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N°7539: du 25 mai 2007] |
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Protection et promotion des droits de l’enfant : Le
BICE-Togo trace de nouvelles pistes méthodologiques
d’action |
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L’antenne nationale du Bureau International Catholique
pour l’Enfant (BICE-Togo) a organisé, hier, à Vogan, une
journée de réflexion sur les stratégies à mettre en
œuvre pour une meilleure contribution des chefs
traditionnels à la protection effective des enfants
contre les Violences, Abus et Exploitations Sexuelles (VAES).
Une quarantaine de chefs de cantons et de village de la
préfecture de Vo ont pris part aux travaux de cette
journée d’information et de sensibilisation. |
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La
journée de réflexion répond au souci du Bureau
International Catholique pour l’Enfant du Togo (BICE-Togo)
d’impliquer davantage les chefs traditionnels dans
l’identification des stratégies, pour un meilleur
contrôle communautaire de la protection et de la
promotion des droits de l’enfant. Il est surtout
question de susciter une meilleure collaboration auprès
de ces gardiens des us et coutumes avec les institutions
judiciaires.
En effet, le BICE-Togo a identifié la
persistance de nombreuses pratiques culturelles, telles
que le rapt, le mariage forcé, le mariage précoce, la
mise forcée au couvent, ainsi que la recrudescence des
Violences, Abus et Exploitations Sexuelles (VAES),
pratiqués envers les enfants. Mais malheureusement,
selon toujours le constat du BICE, les familles des
enfants victimes ont souvent recours au règlement à
l’amiable, en négociant avec les auteurs, ou en
saisissant les chefs traditionnels. Or, les jugements
prononcés se résument aux châtiments corporels des
auteurs, aux amendes en nature, ou à des cérémonies
d’expiation ou de purification, dans l’intérêt de
sauvegarder l’honneur des parents de la victime et de
garder la cohésion sociale. Rarement on fait appel aux
autorités judiciaires qui ont mandat d’assurer la
protection des enfants.
Ces mécanismes traditionnels de régulation
sociale privilégient l’intérêt de la communauté,
négligeant celui de l’enfant victime. A cet effet, la
rencontre d’hier a été un cadre d’échanges pour
enclencher une meilleure collaboration des chefs
coutumiers avec les institutions judiciaires de la
localité. Ceci, sur la base des communications sur le
cadre légal (instruments juridiques) de protection des
enfants contre les VAES et le mécanisme de protection
des enfants devant les institutions judiciaires. Le rôle
de chefs traditionnels dans la prévention et la
protection des enfants contre les VAES et leurs
conséquences néfastes ont également meublé les assises.
A partir des discussions, des stratégies de lutte et de
franche collaboration ont été élaborées pour le
bien-être des enfants.
La journée de réflexion se situe dans le
cadre de la mise en œuvre du projet intégré de
protection et de promotion des droits fondamentaux des
enfants, notamment les filles en situation d’extrême
pauvreté ou victimes d’exploitation au Togo. Le projet,
débuté en janvier 2007 pour une durée de trois ans, est
cofinancé par l’Union Européenne et le BICE qui est une
ONG internationale de protection et de promotion des
droits de l’enfant.
Vincent K. HOEDANOU
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N°7538: du 24 mai 2007] |
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Elections législatives anticipées du 5 août : La
commission nationale de lutte contre la prolifération
des armes légères prône un scrutin sans violence
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En
général la période des élections en Afrique n’est pas
une période paisible, tranquille et sereine. Cette
période est très souvent temporairement perturbée avant,
pendant et après les élections quel que soit le type de
scrutin concerné. Le Togo, qui connaîtra bientôt des
élections législatives, n’est pas épargné. |
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Et c’est fort
de cela que la Commission Nationale de Lutte contre la
Prolifération des Armes Légères (CNLPAL) entend d’ores
et déjà, préparer les esprits des populations
togolaises. Une délégation de cette Commission effectue
actuellement une tournée de sensibilisation de deux
semaines dans certaines préfectures. Objectif :
expliquer aux populations comment on peut réussir au
Togo des élections sans armes ni violence. Le message de
la CNLPAL tourne autour d’un seul thème : « élections
sans armes ».
