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Les 19 membres de la nouvelle Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) ne veulent visiblement pas
perdre du temps. Aussitôt nommés par les députés le 13
octobre, ils se sont présentés devant la Cour
constitutionnelle le mercredi 18 octobre pour prêter le
traditionnel serment.
Le serment à peine prêté, les membres de fa CENI se sont
retrouvés entre eux pour commencer à déblayer leur
immense et crucial chantier, celui de l’organisation et
de la supervision des élections législatives
transparents en juin 2007.
Deux jours plus tard, le vendredi 20 octobre, ils se
sont encore réunis pour débattre entre autres sujets de
l’élection de leur bureau. Quatre candidatures se sont
déclarées pour le poste de président. II s’agit de Abalo
Pétchélébia du RPT, James Amaglo du CAR, Henri Lardja
Kolani du PDR et Jean-Claude Délava Codjo de l’UFC.
Portrait des candidats au poste de président de la CENI
Abalo Pétchélébia (RPT) n’est pas un inconnu dans les
affaires électorales dans notre pays. Pour les élections
d’octobre 2002 et la présidentielle de juin 2003, c’est
lui qui avait présidé la fameuse CENI des juges qui a
proclamé les résultats qu’on sait, en juin 2003. D’autre
part, dans ses activités professionnelles, c’est encore
le sieur Pétchélébia qui avait envoyé Me Agboyibo en
prison en 2001. Le bon sens et le climat de crispation
recommandent vivement que le RPT n’ambitionne pas la
présidence de la CENI pour un tel homme. Il n’aurait
même pas du figurer dans l’actuelle CENI. Aux dernières
nouvelles, Pétchélébia aurait retiré sa candidature. On
devrait remercier l’intéressé et le RPT pour cet acte de
«grandeur».
Henri Lardja Kolani (PDR). Il est de ceux qu’on peut
appeler les habitués de la CENI. II y est depuis des
années, et il a vécu l’époque de la CENI de Mme Awa Nana
en 1998, lorsque le dame démissionna et que le Général
Seyi Mèmène, alors ministre de l’intérieur s’était
arrogé le droit anticonstitutionnel de proclamer le
Général Eyadema vainqueur. Kolani a également connu
l’ère de la commission de juges de Pétchélébia en 2003.
Tout comme il a fait l’expérience et Mme Tchangaï Walla
dernièrement en 2005.
James Amaglo (CAR). Il a le même curriculum vitae en
matière de CENI que son collègue Henri Kolani. Pour
l’élection présidentielle de 1998 par exemple, l’envoi
du nom de James Amaglo à la CENI avait failli créer un
petit problème entre le CAR et l’UFC qui finalement ne
fut pas représentée à la commission électorale. Amaglo
fit toutefois son travail comme un représentant de toute
l’opposition, sans aucun parti pris pour le CAR ou
contre l’UFC.
James Amaglo peut éventuellement bénéficier de la vague
d’espoir que suscite son parti le CAR actuellement. Me
Agboyibo a été élu président du dialogue inter togolais,
et sa manière de diriger le dialogue a été jugé comme
largement satisfaisante. De même, sa nomination à la
primature a recueilli un consensus presque entièrement
national et international.
Délava Jean-Claude Codjo (UFC). C’est sa toute première
expérience au sein de la CENI, et en dehors de son
parti, on ne le connaît pas beaucoup. Si l’UFC l’a
envoyé à la CENI en cette période cruciale, on peut
supposer qu’il est bon et qu’il peut faire le travail.
Mais le fait qu’il soit novice en la matière risque de
jouer contre lui. Peut-être que l’UFC aurait eu de
meilleures chances de voir la présidence lui échoir, si
elle avait positionné un vieux routier comme André Kuévi
par exemple. A moins que le souci d’impliquer tout le
monde dans ce processus de détente et de mise en
confiance de tout le monde ne conduise les autres partis
et associations représentées à la CENI à bien vouloir
étire Jean-Claude Codjo président de la CENI.
L’essentiel toutefois n’est pas tant la personne qui
sera élue président de la CENI, mais le sérieux qu’elle
mettra à la tâche. Ce ne sera pas le président qui
décidera de ce que la CENI fera ou ne fera pas. Ce sera
un travail collégial, et le président n’en sera que le
porte-parole. A tous les autres de la CENI de faire donc
en sorte que les élections législatives soient
organisées et supervisées dans une atmosphère de
confiance et de transparence totales.
L’élection du Président de la CENI n’a pu se faire hier
comme prévu. Une autre séance est programmée le vendredi
le 27 octobre.
SAS |