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La salle de conférence du CCF, pour la
circonstance, a paru trop exiguë
pour contenir le public loméen
curieux de mieux découvrir le
bégaiement qui, selon Anne-Marie
Simon, est un trouble de la
communication. L’expérience a montré
que, lorsque les personnes bègues
s’adressent à un animal ou à un
objet, la diction est normale. Mais
en face d’un interlocuteur, la
communication est troublée. Les
personnes affectées butent sur les
mots.
Pour Mme Simon, ce trouble de la
communication touche au moins 1% de la population
d’un pays. Au Togo on estime à plus de 50 000 le
nombre de personnes souffrant de ce trouble.
Considéré, à tort en Afrique, comme une
malédiction, le bégaiement n’est non plus une
maladie. A force d’éviter par exemple certains mots
ou certaines personnes on bégaie. Anne-Marie Simon
indique qu’il est possible de sortir du bégaiement
après 200 heures de thérapie. Il est donc nécessaire
de reconditionner la parole.
Elle a relevé que, souvent des gens ont
tendance à donner des explications au bégaiement. En
réalité personne ne peut expliquer pourquoi un
enfant bégaie.
Des facteurs comme l’hérédité,
l’environnement, les troubles de la phonologie, etc.
prédisposent au bégaiement. Lorsqu’il s’installe, le
mal peut gâcher la vie de l’individu.
En matière de traitement, le rôle du
thérapeute doit être de donner des indications aux
parents et enseignants afin que le bégaiement
commence à prendre un sens différent. C’est pourquoi
il est important de faire les démarches auprès de
ses responsables pour alléger la souffrance des
élèves bègues. Car « interlocuteur de la personne
bègue constitue la moitié de solution du bégaiement »,
a-t-elle dit.
Un film projeté, à titre d’illustration, a
montré les souffrances qu’endure une personne bègue.
Dans la perspective de trouver une
solution au bégaiement, le Dr Moussa Dao a présenté
le thème : « prise de conscience du bégaiement en
Afrique » où les taux de bègues sont ignorés en
raison de l’absence d’études sérieuses et de
statistique. A partir de son expérience, il a montré
comment il est parvenu à la création de son
association et à l’adhésion à Handicap
International.
Au cours du débat riche en enseignement,
l’assistance a été éclairée sur les différentes
phases du bégaiement et ses solutions. Des bègues
ont avoué que leur handicap a été rendu sévère avec
les pressions de toutes sortes au fil du temps.
Après la conférence, une réunion de
personnes bègues s’est tenue à l’ENAM le samedi 27.
Elle a réuni une quarantaine de participants qui
vont prochainement créer une association de
personnes bègues au Togo. Les personnes désireuses
de rejoindre l’association peuvent contacter
Handicap International. Cette réunion a été suivie
hier d’une conférence adressée aux médecins et
soignants au CHU-Tokoin
Toyi ASSIH
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