Le coup d’envoi de la première phase de la tournée a été
donné lundi matin à Sokodé, chef-lieu de la préfecture
de Tchaoudjo et de la Région Centrale. Cette phase
conduira également les membres de la CNLPAL dans les
Régions des Plateaux et Maritime.
A Sokodé, lundi, la délégation de la Commission a
rencontré, dans les locaux des Affaires sociales, les
jeunes de Tchaoudjo, les gardiens des us et coutumes,
les représentants du pouvoir central et ceux des partis
politiques. Elle était conduite par le président de
cette institution, le colonel Toyi Assiah.
Dans son mot introductif, le col Assiah a, indiqué qu’en
réalité, la Commission n’a pas attendu l’approche des
élections pour entreprendre des tournées. Selon lui, la
présente tournée s’inscrit dans le cadre des activités
de sensibilisation souvent menées par la CNLPAL pour
lutter contre la prolifération, la détention, le port et
l’achat illégal des armes légères. « A l’orée des
élections législatives et dans le cadre de nos activités
de sensibilisation, nous avons saisi l’occasion pour
dire aux gens qu’il va falloir que le Togo organise des
élections sans violence, sans armes », a-t-il dit.
Le président de la CNLPAL a alors félicité le comité
local de la Commission pour ses efforts en matière de
recensement des armes légères dans la région.
Dans l’exposé qu’il a fait sur le thème : « élections
sans armes », le membre de la CNLPAL, M. Alilou
Cissé a, d’entrée, souligné qu’il existe des pays qui
montrent que les élections sans armes sont possibles en
Afrique. C’est le cas du Bénin et de la Mauritanie qui
ont récemment organisé des élections présidentielles et
législatives sans armes, sans qu’un seul citoyen ne lève
un gourdin ni ne tire un seul coup de fusil sur un autre
citoyen.
Pour M. Cissé, « le Togo et les Togolais doivent
s’inspirer de ces deux pays dont l’exemple honore toute
l’Afrique ». Dès lors, comment s’y prendre ?
Aux dires de l’orateur, des élections sans armes cela
signifie des élections au cours desquelles chacun de
nous s’engage à ne utiliser aucune arme avant, pendant
et après le déroulement du scrutin. Pour ce faire, la
responsabilité de l’Etat, celle des acteurs politiques,
celle de la population et celle des militants des partis
politiques sont très importantes dans l’organisation des
élections sans armes.
Savoir
attendre les résultats, savoir gérer cette attente
Certes, le rôle de l’Etat est de veiller à la
transparence, à la crédibilité et à la sécurisation des
élections et des électeurs. Mais, M. Cissé a insisté sur
la responsabilité qui incombe aux leaders des formations
politiques. Les partis politiques, a-t-il martelé, ont
un rôle de formation, d’information et de
sensibilisation de leurs militants. Les partis
politiques et la population doivent contribuer, à
travers leurs comportements, au maintien d’un climat
apaisé. Ils doivent savoir attendre les résultats,
savoir gérer cette attente en évitant des comportements
provocateurs. Ce professeur de Lettres à l’Université de
Lomé a conclu que des élections sans armes ni violence
vont dans l’intérêt de nous tous Togolais car l’avenir
de notre pays en dépend.
Un débat franc et plein d’enseignements a mis fin à la
rencontre.
Le secrétaire général de la préfecture de Tchaoudjo, M.
Fama Tchatchibara a assisté à la réunion. On notait
aussi la présence du premier substitut du procureur
général près de la Cour d’Appel de Lomé, M. Atara M’Dakéna
et du chef canton de Tchamba, M. Bouh O. Titikpina. Tous
les deux sont membres de la CNLPAL et font partie de la
délégation qui sillonne le pays. A leurs côtés, se
trouvait le secrétaire permanent de la Commission, M.
