|
« Pico » a remporté presque les 12
rounds. Pendant les six premiers
rounds, il a harcelé, et roué de
coups violents son adversaire qui
chancelait mais ne craquait jamais.
Très sûr de lui, Kpadonou temporisait le
match et retardais ainsi l’échéance, cherchant la
faille pour faire le KO. « Pico » ne s’est pas fait
prendre dans cette stratégie. Il a continué à
attaquer et a fatigué Kpadonou en jouant sur son jeu
de jambe dont il connaît seul le secret. De la 7e
à la 10e reprise, « Pico », dans sa
farouche volonté d’en finir avec cet adversaire trop
arrogant, a commis des erreurs en entraînant
longtemps Kpadonou autour du ring.
Le coin de ce dernier constamment
mouillé a engendré trois ou quatre glissades
dangereuses qui ont failli être fatales pour notre
compatriote.
Au cours des deux derniers rounds,
Gbossou a émerveillé le public togolais.
Contrairement a sa tactique du début de la
rencontre, il a plutôt laissé venir à lui
l’adversaire pour le surprendre avec des directs et
crochets du gauche et du droit. Kpadonou qui n’en
revenait pas s’est résigné à la défaite. Gbossou a
été plus fort que lui à Lomé.
A la fin de la rencontre l’arbitre
togolais Olivier de Fanti a proclamé la victoire de
Gbossou Kodjo dit « Pico » par 192 points contre 122
pour Kpadonou Nazaire. Le Togolais est devenu ainsi
le nouveau champion d’Afrique des Super-légers.
C’est M. Eric Amenouvé, conseiller
technique au ministère de la Jeunesse et des Sports,
représentant son ministre de tutelle qui a remis la
ceinture au nouveau champion.
Superstition
« J’ai déjà battu Gbossou deux fois.
C’est un débutant. Je viendrai encore le battre
devant son public à Lomé et surtout lui apprendre à
boxer ». C’est en ces termes qu’il y a deux
semaines, Kpadonou s’est vanté lorsqu’il a été
interrogé sur la rencontre.
Voilà finalement que le
« Tigre » béninois traîne derrière son ombre des
comportements qui frisent la superstition.
Sorti des vestiaires singulièrement
accoutré à la fois à la manière de Zorro et du
spahi, le boxeur béninois a jugé dangereux de
marcher sur le tapis de la grande salle du palais
des Congrès. Monté au dos d’un gaillard, le visage
complètement caché sous un chapeau de feutre marron
Nazaire Kpadonou s’est présenté au public loméen en
faisant le tour du podium dans une procession
ridicule, après avoir refusé pendant près d’une
heure trente minutes le combat sous le prétexte que
l’arbitre désigné pour officier le combat est
Togolais, donc ne peut être impartial.
Au rang des officiels on notait les
représentants de la Fédération Africaine de Boxe
(CAB), le Mauricien Noël Pierre et Sotho David Fako
ainsi que quelques chefs traditionnels.
Auparavant, Julie Akofa Akoussah,
vedette de la chanson togolaise, a exécuté les
hymnes nationaux béninois et togolais.
Cette rencontre de Super-légers a
précédée de deux combats néo-professionnels et un
combat professionnel.
En combat néo-professionnel des Welters,
Agnakpan Ayaovi du Togo a battu Sébastien War du
Ghana aux points.
En super Welters, Balogoun Djili du Togo
a battu le Congolais Sassou Martin après abandon dès
la première reprise suite à une blessure.
En combat professionnel (lourd 86 kg)
Agbonsson Ayaovi du Togo a battu le Nigérian Baba
Toundé par abandon à la 3e reprise.
Jean-Claude KEWANOU
|