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[
N°7342 du
10 Août 2006] |
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Réhabilitation des femmes excisées :
Deux anciennes victimes témoignent |
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L'excision est une douleur qu'endurent les
femmes en silence, toute leur vie durant, à en
croire les victimes. Certaines, comme Mmes Banemanie
Traoré, comptable de profession et Abibata Sanou,
assistante administrative au Burkina Faso ont eu la
chance d'être réhabilitées grâce à une technologie
de pointe en gynécologie permettant de reconstruire
le clitoris amputé.
Elles ont décidé de témoigner à visage découvert
dans nos colonnes, de leur vie de femme excisée afin
de briser le tabou sur le sujet.
« Vous rte pouvez pas imaginer
combien les femmes, de par le monde, souffrent de
l'excision, d'autant que la sexualité est tabou. Les
difficultés dans nombre de foyers sont
essentiellement dues à ce problème, mais comment en
parler ? ». |
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Mme Banemanie Traoré qui s'exprime
ainsi, a été amputée de la partie la plus féminine
de son être à l'âge de 13 ans. Sa compatriote et
coreligionnaire (elles sont adeptes du Mouvement
Raëlien), Mme Abibata Sanou, excisée dès le 7e
jour de sa naissance, acquiesce de la tête ces
propos, comme pour dire que l'excision est une
plaie sociale dont il existe heureusement un remède.
La pratique aussi appelée mutilation génitale
féminine, consiste à l'ablation totale ou partielle
du clitoris et des petites lèvres du sexe féminin.
Pratiquée dans beaucoup d'endroits
du monde, mais surtout en Afrique de l’Ouest,
l’excision est supposée contrôler voire inhiber la
sexualité des femmes. Malheureusement, déplore Mme
Traoré, des millions de femmes qui en sont victimes
perdent bien sûr la sensibilité lors des rapports
sexuels, mais également souffrent de règles
douloureuses et d’accouchements difficiles. Dans les
pires des cas, les jeunes filles en décèdent par
suite d’hémorragie et d’infection ou s’en sortent
avec des fistules laissant couler des excréments par
leur sexe.
Torture et humiliation
Pour Mme Traoré, le calvaire a
commencé un beau matin, lorsque que sa grande sœur a
reçu chez elle quatre étranges visiteuses qui sont
parties s’asseoir auprès des toilettes.
« Ma grande sœur m’a tendu une savonnière à aller
remettre à la plus vieille. Dès mon arrivée, deux
femmes m'ont saisie par les épaules, m'ont traînée
dans la douche et m'ont terrassée. L'une d'elles
s'est agenouillée à cheval sur ma poitrine et a
serré mes bras en croix, deux autres ont tenu mes
pieds et j'ai senti une vive douleur entre mes
jambes ».
Mme Traoré, aujourd'hui mère de deux enfants, dit
encore se souvenir de cette torture et humiliation,
après des années, comme si c'était hier, « parce
que la connexion est restée ». Adolescente,
elle avait peur des hommes, tétanisée par la honte
d'avoir à faire découvrir son infirmité intime et
sa frigidité.
Mariée malgré tout, dit-elle, «je ressens qu'on
m'avait enlevé quelque chose de très important et je
me demandais si c'est possible de retrouver cela ?
».
Enfin possible de reconstruire le clitoris
Tout comme 80% de ses compatriotes excisées et tant
d’autres du Mali, du Niger, du Sénégal ou encore des
régions septentrionales du Togo, du Ghana ou du
Bénin, Banemanie a dit avoir longtemps cherché à
retrouver sa ‘’féminité’’ perdue et pouvoir être
heureuse de remplir son devoir conjugal. Pour Mme
Traoré, le sexe féminin est comme une fleur épanouie
dont le clitoris, sans être vraiment le pistil, est
tout de même un organe très important. Avec près de
8000 terminaisons nerveuses, renchérit Mme Sanou, le
clitoris permet ainsi à la femme de s’exciter mais
aussi de faciliter les rapports sexuels ainsi que
les accouchements.
Selon ces deux femmes, l’excision n’est pas
seulement un problème féminin. C’est aussi celui des
hommes, voire de toute la nation entière. Car,
estiment-elles, la paix et le développement d'un
pays tiennent de l'harmonie dans les foyers, donc
de la parfaite entente entre les couples.
Mme Traoré rappelle à cet effet que le gouvernement
burkinabé a lancé une vaste campagne contre
l'excision et que beaucoup d'hommes et
d'associations s'y sont mis, non seulement pour la
prévenir mais aussi pour réhabiliter les victimes.
Et, lorsque les deux femmes ont appris le 16 mars
dernier, lors d'une émission télé, que le Pr. Jean
Lankoande restaure le clitoris à la Polyclinique
Yentema à Ouagadougou, elles n'ont pas hésité à en
parler à leurs maris qui les ont encouragées et
aidées financièrement pour l'opération.
« C’est une opération sans douleur, et le même
jour, tu rentres à la maison », assure Mme
Traoré. Plus explicite, Mme Sanou précise que la
restauration du clitoris n'a rien à voir avec une
quelconque greffe.
« Le clitoris, on ne le greffé pas. Il est long
de 10 cm et c'est seulement le bout de 2 cm visible
au dessus du sexe qu'affecte l'excision »,
affirme-t-elle. A ses explications, le chirurgien
fait seulement une petite incision pour libérer le
reste de l'organe caché sous la peau.
Depuis l'opération, Mmes Traoré et Sanou se sentent
transformées. « A la tombée de la nuit, je n'ai
plus peur. Je ressens des sensations jusqu'alors
ignorées et mon mari est souvent plus près de moi
», se félicite Abibata.
Toutefois, le coût de l’opération
et des médicaments frise les 250.000 F CFA, ce qui
n'est pas à la portée de toutes les femmes
africaines.
Un programme « Adopter un clitoris » comme solution
II faut dire que c'est le Dr Massoud, un Béninois,
disciple du chirurgien urologue français, Pierre
Foldès qui a développé le système de reconstitution
du clitoris. II a découvert que ses patientes qui
avaient plus de problèmes d'urologie, sont celles
excisées. Pour recréer le clitoris, un anesthésique
local est appliqué de sorte qu'aucune douleur ne
soit ressentie quand le chirurgien va restaurer la
racine laissée après l'excision, qui deviendra le
nouveau clitoris. Le spécialiste béninois a formé
des gynécologues burkinabé à sa technique et t
vient lui-même tous les trois mois à Ouaga, comme le
18 septembre prochain, pour réhabiliter des dizaines
de mutilées sexuelles. Il s'agit aussi bien des
femmes excisées que de celles qui n'ont pas un
clitoris développé du fait de malformations
congénitales. Mais le coût est prohibitif.
Intéressé, le Mouvement Raëlien a pris à coeur le
problème de l'excision et a lancé le programme «
Adopter un clitoris ». A cet effet, il a fondé
une organisation, CLITORAID, qui vient en aide à
toutes les femmes qui veulent reconstruire leur
clitoris. Cette organisation prend en charge une
partie du coût de l'opération.
Comme il est indiqué sur son site www. clitoraid.org,
l'organisation vole au secours de toutes les femmes
mutilées, quels que soient leurs pays d'origine ou
leur appartenance religieuse. Le Mouvement envisage
même de construire à Bobo-Dioulasso, toujours au
Burkina Faso, un centre médical spécialisé pour la
reconstruction du clitoris.
Avec le progrès de la science, sans doute
l’impuissance masculine sera un jour vaincue. Il en
va de l'harmonie du couple.
Kossi N'BOUKE |
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La HAAC exhorte les médias publics à améliorer
leurs prestations |
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La Haute Autorité de l’Audiovisuel de la
Communication (HAAC) a échangé hier, à son siège à
Agbalépédo, avec les responsables des médias publics
sur l’état de leurs différentes rédactions. Au cours
de l’assise, il a été spécifiquement question des
mutations, des avancées significatives dans
l’amélioration des prestations, des freins et des
approches de solutions en vue de combler les
attentes.
Aux termes des discussions, le plaidoyer sur les
obstacles à des prestations de qualité, est le même
d’un organe de presse à l’autre et porte
essentiellement sur le manque de matériel efficient
et des ressources humaines de qualité.
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Le président de la Haute Autorité
de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC), M.
Philippe Evégno a, dans son mot introductif,
félicité les nouveaux responsables de la Télévision
togolaise, de Radio Lomé et de l'Agence Togolaise de
Presse (ATOP) pour leur promotion et les efforts
déjà consentis pour une prestation de qualité dans
leurs différents organes.
Il a, ensuite, centré
les débats sur, l'état des prestations dans les
différentes rédactions. Il s'agit de l'ouverture des
organes aux différents courants de pensée, de la
diversification des genres rédactionnels, de
l'adaptation des programmes aux nouvelles donnes
nationales et de la proscription des séquences de
certains feuilletons à caractère sexiste. Il a été
aussi question des images et de la présentation.
Somme toute, aucun
média n'a été ménagé, tous ont encore du chemin à
faire quand bien même certaines avancées
significatives ont été enregistrées, tant, les
insuffisances font légion.
Les membres de la HAAC
ont alors sollicité plus d'audace de la part des
organes dans leurs différentes prestations. Ils ont
également souhaité la diversification des rubriques
consacrées aux faits de société, à la culture et à
l'économie. « Variez les rubriques et les
programmes. Donnez un souffle nouveau aux médias»,
a souligné le président de la HAAC.
Evoquant les freins aux
prestations de qualité, de la Télévision togolaise
aux radios rurales en passant par Radio Lomé, le
quotidien national Togo-Presse et l’Agence Togolaise
de Presse, les problèmes sont identiques et
foisonnent.
A l'unisson, les
directeurs des différents médias publics ont déploré
la vétusté, l'inadaptation du matériel de travail,
l'état de délabrement très avancé de certains locaux
et le manque de ressources humaines qualifiées.
L'adoption du statut particulier de la Communication
a aussi fait objet de doléances.
« Nous voudrions aller plus
loin, mais nous sommes limités dans nos moyens.
L’état des instruments et des appareils est
déplorable. Il faut doter la télévision de moyens
efficients », a plaidé M. Kuessan Yovodévi de la
TVT. « Sur 289 agents, moins de 7 sont formés »,
a lancé M Télou Pitalouani de Radio Lomé
Aussi le président de
la HAAC a-t-il salué les efforts des premiers
responsables des médias malgré ces difficultés
criardes et a promis relayer leurs doléances auprès
des autorités: « La HAAC dans la limite de ses
prérogatives, relayera vos doléances auprès des
autorités », a indiqué le président de la HAAC.
En dehors des
discussions à l'ordre du jour, il a été
impérativement recommandé aux médias publics, à
l'instar de ceux du privé d'arrêter toute publicité
sur les médicaments, de même que les traitements que
ce soit de la médecine traditionnelle ou
conventionnelle. Ceci conformément à l'article 18 de
la loi organique N° 2001-017 du
14 décembre 2001 relative à l'exercice de la médecine
traditionnelle au Togo.
Françoise AOUI |
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