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Togo Presse

15 Août 2006

[ 7344 du 14 Août 2006]

 

Mardi dernier à N’Djaména : Le président Faure Essozimna Gnassingbé a assisté à l’investiture de son homologue Tchadien Idriss Deby Itno

Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé a séjourné au Tchad où il a assisté mardi dernier à l’investiture du président tchadien Idriss Déby Itno élu à la tête de son pays pour un 3e mandat.

Tchadien Idriss Deby Itno
Président du Tchad

Le chef de l’Etat a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international Hassan Djamous de N’Djaména par le Premier Ministre du pays hôte Pascal Yaodimnadji. Il a écouté l’hymne de l’Union Africaine, passé en revue plusieurs corps de l’armée tchadienne et salué des personnalités présentes à l’aéroport. Après une pause au salon d’honneur, le cortège présidentiel s’est ébranlé pour le palais du 15 Janvier, lieu de la cérémonie. Faure Gnassingbé a donc rejoint plusieurs autres de ses pairs arrivés dans le cadre de l’investiture du président Idriss Deby Itno.

En présence de dix chefs de l’Etat et un chef de gouvernement, le président de la République tchadienne a juré de lutter jusqu’à son dernier souffle pour un meilleur devenir de son peuple, un peuple très enthousiaste en ce jour d’investiture.

 
 

Devant le conseil constitutionnel qui l’a proclamé définitivement vainqueur du scrutin du 3 mai 2006, avec un taux de 64,67% face à cinq autres candidats, Idriss Deby Itno a prêté serment conformément à la Constitution tchadienne. Il a, à cette occasion, promis de se battre pour parfaire les actions en cours chantiers pour le bonheur de tous les tchadiens. La paix, l’unité nationale étaient également au centre de son discours d’investiture. Dans son adresse, il a aussi appelé ses compatriotes restés en marge, à prendre le train en marche, afin que, main dans la main, le pays aille vers le progrès. Sur le continent et plus précisément concernant les différends avec le Soudan, un pays frère, Dey, a préconisé la voie de la sagesse et salué l’effort déployé et le rôle d’apaisement joué par tous les pays africains ainsi que la communauté internationale.

Loin d’être considéré comme une occasion de retrouvailles entre chefs d’Etat, l’investiture d’Idriss Deby Itno a permis au Tchad et au Soudan de poser de nouvelles bases pour une relation plus sûre entre ces deux pays.

Faure Gnassingbé qui a félicité son homologue tchadien, comme ses autres pairs, a quitté N’Djaména tout juste après la cérémonie d’investiture.

Adji MANDAO
(TVT)

 
Prise en charge médicale des togolaises Baboti et Hatchépa en Allemagne Le HCRAH a présenté les bénéficiaires à la presse

Le Pr Kokou Tchariè du Haut Commissariat aux Rapatriés et à l’Action Humanitaire (HCRAH) a rendu hommage vendredi aux autorités togolaises et à l’équipe du Dr Igor Weltzel de Wagen (Allemagne) pour leur assistance dans la prise en charge médicale de deux Togolais traités dans le cadre du projet « WAGEN AIDE Togo ». C’était au cours d’un point de presse tenu au siège de l’institution et qui a également donné l’occasion au haut commissaire de brosser la situation de rapatriement des réfugiés et des personnes déplacées.

Les bénéficiaires de l’assistance médicale allemande sont M. Baboti, cultivateur à Mangoissi, (Wawa), grièvement brûlé dans la nuit du 25 avril 2005 et une fillette de 14 mois, Yawa Hatchépa, née avec une malformation à la bouche. Ces deux patients ont été traités grâce au projet WAGEN AIDE Togo qui consistait à redonner le sourire à un Togolais souffrant d’une malformation au visage en l’opérant pendant la période du Mondial 2006.

Pour le cas de M. Baboti, le haut commissaire Tchariè a expliqué que le jeune homme, victime d’un incendie criminel lors des violences post électorales, à dû subir des traitements à Accra mais, par manque de moyens financiers à saisi le Haut Commissariat aux Rapatriés et à l’action Humanitaire pour une prise en charge chirurgicale des séquelles fonctionnelles et esthétiques.

Le HCRAH, ne disposant pas de budget pour ces gens de situation, s’est adressé au chef de l’Etat qui, avec l’action conjuguée du consul honoraire du Togo en Allemagne, M. Helmut Fohs, a saisi l’équipe médicale dirigée par le Dr Wetzel dans le cadre du projet WAGEN AIDE Togo.


