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Togo Presse

28  mai 2007

[ 7539: du 25 mai  2007]

 

Protection et promotion des droits de l’enfant : Le BICE-Togo trace de nouvelles pistes méthodologiques d’action

L’antenne nationale du Bureau International Catholique pour l’Enfant (BICE-Togo) a organisé, hier, à Vogan, une journée de réflexion sur les stratégies à mettre en œuvre pour une meilleure contribution des chefs traditionnels à la protection effective des enfants contre les Violences, Abus et Exploitations Sexuelles (VAES). Une quarantaine de chefs de cantons et de village de la préfecture de Vo ont pris part aux travaux de cette journée d’information et de sensibilisation.

La journée de réflexion répond au souci du Bureau International Catholique pour l’Enfant du Togo (BICE-Togo) d’impliquer davantage les chefs traditionnels dans l’identification des stratégies, pour un meilleur contrôle communautaire de la protection et de la promotion des droits de l’enfant. Il est surtout question de susciter une meilleure collaboration auprès de ces gardiens des us et coutumes avec les institutions judiciaires.

            En effet, le BICE-Togo a identifié la persistance de nombreuses pratiques culturelles, telles que le rapt, le mariage forcé, le mariage précoce, la mise forcée au couvent, ainsi que la recrudescence des Violences, Abus et Exploitations Sexuelles (VAES), pratiqués envers les enfants. Mais malheureusement, selon toujours le constat du BICE, les familles des enfants victimes ont souvent recours au règlement à l’amiable, en négociant avec les auteurs, ou en saisissant les chefs traditionnels. Or, les jugements prononcés se résument aux châtiments corporels des auteurs, aux amendes en nature, ou à des cérémonies d’expiation ou de purification, dans l’intérêt de sauvegarder l’honneur des parents de la victime et de garder la cohésion sociale. Rarement on fait appel aux autorités judiciaires qui ont mandat d’assurer la protection des enfants.

            Ces mécanismes traditionnels de régulation sociale privilégient l’intérêt de la communauté, négligeant celui de l’enfant victime. A cet effet, la rencontre d’hier a été un cadre d’échanges pour enclencher une meilleure collaboration des chefs coutumiers avec les institutions judiciaires de la localité. Ceci, sur la base des communications sur le cadre légal (instruments juridiques) de protection des enfants contre les VAES et le mécanisme de protection des enfants devant les institutions judiciaires. Le rôle de chefs traditionnels dans la prévention et la protection des enfants contre les VAES et leurs conséquences néfastes ont également meublé les assises. A partir des discussions, des stratégies de lutte et de franche collaboration ont été élaborées pour le bien-être des enfants.

            La journée de réflexion se situe dans le cadre de la mise en œuvre du projet intégré de protection et de promotion des droits fondamentaux des enfants, notamment les filles en situation d’extrême pauvreté ou victimes d’exploitation au Togo. Le projet, débuté en janvier 2007 pour une durée de trois ans, est cofinancé par l’Union Européenne et le BICE qui est une ONG internationale de protection et de promotion des droits de l’enfant.

            Vincent K. HOEDANOU

 
[ 7538: du 24 mai  2007]
Elections législatives anticipées du 5 août : La commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères prône un scrutin sans violence
En général la période des élections en Afrique n’est pas une période paisible, tranquille et sereine. Cette période est très souvent temporairement perturbée avant, pendant et après les élections quel que soit le type de scrutin concerné. Le Togo, qui connaîtra bientôt des élections législatives, n’est pas épargné.
Et c’est fort de cela que la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères (CNLPAL) entend d’ores et déjà, préparer les esprits des populations togolaises. Une délégation de cette Commission effectue actuellement une tournée de sensibilisation de deux semaines dans certaines préfectures. Objectif : expliquer aux populations comment on peut réussir au Togo des élections sans armes ni violence. Le message de la CNLPAL tourne autour d’un seul thème : « élections sans armes ».

Le coup d’envoi de la première phase de la tournée a été donné lundi matin à Sokodé, chef-lieu de la préfecture de Tchaoudjo et de la Région Centrale. Cette phase conduira également les membres de la CNLPAL dans les Régions des Plateaux et Maritime.

A Sokodé, lundi, la délégation de la Commission a rencontré, dans les locaux des Affaires sociales, les jeunes de Tchaoudjo, les gardiens des us et coutumes, les représentants du pouvoir central et ceux des partis politiques. Elle était conduite par le président de cette institution, le colonel Toyi Assiah.

Dans son mot introductif, le col Assiah a, indiqué qu’en réalité, la Commission n’a pas attendu l’approche des élections pour entreprendre des tournées. Selon lui, la présente tournée s’inscrit dans le cadre des activités de sensibilisation souvent menées par la CNLPAL pour lutter contre la prolifération, la détention, le port et l’achat illégal des armes légères. « A l’orée des élections législatives et dans le cadre de nos activités de sensibilisation, nous avons saisi l’occasion pour dire aux gens qu’il va falloir que le Togo organise des élections sans violence, sans armes », a-t-il dit. Le président de la CNLPAL a alors félicité le comité local de la Commission pour ses efforts en matière de recensement des armes légères dans la région.

