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29 juillet 2006

[ 34 du 26  juillet 2006]

 

Dans la foulée de la prochaine visite de Faure en France : La dissolution de l'Assemblée nationale pour très bientôt ?

Quel lien y a-t-il entre le paraphe de l'accord politique de base du 6 juillet, la visite que le Commissaire européen Louis Michel va effectuer incessamment à Lomé, la prochaine rencontre entre Faure Gnassingbé et jacques Chirac à Paris début septembre ? Tout cela marche incontestablement ensemble. Le dialogue inter togolais est en effet l'une des voies privilégiées par lesquelles l'Union européenne veut se sortir honorablement de la crise togolaise. Puisque les sanctions et l'isolement économiques n'arrivent à faire plier le régime solidement implanté du RPT (qui s'est même permis le luxe de se transmettre du père au fils), l'UE a voulu convier les dirigeants togolais à venir progressivement à la démocratie, au respect des droits de l'homme et à la bonne gestion des fonds publics par la signature des fameux 22 engagements du 14 avril 2004.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que le gouvernement de Lomé fait depuis des pas en la matière, même si des efforts restent toujours à faire. Il ne restait que le dialogue politique. Celui-ci est réuni depuis le 21 avril 2006, et il vient d'enregistrer son premier résultat concret avec le paraphe de l'accord politique de base par 7 délégations sur 9 le 6 juillet dernier. Cela reste perfectible et la CDPA et l'UFC ne cessent de le décrier, mais de nombreuses personnes disent qu'il s'agit là d'une certaine avancée à reconnaître et à saluer.

Dans les rangs du pouvoir on semble s'en réjouir énormément, et on le brandit comme une preuve évidente de sa bonne foi à composer sincèrement avec l'opposition. Et des sources proches du pouvoir ne se lassent de déclarer que l'essentiel de la mission du dialogue consiste à organiser les conditions des prochaines élections législatives qui requièrent l'assentiment et l'adhésion de tous. Les autres questions nationales trouveront progressivement leurs solutions au fur et à mesure que la confiance s'installera et se consolidera entre tous les fils et filles du pays.

C'est certainement ce discours que le ministre délégué aux affaires étrangères et à la coopération Gilbert Bawara et son compère directeur du cabinet présidentiel Pascal Akoussoulèlou Bodjona ont tenu la semaine passée dans leur tournée européenne. D'autre part, on annonce de sources concordantes et dignes de foi la rencontre qui se profile début septembre  2006 entre Faure Gnassingbé et Jacques Chirac à Paris. Ce sera sans nul doute la consécration de Faure qui sera définitivement admis par le grand parrain de l'Afrique.

Dans la foulée de cette visite, le chef de l'Etat togolais pourrait annoncer la dissolution de l'actuelle Assemblée nationale. En la matière, il se situerait toujours dans l'esprit des 22 engagements qui prévoient des élections législatives anticipées, donc la dissolution du parlement en cours avant la fin de son terme en octobre 2007. Or selon la Constitution togolaise, une dissolution ne peut intervenir moins d'un an avant la fin de la législature en cours. Et ce délai se situe justement en octobre 2006. Si Faure dissolvait l'assemblée en septembre 2006, il serait donc parfaitement dans les normes constitutionnelles.

La question se pose alors de savoir si le Togo peut organiser des élections législatives dans les 60 jours qui suivront la dissolution de l'Assemblée dans les conditions actuelles, sans qu'il y ait des contestations ici ou là, cela est un autre débat. Surtout que le dialogue recommande une reconstitution et une redéfinition des prérogatives de la Commission électorale nationale indépendante, de la Cour constitutionnelle, de même qu'un véritable recensement électoral, etc. Certains experts, notamment de l'UE en matière d'élections ne voient pas la tenue d'élections bien organisées et crédibles avant 12 mois au moins.

Faure Gnassingbé peut toutefois trouver la parade à cette question et toujours dans la même Constitution. Car l'une des modifications constitutionnelles introduites par le parlement monocolore RPT en décembre 2002 stipule clairement que les députés sortants restent en fonction jusqu'à l'installation de leurs successeurs. Seulement, la modification n'en fixe pas les délais, ce qui veut dire éventuellement jusqu'à l'infini. En somme, Faure peut dissoudre l'Assemblée en septembre, mais se donner le temps nécessaire pour que les prochaines élections se préparent dans de bonnes conditions. Autant dire que le jeune homme maîtrise parfaitement le jeu. C'est ce qui arrive quand on laisse tous les leviers du jeu entre les mains de son adversaire. Rappelez-vous les élections législatives anticipées boycottées par l'opposition en octobre 2002.

