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Togo
Presse |
24 fevrier 2007 |
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[
N°7477 du
22 fevrier 2007] |
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Promotion des oeuvres de l’esprit : Le statut de
l’artiste togolais validé |
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Le ministère de la Culture, du Tourisme et des Loisirs,
en collaboration avec l’Organisation Internationale de
la Francophonie (OIF), a organisé, hier, à la direction
de la Culture à Lomé, un atelier de validation du statut
de l’artiste togolais. Ce document qui régira désormais
le corps des artistes au Togo, est un instrument,
juridique qui lui confère des droits et des devoirs, et
surtout, l’obligation de professionnalisme dans
l’exercice du métier. |
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L’atelier de validation du statut de l’artiste togolais
répond aux recommandations des conférences
intergouvernementales de l’UNESCO sur les politiques
culturelles. Il vient combler le vide juridique qui
gangrène la promotion de la création des œuvres de
l’esprit au Togo. Le texte propose des mesures de
renforcement des rôles pour un professionnalisme plus
accru, et des mesures de protection sociale de
l’artiste, en vue de lui assurer des conditions propices
à son activité créatrice.
Par ailleurs, ce document validé,
lorsqu’il aura droit de cité, permettra d’enrayer la
marginalisation dont les artistes font l’objet dans la
société, et particulièrement, de réduire sensiblement la
méfiance des structures économiques vis-à-vis de ce
secteur d’activité. De ce fait, le statut validé
comporte des rubriques diverses et variées sur les
droits et devoirs des artistes, sur la coopération et la
diversité culturelle, les champs d’application et de
qualification de l’oeuvre d’art.
Les concepts d’entreprises culturelles et artistiques,
de la promotion et d’entreprenariat culturels, de
l’association et regroupement des artistes, et des
pièces d’indentification des artistes, etc. ont été, en
outre, largement abordés dans le statut.
Au cours de l’atelier, le projet de statut
a été, présenté. Des échanges ont suscité des
amendements, avant l’adoption définitive dans la soirée.
A l’ouverture comme à la clôture des
travaux, le directeur de cabinet du ministère de la
Culture, du Tourisme et des Loisirs, M. Georges Oulégoh
Kéyéwa, a mis l’accent sur « un environnement de
paix », qui selon lui, est source d’inspiration et
de concentration pour l’artiste. Aussi, a-t-il exhorté
les délégués artistes venus des cinq régions économiques
du pays, à respecter « le dialogue de cultures »,
prôné par le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé,
à travers sa politique d’union nationale. Il a, par
ailleurs, invité les artistes à l’esprit de
professionnalisme, afin de bénéficier des avantages liés
à l’exercice du métier, tels que, l’obtention du visa
dans les chancelleries, le soutien des bailleurs de
fonds et institutions bancaires administratif. Le
document validé sera soumis aux autorités compétentes
pour adoption avant sa mise en application.
Le directeur du Bureau Régional de
l’Afrique de l’Ouest pour l’OIF, M. Etienne Alingue, a
assisté à l’ouverture des travaux, en présence des
responsables techniques et administratifs du ministère
de la Culture, du Tourisme et des Loisirs.
Vincent K. HOEDANOU |
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Échos de la cour d’assises de Kara : Accusé de
sorcellerie, Dihim est battu à mort par des inconnus |
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La Cour d’assises de Kara tient du 12 au 23 février sa
première session pour l’année 2007. Les affaires jugées
au Palais de Justice de la ville de Kara sont relatives
à des infractions courantes telles que l’homicide
volontaire, l’homicide avec préméditation, le viol, le
détournement des deniers publics, les violences
volontaires, etc. |
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Le 14 février dernier, elle a jugé les affaires des
nommés Abalo Koumatè et Yao Kawamibao, accusés d’avoir
donné des coups mortels au sieur Dihim Kadokpala. Le
même jour le nommé Mamyé N’laba a été condamné à trente
ans de prison pour le meurtre commis
sur un vieux de 66 ans. Notre envoyé à Kara, M. Félix
Sékou, rend compte du déroulement de ces audiences.
La croyance en la sorcellerie continue de faire des
victimes innocentes dans notre société. Le 3 octobre
2003, le corps inanimé de Dihim Kodokpala, alors âgé de
50 ans, a été retrouvé sur une roche près de son village
Karaoh (Binah). Il a été battu à mort par des inconnus,
en raison des suspicions qui pesaient sur lui et qui
indiquaient que ce cultivateur de son état était un
sorcier redoutable.
