|
Lentement mais sûrement la dynastie GNASSINGBE est entrain de
tisser son inéluctable toile d'araignée au sommet de
l'Etat togolais. On ne compte plus les Gnassingbé
qui sont aux plus hautes responsabilités nationales
et qui décident du sort des 5 millions de Togolais
que nous sommes. La présidence de
la République et les autres postes financièrement
juteux, sont leur chasse gardée. Nous vous
annoncions la semaine dernière la nomination de Mey
Gnassingbé comme Chargé de mission à la présidence
de la République, aux côtés de son demi frère Faure.
Eh bien, Faure vient de tailler un autre fauteuil à
l'un de ses autres demi frères : il s'agit cette
fois-ci de Toyi Gnassigné, le frère jumeau de celui
que de
nombreuses personnes se plaisent à appeler " le vice
président ", Kpatcha Gnassingbé, celui à qui les
militaires anciens et anciens combattants obéissent
au doigt et à l'oeil.
Ce ne sont pas les seuls Gnassingbé vivants qui font la loi au
Togo. Depuis leurs tombes, les Gnassingbé morts
continuent autant à dicter leurs lois. Le fondateur
de la dynastie, Gnassingbé Eyadema, a été
solennellement consacré " père de la nation " après
sa mort. L'an un de sa disparition physique, de même
les anniversaires de la mort de ses frères Kabissa
et Koromsa ont été célébrés comme des événements
nationaux. Et ce n'est pas fini. L'an 22 de la mort
(survenue en 1984) de Maman N'Danidaha, la supposée
génitrice du " père de la nation ", est également
une célébration nationale. Le quotidien national
Togo Presse dans son édition du lundi 26 juin a
publié en intégralité le programme des
manifestations qui ont été prévues autour du 28 juin
à Kara. Mais bien avant, une certaine association
des femmes des militaires s'est aussi souvenue de la
mort de la bonne vieille dame et a commandé des
messes en sa mémoire à Lomé pendant le week end
écoulé.
A ce niveau se glisse un amalgame pernicieux. Un intense débat est
actuellement en cours qui recommande que les forces
armées deviennent républicaines et s'acquittent de
leurs nobles missions en toute impartialité
vis-à-vis des tenants du pouvoir. Les FAT doivent
dorénavant servir les institutions, et non les
personnes qui incarnent ces institutions, encore
moins leurs familles et descendants. S'il devait en
être ainsi, que cherchent alors leurs épouses dans
les arcanes de la famille, Gnassingbé ? Autant
q'elles se souviennent de toutes les femmes
togolaises disparues. Il doit sûrement y en avoir
assez dans leurs propres familles.
Ces événements tels qu'ils se déroulent risqueraient, si on n'y
prenait garde, continuer à polluer l'ambiance et
créer des frustrations dont il serait difficile de
présager des suites. Or nous sommes supposés œuvrer
de concert les uns avec les autres dans un climat
d'apaisement, afin de converger vers une nouvelle de
réconciliation, d'apaisement et de prospérité. Que
le président Faure Gnassingbé travaille
effectivement qu'il en soit ainsi, au lieu de
contribuer à donner raison à ceux qui insinuent
qu'il n'a été placé à la tête du Togo que pour
pérenniser l'emprise de la famille Gnassingbé sur le
Togo et les Togolais. A la longue, personne ne
gagnerait à ce jeu. Que celui qui a des oreilles
entende !
La Rédaction |