AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Togo Presse

22 janvier 2007

[ 7453 du 19 janvier 2007]

 

Le conseil des ministres a adopté hier le projet de loi portant modification du code électoral

Au cours de sa réunion hier, le conseil des ministres a adopté le projet de loi portant code électoral, alloué 600 millions F CFA pour la préparation des jeunes Eperviers à la phase finale de la CAN Cadets et écouté une communication sur la situation quant aux accidents de la route et les vols à main armée.  Voici dans son intégralité le communiqué qui a sanctionné cette réunion du conseil des ministres :

Ce jeudi 18 janvier 2007, le chef de l’Etat, son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, a présidé au palais de la présidence de la République à Lomé, une réunion du conseil des ministres essentiellement consacrée à l’adoption du projet de loi portant modification du code électoral.

L’on se rappelle que l’Accord politique global du 20 août 2006 a convenu de certaines modalités d’organisation des prochaines élections législatives anticipées qui nécessitent que plusieurs dispositions du code électoral soient révisées. Lors des précédentes lectures du projet de loi, il a été intégré le rétablissement de la Commission Electorale Nationale Indépendante dans les fonctions d’organisation et de supervision des consultations électorales et référendaires. De même, le mode de scrutin proportionnel de liste avec la préfecture comme circonscription électorale a été retenu.

Les recommandations de la 3e session du Comité de Suivi de l’Accord politique global, tenue le 16 janvier 2007 à Ouagadougou, ont permis de finaliser le texte en étude. Ainsi, le mode de prise de décision au sein de la CENI et  de ses démembrements a été arrêté : les décisions doivent être prises en privilégiant le consensus. Toutefois, en cas de blocage avéré, la CENI recourra au vote de la manière suivante : majorité qualifiée des 2/3 des membres présents au premier tour ; si cette majorité n’est pas obtenue, il sera procédé à un deuxième tour et la décision sera prise à la majorité relative des membres présents. La question lancinante du modèle de carte d’électeur a trouvé sa solution dans l’adoption d’une carte infalsifiable et sécurisée avec une photo numérisée du titulaire. Enfin, troisième difficulté surmontée, le recensement électoral se fera dans les bureaux de vote avec délivrance immédiate de la carte d’électeur.

Après l’adoption de ce projet de loi qui sera soumis au vote à l’Assemblé nationale dans les meilleurs délais, le conseil des ministres a écouté une communication du ministre de la Sécurité qui a fait un point sur la situation en ce qui concerne les accidents de la route et les vols à main armée. Il ressort de son exposé que durant l’année 2006, l’on a eu à recenser sur nos routes 395 accidents qui ont fait 517 morts sur-le-champ et 127 vols à main armée qui ont entraîné 11 morts. L’axe routier le plus dangereux est la route nationale N°1 Lomé-Cinkassé sur laquelle l’on a enregistré 183 accidents qui ont entraîné 253 morts. Le ministre de la Sécurité souhaite donc qu’une réflexion approfondie soit menée avec ses collègues de la Santé, de l’Equipement et des Transports, des Finances, du Budget et des Privatisations et en fin du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat pour rechercher les mesures susceptibles de réduire cette hécatombe.

Pour sa part, le ministre d’Etat, ministre de la Santé assurant l’intérim du ministre de la Jeunesse et des Sports, a informé le conseil du tirage de la phase finale de la CAN Cadets qui se déroulera à Lomé du 10 au 24 mars 2007. L’Etat a fait un effort substantiel en affectant un crédit de six cent millions de francs CFA pour la préparation des jeunes qui porteront les couleurs du Togo.

Fait à Lomé, le 18 janvier 2007
Le Conseil des ministres

[ 7452 du 18 janvier 2007]
Rencontre tripartite Faure – Obasanjo – Yayi mardi à Abuja : Dès le 1er février, le Nigeria fournira de l’électricité au Togo et au Bénin

Le président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué, mardi, une brève visite au Nigeria où il a rencontré ses homologues nigérian Olusegun Obasanjo et béninois Yayi Boni. Les discussions ont été essentiellement axées sur les questions énergétiques.

Après une heure environ d’entretien à l’Aéroport Nandi Azikiwé d’Abuja, le chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé a, au nom de ses pairs, fait le point des résultats auxquels ils sont parvenus à la suite des travaux. C’était au cours d’une conférence de presse.