Supposés être les auteurs du forfait, les nommés Abalo
Koumatè (36 ans) et Yao Kawanibao, (44 ans), ont été
interpellés et inculpés. Ils ont été jugés dans la
matinée du mercredi 14 février par la Cour d’assises de
Kara, siégeant en audience publique et contradictoire.
Abalo Koumatè est donc poursuivi pour avoir
volontairement exercé des violences sur la personne de
Dihim Kadokpala, violences ayant entraîné la mort sans
intention d’homicide. Ces faits sont prévus et punis par
l’article 48 alinéa 1er, du code pénal.
Le second est accusé de s’être rendu complice des mêmes
faits par provocation, notamment en donnant des
renseignements selon lesquels la victime détenait le
jour du drame les âmes des gens dans son bidon.
A la suite d’un long procès marqué par des
rebondissements, les deux accusés ont été acquittés par
la Cour d’assises présidée ce jour par M. Kpakpabia Adi.
Des faits de l’espèce, il ressort que le 3 octobre 2004,
munis d’un bidon, M. Dihim Kodokpala a quitté son
village pour se rendre à Pagouda pour acheter du
pétrole. A la recherche de la revendeuse de pétrole, il
entre dans une maison. Les croyances du milieu prêtent à
Dihim une réputation de sorcier. Cette réputation est
renforcée par les révélations de Abalo Koumatè dit «
Sassaco » et de Yao Kawambao (charlatan guérisseur)
qui avaient préalablement donné consigne aux jeunes de
la maison de ne pas permettre l'entrée du vieux à leur
domicile. Effrayés par sa présence, ces jeunes, parmi
lesquels Abaladèma Ayétchao, 24 ans, confisquent son
bidon et l’expulsent de la maison. Munis de bâton, ils
le conduisent à environ 2 Km, avant de replier.
De passage chez les jeunes, Abalo Koumatè s’informe de
ce qui s’était passé. Il fait appel à Yao Kawambao qui,
en sa qualité de charlatan, révèle que M. Dihim a
emprisonné les âmes des habitants de la maison dans son
bidon. Il fallait le rattraper et vite ! Abalo et Yao se
font conduire par Abaladèma à l’endroit où est arrivé
Dihim. Ce dernier sera découvert mort le même jour dans
la soirée sur un rocher situé sous des nérés. Il
baignait dans son sang, le front fracassé et des
blessures sur le corps.
Une enquête est ouverte par la gendarmerie de Pagouda et
qui aboutit à l’arrestation de Abalo Akoumaté, Yao
Kawambao et Abaladèma Ayetchao. Ce dernier sera libéré
par la suite.
Après avoir reconnu devant les gendarmes qu’il a exercé
des violences contre Dihim, Abalo Koumatè est revenu sur
ses déclarations aussi bien devant le juge d’instruction
qu’à la barre mercredi, précisant avoir retrouvé la
victime agonisante et ce, en compagnie de Yao et
Abaladèma. Le charlatan Yao a confirmé ces dernières
allégations devant la Cour. Quant à Abaladèma, élève en
classe de 1re, il avait affirmé devant le
juge d’instruction avoir assisté au lynchage de Dihim. A
l’audience du mercredi dernier, il a soutenu avoir
plutôt conduit les deux hommes (Abalo et Yao) sur les
lieux, puis rebrousser immédiatement chemin, sans avoir
eu le temps de connaître la suite des évènements.
Qui a alors donné la mort à Dihim ?
C’est autour de cette question que les débats ont été
focalisés. En réponse à la nouvelle version des faits
que Abaladèma venait de présenter, l’avocat général du
jour, M. Awal Ibrahim, a requis l’inculpation immédiate
du témoin, estimant qu’il était le cerveau du meurtre.
Du coup Abaladèma est passé du simple témoin à un
accusé.
La décision a provoqué la colère de l’avocat Edah A. N’déjélé
qui va se constituer d’office conseil du nouvel accusé.
Se fondant sur l’article 158 du code de procédure
pénale, M. N’djélé a soulevé la prescription qui frappe
la demande de l’avocat général. L’exception soulevée par
la défense a été simplement jointe au dossier.