SAS

 
Le facilitateur du dialogue est connu : Blaise Compaoré, pdt du Burkina

Le bruit avait couru que le dialogue intertogolais devrait se tenir à Ouaga, la capitale burkinabé, avec le président Blaise Compaoré comme médiateur. A l’époque, l’UFC avait bondi au plafond, réfutant le Burkina et son président, parce que supposé trop favorable au régime RPT.

Et pourtant, c’est bel et bien le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré qui fera office de facilitateur dans le même dialogue. Il a recueilli l’unanimité des 9 délégations, à la séance d’hier. Même l’UFC et
la CDPA ont laissé de côté les 10 personnalités qu’elles-mêmes ont proposées, pour s’accorder sur celui qu’elles refusaient il y a peu. Comme quoi, la politique d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier, tout comme elle ne sera pas celle de demain.

Autre chose qui frappe l’attention, c’est que le document paraphé le 6 juillet, complété par les observations qui n’y avaient pas adhéré constitueront le document de travail sur lequel devra se baser Blaise Compaoré. C’est pratiquement la même chose que Me Agboyibo, président du directoire du dialogue avait soumis à la séance du 05 juillet. Là encore, ce que la CDPA et l’UFC avaient refusé le 5 juillet a été accepté hier à l’unanimité avec les 7 autres délégations. On verra à présent comment Blaise Compaoré va s’y prendre pour opérer des miracles à la satisfaction des jusqu’au-boutistes.

Pour mémoire, Djibril Bassolé, le ministre de la sécurité burkinabé était présent à l’ouverture du dialogue le 21 avril, et il était dans la salle Evala pendant toutes les séances du déballage. Il a donc écouté dans les menus détails toutes les parties au dialogue. Autant dire que Blaise Compaoré est en terrain parfaitement connu quant à ce que le dialogue et les différentes délégations attendent de lui.

Après avoir officié comme médiateur dans le dialogue intertogolais qui avait abouti aux accords de Ouagadougou en 1993, Blaise Compaoré revient à la charge, cette fois-ci comme «simple facilitateur» dans ce 12e  dialogue. Souhaitons lui plus de chance de succès, surtout lorsqu’il s’agira de passer à l’exécution de l’accord définitif qui en découlera.

 
Guerre Bollore- Dupuydauby : La justice attendue sur la tentative de corruption magistrat

Une justice juste, impartiale et rapide : voilà la préoccupation exprimée par le peuple togolais dans la Constitution d'octobre 1992, et qu'on attend à présent à l'œuvre.

Il n'y a en effet que la justice qui puisse dire qui est le voleur et qui est la victime, qui ment et qui dit la vérité dans cette scabreuse affaire de gros sous qui défraie la chronique entre Jacques Dupuydauby et son ex-employeur, le groupe Bolloré.

Bolloré accuse en effet Jacques Dupuydauby d'avoir détourné ses actions de la Société PII, ce qui lui a permis d'être aujourd'hui à la tête des sociétés SE2M et SE3M qui font de très bonnes affaires au Port Autonome de Lomé.

Cet affrontement avait connu une grande accélération le 08 février 2006, lorsque quatre responsables du groupe Bolloré en visite officielle au Togo, avaient été interpellés. Même si les quatre hommes avaient recouvré leur liberté suite à des interventions très haut placées depuis Paris, ils n'avaient pas moins été accusés de tentative de corruption de magistrat. Il s'agit du juge Tété Tékoé qui se trouve être le président de la Cour suprême, donc pas n'importe qui. Il semble que Jacques Dupuydauby se serait également constitué partie civile dans cette affaire.

On se serait attendu à ce que la plus grande importance soit accordée à cette affaire, vu la pointure des personnes mises en cause et les intérêts en jeu. Mais paradoxalement, on ne fait que tourner en rond depuis. Pire, un silence opaque s'installe. Le dossier se trouverait au niveau de la Chambre d'accusation pour dit-on requalification du chef d'accusation. On murmure que le dossier serait purement et simplement vide.

Nous estimons qu'il est grand temps que notre système judiciaire assume ses responsabilités, se prononce et dise le droit. Sinon, si l’injustice continuait à persister, cela pourrait ajouter de l'eau au moulin de ceux qui pensent que la justice togolaise aurait intérêt lié avec l'une des parties en conflit, Jacques Dupuydauby en l'occurrence.

Le juge Tekoé de son côté a grand intérêt à se montrer droit dans cette affaire, car il assume de très hautes responsabilités à la justice, et il pourrait perdre des plumes, s'il s'établissait qu'il roule pour Dupuydauby, ou si seulement il s'avérait qu'il a accepté de porter un quelconque chapeau.

Tout ce qu'il faut pour éclairer l'opinion pour commencer, c'est qu'on nous dise clairement pourquoi les quatre responsables de l'état-major du groupe Bolloré ont été interpellés le 08 février dernier

La Rédaction

 

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