Tchalim Karbou.
La première phase de la tournée prend fin le 4 juin et
la seconde commence le 11juin pour s’achever le 14 du
même mois.
Félix SEKOU
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Protection sociale des travailleurs du secteur
informel : IBB veut en faire une réalité
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Un
séminaire sous-régional, organisé par l’International
des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (IBB) et ses
partenaires syndicaux franco-belges, a été ouvert hier
à l’ODSTA, à Agoènyivé, sur le thème : « l’économie
informelle en Afrique francophone : comment améliorer la
protection sociale des travailleurs de l’informel dans
les secteurs du bâtiment, du bois et de la
construction ? ». Il vise à réaliser un projet
franco-belge qui permettra aux travailleurs de
l’économie informelle des secteurs du bâtiment, du bois
et de la construction, de mettre en place une stratégie
d’organisation pour un travail décent et juste rémunéré
dans l’informel. |
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Ce séminaire a pour objectif de mettre en place, dans
chaque pays, des stratégies pour prendre en charge le
volet social, la protection sociale de chaque
travailleur du secteur informel, en développant des
mutuelles de santé, des coopératives d’épargne et de
crédit, pour lui permettre de trouver un cadre pour se
soigner et une protection sociale comme ceux du secteur
formel.
Ainsi, durant quatre jours, les participants, composés
des responsables syndicaux, venus du Burkina Faso, du
Niger, de Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la
Centrafrique, de la République Démocratique du Congo, du
Djibouti et du Togo, en collaboration avec l’IBB et ses
partenaires, auront à analyser la nature et les
caractéristiques du secteur informel dans les domaines
du bâtiment, du bois, de la construction et des
activités connexes. Ils auront à discuter et à formuler
des stratégies pour l’organisation des travailleurs de
l’informel dans les secteurs de l’IBB. Il s’agira aussi
de développer des stratégies pour renforcer les
capacités des affiliés travaillant dans le secteur
inorganisé et enfin revoir les actions de solidarité qui
peuvent être développées pour soutenir les travailleurs
de l’économie informelle.
Au terme de ce séminaire, les participants doivent
partir avec un schéma clair d’organisation qui sera
développé dans chaque pays.
Ainsi, l’IBB s’engage à soutenir toute action
d’organisation viable dans la sous-région d’Afrique
francophone, ceci pour relever le niveau des
organisations syndicales.
En ouvrant les travaux de cet atelier, M. Baba Elmadame
Tourey, vice- président du comité régional de l’IBB pour
l’Afrique, a invité les séminaristes à faire sienne
cette thématique.
M.
Beliki Akouété secrétaire général de la Confédération
Syndicale des Travailleurs du Togo, a salué cette
initiative qui est une preuve de l’union du mouvement
syndical pour mieux défendre ses intérêts aux plans
national et international.
«
Malgré les 14 % de la force active mondiale que nous
constituons, nous nous sommes très divisés et dans les
courants internationaux, nos divergences s’affichent à
telle enseigne que les institutions internationales
n’arrivent plus à discuter avec le monde syndical »,
a-t-il soutenu.
Alfred TCHALIM |
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Pour une cuisse de porc, Kombaté Douti tue son neveu
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Chétif, babiche et tête blanches, on le
croirait à quelques jours de sa mort. Kombaté Douti, 80
ans, ne se déplaçait qu’à l’aide d’une canne. Il ne
pouvait pas se mettre debout pour répondre aux questions
du président de la Cour d’assises de Kara, juridiction
devant laquelle il comparaissait ce vendredi 23 février
2007. A la barre, une chaise avait donc été
exceptionnellement mise à sa disposition.
Bref, à voir son apparence physique, on ne pouvait
s’imaginer que ce bout d’homme de 1,50 m environ, et 76
ans d’âge à l’époque des faits, ait pu abattre, à l’aide
d’un couteau, un colosse de 36 ans de 1,80 m de taille.
C’était il y a 4 ans à Yarbonga, un village de Dapaong.