Pendant ce temps, a ajouté le Pr Tchariè, le même projet a été saisi pour la candidature de la petite Yawa Hatchépa par les Drs Agossou Chaorte et Dovi Akué. Les deux mala­des et deux accompagnateurs ont pu séjourner en Allema­gne du 8 juin au 22 juillet 2006 aux frais de l'équipe du Dr Wetzel. La petite Hatchépa est complètement rétablie avec un visage mignon et son bec de lièvre n'était plus qu'un mauvais souvenir. 

Quant à M. Baboti, son cas est compliqué. II néces­site une convalescence assez longue et certainement une cinquième intervention chi­rurgicale pour quelques cor­rections.

Le Pr Tchariè a tenu à remercier solennellement le chef de l'Etat et tous les membres de l'équipe du Dr Wetzel, en particulier le Dr Exener quia opéré M. Baboti ainsi que le Consul Fohs et M. Patrice Manti pour avoir tout coordonné pendant le séjour des malades en Alle­magne.

Il remercie également les Drs Agossou et Dovi de même que les autorités alle­mandes et le personnel de l'ambassade d'Allemagne au Togo qui ont facilité les for­malités ainsi que toutes les personnes qui se sont impli­quées dans ce projet.

Le point de presse coïn­cidait avec la fermeture, ce vendredi, du camp de Comé au Bénin qui n'enregistre plus que 450 réfugiés au lieu de 1500.

Pour le Pr Tchariè la fer­meture de ce camp, et cer­tainement de ceux d'Agamè et du Ghana s'impose d'elle-­même car le rapatriement vo­lontaire des réfugiés s'accé­lère depuis l'adoption des mesures incitatives par le gouvernement. A ces dires, il n'y aurait, actuellement que 16.000 réfugiés au Bénin et au Ghana contre 43.000, il y a un an.

Pour la réinsertion sociale des rapatriés, le haut com­missaire a souligné l'existence d'un plan d'action pour les aider à intégrer leurs commu­nautés d'origine et leurs ha­bitations de même qu'à re­trouver leurs emplois ou une activité rémunératrice de re­venus.

Le Pr Tchariè dit compter sur les bonnes volontés pour donner plus de visibi­lité au projet d'assistance hu­manitaire aux rapatriés.

Kossi N'BOUKE

 
Prévention de la drépanocytose : Le Pr Vovor souligne la nécessité de vulgariser les connaissances sur la maladie

La drépanocytose ou hématie est une maladie héréditaire génétique caractérisées par la présence d’une hémoglobine anormale, l’hémoglobine S. Elle n’est pas infectieuse. On est malade quand deux parents en bonne santé apparente, porteurs du trait de la drépanocytose (AS) donnent naissance à un enfant homozygote (SS). Dans l’interview qu’elle a accordé à Togo-Presse, le Pr Ahuéfa Vovor de la Faculté Mixte de Médecine et de pharmacie, Université de Lomé, indique qu’il est tout à fait possible de prévenir la maladie : « Le diagnostic anténatal existe. Il suppose l’interruption thérapeutique de la grossesse quand le produit de conception est drépanocytaire ».

Bien  que répandue dans la race noire, la drépanocytose existe également dans les autres races. On la re­trouve en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Inde. Au Togo les re­cherches relèvent que 16,2 % de la population sont porteurs du trait drépanocytaire S et 4 % souffrent de la maladie. Ces proportions non négligeables montrent que la drépanocytose est assez répandue dans le pays.

Le porteur du trait drépanocytaire AS (hété­rozygote) n'est pas ma­lade. A l'inverse le sujet homozygote SS est un malade drépanocytaire.

Dans l'explication du processus, le Pr Vovor a indiqué que la drépanocytose homo­zygote se présente comme une anémie hémolytique (destruction des globules rouges).

Le globule rouge normal a une , forme ronde et vit en moyenne 120 jours au terme desquels il meurt : c'est l'hémolyse physiologique.

Dans le cas de la drépanocytose, le globule rouge a une forme anormale (en forme de faucille d'où l'appellation « Hématie falciforme »). Il est rigide et se casse donc quand il passe dans un vaisseau dont le diamètre est trop petit: sa durée de vie est raccourcie. On parle d'hémolyse intravasculaire. Dans l'organisme, lés cellules (les macrophages) sont chargées de débarrasser l'organisme de tout ce qui n'est pas conforme.