            « Le président Yayi Boni et moi-même, dans le cadre des excellentes relations qui nous unissent à ce grand peuple du Nigeria, avons décidé de rendre une visite de courtoisie au président Obasanjo. Nous avons également saisi cette occasion pour lui faire part des difficultés que nous connaissons dans le domaine stratégique de l’énergie. Car, vous savez que depuis quelques mois plusieurs pays, dont le Togo et le Bénin, souffrent d’une pénurie en matière d’énergie », a déclaré le président Faure Gnassingbé. Cette pénurie, a expliqué le chef de l’Etat togolais, est d’autant plus accentuée dans les institutions telles que les hôpitaux, les écoles et les sociétés d’adduction d’eau. Pour ce faire, il a remercié le président Obasanjo pour avoir accéléré les travaux d’interconnexion entre le Nigeria Energetic Power Autority (NEPA) et la Communauté Electrique du Bénin (CEB).

            Ainsi, le Togo et le Bénin pourront bénéficier, selon le président togolais, d’une énergie de 100 mégawatts suite à la décision tout à fait généreuse et salutaire du chef de l’Etat nigérian. Il a saisi également cette opportunité pour remercier une fois encore « le président Obasanjo et son gouvernement pour cet acte de solidarité qui va réellement soulager les peines des populations » et implorer la bénédiction divine sur eux.

            Aussi, le président Faure Gnassingbé a-t-il félicité le président Obasanjo pour ses œuvres qui permettent aux pays qui sont tout autour de cette puissance qu’est le Nigeria de profiter également des fruits de ses progrès.

            Par ailleurs, il a tenu, au nom de tous, à féliciter son homologue nigérian pour le travail remarquable que ce dernier a effectué pendant les deux mandants qu’il a faits à la tête du pays.

            « Nous avons également accueilli avec beaucoup d’administration, les résultats auxquels le président Obasanjo est parvenu au cours de ces deux mandats notamment dans le domaine agricole. Et pour nous, l’agriculture est la base de tout », a-t-il conclu.

            Pour sa part, le directeur général de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), M. Dammipi Noupokou a, dans une interview accordée à la presse, réitéré sa reconnaissance au chef de l’Etat « pour son engagement personnel dans la recherche de solutions à la crise énergétique au Togo ».

            M. Noupokou a souligné qu’à l’issue des séances de travail effectuées à Abuja, il sera mis en service l’interconnexion entre le réseau haute tension du Nigeria et celui de la CEB dont les travaux vont prendre fin le 27 janvier 2007. Il a précisé que la ligne sera opérationnelle dès le 1er février. Selon le directeur général de la CEET, « le Nigeria mettra sur le réseau de la CEB, une puissance de 75 mégawatts qui est la puissance contractuelle ».

            Mais sur demande du chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, le Nigeria consent d’augmenter cette puissance à 100 mégawatts au plus tard le 15 mai 2007. Cela permettra, selon M. Noupokou, d’alimenter la population en électricité de manière satisfaisante.

 Patouani BATCHMLA

 
Dégradation des mœurs : Impolitesse et arrogance gangrènent la vie des jeunes

La courtoisie reconnue depuis toujours à la jeunesse des sociétés africaines, tend à disparaître en faveur d’un comportement d’impolitesse, de violence, de colère et de haine. L’on s’achemine vers une génération de jeunes irrespectueux et arrogants. L’individualisme et l’égoïsme ont pris le pas sur l’altruisme et la générosité. Comment en est-on arrivé à cette dégradation des moeurs ? L’éducation des enfants en est-elle la cause ? Peut-on redresser la barre ?

Que sont devenues les bonnes manières léguées par nos aïeux ? Au réveil le matin, le premier devoir d’un enfant vis-à-vis de ses parents, consiste à leur dire « bonjour ». Les parents accordaient une place de choix aux salutations. Ils ne se «jetaient » pas le « bonjour ». Ils se le souhaitaient.

La courtoisie était la pièce maîtresse dans les rapports que les parents entrete­naient. Constituant les membres d’une même société et vivant dans un même monde social, ils étaient amenés à avoir des contacts, de la générosité et de la loyauté les uns envers les autres.

Toutes ces qualités se remarquaient dans les salutations d’usages. Le ca­ractère longtemps reconnu aux salutations à l’africaine en est l’exem­ple : « Le fait de demander comment va chacun des membres de la famille, cette question pou­vait s’étendre aux oncles, aux cousins, aux voisins, voire jusqu’au bétail ». Ces manifesta­tions reflétaient les valeurs de la société et l’éducation des enfants était dirigée dans cette logique de courtoisie.

Aux dires de certains sages, « la politesse est un ensemble de comportements sociaux, visant à recon­naître l’existence d’autrui, son droit à être différent et à être traité en tant que personne ayant des senti­ments ». Ces comporte­ments sociaux, encore appelés codes, normes, savoir-vivre, bonnes maniè­res, ont facilité les relations entre les individus, contri­bué à créer une harmonie sociale et dicté les obliga­tions de chacun envers la hiérarchie sociale. Ces liens de complémentarité qui ont permis de constituer un code de communication ont disparu en faveur de la violence verbale.

