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En bon commandant de la brigade motorisée qu'il
est, Rock Gnassingbé est censé connaître la
règle qui dit que "la personne qui donne
l'ordre est responsable". Et en matière
d'ordre, Rock en a donné depuis qu'il préside
aux destinées de
la Fédération Togolaise
de Football. Tous les membres de
la FTF
qui ont la chance ou le malheur de travailler
avec lui en savent quelque chose. On vous dira
que Rock conduit la fédération de façon pire
qu'un camp militaire.
Il a fait de sa FTF une affaire personnelle, au
point d'interdire même à son ministre de tutelle,
mieux au premier ministre et au chef de l'Etat de
s'ingérer dans ses affaires. Il laisse ses autres
frères faire leur politique. Autant qu'eux, de leur
côté gérer sa fédération comme il l'entend, avec ses
idées.
Eh bien, ses fameuses idées et méthodes de
commandement autoritaire, de gestion plus opaque, de
hauteur envers ses techniciens et les joueurs, c'est
le monde entier qui en fait l'amère expérience en
Allemagne. Le gouvernement l'a laissé exposer son
incompétence et sa rigidité en direct devant 6
milliards de personnes. Les joueurs l'ont poussé à
bout, et il est tombé dans des incohérences
criardes. Le Togo a fait ni plus ni moins la risée
du monde, et c'est encore un euphémisme !
La coupe du monde de football est terminée pour le
Togo depuis le vendredi 23 juin : trois matchs
livrés, trois défaites avec 1 but marqué contre 6
encaissés. Le départ de la délégation togolaise
s'opère comme elle s'y est comportée, c'est- dire
dans la pagaille et la cacophonie. Trois des joueurs
(Adébayor, Agassa et Kader) sont déjà à Lomé. Des
autres, on ne sait rien, sinon qu'ils ont quitté
l'Allemagne.
Le président Rock Gnassingbé est fiévreusement
attendu à Lomé. Nous sommes à présent (du moins sur
le papier) une démocratie qui commande. Que ceux qui
ont eu à gérer des affaires publiques rendent
compte. Rock ne saurait s'abriter derrière le
congrès de la FTF qui est prévu pour le mois de décembre. C'est dès à présent qu'il
faut dresser le bilan de la gestion de Rock, donner
un grand coup de balai dans la fédération et
repartir d'un nouveau pied. Car il n'y a déjà plus
de temps. Dès début septembre prochain, les
Eperviers seront de nouveau en campagne africaine.
Le Togo jouera contre les Ecureuils du Bénin, avant
d'affronter le Mali et le Libéria. Ce sera dans le
cadre des éliminatoires pour
la Coupe d'Afrique des Nations 2008 au Ghana.
D'ici là, il faut créer un nouveau climat de
sérénité dans la fédération et de confiance autour
des joueurs. Il faudra engager un nouveau
sélectionneur, et nous ne disposons que de 2 mois.
On imagine mal les Adébayor, Agassa, Kader,
Aziawonou et autres compagnies accepter de bonnes
grâces de continuer à jouer sous les couleurs
nationales, toujours sous la baguette de Rock
Gnassingbé.
Ce n'est plus une affaire politique, mais plutôt des
amoureux de football, de ceux qui tiennent à ce que
le foot continue à donner du plaisir à ce peuple
togolais sevré depuis si longtemps de joie de vivre.
Encore une fois à l'adresse de Rock Gnassingbé,
quand on a joué pile ou face et qu'on a perdu, il
faut en tirer les conséquences avec fair-play et se
retirer dignement. A moins qu'on choisisse de jouer
à l'obstination, et que la foule vous montre la voie
de sortie.
SAS |