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1er juillet 2006

[ 30 du 28 juin 2006]

Après l'élimination des Eperviers au mondial 2006  : L'heure du bilan a sonné pour Rock Gnassingbé
 
 

En bon commandant de la brigade motorisée qu'il est, Rock Gnassingbé est censé connaître la règle qui dit que "la personne qui donne l'ordre est responsable". Et en matière d'ordre, Rock en a donné depuis qu'il préside aux destinées de la Fédération Togolaise de Football. Tous les membres de la FTF qui ont la chance ou le malheur de travailler avec lui en savent quelque chose. On vous dira que Rock conduit la fédération de façon pire qu'un camp militaire.

Il a fait de sa FTF une affaire personnelle, au point d'interdire même à son ministre de tutelle, mieux au premier ministre et au chef de l'Etat de s'ingérer dans ses affaires. Il laisse ses autres frères faire leur politique. Autant qu'eux, de leur côté gérer sa fédération comme il l'entend, avec ses idées.

Eh bien, ses fameuses idées et méthodes de commandement autoritaire, de gestion plus opaque, de hauteur envers ses techniciens et les joueurs, c'est le monde entier qui en fait l'amère expérience en Allemagne. Le gouvernement l'a laissé exposer son incompétence et sa rigidité en direct devant 6 milliards de personnes. Les joueurs l'ont poussé à bout, et il est tombé dans des incohérences criardes. Le Togo a fait ni plus ni moins la risée du monde, et c'est encore un euphémisme !

La coupe du monde de football est terminée pour le Togo depuis le vendredi 23 juin : trois matchs livrés, trois défaites avec 1 but marqué contre 6 encaissés. Le départ de la délégation togolaise s'opère comme elle s'y est comportée, c'est- dire dans la pagaille et la cacophonie. Trois des joueurs (Adébayor, Agassa et Kader) sont déjà à Lomé. Des autres, on ne sait rien, sinon qu'ils ont quitté l'Allemagne.

Le président Rock Gnassingbé est fiévreusement attendu à Lomé. Nous sommes à présent (du moins sur le papier) une démocratie qui commande. Que ceux qui ont eu à gérer des affaires publiques rendent compte. Rock ne saurait s'abriter derrière le congrès de la FTF qui est prévu pour le mois de décembre. C'est dès à présent qu'il faut dresser le bilan de la gestion de Rock, donner un grand coup de balai dans la fédération et repartir d'un nouveau pied. Car il n'y a déjà plus de temps. Dès début septembre prochain, les Eperviers seront de nouveau en campagne africaine. Le Togo jouera contre les Ecureuils du Bénin, avant d'affronter le Mali et le Libéria. Ce sera dans le cadre des éliminatoires pour  la Coupe d'Afrique des Nations 2008 au Ghana.

D'ici là, il faut créer un nouveau climat de sérénité dans la fédération et de confiance autour des joueurs. Il faudra engager un nouveau sélectionneur, et nous ne disposons que de 2 mois. On imagine mal les Adébayor, Agassa, Kader, Aziawonou et autres compagnies accepter de bonnes grâces de continuer à jouer sous les couleurs nationales, toujours sous la baguette de Rock Gnassingbé.

Ce n'est plus une affaire politique, mais plutôt des amoureux de football, de ceux qui tiennent à ce que le foot continue à donner du plaisir à ce peuple togolais sevré depuis si longtemps de joie de vivre. Encore une fois à l'adresse de Rock Gnassingbé, quand on a joué pile ou face et qu'on a perdu, il faut en tirer les conséquences avec fair-play et se retirer dignement. A moins qu'on choisisse de jouer à l'obstination, et que la foule vous montre la voie de sortie.

SAS

 

 

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