Poursuivant son réquisitoire, l’avocat général, Ibrahim,
a précisé que le fait constant dans cette affaire, c’est
que le vieux marchait à l’arrivée de Abaladèma, Abalo et
Yao. Ce n’est qu’après leur départ qu’on l’a retrouvé
mort. « Il y a lieu donc de prendre les dernières
personnes qui l’ont vu », a-t-il conclu avant
de requérir 15 ans de réclusion contre chacun des trois
accusés.
La défense de Abalo Koumatè et Yao Kawambao a été
assurée par Me Gameli d’Almeida. Celui-ci a relevé les
incohérences et les contradictions qui ont marqué les
déclarations de toutes les parties au procès, soulignant
que dans cette confusion, il est difficile de désigner
un ou des auteurs du crime. « Un doute sérieux existe
dans cette affaire », a-t-il soutenu avant de
réclamer la relaxe de ses clients. Même son de cloche
chez Me N’djélé qui a également plaidé pour
l’acquittement de Abaladèma Ayétchao.
Assisté de ses deux assesseurs, les juges Tchatchibara
Ayéva et Bayetin ainsi que les six jurés, M. Adi a,
d’une part prononcé le retrait de l’arrêt inculpant
Abaladèma Ayétchao. Il a, d’autre part déclaré Abalo
Koumatè et Yao Kawambao non coupables des faits qui leur
sont reprochés et prononcé leur libération immédiate.
L’huissier audiencier et le greffier du jour étaient
respectivement Me Talma et M. Tagba.
Félix SEKOU |
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Mamayé N'laba passera 30 ans en prison pour le meurtre
commis sur un vieux de 66 ans |
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Trente ans de prison contre Mamayé N’aba. La main de la
Cour d’assises de Kara a été assez lourde jeudi matin, à
l’égard de cet homme de 46 ans, jugé pour homicide
volontaire avec préméditation sur un vieux de 66 ans.
Les faits rappelés à la barre étaient si ignobles qu’ils
ont provoqué indignation et colère auprès de
l’assistance. |
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En plus, tous les témoignages, toutes les déclarations
étaient accablants. Violent, agressif, insupportable,
paresseux... Mamayé N’laba avait tous les défauts avant
ce 23 août 2003, jour le plus maudit de sa vie au cours
duquel il a tué son semblable, le vieux Amadou Biléou.
C’était un vendredi. Soupçonnant Mamayé N’laba de vol de
son mouton, le nommé Amadou Biléou prend un ordre de
convocation à la gendarmerie de Kabou qu’il va laisser
au domicile de ce dernier à Kpalou (préfecture de Bassar)
à son absence. Il était allé à vélo. Quelques instants
après, l’accusé arrive à la maison et accuse réception
de l’acte de convocation. Pris de colère, il se saisit
d’une machette, d’un arc et des flèches pour poursuivre
à pied, Amadou Biléou. Il le rattrape, l’obligea à
descendre du vélo avant de le frapper à l’épaule puis à
la nuque à laide de la machette. La victime s’écroule et
rend l’âme sur le champ. Mamayé N'laba traîne le corps
dans la brousse et l’enfouit dans une tombe
superficielle. Il emporte le vélo et les objets qui y
sont attachés (un sac contenant diverses pièces d’état
civil et l’argent).
Il se réfugie le même jour au Ghana voisin avec tous les
objets volés. Il n’a pas eu de chance, puisqu’il sera
déniché par la police ghanéenne qui l’extrade au Togo.
C’est ainsi qu’il est écroué et inculpé pour homicide
volontaire avec préméditation, infraction qui tombe sous
le coup des articles 44 et 45 a) du code pénal. Selon
l’article 44, « quiconque commet volontairement un
homicide sera puni de la réclusion perpétuelle ».
L’article 45 a) précise que « l’homicide volontaire
est puni de mort s’il a été commis avec préméditation et
guet apens ». A la barre, l’accusé Mamayé N’laba a
dit vouloir corriger la victime sans aucune intention de
la tuer.
Pourtant, le ministère public, représenté par M. Mawussi
Komlan a prouvé que son acte était prémédité.
D’abord, l’accusé a voulu éliminer le vieux à cause
d’une somme d’argent qu’il ne pouvait pas rembourser.
