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Togo Presse

13 fevrier 2007

[ 7468 du 9 fevrier 2007]

 

Régulation de la circulation à Lomé : De jeunes policiers à l’épreuve

Midi. Au carrefour de Dekon, de même qu’aux autres grands carrefours de Lomé, de jeunes policiers, nouvellement recrutés, sifflets à la bouche, les mains gantées de blanc, calots élégamment posés sur la tête, veillent au grain pour réguler la circulation devenue très difficile ces derniers temps. La présence de jeunes filles aussi appliquées que les hommes dans ce corps, suscite au sein de la population de l’admiration et parfois des interrogations.

            Dans leurs treillis visiblement neufs, ces jeunes policiers en stage pratique de quelques mois qu’on remarque ces derniers temps aux grands carrefours de Lomé ne savent peut-être pas qu’ils suscitent des commentaires divers de la part du public. Pour eux, seule la réussite de ce pourquoi ils sont là les préoccupe. Ce travail, ils l’ont, pour la plupart, choisi par passion et ils le prouvent déjà par leur abnégation et leur sérieux. Le couronnement de leur carrière en dépend d’ailleurs.

            Déployés à deux, à trois voire à quatre aux différents endroits et toujours sous la supervision d’un ancien, pour la transmission des connaissances, ces nouveaux policiers ont pour mission d’aider les usagers en leur facilitant le passage. En ce sens, ils font observer les règles du code de la route au niveau des feux tricolores, aux endroits interdits de stationnement, sur les voies à sens interdits. Bref, ils régulent la circulation.

            Ne serait-ce que pour cela, le renforcement des effectifs de la police par les récents recrutements de 615 puis de 1000 élèves policiers est déjà salutaire. Cela l’est d’autant plus vrai si l’on considère d’autres actions sur le terrain à savoir les patrouilles nocturnes, la lutte contre le vol et le banditisme, la sécurisation de certains lieux et édifices.

            Comme tout humain faisant œuvre utile est souvent victime de commentaires peu courtois, nos jeunes policiers stagiaires ne font pas exception à la règle.

            Au sein du public en général, les appréciations sont partagées. Aux rangs des conducteurs de taxi motos communément appelés « Zémidjans » où beaucoup sont si pressés qu’ils n’ont pas de temps de respecter le code, les critiques prennent le pas sur les appréciations. « On dirait que c’est pour nous qu’ils ont été formés… Comme le gouvernement a besoin d’argent, à moindre chose, ils nous arrêtent pour être verbalisés », a confié l’un d’eux en redoutant leur rigueur.

            Même si les propos des chauffeurs de taxi sont moins virulents, la même remarque d’une grande rigueur y est fréquente. « Nous avons l’impression que tout ce qu’on leur apprend c’est d’arrêter les taxis. Avec les anciens, nous étions habitués et eux aussi connaissent les difficultés de notre travail. Mais pour les enfants là, quand ils nous arrêtent c’est fini. Ils ont parfois raison. Ils sont aussi obligés d’appliquer ce qu’on leur a appris mais comme nous n’avons pas de stations, nous n’avons pas de stations, nous tombons toujours sous le coup », a déclaré un chauffeur de taxi.

            Dans le grand public, il leur est reproché, dans le cas des voies à sens unique de ne pas reconnaître aux employés des services adjacents, leurs droits de riverains. Mais globalement, nombreux sont ceux qui tiennent plus à la sécurité routière dans son ensemble qu’aux cas individuels. C’est pourquoi ces stagiaires y trouvent leurs admirateurs. Dans ce lot, beaucoup leur vouent leur compassion pour les difficultés qu’ils rencontrent au cours de ce stage. On apprécie également le nombre, de plus en plus, croissant des filles dans ce corps, preuve tangible de la promotion de la gent féminine dans tous le secteurs.

            Nous ne devons pas considérer les policiers comme des ennemis mais au contraire avoir une considération pour ce corps qui se bat, nuit et jour, sans compter, sous la pluie comme sous le soleil, pour faire respecter l’ordre, surtout par son action dissuasive.

            Faustin LAGBAI

 
Le Musée national du Togo Un grenier de richesses artistique et culturelle à découvrir

Le Musée national au palais des Congrès de Lomé, chantre des vestiges des civilisations togolaises, reste un lieu de premier choix pour les visites d’étude, voire de promenade pour se ressourcer aux valeurs traditionnelles. En effet, les objets exposés, de la poterie ancienne aux pièces de défense, en passant par des instruments de musique traditionnelle, de photographies etc. permettent de pérenniser l’identité à travers leurs histoires ainsi que les techniques du savoir-faire culturel des togolais.

A l’entrée du Musée national, le visiteur resté bouche bée devant l’art céramique ancien des Togolais, des pièces les plus anciennes de la poterie traditionnelle.

            Dans des vitrines, des pots de tous âges et de diverses localités véhiculent, chacun, une histoire spécifique.

            Ces objets laïcs, superbes et décoratifs, sont indentifiables par leur origine, que ce soit la poterie Lamba, Kabyè, Konkomba, Bassar ou Akposso, car ils entrent en résonance avec les traditions de chaque peuple. Ainsi, au Musée national, on y trouve les fameux « sulumdessi ». Ce sont des canaris d’origine Lamba de Défalé qu’on estime partout pour la finesse de leurs bords. D’un côté, sont exposés les assiettes de forme hémisphérique « disamtir » que les Bassars utilisaient pour servir les repas, « dibool » pour conserver la boisson et les supports en céramique « lakool » des Konkomba.

