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Togo Presse

21 Sept 2006

[ 7371 du 21 Sept 2006]

 

Economie informelle La vente de « coco », une activité génératrice de revenus

La situation économique difficile que connaît le pays a amené de nombreux citoyens à se lancer dans diverses activités génératrices de revenus. C’est ainsi que beaucoup de femmes de la capitale, Lomé, ont choisi depuis un certain temps de préparer et vendre du « coco », bouillie obtenue, de tradition, à base du mil. Jadis considéré comme aliment propre à certaines populations de la partie septentrionale du pays, « coco » est, aujourd’hui, de plus en plus prisé par les Togolais en général et les Loméens en particulier. Bref, cette bouillie rentre progressivement dans les habitudes alimentaires de nombreux citoyens.

La bouillie « coco » a généralement une couleur qui s’apparente à celle du mil. Elle peut aussi prendre la couleur blanche. La technique de préparation est traditionnelle et la bouillie est prête à la consommation au bout de deux jours. Coco est tiré du mil, du petit mil, du sorgho et parfois du maïs. Il est aussi obtenu à partir du mélange du mil et du maïs ou du mil et du petit mil, des mélanges qui lui donnent sa couleur et une certaine consistance. Ainsi, du coco fait à base du maïs ou du petit mil a une couleur blanche alors que celui obtenu à base du mil prend la couleur de ce céréale. La bouillie est également préparée à base du maïs mélangé avec « adako » feuilles d’une plante qu’on mélange avec certaines substances pour obtenir sa couleur traditionnelle.

            Par contre, dans certaines régions, contrées, ethnies et particulièrement chez les Haoussa, le céréale est mélangé avec du gingembre ou du piment pour lui donner un autre goût, parfois piquant. Les consommateurs du coco l’accompagnent souvent de tourteaux (« couli-couli »), de beignets, de gâteaux. Certains la préfèrent sucrée, d’autres sans sucre.

            En période de jeûne en pays musulman, coco sert de petit-déjeuner ou de déjeuner selon les personnes. Cette bouillie peut être conservée pendant au moins trois jours, sans qu’on la réchauffe ou qu’on la mette au frais. Et au bout de deux ou trois jours, mélangée à de l’eau, elle atténue la faim, d’où son intérêt auprès des personnes qui effectuent des voyages de plusieurs jours.

            Des gens la préparent à la maison, d’autres préfèrent la commander auprès des revendeuses. C’est une période très fructueuse pour les revendeuses, car les chiffres d’affaires augmentent. Des femmes se sont essayées dans cette activité pendant cette période et n’ont jamais arrêté.

            A l’origine, la préparation du coco était l’apanage des certaines populations de la région septentrionale, celles de la Région Centrale surtout. Contrairement à « akassan », « aklui » ou « tapioca », bouillies longtemps préférées par les populations du Sud, coco était l’aliment privilégié du pays « Tem », dont la grande majorité est de religion musulmane. Il était un aliment qui servait de petit-déjeuner à la place du thé et un second lait maternel pour les bébés. Mais aujourd’hui, force est de constater que dans toutes les localités du Togo, coco est produit et consommé. Des femmes non originaires du pays Tem sont parvenues à maîtriser les techniques de préparation.

            Ainsi, tous les matins, surtout les soirs, nombreuses sont les femmes qui dressent des étals au bord des rues pour vendre cette bouillie. Elles font d’ailleurs de ce commerce leur activité principale. Et ce commerce leur réussit parce que nombre de Loméens font du coco leur principale nourriture.

