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Togo Presse

11 Août 2006

[ 7342 du 10 Août 2006]

 

Réhabilitation des femmes excisées : Deux anciennes victimes témoignent

L'excision est une douleur qu'endurent les fem­mes en silence, toute leur vie durant, à en croire les victimes. Certaines, comme Mmes Banemanie Traoré, comptable de profession et Abibata Sanou, assistante administrative au Burkina Faso ont eu la chance d'être réhabilitées grâce à une technologie de pointe en gynécologie permettant de reconstruire le clitoris amputé.

Elles ont décidé de témoigner à visage découvert dans nos colonnes, de leur vie de femme excisée afin de briser le tabou sur le sujet.

« Vous rte pouvez pas imaginer combien les femmes, de par le monde, souffrent de l'excision, d'autant que la sexualité est tabou. Les difficultés dans nombre de foyers sont essentiellement dues à ce problème, mais comment en parler ? ».

 
 

Mme Banemanie Traoré qui s'exprime ainsi, a été ampu­tée de la partie la plus fémi­nine de son être à l'âge de 13 ans. Sa compatriote et coreligionnaire (elles sont adeptes du Mouvement Raëlien), Mme Abibata Sanou, excisée dès le 7e  jour de sa naissance, acquiesce de la tête ces propos, comme pour dire que l'ex­cision est une plaie sociale dont il existe heureusement un remède. La pratique aussi appelée mutilation gé­nitale féminine, consiste à l'ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lè­vres du sexe féminin.

Pratiquée dans beaucoup d'endroits du monde, mais surtout en Afrique de l’Ouest, l’excision est supposée contrôler voire inhiber la sexualité des femmes. Malheureusement, déplore Mme Traoré, des millions de femmes qui en sont victimes perdent bien sûr la sensibilité lors des rapports sexuels, mais également souffrent de règles douloureuses et d’accouchements difficiles. Dans les pires des cas, les jeunes filles en décèdent par suite d’hémorragie et d’infection ou s’en sortent avec des fistules laissant couler des excréments par leur sexe.

Torture et humiliation
Pour Mme Traoré, le calvaire a commencé un beau matin, lorsque que sa grande sœur a reçu chez elle quatre étranges visiteuses qui sont parties s’asseoir auprès des toilettes.

« Ma grande sœur m’a tendu une savonnière à aller remettre à la plus vieille. Dès mon arrivée, deux femmes m'ont saisie par les épaules, m'ont traînée dans la douche et m'ont terrassée. L'une d'elles s'est agenouillée à cheval sur ma poitrine et a serré mes bras en croix, deux autres ont tenu mes pieds et j'ai senti une vive douleur entre mes jambes ».

Mme Traoré, aujourd'hui mère de deux enfants, dit encore se souvenir de cette torture et humiliation, après des années, comme si c'était hier, « parce que la con­nexion est restée ». Adoles­cente, elle avait peur des hommes, tétanisée par la honte d'avoir à faire décou­vrir son infirmité intime et sa frigidité.

Mariée malgré tout, dit­-elle, «je ressens qu'on m'avait enlevé quelque chose de très important et je me demandais si c'est possible de retrouver cela ? ».

Enfin possible de reconstruire le clitoris
Tout comme 80% de ses compatriotes excisées et tant d’autres du Mali, du Niger, du Sénégal ou encore des régions septentrionales du Togo, du Ghana ou du Bénin, Banemanie a dit avoir longtemps cherché à retrouver sa ‘’féminité’’ perdue et pouvoir être heureuse de remplir son devoir conjugal. Pour Mme Traoré, le sexe féminin est comme une fleur épanouie dont le clitoris, sans être vraiment le pistil, est tout de même un organe très important. Avec près de 8000 terminaisons nerveuses, renchérit Mme Sanou, le clitoris permet ainsi à la femme de s’exciter  mais aussi de faciliter les rapports sexuels ainsi que les accouchements.

Selon ces deux femmes, l’excision n’est pas seulement un problème féminin. C’est aussi celui des hommes, voire de toute la nation  entière. Car, estiment-elles, la paix et le développement d'un pays tiennent de l'har­monie dans les foyers, donc de la parfaite entente entre les couples.

Mme Traoré rappelle à cet effet que le gouverne­ment burkinabé a lancé une vaste campagne contre l'ex­cision et que beaucoup d'hommes et d'associations s'y sont mis, non seulement pour la prévenir mais aussi pour réhabiliter les victimes.

Et, lorsque les deux fem­mes ont appris le 16 mars dernier, lors d'une émission télé, que le Pr. Jean Lankoande restaure le clito­ris à la Polyclinique Yentema à Ouagadougou, elles n'ont pas hésité à en parler à leurs maris qui les ont encoura­gées et aidées financière­ment pour l'opération.

« C’est une opération sans douleur, et le même jour, tu rentres à la mai­son », assure Mme Traoré. Plus explicite, Mme Sanou précise que la restauration­ du clitoris n'a rien à voir avec une quelconque greffe.

« Le clitoris, on ne le greffé pas. Il est long de 10 cm et c'est seulement le bout de 2 cm visible au­ dessus du sexe qu'affecte l'excision », affirme-t-elle. A ses explications, le chirur­gien fait seulement une pe­tite incision pour libérer le reste de l'organe caché sous la peau.

Depuis l'opération, Mmes Traoré et Sanou se sentent transformées. « A la tombée de la nuit, je n'ai plus peur. Je ressens des sensations jusqu'alors ignorées et mon mari est souvent plus près de moi », se félicite Abibata.