Dans l’exposé qu’il a fait sur le thème : « élections sans armes », le membre de la CNLPAL, M. Alilou Cissé a, d’entrée, souligné qu’il existe des pays qui montrent que les élections sans armes sont possibles en Afrique. C’est le cas du Bénin et de la Mauritanie qui ont récemment organisé des élections présidentielles et législatives sans armes, sans qu’un seul citoyen ne lève un gourdin ni ne tire un seul coup de fusil sur un autre citoyen.

Pour M. Cissé, « le Togo et les Togolais doivent s’inspirer de ces deux pays dont l’exemple honore toute l’Afrique ». Dès lors, comment s’y prendre ?

Aux dires de l’orateur, des élections sans armes cela signifie des élections au cours desquelles chacun de nous s’engage à ne utiliser aucune arme avant, pendant et après le déroulement du scrutin. Pour ce faire, la responsabilité de l’Etat, celle des acteurs politiques, celle de la population et celle des militants des partis politiques sont très importantes dans l’organisation des élections sans armes.

Savoir attendre les résultats, savoir gérer cette attente

Certes, le rôle de l’Etat est de veiller à la transparence, à la crédibilité et à la sécurisation des élections et des électeurs. Mais, M. Cissé a insisté sur la responsabilité qui incombe aux leaders des formations politiques. Les partis politiques, a-t-il martelé, ont un rôle de formation, d’information et de sensibilisation de leurs militants. Les partis politiques et la population doivent contribuer, à travers leurs comportements, au maintien d’un climat apaisé. Ils doivent savoir attendre les résultats, savoir gérer cette attente en évitant des comportements provocateurs. Ce professeur de Lettres à l’Université de Lomé a conclu que des élections sans armes ni violence vont dans l’intérêt de nous tous Togolais car l’avenir de notre pays en dépend.

Un débat franc et plein d’enseignements a mis fin à la rencontre.

Le secrétaire général de la préfecture de Tchaoudjo, M. Fama Tchatchibara a assisté à la réunion. On notait aussi la présence du premier substitut du procureur général près de la Cour d’Appel de Lomé, M. Atara M’Dakéna et du chef canton de Tchamba, M. Bouh O. Titikpina. Tous les deux sont membres de la CNLPAL et font partie de la délégation qui sillonne le pays. A leurs côtés, se trouvait le secrétaire permanent de la Commission, M. Tchalim Karbou.

La première phase de la tournée prend fin le 4 juin et la seconde commence le 11juin pour s’achever le 14 du même mois.

Félix SEKOU

 
Protection sociale des travailleurs du secteur informel : IBB veut en faire une réalité

Un séminaire sous-régional, organisé par l’International des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (IBB) et ses partenaires syndicaux franco-belges,  a été ouvert hier à l’ODSTA, à Agoènyivé, sur le thème : « l’économie informelle en Afrique francophone : comment améliorer la protection sociale des travailleurs de l’informel dans les secteurs du bâtiment, du bois et de la construction ? ». Il vise à réaliser un projet franco-belge qui permettra aux travailleurs de l’économie informelle des secteurs du bâtiment, du bois et de la construction, de mettre en place une stratégie d’organisation pour un travail décent et juste rémunéré dans l’informel.

Ce séminaire a pour objectif de mettre en place, dans chaque pays, des stratégies pour prendre en charge le volet social, la protection sociale de chaque travailleur du secteur informel, en développant des mutuelles de santé, des coopératives d’épargne et de crédit, pour lui permettre de trouver un cadre pour se soigner et une protection sociale comme ceux du secteur formel.

Ainsi, durant quatre jours, les participants, composés des responsables syndicaux, venus du Burkina Faso, du Niger, de Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Centrafrique, de la République Démocratique du Congo, du Djibouti et du Togo, en collaboration avec l’IBB et ses partenaires, auront à analyser la nature et les caractéristiques du secteur informel dans les domaines du bâtiment, du bois, de la construction et des activités connexes. Ils auront à discuter et à formuler des stratégies pour l’organisation des travailleurs de l’informel dans les secteurs de l’IBB. Il s’agira aussi de développer des stratégies pour renforcer les capacités des affiliés travaillant dans le secteur inorganisé et enfin revoir les actions de solidarité qui peuvent être développées pour soutenir les travailleurs de l’économie informelle.

Au terme de ce séminaire, les participants doivent partir avec un schéma clair d’organisation qui sera développé dans chaque pays.

Ainsi, l’IBB s’engage à soutenir toute action d’organisation viable dans la sous-région d’Afrique francophone, ceci pour relever le niveau des organisations syndicales.

En ouvrant les travaux de cet atelier, M. Baba Elmadame Tourey, vice- président du comité régional de l’IBB pour l’Afrique, a invité les séminaristes à faire sienne cette thématique.

M. Beliki Akouété secrétaire général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo, a salué cette initiative qui est une preuve de l’union du mouvement syndical pour mieux défendre ses intérêts aux plans national et international.