La cause du crime : une dispute autour d’une cuisse de
porc.
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Kpawa
Yarboudja Lam boni et Kombaté Douti sont parentés, mais
aussi voisins par rapport à leurs domiciles. Dans la
matinée du 6 mai 2003, une dispute naît entre eux au
sujet du prix d’une cuisse de porc que vendait Kombaté
Douti. Le premier propose de la céder pour 600 francs
CFA, le second veut l’acheter à 300 francs. Ne s’étant
pas entendus, ils se séparent et se rendent au marché de
la localité, chacun de son côté. Là, ils se rencontrent
par hasard et s’échangent à nouveau des insultes. Le
soir vers 19 heures, les deux protagonistes se
retrouvent sur le chemin qui les mène au village.
Kombaté Douti, qui était à pied, a quitté le premier le
premier marché. Il est rattrapé par Kpawa Lamboni qui, à
vélo, le dépasse de 50 m environ avant que Douti ne
l’appelle. « Neveu ! Neveu ! reviens, j’ai quelque
chose à te dire », lance-t-il à Kpawa Lamboni. Ce
dernier remet son vélo à son ami qu’il venait rattraper
et retourne vers le vieux. La dispute reprend mais on ne
sait dans quelle atmosphère. Toujours est-il
qu’entre-temps Kpawa Lamboni crie au secours avant de
s’effondrer. Il venait d’être poignardé par, Kombaté
Douti. Dès qu’il entend les cris, son ami se dirige vers
eux. Il le trouve gisant à terre dans une marre de sang,
presque agonisant. Kombaté Douti, lui, prend la fuite.
Les tentatives de secourir le blessé sont veines car il
rendra l’âme quelques minutes après.
Le lendemain, le tueur se rend à la brigade de
gendarmerie de Dapaong où il est appréhendé. Il est
inculpé sous le chef d’accusation d’homicide volontaire,
une infraction punie par l’article 44 du code pénal. Cet
article dispose que « Quiconque commet volontairement
un homicide sera puni de la réclusion perpétuelle ».
L’accusé a reconnu les faits à la barre. Il a prétendu
que la provocation est venue de la victime. « Il a
traité de vieil idiot. J’ai refusé de répondre à
provocation. Pourtant, mon neveu m’a suivi en brousse où
j’étais allé faire mes besoins. Là, Kpawa Lamboni a
tenté m’étrangler. C’est en légitime défense que je lui
ai asséné deux coups de couteau », a expliqué
l’accusé devant la Cour.
Son avocat, a également fondé son argumentation autour
de la légitime défense, arguant que pour commettre son
forfait, un criminel n’invite pas de témoins à son
meurtre. Selon Me Adah N’Djellé, la victime a
certainement voulu régler les comptes au vieux. Mais, à
la suite d’une lutte qui s’est engagée entre les deux
hommes, l’avantage a tourné au profit de son client.
C’est pourquoi il a demandé la relaxe de Kombaté Douti,
se fondant sur les articles 54 et 56 du code pénal.
Telle n’est pas la position de l’avocat général. Pour M.
Komlan Mawussi, l’accusé tente de déformer les faits,
puisque tous les témoins ont affirmé que la victime a
été retrouvée sur le chemin et non en brousse. Il a
démontré la gravité des faits et la culpabilité de
l’accusé avant de relever qu’on ne doit pas ôter la vie
de son prochain pour une cuisse de porc. Le représentant
du parquet a également fait remarquer que le forfait de
l’accusé laisse 9 enfants orphelins. M. Komla Mawussi a
alors requis 20 ans de réclusion criminelle contre le
vieux.
Dans sa décision, la Cour, que présidait M. Kuma Loxoga,
a estimé que l’accusé n’a pas agi en légitime défense.
Elle lui a cependant trouvé des circonstances
atténuantes, en le condamnant seulement à 15 ans de
prison. L’accusé devait aussi payer deux millions de
dommages intérêts réclamés par l’épouse et le père de la
victime.
Félix SEKOU
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