Coco, aliment très apprécié

            Dans les divers quartiers de la ville de Lomé, on en trouve de nombreux points de vente de coco et la clientèle, des nationaux comme des étrangers, afflue. Au rond-point du quartier Trésor, rares sont les passants dont l’attention n’est pas attirée, les soirées, par l’attroupement qui se forme autour de la revendeuse de coco. Cette bouillie est rentrée dans les habitudes alimentaires de certaines personnes à tel point qu’elles ne s’en passent pratiquement pas. « J’habite Agoè. Au sortir du service, je passe prendre la bouillie avant de rentrer. Si je suis pressé, je me fais servir dans un sachet, pour la boire à la maison », déclare Alassane. « Coco me sert de dîner. Chaque soir, avec 50F de bouillie et 50F de beignet, j’ai le ventre plein », confie l’apprenti mécanicien Koffi. Chaque soir, en longeant la rue pavée de Djodjolé, l’on peut compter une trentaine de revendeuses de coco et les clients sont toujours au rendez-vous. Certains en prennent en raison de sa consistance et son coût relativement bas, d’autres par habitude acquise depuis l’enfance.

Un commerce florissant

            Dans cette activité, rares sont les revendeuses qui abandonnent. Bien au contraire elles cherchent d’autres lieux de vente à leurs sœurs. En définitive le commerce est florissant et les revendeuses le confirment. « Au retour du Nigeria, je ne pensais m’installer à Lomé. La vente de coco m’a stabilisée ; j’ai tiré bien de bénéfices et au bout de deux ans, mes réalisations sont nombreuses », confie Zarata qui regrette son aventure au Nigeria. Pour Ablavi, 35 ans, ce sont les réalisations faites par sa voisine qui l’ont amenée à installer sa baraque à 50 m d’elle. « Elle avait beaucoup de clients, certains attendaient longtemps avant d’être servis. Au bout de quelques mois, elle avait changé de look et le nombre de ses serveuses a augmenté », dit-elle avant de préciser que la plupart des femmes qui se lancent dans ce commerce trouvent leur compte. Ablavi n’a jamais diminué les 5 bols de mil par jour qu’elle prépare. « Coco rapporte beaucoup », souligne de son côté Angèle, qui ajoute : « je ne pense pas l’abandonner en dépit du fait que je rentre tard dans la nuit, car les bénéfices réalisés m’ont permis de payer mes dettes et de trouver la paix ».

Isabelle KUEGAH-TOYO

Réforme dans l’enseignement supérieur Le LMD introduit à la rentrée académique 2006-2007
L’Université de Lomé organise, du 20 au 29 septembre, des journées, d’information sur le système LMD (Licence–Master–Doctorat), une réforme en cours dans l’enseignement supérieur au Togo. L’ouverture de cette manifestation a été marquée hier par une conférence de presse, tenue à l’auditorium du campus universitaire de Lomé, en présence des premiers responsables de l’éducation nationale et des journalistes.

            Le LMD (Licence–Master–Doctorat) est un système de formation universitaire, inspiré du modèle d’enseignement anglo-saxon. C’est une réforme entreprise par des pays francophones dont la finalité est de réduire l’échec dans les universités de ces Etats et adapter la formation aux besoins du monde du travail.

            Le système LMD est en effet un cursus de formation avec une architecture en trois grades : Licence–Master–Doctorat, dont les contenus sont organisés en domaines pluri et transdisciplinaires comportant des parcours diversifiés. Le domaine, qui ne coïncide pas toujours avec la carte des facultés et départements existants, recouvre plusieurs disciplines avec leurs champs d’application (professionnels et leurs grands champs de compétence). Ces parcours s’effectuent dans un processus qui est le chemin que l’étudiant choisit pour réaliser ses projets de formation et professionnel, grâce aux Unités d’Enseignement (UE) qui lui sont proposées dans les différents domaines, notamment.

            L’enseignement, dans le système LMD, est organisé, non plus en année, mais en semestre qui devient ainsi la durée périodique de base des formations. Les programmes d’enseignement comportent, à la place des matières, des UE que l’étudiant valide une à une et capitalise en vue d’obtenir un diplôme.

            Dans le dispositif du LMD, les formations ont l’avantage d’être conçues en parcours en fonction des compétences que l’apprenant doit présenter à sa sortie de l’Université. Ce système présente aussi de nombreux avantages pour la société (augmentation du nombre de métiers, adaptation des formations aux besoins sociaux…) et pour les enseignants : mobilité, réduction du volume horaire des cours, meilleure adaptation des formations au profil des enseignants etc.

