
(professionnels et leurs grands champs de
compétence). Ces parcours s’effectuent dans un
processus qui est le chemin que l’étudiant choisit
pour réaliser ses projets de formation et
professionnel, grâce aux Unités d’Enseignement (UE)
qui lui sont proposées dans les différents domaines,
notamment.
L’enseignement, dans le système LMD, est
organisé, non plus en année, mais en semestre qui
devient ainsi la durée périodique de base des
formations. Les programmes d’enseignement
comportent, à la place des matières, des UE que
l’étudiant valide une à une et capitalise en vue
d’obtenir un diplôme.
Dans le dispositif du LMD, les
formations ont l’avantage d’être conçues en parcours
en fonction des compétences que l’apprenant doit
présenter à sa sortie de l’Université. Ce système
présente aussi de nombreux avantages pour la société
(augmentation du nombre de métiers, adaptation des
formations aux besoins sociaux…) et pour les
enseignants : mobilité, réduction du volume horaire
des cours, meilleure adaptation des formations au
profil des enseignants etc.
Dans ce registre, les étudiants ont
également beaucoup de gains. Ils sont liés, entre
autres, à une mobilité plus facile vers d’autres
université, à la souplesse dans le choix des
parcours de formation, à la flexibilité et
adaptation de la formation aux possibilités de
l’étudiant (il devient un acteur adulte et
responsable de sa formation), etc.
Par contre, la réussite de cette
nouvelle réforme exige autant d’obligations et
d’engagements de la part des différents partenaires
et bénéficiaires du Système LMD.
Tout ceci constitue, en résumé, les
quelques éléments des offres de formation du LMD,
qui ont été présentés au cours de la conférence de
presse. Les membres de la commission d’étude et de
mise en œuvre qui ont animé cette rencontre, ont
davantage éclairé l’assistance, lors des débats, sur
plusieurs autres axes d’opportunités que comporte ce
système.
« L’objectif visé est d’offrir aux
étudiants des formations plus variées et riches, en
vue de les rendre capables de s’adapter aux
exigences du marché de l’emploi et aux mutations de
l’économie mondialisée », a relevé le président
de l’UL, le Pr. Nicoué Gayibor. Il a précisé que les
stratégies nécessaires à la mise en œuvre de ces
objectifs imposent à «nos institutions, une
autre façon d’enseigner, d’évaluer et de gérer et, à
nos étudiants, une autre façon d’acquérir des
connaissances et surtout des aptitudes
professionnelles plus grandes ».
A ce jour, 17 établissements publics
d’enseignement supérieur venant de sept pays
francophones dont le Togo et regroupés au sein du
Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur
en Afrique de l’Ouest (REESAO), participent à cette
dynamique de réforme.
Kokou KATAKA |
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« Les technologies de l’information dans
l’éducation » sera le thème de la conférence des
chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en
partage qui se tiendra à Bucarest, capitale du pays
hôte. La Roumanie, le pays organisateur de cette
rencontre, est le premier des 13 pays francophones
d’Europe Centrale et Orientale à avoir été admis au
sein de l’organisation et en voie d’intégration dans
l’Union Européenne.
Aux journalistes, M. Etienne Alingué,
directeur du BRAO, a expliqué que le prochain sommet
est une étape institutionnelle importante, car il
permettra à l’OIF de faire le bilan des acquis
depuis le Xe sommet, de rénover les
instances de l’institution et de lui donner des
orientations nouvelles. Il a précisé que le sommet
de Bucarest va s’appesantir sur un thème
d’actualité, celui de l’Education et des Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication
(NTIC). Ce sera, selon lui, une occasion pour les
acteurs réunis de voir dans quelles mesures les NTIC
peuvent contribuer à l’épanouissement des élèves,
dans un monde où des millions d’enfants ne sont pas
scolarisés et où également une grande portion de la
population adulte est analphabète ou illettrée. Le
sommet va donc relancer une coopération
intergouvernementale dans ce domaine clé de
développement durable.
M. Alingué a également dit que le prochain
sommet sera l’occasion de défendre les objectifs et
de témoigner de la richesse de la Francophonie en
Europe Centrale et de l’Est.
Le consul général honoraire de la Roumanie au Togo,
M. Alin Loan Roman, de son côté, s’est dit fier du
choix porté sur son pays pour accueillir le prochain
sommet. Il a rassuré les participants que tout était
prêt pour un accueil chaleureux à Bucarest. Le
consul a exprimé son espoir, qu’en ensemble avec les
autorités togolaises, de pouvoir répondre à tous les
défis que la société de l’information et le domaine
de l’éducation posent aux pays.
Diverses personnalités comme les
présidents du comité d’organisation de l’Année
Senghor ainsi que le directeur du SIREL (Village du
Bénin) étaient également intervenus pour éclairer
davantage les journalistes.
Le sommet de Bucarest sera précédé par la
réunion des deux autres instances de la
Francophonie : le Conseil permanent le 25 septembre
et la Conférence ministérielle le 26.
Blandine TAGBA |