« Malgré les 14 % de la force active mondiale que nous constituons, nous nous sommes très divisés et dans les courants internationaux, nos divergences s’affichent à telle enseigne que les institutions internationales n’arrivent plus à discuter avec le monde syndical », a-t-il soutenu.

Alfred TCHALIM

 
Pour une cuisse de porc, Kombaté Douti tue son neveu

Chétif, babiche et tête blanches, on le croirait à quelques jours de sa mort. Kombaté Douti, 80 ans, ne se déplaçait qu’à l’aide d’une canne. Il ne pouvait pas se mettre debout pour répondre aux questions du président de la Cour d’assises de Kara, juridiction devant laquelle il comparaissait ce vendredi 23 février 2007. A la barre, une chaise avait donc été exceptionnellement mise à sa disposition. Bref, à voir son apparence physique, on ne pouvait s’imaginer que ce bout d’homme de 1,50 m environ, et 76 ans d’âge à l’époque des faits, ait pu abattre, à l’aide d’un couteau, un colosse de 36 ans de 1,80 m de taille. C’était il y a 4 ans à Yarbonga, un village de Dapaong. La cause du crime : une dispute autour d’une cuisse de porc.

Kpawa Yarboudja Lam boni et Kombaté Douti sont parentés, mais aussi voisins par rapport à leurs domiciles. Dans la matinée du 6 mai 2003, une dispute naît entre eux au sujet du prix d’une cuisse de porc que vendait Kombaté Douti. Le premier propose de la céder pour 600 francs CFA, le second veut l’acheter à 300 francs. Ne s’étant pas entendus, ils se séparent et se rendent au marché de la localité, chacun de son côté. Là, ils se rencontrent par hasard et s’échangent à nouveau des insultes. Le soir vers 19 heures, les deux protagonistes se retrouvent sur le chemin qui les mène au village.

Kombaté Douti, qui était à pied, a quitté le premier le premier marché. Il est rattrapé par Kpawa Lamboni qui, à vélo, le dépasse de 50 m environ avant que Douti ne l’appelle. « Neveu ! Neveu !  reviens, j’ai quelque chose à te dire », lance-t-il à Kpawa Lamboni. Ce dernier remet son vélo à son ami qu’il venait rattraper et retourne vers le vieux. La dispute reprend mais on ne sait dans quelle atmosphère. Toujours est-il qu’entre-temps Kpawa Lamboni crie au secours avant de s’effondrer. Il venait d’être poignardé par, Kombaté Douti. Dès qu’il entend les cris, son ami se dirige vers eux. Il le trouve gisant à terre dans une marre de sang, presque agonisant. Kombaté Douti, lui, prend la fuite. Les tentatives de secourir le blessé sont veines car il rendra l’âme quelques minutes après.

Le lendemain, le tueur se rend à la brigade de gendarmerie de Dapaong où il est appréhendé. Il est inculpé sous le chef d’accusation d’homicide volontaire, une infraction punie par l’article 44 du code pénal. Cet article dispose que « Quiconque commet volontairement un homicide sera puni de la réclusion perpétuelle ».

L’accusé a reconnu les faits à la barre. Il a prétendu que la provocation est venue de la victime. « Il a traité de vieil idiot. J’ai refusé de répondre à provocation. Pourtant, mon neveu m’a suivi en brousse où j’étais allé faire mes besoins. Là, Kpawa Lamboni a tenté m’étrangler. C’est en légitime défense que je lui ai asséné deux coups de couteau », a expliqué l’accusé devant la Cour.

Son avocat, a également fondé son argumentation autour de la légitime défense, arguant que pour commettre son forfait, un criminel n’invite pas de témoins à son meurtre. Selon Me Adah N’Djellé, la victime a certainement voulu régler les comptes au vieux. Mais, à la suite d’une lutte qui s’est engagée entre les deux hommes, l’avantage a tourné au profit de son client. C’est pourquoi il a demandé la relaxe de Kombaté Douti, se fondant sur les articles 54 et 56 du code pénal.

Telle n’est pas la position de l’avocat général. Pour M. Komlan Mawussi, l’accusé tente de déformer les faits, puisque tous les témoins ont affirmé que la victime a été retrouvée sur le chemin et non en brousse. Il a démontré la gravité des faits et la culpabilité de l’accusé avant de relever qu’on ne doit pas ôter la vie de son prochain pour une cuisse de porc. Le représentant du parquet a également fait remarquer que le forfait de l’accusé laisse 9 enfants orphelins. M. Komla Mawussi a alors requis 20 ans de réclusion criminelle contre le vieux.

Dans sa décision, la Cour, que présidait M. Kuma Loxoga, a estimé que l’accusé n’a pas agi en légitime défense. Elle lui a cependant trouvé des circonstances atténuantes, en le condamnant seulement à 15 ans de prison. L’accusé devait aussi payer deux millions de dommages intérêts réclamés par l’épouse et le père de la victime.

Félix SEKOU

 
 

 

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