L’avocat général fonde ensuite son argumentation sur les
moyens utilisés : une machette et un arc, des moyens
sûrs pour abattre le vieux. Enfin, la manière dont il a
administré les coups : à l’épaule pour affaiblir la
victime puis à la nuque, partie la plus sensible du
corps.
Pour M. Mawussi Komlan, le bourreau du vieux Amadou
Biléou n’a pas sa place dans la société. « Non
seulement il est inutile, mais aussi il est nuisible à
la société », a-t-il fait observer avant de requérir
l’emprisonnement à vie.
Dans sa plaidoirie, Me Izétou Afo a, d’entrée, dit qu’il
n’était pas là pour justifier le crime ou faire son
apologie. Il s’est plutôt employé à prouver qu’il n’y a
pas préméditation. Selon lui, l’accusé a agi sous
l’effet de la colère, il n’a pas guetté la victime. «
L’acte est spontané », a révélé Me Afo, faisant
observer que le port ou la détention d’une machette en
pays Kocomba est une tradition.
Concluant sa plaidoirie, la défense a demandé à la Cour
de requalifier l’infraction et de retenir plutôt les
« violences volontaires ayant donné la mort sans
intention homicide ».
Dirigée par M. Yambah Kantchil-Larré, la cour a, dans un
premier temps, rejeté la demande de requalification de
l’infraction.
Elle a en outre reconnu Mamayé N’laba coupable
d’homicide volontaire avec préméditation et l’a condamné
à trente ans de réclusion.
La partie civile, la soeur de la victime, n’ayant rien
réclamé, l’accusé n’a été condamné qu’aux dépens. Il a
trois jours francs pour se pourvoir en cassation. Le
président d’audience était aidé dans sa tâche par les
six jurés ainsi que deux assesseurs, MM. Mondou Laré et
Koffi Assiou. M. Ababaya Tagba a assumé le greffe et Me
Badagnaki Tchéouaféi a joué le rôle d’huissier
audiencier.
F .S. |
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Echos de la cour d’assises de Kara : Le détournement de
deniers publics est un crime |
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Malgré les difficultés économiques que connaît notre
pays et les mises en garde répétées des autorités, des
fonctionnaires se permettent encore de dilapider et de
détourner les fonds de l’Etat.
Le
nommé Gounséti Tampo, receveur des postes de son état,
fait partie de ces agents inconscients et malhonnêtes.
Il a comparu, vendredi dernier, devant la Cour d’assises
de Kara, pour avoir détourné la bagatelle de 52.864.034
F CFA au préjudice de la Société des Postes du Togo (SPT),
personne morale de droit public. |
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Qualifiés de crime de détournement de deniers publics,
ces faits sont prévus et punis par l’article 209 alinéa
1er, du code pénal.
Aux côtés de l’accusé, devaient également comparaître
les nommés Abdel Aziz Bello et Kadidjatou Assoumanou,
poursuivis, eux, pour le crime de recèle des fonds
détournés par Gounséti Tampo (article 204 code pénal).
Mais ils ne se sont pas présentés à la barre, ils sont
actuellement en fuite.
Nanti seulement d’une capacité en droit, Gounséti Tampo,
39 ans, a eu la chance de gravir rapidement les échelons
de son service. Après 14 ans de bons et loyaux services,
il s’est retrouvé à la tête de la poste de Dapaong en
qualité de receveur régional. Avec un salaire de près de
200.000 F CFA, par mois, ce secrétaire d’administration
de la catégorie B, n’a pas daigné vivre modestement et à
la mesure de ses moyens. Père de trois enfants, il a
plutôt trouvé l’occasion belle de puiser dans les
caisses de la poste pour s’offrir une belle vie. Car,
enfin de compte, personne n’a su ce qu’il a fait avec
les millions volés.
Le 18 février 2002, à l’occasion d’un contrôle annuel,
les services comptables de la société n’ont pas retrouvé
les traces de trois chèques d’un montant total de
30.000.000 F CFA, émis au profit de la poste de Dapaong
courant années 2000 et 2001, périodes au cours
desquelles Gounséti Tampo y a travaillé en qualité de
receveur avant d’être affecté à Kara.
Interrogé, celui-ci n’a pas reconnu les anomalies
constatées dans ses écritures comptables. Il a souhaité
que les vérifications soient fuites à Dapaong. La
demande a été acceptée par la poste qui a commis le chef
contrôle des comptabilités des bureaux SPT pour
effectuer le travail de concert avec Gounséti.
