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1er juillet 2006

[ 30 du 28 juin 2006]

Une monarchisation qui ne dit pas son nom : Les Togolais entre les serres des Gnassingbé vivants ou morts
 
 

Lentement mais sûrement la dynastie GNASSINGBE est entrain de tisser son inéluctable toile d'araignée au sommet de l'Etat togolais. On ne compte plus les Gnassingbé qui sont aux plus hautes responsabilités nationales et qui décident du sort des 5 millions de Togolais que nous sommes. La présidence de la République et les autres postes financièrement juteux, sont leur chasse gardée. Nous vous annoncions la semaine dernière la nomination de Mey Gnassingbé comme Chargé de mission à la présidence de la République, aux côtés de son demi frère Faure. Eh bien, Faure vient de tailler un autre fauteuil à l'un de ses autres demi frères : il s'agit cette fois-ci de Toyi Gnassigné, le frère jumeau de celui que de nombreuses personnes se plaisent à appeler " le vice président ", Kpatcha Gnassingbé, celui à qui les militaires anciens et anciens combattants obéissent au doigt et à l'oeil.

Ce ne sont pas les seuls Gnassingbé vivants qui font la loi au Togo. Depuis leurs tombes, les Gnassingbé morts continuent autant à dicter leurs lois. Le fondateur de la dynastie, Gnassingbé Eyadema, a été solennellement consacré " père de la nation " après sa mort. L'an un de sa disparition physique, de même les anniversaires de la mort de ses frères Kabissa et Koromsa ont été célébrés comme des événements nationaux. Et ce n'est pas fini. L'an 22 de la mort (survenue en 1984) de Maman N'Danidaha, la supposée génitrice du " père de la nation ", est également une célébration nationale. Le quotidien national Togo Presse dans son édition du lundi 26 juin a publié en intégralité le programme des manifestations qui ont été prévues autour du 28 juin à Kara. Mais bien avant, une certaine association des femmes des militaires s'est aussi souvenue de la mort de la bonne vieille dame et a commandé des messes en sa mémoire à Lomé pendant le week end écoulé.

A ce niveau se glisse un amalgame pernicieux. Un intense débat est actuellement en cours qui recommande que les forces armées deviennent républicaines et s'acquittent de leurs nobles missions en toute impartialité vis-à-vis des tenants du pouvoir. Les FAT doivent dorénavant servir les institutions, et non les personnes qui incarnent ces institutions, encore moins leurs familles et descendants. S'il devait en être ainsi, que cherchent alors leurs épouses dans les arcanes de la famille, Gnassingbé ? Autant q'elles se souviennent de toutes les femmes togolaises disparues. Il doit sûrement y en avoir assez dans leurs propres familles.

Ces événements tels qu'ils se déroulent risqueraient, si on n'y prenait garde, continuer à polluer l'ambiance et créer des frustrations dont il serait difficile de présager des suites. Or nous sommes supposés œuvrer de concert les uns avec les autres dans un climat d'apaisement, afin de converger vers une nouvelle de réconciliation, d'apaisement et de prospérité. Que le président Faure Gnassingbé travaille effectivement qu'il en soit ainsi, au lieu de contribuer à donner raison à ceux qui insinuent qu'il n'a été placé à la tête du Togo que pour pérenniser l'emprise de la famille Gnassingbé sur le Togo et les Togolais. A la longue, personne ne gagnerait à ce jeu. Que celui qui a des oreilles entende !

La Rédaction

 

 

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