            Dans ce registre, les étudiants ont également beaucoup de gains. Ils sont liés, entre autres, à une mobilité plus facile vers d’autres université, à la souplesse dans le choix des parcours de formation, à la flexibilité et adaptation de la formation aux possibilités de l’étudiant (il devient un acteur adulte et responsable de sa formation), etc.

            Par contre, la réussite de cette nouvelle réforme exige autant d’obligations et d’engagements de la part des différents partenaires et bénéficiaires du Système LMD.

            Tout ceci constitue, en résumé, les quelques éléments des offres de formation du LMD, qui ont été présentés au cours de la conférence de presse. Les membres de la commission d’étude et de mise en œuvre qui ont animé cette rencontre, ont davantage éclairé l’assistance, lors des débats, sur plusieurs autres axes d’opportunités que comporte ce système.

            « L’objectif visé est d’offrir aux étudiants des formations plus variées et riches, en vue de les rendre capables de s’adapter aux exigences du marché de l’emploi et aux mutations de l’économie mondialisée », a relevé le président de l’UL, le Pr. Nicoué Gayibor. Il a précisé que les stratégies nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs imposent à «nos  institutions, une autre façon d’enseigner, d’évaluer et de gérer et, à nos étudiants, une autre façon d’acquérir des connaissances et surtout des aptitudes professionnelles plus grandes ».

            A ce jour, 17 établissements publics d’enseignement supérieur venant de sept pays francophones dont le Togo et regroupés au sein du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO), participent à cette dynamique de réforme.

Kokou KATAKA

 
[ 7370 du 20 Sept 2006]
Prochain sommet de la Francophonie en Roumanie : Les journalistes éclairés sur le programme des manifestations

Une conférence de presse sur le XI sommet de la Francophonie, les 28 et 29 septembre prochains en Roumanie, s’est tenue hier au siège du Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest de l’Organisation Internationale de la Francophonie (BRAO-OIF) à Lomé.

« Les technologies de l’information dans l’éducation » sera le thème de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en partage qui se tiendra à Bucarest, capitale du pays hôte. La Roumanie, le pays organisateur de cette rencontre, est le premier des 13 pays francophones d’Europe Centrale et Orientale à avoir été admis au sein de l’organisation et en voie d’intégration dans l’Union Européenne.

            Aux journalistes, M. Etienne Alingué, directeur du BRAO, a expliqué que le prochain sommet est une étape institutionnelle importante, car il permettra à l’OIF de faire le bilan des acquis depuis le Xe sommet, de rénover les instances de l’institution et de lui donner des orientations nouvelles. Il a précisé que le sommet de Bucarest va s’appesantir sur un thème d’actualité, celui de l’Education et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Ce sera, selon lui, une occasion pour les acteurs réunis de voir dans quelles mesures les NTIC peuvent contribuer à l’épanouissement des élèves, dans un monde où des millions d’enfants ne sont pas scolarisés et où également une grande portion de la population adulte est analphabète ou illettrée. Le sommet va donc relancer une coopération intergouvernementale dans ce domaine clé de développement durable.           

            M. Alingué a également dit que le prochain sommet sera l’occasion de défendre les objectifs et de témoigner de la richesse de la Francophonie en Europe Centrale et de l’Est.

Le consul général honoraire de la Roumanie au Togo, M. Alin Loan Roman, de son côté, s’est dit fier du choix porté sur son pays pour accueillir le prochain sommet. Il a rassuré les participants que tout était prêt pour un accueil chaleureux à Bucarest. Le consul a exprimé son espoir, qu’en ensemble avec les autorités togolaises, de pouvoir répondre à tous les défis que la société de l’information et le domaine de l’éducation posent aux pays.

            Diverses personnalités comme les présidents du comité d’organisation de l’Année Senghor ainsi que le directeur du SIREL (Village du Bénin) étaient également intervenus pour éclairer davantage les journalistes.

            Le sommet de Bucarest sera précédé par la réunion des deux autres instances de la Francophonie : le Conseil permanent le 25 septembre et la Conférence ministérielle le 26.

Blandine TAGBA

 

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