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11 Août 2006 |
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Dialogue inter togolais : Les non dits autour de la
bataille sur le mode de scrutin |
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L’une des questions qui risque de faire rage dans la phase de
facilitation du dialogue inter togolais est le mode de
scrutin. Certaines des parties, à l’instar du CAR, de
la CDPA, le GF2D et l’UFC font du scrutin uninominal à
deux tours un principe fondamental. En face, le RPT,
appuyé par le PDR entre autres tient à un tour unique du
scrutin. Avant de voir quelle position va l’emporter
devant la facilitation du président blaise Compaoré,
voyons ce que cachent l’une et l’autre approche de cet
aspect crucial du processus électoral.
En matière électorale, on a par exemple le mode de scrutin
proportionnel. Ceci a l’avantage d’offrir l’opportunité
à plusieurs partis de se faire représenter au parlement.
Avec toutefois le risque que le gouvernement qui émane
de l’assemblée se révèle instable. On en a connu les
tristes expériences sous la IVe République en France,
tout comme l’Italie et Israël nous en produisent le
spectacle de négociations qui n’en finissent pour la
formation de gouvernements qui ne durent d’ailleurs que
la vie d’une libellule.
Nous avons ensuite le mode de scrutin uninominal à un
tour. La conséquence en est l’émergence sur la scène
politique nationale de deux super partis majoritaires
qui contraignent les autre plus petits soit à
disparaître ou à se fondre en eux, les deux grands. Les
deux tours de scrutin offrent l’avantage d’un paysage
plus démocratique. Chacun des partis fait ses preuves
lors du premier tour. Puis au second tour, les deux
candidats arrivés en tête sont tenus de composer avec
ceux qui ont été recalés au premier tour. Il s’agit à ce
niveau de négocier cartes sur table avec les perdants du
premier tour. Sinon on risque d’échouer lamentablement
au second tour, bien qu’étant arrivé en tête du premier
tour, si l’adversaire sait mieux s’y prendre en
négociations.
A la lumière de cette brève analyse, on peut comprendre
la position du RPT à vouloir maintenir l’unique tour de
scrutin. Ce parti roué en expériences électorales des
plus honnêtes aux plus floues compte jouer sur les
divisions de l’opposition. Si le CAR, le CDPA, l’UFC, le
PDR,
la CPP et les autres continuent à s’attaquer et à se
déchirer entre eux, cela ne peut profiter qu’au RPT. Le
parti de Faure Gnassingbé doit également compter avec le
fait que ce mode de scrutin lui permettra d’avoir en
face que la principale force de l’opposition, ce que l’UFC
semble être jusqu’à présent. Et on sait que dans
l’affrontement direct RPT-UFC, le premier est toujours
sortir vainqueur, et compte continuer à l’être.
Le RPT, à ce jeu, reste fidèle à sa doctrine du bipartisme. Qu’on
se rappelle que c’était le schéma rêvé par feu
Gnassingbé Eyadema à sa prise du pouvoir en 1967 et
avant la création du RPT en 1969. Le défunt président
avait réitéré ce vœu à la veille des luttes pour la
démocratisation, avec sa fameuse commission des 109.
Malgré que cela ne fût pas passé, le RPT a joué sur le
positionnement de l’UFC en face de lui comme le
principal, le parti historique de l’opposition, pour
maintenir son emprise sur le pouvoir. Au besoin, le RPT
a aidé l’UFC à écarter les autres formations de
l’opposition, par les rencontres bilatérales avec l’UFC
à Abuja, à Rome ou à Accra.
L’UFC elle-même s’est plue à jouer ce jeu. Pour preuve,
l’exigence de Gilchrist Olympio à rencontrer seul à seul
feu Gnassingbé Eyadema lors du dialogue inter togolais
de juillet 1999. Cette position a toujours surgi au
moment des élections présidentielles. L’UFC a toujours
voulu négocier directement avec le RPT, en écartant le
CAR,
la CDPA et les autres.
Le moyen idéal pour l’UFC de continuer à jouer d’égal à égal avec
le RPT aurait du être de vouloir aussi le mode unique de
scrutin. La position contraire que le parti de Gilchrist
adopte peut signifier la défense d’élections
démocratiques à part entière. A moins que ce ne soit du
à une difficulté de positionner des candidats, et de
poids, face au RPT dans toutes les circonscriptions pour
les prochaines législatives.
On a beau tout reprocher au RPT, on ne niera toutefois
pas que ce parti compte en son sein des personnalités
qui disposent de moyens colossaux pour séduire les
électeurs. On attend de voir si les partis d’opposition
peuvent témoigner des mêmes ressources humaines et
financières. Car on a beau être un parti populaire, mais
on ne part pas toujours gagnant avec des brebis ou des
poules mouillées qui affrontent des loups ou des chevaux
de course lors des élections législatives qui ne se
jouent pas nécessairement sur le charisme du leader du
parti, mais sur la nature et les qualités des candidats
de proximité.
Malcolm X |
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Un an d’Edem Kodjo aux côtés de Faure à la tête du
Togo :
Fin de
contrat ou une reconduction en vue ? |
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Nommé premier ministre par Faure Gnassingbé le 08 juin
2005 dans les conditions qu’on ne connaît que trop bien, Edem Kodjo
avait rendu public son gouvernement le 20 du même mois
du juin. Début juillet 2005, il avait réussi à obtenir
son quitus d’entrée en fonction, après la présentation
de son programme de gouvernement devant l’Assemblée
nationale très majoritairement RPT.
Ils n’étaient pas du tout nombreux, ceux qui
souhaitaient à Edem Kodjo bonne chance et longue vie à
la tête du gouvernement. D’un côté, on pensait que
« les vrais opposants » le pousseraient rapidement
dehors et prendre la place qui leur revenait de droit.
De l’autre, on prêtait l’intention au jeune président
Faure d’éjecter le plus tôt possible le leader de
la CPP comme une vieille outre usagée, dès lors qu’il aurait profité de
l’expérience et du carnet d’adresses, d’Edem pour
consolider son pouvoir. Les députés RPT également
avaient été soupçonnés de river le clou au premier
ministre à la première occasion. A la présentation de
son bilan des 100 premiers jours en octobre 2005,
beaucoup ne donnaient cher pas que Edem Kodjo tînt 100
nouveaux jours à la tête du gouvernement.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le vieux coq
est arrivé à déjouer tous ces pronostics funestes pour
lui. De juin 2005 à août 2006, Edem Kodjo est toujours
premier ministre du Togo. Il vient de dresser le bilan
d’un an de chef de gouvernement. Il ne s’est plus
présenté devant les parlementaires, mais il a choisi la
voie de la presse, entouré de son cabinet au grand
complet, de l’ensemble de ses conseillers et des chefs
traditionnels.
Le bilan d’un an, ce qui a été fait, les chantiers qui
ont été ouverts et les défis qui attendent, nous vous le
présentons en l’état. Le débat peut toujours s’animer, à
savoir s’il faut y lire les actes personnels du premier
ministre ou plutôt si c’est là l’entame du programme de
société du président Faure Gnassingbé. Mais on devra
toutefois reconnaître que Edem Kodjo a relevé le défi de
tenir un an à la tête du gouvernement. Ce n’était pas
évident au début, si on se rappelle qu’en plus des
conditions de sa nomination, le premier ministre avait
dû composer un gouvernement cosmopolite, un ensemble
d’hommes et de femmes venus d’horizons divers et dont on
a pu douter des facultés à s’harmoniser et à bien
travailler ensemble.
Edem Kodjo a tenu un an. La question se pose à présent
de savoir s’il faut désormais considérer qu’il est en
fin de contrat, vu que la formation d’un nouveau
gouvernement annoncé comme de véritable union nationale
est dans l’air, si le dialogue facilité par le président
Blaise Compaoré du Burkina Faso se concluait par un
accord à la satisfaction de tous. Kodjo a pu signifier
par son bilan du jeudi 3 août dernier qu’il demeure et
qu’il faudrait éventuellement compter avec lui.
Himmel |
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