En quittant Kara, l’accusé était certain qu’il ne se
tirerait pas d’affaires. Dans l’intention de s’enfuir,
il a encore soustrait 12.000.000 F CFA de la caisse
qu’il gère à Kara.
Arrivée à Dapaong, dans la cour de la poste, Gounséti
demande à son chef la permission de saluer quelques
connaissances. Il en profite pour s’échapper. La
gendarmerie procède à une véritable battue dans la
ville, mais ne retrouve pas le fugitif. Pourtant, il
passe quatre jours à Dapaong. Dans sa cachette, il
trouve même le temps de rencontrer sa copine Adidjatou
Assoumanou, qu’il a fait appeler de Sokodé. Gounséti lui
explique son problème et, avant de s’enfuir, lui remet 8
250 000 F CFA aux fins de s’occuper de ses enfants,
d’autant que leur maman ne vit pas depuis 2001.
Le 24 février 2002, Gounséti est arrêté par la
gendarmerie de Kopienga au Burkina Faso et remis le
lendemain à la brigade de recherche de Dapaong. Dans sa
valise, on retrouve 3.748.500 F CFA représentant le
reste des 12.000.000 F CFA volés à Kara. Inculpé, il
sera mis en liberté provisoire le mois de juillet 2005
pour cause de maladie.
A l’enquête préliminaire, à l’instruction, tout comme à
la barre, vendredi, l’accusé a reconnu les faits et
plaidé coupable. Il a néanmoins affirmé qu’à Dapaong,
12.000.000 F CFA ont mystérieusement disparu de la
caisse au moment où il y exerçait ; plus de 18.000.000 F
CFA ont été également remis à un certain Abdel Aziz
Bello, son associé dans un commerce de vente de
véhicules d’occasion.
Me Edah N’djélé qui représentait les intérêts de la SPT
a évalué le montant total volé à 52.864.034 F CFA. De
cette somme, il a déduit 3.748.500 F CFA récupérés à son
interpellation et 15.000.000 F CFA représentant la
valeur de la maison en construction de l’accusé. Le
reste à payer est donc de 33 522 924 CFA. Me N’djélé a,
en plus, réclamé 5.000.000 F CFA comme frais
d'immatriculation de la maison saisie et 25.000.000 F
CFA au titre de dommages-intérêts.
Le ministère public représenté par M. Awal Ibrahim a
insisté sur une sanction exemplaire afin de décourager
ce genre de comportement. « Si tous les receveurs, si
tous les fonctionnaires en faisaient autant,
qu’adviendrait-il de l’économie du pays ?», s’est-il
interrogé avant de requérir cinq ans de prison contre
Gounséti.
Plaidant pour la cause de ce dernier, Me Gbati
Tchassanté a sollicité la clémence de la cour pour cet
homme de bonne foi qui a commencé par payer les fonds
frauduleusement soustraits. «La chair est faible et
peut céder à la tentation », a-t-il souligné tout en
rappelant que son client a certes « fait montre de
légèreté blâmable, mais il n’est pas moins vrai que son
acte est l’œuvre d’un être humain, faillible par
définition ».
La cour que dirigeait, Kpakpabia Adi, a. reconnu les
trois accusés coupables des infractions, pour lesquelles
ils sont poursuivis. En répression, elle a retenu contre
chacun d’eux cinq ans de prison.
Elle a fixé le montant de la mutation (immatriculation,
à 1.500.000 F CFA et les dommages-intérêts à 10.000.000
F CFA. Au total, la cour a condamné solidairement les
accusés à verser à la partie civile (la SPT), la somme
de 45.022.924 F CFA constituée du reste de l’argent à
payer par Gounséti (33.522.924 F CFA) et des sommes sus
indiquées ( 11.500.000 F). Elle a décerné deux mandats
d’arrêts internationaux contre Abdel Aziz Bello et
Kadidjatou Assoumanou. Les accusés ont trois jours
francs pour se pourvoir en cassation.
Ont aidé le président de la cour dans sa tâche, en
qualité d’assesseurs, MM. Edjolevo et Toke Kokou. Me
Gnansa Sagou était huissier audiencier et Nakpane
Bougonou, greffier.
Félix SEKOU |
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