Malaise dans le système éducatif

Aujourd’hui, le temps ne se prête plus à ces prati­ques, même dans les cam­pagnes. L’environnement socio-économique ne le permet plus. Bref, les données ont changé au coeur de cette communauté africaine. « La grande famille » qui regroupait le père, la mère, la grand­-mère, les oncles, les cousins, les tantes, les neveux, etc., a laissé la place à la « la famille nucléaire » où on ne voit que la mère, le père et les enfants. Cette situation a rendu les enfants irrespectueux à l’égard des aînés. Ils sont devenus des rois sans repères et d’autres n’hé­sitent pas à « command­er » leurs parents. Un auteur africain dit que « Tout homme se définit par rapport à ses attaches familiales et parentales. Leur influence sur l’indi­vidu reste prépondérante surtout dans son processus d’ouverture sur le reste de la société. C’est là où se nouent des relations parti­culières entre les enfants et leurs parents ».

Même à l’école, le corps enseignant est confronté à beaucoup de problèmes : plus de discipline, rébellion contre toute forme d’autorité, irrespect, actes violents tels que vols, injures ou encore agressions physiques. Si les jeux vidéos, l’impact de la télé en sont responsa­bles, on peut noter aussi le laxisme des parents et la disparition des valeurs morales, qui nuisent au climat scolaire. Malheu­reusement, l’on confond enseignement et éduca­tion. Le corps enseignant ne peut, à lui seul, faire face aux carences du savoir vivre.

A l’école, on transmet le savoir et on enseigne comment l’acquérir. L’école ne doit pas être tenue pour principale responsable de la démotivation, des grossiè­retés et des violences des enfants. Elle semble être la victime impuissante des difficultés socio-économiques et familiales que vit notre société. Des parents démissionnaires ou ne remplissent plus leurs responsabilités d’éduca­teurs, abandonnent leurs enfants, qui à leur tour, deviennent violents, indis­ciplinés, mal éduqués et difficiles à contrôler par les enseignants à l’école.

Des fois, cet abandon est involontaire. Par exem­ple à Lomé, beaucoup de travailleurs passent toute la journée au service. De lundi à vendredi, si les deux parents sont travailleurs, les enfants se retrouvent seuls à la maison sans encadrement parental. Il est dans ces circonstances difficile de circonstances éduquer et conformément aux valeurs qu’on entend leur inculquer.

Certaines familles vivent des situations socia­les, économiques et affec­tives dramatiques. Ce sont par exemple des femmes seules, sans aucun soutien familial, qui se chargent de l’éducation de leurs enfants.

Il y a aussi un certain nombre de parents qui, parce qu’ils sont stressés par leur travail ou parce qu’ils se trouvent au chômage, éprouvent beaucoup de difficultés à s’occuper de l’éducation de leur progéniture et à suivre la scolarité de cette dernière. Ce qui crée un laisser-aller et un dérapage permanent, d’où les crises familiales et sociales.

La mauvaise interpré­tation de la démocratie est également source de problème. Les adultes sensés donner des conseils, de bons exemples à la jeunesse, se livrent à des actes de vandalisme, à l’incivisme, au mauvais comportement. N’ayant pas de comportements disciplinés, comment peuvent-ils discipliner les jeunes ?

Redéfinir les normes de l’éducation

La solution viable, c’est peut-être de redéfinir les normes de l’éducation par rapport à la réalité présente. Les parents doivent se réinvestir dans l’éducation des enfants, car elle commence au berceau et non à l’âge de sept ans. Il est néces­saire de montrer les bonnes manières aux enfants. « Excusez-moi », « s’il vous plaît », ne sont pas seulement des mots. Ce sont des expressions de courtoisie et des comportements qui démontrent une gentillesse et une sensibilité envers les autres. Faire preuve de respect envers les autres, c’est les traiter avec beaucoup d considération, c’est être poli envers les parents, le aînés et les professeurs. Une autre possibilité consisterait pour les parents à créer des lieux de dialogue entre leurs enfants avec leurs enseignants pour voir comment faire face au problème de l’éducation. C’est à travers l’obéissance, la paix, la charité, l’humilité, la vérité et la sincérité dans chaque maison, que les enfants respecteront toujours leurs parents et auront une bonne attitude envers les autres. Et cela pour le bien de l’enfant, de la famille et aussi pour toute la communauté.

Moussouloumi BOUKARI

 

 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved