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26 Oct 2006

[ 44 : 26 Oct 2006]

 

La CENI se cherche un président

Les 19 membres de la nouvelle Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne veulent visiblement pas perdre du temps. Aussitôt nommés par les députés le 13 octobre, ils se sont présentés devant la Cour constitutionnelle le mercredi 18 octobre pour prêter le traditionnel serment.

Le serment à peine prêté, les membres de fa CENI se sont retrouvés entre eux pour commencer à déblayer leur immense et crucial chantier, celui de l’organisation et de la supervision des élections législatives transparents en juin 2007.

Deux jours plus tard, le vendredi 20 octobre, ils se sont encore réunis pour débattre entre autres sujets de l’élection de leur bureau. Quatre candidatures se sont déclarées pour le poste de président. II s’agit de Abalo Pétchélébia du RPT, James Amaglo du CAR, Henri Lardja Kolani du PDR et Jean-Claude Délava Codjo de l’UFC.

Portrait des candidats au poste de président de la CENI

Abalo Pétchélébia (RPT) n’est pas un inconnu dans les affaires électorales dans notre pays. Pour les élections d’octobre 2002 et la présidentielle de juin 2003, c’est lui qui avait présidé la fameuse CENI des juges qui a proclamé les résultats qu’on sait, en juin 2003. D’autre part, dans ses activités professionnelles, c’est encore le sieur Pétchélébia qui avait envoyé Me Agboyibo en prison en 2001. Le bon sens et le climat de crispation recommandent vivement que le RPT n’ambitionne pas la présidence de la CENI pour un tel homme. Il n’aurait même pas du figurer dans l’actuelle CENI. Aux dernières nouvelles, Pétchélébia aurait retiré sa candidature. On devrait remercier l’intéressé et le RPT pour cet acte de «grandeur».

Henri Lardja Kolani (PDR). Il est de ceux qu’on peut appeler les habitués de la CENI. II y est depuis des années, et il a vécu l’époque de la CENI de Mme Awa Nana en 1998, lorsque le dame démissionna et que le Général Seyi Mèmène, alors ministre de l’intérieur s’était arrogé le droit anticonstitutionnel de proclamer le Général Eyadema vainqueur. Kolani a également connu l’ère de la commission de juges de Pétchélébia en 2003. Tout comme il a fait l’expérience et Mme Tchangaï ­Walla dernièrement en 2005.

James Amaglo (CAR). Il a le même curriculum vitae en matière de CENI que son collègue Henri Kolani. Pour l’élection présidentielle de 1998 par exemple, l’envoi du nom de James Amaglo à la CENI avait failli créer un petit problème entre le CAR et l’UFC qui finalement ne fut pas représentée à la commission électorale. Amaglo fit toutefois son travail comme un représentant de toute l’opposition, sans aucun parti pris pour le CAR ou contre l’UFC.

James Amaglo peut éventuellement bénéficier de la vague d’espoir que suscite son parti le CAR actuellement. Me Agboyibo a été élu président du dialogue inter togolais, et sa manière de diriger le dialogue a été jugé comme largement satisfaisante. De même, sa nomination à la primature a recueilli un consensus presque entièrement national et international.

Délava Jean-Claude Codjo (UFC). C’est sa toute première expérience au sein de la CENI, et en dehors de son parti, on ne le connaît pas beaucoup. Si l’UFC l’a envoyé à la CENI en cette période cruciale, on peut supposer qu’il est bon et qu’il peut faire le travail. Mais le fait qu’il soit novice en la matière risque de jouer contre lui. Peut-être que l’UFC aurait eu de meilleures chances de voir la présidence lui échoir, si elle avait positionné un vieux routier comme André Kuévi par exemple. A moins que le souci d’impliquer tout le monde dans ce processus de détente et de mise en confiance de tout le monde ne conduise les autres partis et associations représentées à la CENI à bien vouloir étire Jean-Claude Codjo président de la CENI.

L’essentiel toutefois n’est pas tant la personne qui sera élue président de la CENI, mais le sérieux qu’elle mettra à la tâche. Ce ne sera pas le président qui décidera de ce que la CENI fera ou ne fera pas. Ce sera un travail collégial, et le président n’en sera que le porte-parole. A tous les autres de la CENI de faire donc en sorte que les élections législatives soient organisées et supervisées dans une atmosphère de confiance et de transparence totales.

L’élection du Président de la CENI n’a pu se faire hier comme prévu. Une autre séance est programmée le vendredi le 27 octobre.

SAS

 

Vers de nouvelles amours entre le Togo et l’Union européenne : La reprise totale de la coopération est en vue
Les bonnes nouvelles amoncellent pour le Togo. Le dialogue politique inter togolais, tout comme la nomination de Me Agboyibo premier ministre et la formation du gouvernement d’union nationale sont autant de signes de volonté de la classe politique de tourner la page sombre de l’histoire du Togo et d’aller de l’avant. L’Union Européenne qui note la copie politique togolaise depuis le début a années 90 s’apprête à déclarer Togo admis dans le rang des bénéficiaires de sa coopération.

La quatrième mission d’évaluation des 22 engagements souscrits par le Togo devant l’UE vient de séjourner dans notre pays du 17 au 19 octobre 2006. La délégation conjointe de la commission et de la présidence en exercice de l’UE (qui comprenait MM. Blanco, Linderoos, Gatta, de Mme Perez avec des appuis locaux comme le représentant Sebregondi et le Chargé d’affaires Desesquelles) a comme de coutume rencontré le gouvernement; les partis politiques (RPT, CAR, UFC, CPP, CDPA, PDR) et des associations de la société civile (GF2D et REFAMPIT). A la fin de leur séjour, les membres de la mission européenne se sont déclarés très satisfaits, même si la primeur des conclusions de leurs consultations ira aux institutions qui les ont envoyés au Togo.

Les porte-parole de la mission ont déclaré que le Togo est allé au-delà des 22 engagements, avec le dialogue politique inter togolais et la formation du gouvernement d’union nationale. La mise sur pied de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a été égaiement interprétée comme un très bon signe. La fixation éventuelle d’une date pour les élections législatives consacrera cette volonté de notre pays de franchir définitivement le pas d’entrer dans la nouvelle ère de décrispation politique et de respect des principes démocratiques.

Dans ces conditions, 1’UE ne trouverait aucun inconvénient à assister le Togo dans l’organisation des prochaines élections législatives. Cette assistance peut recouvrir des aspects aussi financiers que techniques, tout comme le volet non moins important de l’observation par des délégués de l’UE ou d’autres organisations réputées en la matière.

Au bout de tout ce processus, c’est la reprise totale et entière de la coopération avec l’Union européenne qui tend les bras au Togo. Gilles Desesquelles, le Chargé d’affaires de l’UE en fin de mission dans notre pays l’a encore répété dans l’émission « Le Plateau de la semaine » sur la TVT le dimanche 22 octobre. Desesquelles avait au cours de l’émission adressé des appels incessants à l’UFC d’intégrer le gouvernement d’union nationale. La décision de la reprise de la coopération sera prise formellement le 15 novembre prochain à Bruxelles.

Ouf !      Peut-on légitimement souffler au Togo. Coopération rompue avec l’UE depuis 1993, suite aux tueries de Fréau jardin le 25 janvier 1993 et les violences politiques qui ont endeuillé le pays à cette époque. Près de quatorze ans qu’aura duré la traversée du désert Quatorze ans Togo s’est vu privé des flux financiers de la coopération avec l’UE. Tout cela pour «déficit démocratique». Bien sûr que 1’UE avait maintenu son assistance directe aux populations sous formes financement ou de rénovations de petites infrastructures scolaires, sanitaires ou sociales au bénéfice des collectivités locales. Mais le dans son ensemble a énormément perdu. Le Togo n’a plus bénéficié de grands travaux ou de projets d’envergure nationale. Les preuves en sont le non entretien de nos routes, le délabrement de notre administration et les difficultés récurrentes des sociétés commerciales et commerciales. Si les grands pontes au pouvoir ont toujours vécu de façon arrogante, le Togolais a vu son niveau de vie dégringoler depuis le début des années 1990, phénomène aggravé par la dévaluation du franc en 1994.

Le prochain défi qui attend le Togo, en plus du maintien du cap de la bonne gouvernance politique, sera cette fois-ci la bonne gouvernance économique. Et à ce, tous les citoyens devront veiller à ce que les éventuelles sommes d’argent en provenance de l’Europe et d’autres partenaires n’aillent plus seulement gonfler les comptes de barons politique. Ces fonds devront servir à financer le nouveau départ de la vie nationale. Comme le dit un dicton populaire de notre terroir, « ce sont deux ventres repus qui rient ensemble ». Si d’aventure seuls quelques privilégiés dans et proches des cercles du pouvoir devraient profiter des fruits de la reprise de la coopération en vue, le front social ne tarderait pas de nouveau à se faire entendre. Nous serons alors à l’heure du respect des droits et libertés et les mesures de répressions que prendraient les gouvernants risqueraient de faire braquer les projecteurs du monde entier sur eux.

SAS

 
 

 

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