Toutefois, le coût de l’opération et des médicaments frise les 250.000 F CFA, ce qui n'est pas à la portée de toutes les femmes africaines.

Un programme « Adop­ter un clitoris » comme solution
II faut dire que c'est le Dr Massoud, un Béninois, dis­ciple du chirurgien urologue français, Pierre Foldès qui a développé le système de re­constitution du clitoris. II a découvert que ses patientes qui avaient plus de problè­mes d'urologie, sont celles excisées. Pour recréer le clitoris, un anesthésique lo­cal est appliqué de sorte qu'aucune douleur ne soit ressentie quand le chirurgien va restaurer la racine lais­sée après l'excision, qui de­viendra le nouveau clitoris. Le spécialiste béninois a formé des gynécologues  burkinabé à sa technique et t vient lui-même tous les trois mois à Ouaga, comme le 18 septembre prochain, pour réhabiliter des dizaines de mutilées sexuelles. Il s'agit aussi bien des femmes ex­cisées que de celles qui n'ont pas un clitoris développé du fait de malformations con­génitales. Mais le coût est prohibitif.

Intéressé, le Mouvement Raëlien a pris à coeur le pro­blème de l'excision et a lancé le programme « Adop­ter un clitoris ». A cet effet, il a fondé une organisation, CLITORAID, qui vient en aide à toutes les femmes qui veulent reconstruire leur clitoris. Cette or­ganisation prend en charge une partie du coût de l'opé­ration.

Comme il est indiqué sur son site www. clitoraid.org, l'organisation vole au se­cours de toutes les femmes mutilées, quels que soient leurs pays d'origine ou leur appartenance religieuse. Le Mouvement envisage même de construire à Bobo-­Dioulasso, toujours au Bur­kina Faso, un centre médi­cal spécialisé pour la recons­truction du clitoris.

Avec le progrès de la science, sans doute l’impuissance masculine sera un jour vaincue. Il en va de l'har­monie du couple.

Kossi N'BOUKE

 
La  HAAC exhorte les médias publics à améliorer leurs prestations

La Haute Autorité de l’Audiovisuel de la Communication (HAAC) a échangé hier, à son siège à Agbalépédo, avec les responsables des médias publics sur l’état de leurs différentes rédactions. Au cours de l’assise, il a été spécifiquement question des mutations, des avancées significatives dans l’amélioration des prestations, des freins et des approches de solutions en vue de combler les attentes. Aux termes des discussions, le plaidoyer sur les obstacles à des prestations de qualité, est le même d’un organe de presse à l’autre et porte essentiellement sur le manque de matériel efficient et des ressources humaines de qualité.

Le président de la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC), M. Philippe Evégno a, dans son mot introductif, félicité les nouveaux responsables de la Télévision togolaise, de Radio Lomé et de l'Agence Togolaise de Presse (ATOP) pour leur promotion et les efforts déjà consentis pour une prestation de qualité dans leurs différents organes.

            Il a, ensuite, centré les débats sur, l'état des prestations dans les différentes rédactions. Il s'agit de l'ouverture des organes aux différents courants de pensée, de la diversification des genres rédactionnels, de l'adapta­tion des programmes aux nouvelles donnes nationales et de la proscription des séquences de certains feuilletons à caractère sexiste. Il a été aussi question des images et de la présentation.

            Somme toute, aucun média n'a été ménagé, tous ont encore du chemin à faire quand bien même certaines avancées significatives ont été enregistrées, tant, les insuffisances font légion.

            Les membres de la HAAC ont alors sollicité plus d'audace de la part des organes dans leurs différentes prestations. Ils ont également souhaité la diversification des rubriques consacrées aux faits de société, à la culture et à l'économie. « Variez les rubriques et les programmes. Donnez un souffle nouveau aux médias», a souligné le président de la HAAC.

            Evoquant les freins aux prestations de qualité, de la Télévision togolaise aux radios rurales en passant par Radio Lomé, le quotidien national Togo-Presse et l’Agence Togolaise de Presse, les problèmes sont identiques et foisonnent.

             A l'unisson, les directeurs des différents médias publics ont déploré la vétusté, l'inadaptation du matériel de travail, l'état de délabrement très avancé de certains locaux et le manque de ressources humaines qualifiées. L'adoption du statut particulier de la Communication a aussi fait objet de doléances.

« Nous voudrions aller plus loin, mais nous sommes limités dans nos moyens. L’état des instruments et des appareils est déplorable. Il faut doter la télévision de moyens efficients », a plaidé M. Kuessan Yovodévi de la TVT. « Sur 289 agents, moins de 7 sont formés », a lancé M Télou Pitalouani de Radio Lomé

            Aussi le président de la HAAC a-t-il salué les efforts des premiers responsables des médias malgré ces difficultés criardes et a promis relayer leurs doléances auprès des autorités: « La HAAC dans la limite de ses prérogatives, relayera vos doléances auprès des autorités », a indiqué le président de la HAAC.

            En dehors des discussions à l'ordre du jour, il a été impérativement recommandé aux médias publics, à l'instar de ceux du privé d'arrêter toute publicité sur les médicaments, de même que les traitements que ce soit de la médecine traditionnelle ou conventionnelle. Ceci conformément à l'article 18 de la loi organique N° 2001-­017 du 14 décembre 2001 relative à l'exercice de la médecine traditionnelle au Togo.

Françoise AOUI

 

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