Les globules rouges drépanocytes sont ainsi phagocytés par les macrophases de la rate entraînant une hémolyse intratissulaire. Ce phéno­mène explique aussi la grosse rate.

L'hémolyse chronique entraîne une anémie c'est-à-dire une baisse du taux d'hémoglobine qui se manifeste par une pâleur des conjonctives et des muqueuses, un es­soufflement à l'effort, des palpitations et un ictère,

Crises drépanocytaires et facteurs défavorisants
La crise vaso-occlu­sive (drépanocytaire) est liée à l'occlusion des vaisseaux. « Quand les drépanocytes rigides vont boucher la lumière des petits vaisseaux, il se forme un bouchon appelé «  thrombus » qui empêche la circulation du sang », a-t-elle expliqué. Cliniquement il s'en suit des douleurs. Il peut s'agir des douleurs au niveau des os et des articulations (liées aux crises vaso­cclusives ostéo-articulai­res), des douleurs abdo­minales (dues aux crises vaso-occlusives abdomi­nales) qui peuvent entraîner une urgence chirurgicale comme l'appendicite.

Chez le nourrisson, on peut avoir un gonflement douloureux du dos de la main et des pieds. « Ces crises ne viennent pas spontanément. Elles sont toujours liées à un facteur déclenchant qu'il faut rechercher et traiter pour ne pas pérenniser la crise », a-t-elle ajouté.

Les facteurs pouvant déclencher une crise vaso-occlusive sont entre autres toutes les circons­tances dans lesquelles il y a un manque d'oxygène (hypoxie) : atmosphère. confinée, altitude, l'humi­dité, le froid , la déshy­dratation, la fièvre, le stress, l'effort physique.

En dehors des crises vaso-occlusives qui peuvent entraîner des complications graves

comme l'ulcère de jambe, on peut citer éga­lement la nécrose de 1a tête du fémur, etc. II existe toutes les circons­tances qui peuvent entraîner une aggravation de l'anémie telles que le paludisme qui représente au Togo la première cause des drépano­cytaires. Ils sont égale­ment plus susceptibles aux infections d'où l'importance de certaines vaccinations prescrites lors de la prise en charge.

Contrôle de l'affection
Il est important de savoir que la drépano­cytose est une maladie génétique. Elle survient au niveau des gènes de l'individu. « On n'en guérit jamais »... La prise en charge précoce et adéquate de la drépanocytose permet au drépanocytaire d'avoir une vie de bonne qualité et une espérance de vie normale », a souligné le Pr Vovor.

Le traitement, selon elle, comporte deux volets : le premier volet concerne la prise en charge à la phase d'anémie hémolytique chronique, appelée phase intercritique. Elle com­porte la prise en charge psycho sociale, les conseils hygiéno diététiques, la prévention du paludisme (utilisation moustiquaire imprégnée, d'insecticide, etc.). On a également le traitement de l'hémolyse chronique par la, foldine, les conseils pratiques aux enfants et aux parents, la vaccination.

Le deuxième est relatif au traitement de la crise hémolytique et des crises vaso-occlusives qui relève des médecins.

On peut espérer un traitement curatif vrai qui est la thérapie génique (au niveau du gène) dont les études sont en cours.

S'agissant de la prévention de la drépanocytose, la spécia­liste indique qu'il est tout à fait possible de préve­nir la maladie. Pour ce faire, une stratégie rentrant dans un programme d'éducation pour la santé s'avère nécessaire. « Il est donc important de vulgariser au maximum les connaissances sur la maladie dans les milieux scolaires et professionnel. »

Le diagnostic anténatal existe. « Il suppose l’interruption thérapeutique de la grossesse quand le produit de conception est drépanocytaire. L’idéal est le dépistage systématique à la naissance. Un sujet porteur du trait drépanocytaire averti, saura choisir son conjoint en toute connaissance de cause », a averti le professeur.

Elle a conseillé de connaître son phénotype hémoglobinique à savoir AA (sujet sain), AS (sujet porteur du trait mais non malade), SS (sujet drépanocytaire, malade).

Pour avoir une bonne qualité de vie et une espérance de vie nor­male, elle a estimé que le drépanocytaire doit apprendre à se connaître et s'accepter comme tel avec ses limites. (Qui n'a pas de tare?). Il doit faire confiance  à son médecin traitant, suivre les conseils qu'il lui donne, et honorer les rendez-­vous de contrôle trimes­triels même quand il ne sent aucun malaise.

Toyi ASSIH

 

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