            De l’autre côté, se trouve les poteries « Inki » de Guérin-Kouka, qui servaient à conserver la boisson locale, les vieilles marmites et fourneaux des Régions des Plateaux et Marmite, des pipes locales en céramique des Tado du XVII, XVIIIe siècle, des poteries décorées des Tado, des grandes jarres de conservation d’eau et des marmites et assiettes avec ou sans couvercle des Kabyè d’une grande qualité. Les visiteurs peuvent retrouver également des marmites « Midedesiam » de Niamtougou, qui servaient à cuire des mets.

Aujourd’hui, à part quelques besoins de ménage très spécifiques qui donnent une place à la céramique dans la vie quotidienne, la poterie est remplacée par des assiettes en plastique ou des marmites en aluminium.

De tout temps, la poterie sert également à des arts religieux. C’est ainsi, qu’on y retrouve des pots rituels gravés de traits et de trois rangées de cônes. Ils étaient utilisés comme habitacles des esprits des jumeaux et des vieux Nawdba. Il y a aussi des pots rituels avec dix rangées de cônes provenant de la même région, qui abritaient les esprits des jumeaux et des vieilles femmes. Certains pots ont trait aux rites en pays Kabyè. Il s’agit de « N’taaka », petit pot rituel avec des trous, utilisé comme habitacle des esprits des vieilles personnes et « Koubacou », un pot rituel avec plusieurs cônes utilisés à Bassar. « Kalobi » était aussi une marmite qui servait dans les cérémonies rituelles traditionnelles Akposso.

Autres instruments domestiques et des images de grands hommes

Un peu plus loin, le visiteur au musée est séduit par la diversité des instruments dont ceux des villages de forgerons. Il s’agit des soufflets de forge en peau de bête avec des socles de bois munis de tuyaux, que les forgerons utilisaient pour activer le feu ; des instruments de musique traditionnelle ; des cloches rituelles à battants internes et externes ; des grands gongs doubles en fer, utilisés par les crieurs publics, les animateurs des danses So ou Kamou, etc. Bref des expositions qui font la part belle aux cultures des différentes régions du Togo.

Au milieu du musée, s’exposent des collections consacrées aux divinités lagunaires à trois têtes et sculptées en bois des croyances Guin; des tambours volumineux à deux membranes des peuples du groupe gur ; des gourdes ou calebasses avec couvercle, gravées de figures géométriques.

Il y a également des œuvres de défense, illustrant la force et l’influence des peuples : carquois à flèches des Lamba et Temberma, des fusils de chasse indigènes, etc. A travers cette visite guidée, on débouche sur les collections de vanneries.

Il y a, entre autres, la valise traditionnelle recouverte de bouse de vache avec couvercle, qui servait à garder les objets vestimentaires de la jeune épouse Tem de la Région Centrale et la petite valise traditionnelle tressée de paille et de fibres végétales. Elle était utilisée par les Moba pour la conservation des vêtements.

Le musée fait également une place aux grands hommes

Dans la galerie, sont exposés des collections d’images des figures qui ont marqué l’histoire et la vie sociopolitique du Togo. Ainsi, dans ce couloir, les visiteurs verront les gouverneurs allemands et français qui ont marqué la colonisation et l’histoire du Togo ; surtout le texte manuscrit du traité de protectorat signé à Baguida le 5 juillet 1884 et l’image du navire allemand mis à la disposition de Gustave Nachtigal pour la signature du traité. Ce vestibule est aussi composé d’une part des chaînes à esclaves, des photos des Togolais esclaves, d’une photo d’un négrier, etc. et des images des chefs d’Etat togolais, d’autre part.

Histoire du musée

C’est pendant la période coloniale allemande que l’idée de la création d’un musée a été émise. En 1965, un vieil instituteur, M. Kponton, avait ouvert un musée privé au public. C’est au cours de la visite au Togo du président français Georges Pompidou en 1972 qu’une exposition d’objets d’art dénommée (France – Togo) a été montée par le Centre Culturel Français (CCF). Deux ans après, le 8 avril 1974, le président de la République d’alors, le général Gnassingbé Eyadema a pris un décret créant le Musée national.

Ce grenier qui regorge du patrimoine culturel togolais a vu le jour grâce au don d’objets du CCF, au rachat des pièces du musée privé de Kponton et des objets retenus lors des semaines cultuelles. Le musée a été inauguré un an plus tard, le 26 avril 1975.

Il s’est enrichi suite au don de deux cents objets de l’Institut Goethe.

Selon le conservateur du Musée national, M. Midakéna Wasungu, ces objets culturels ont été transmis de génération en génération et extériorisent le savoir-faire, l’ingéniosité des civilisations anciennes. Pour M. Wasungu, il y a lieu de protéger, conserver et mettre en valeur ces richesses, pour permettre aux générations futures de connaître le patriotisme culturel de leurs parents.

Le musée est ouvert tous les jours, aux heures ouvrables et de 15 h à 18 les week-ends. C’est l’occasion pour le public d’aller s’enrichir des merveilles culturelles et traditionnelles que nous ont laissées nos parents.

Moussouloumi BOUKARI

 

 

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