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C'est notre nouveau confrère
la Trompette qui l'a annoncé dans sa première
parution du mardi 26 juin. Le Rassemblement du
peuple togolais (RPT) et l'Union des forces de
changement (UFC) se seraient rencontrés à Accra en
République du Ghana le samedi 24 juin dernier. Le
RPT aurait été représenté par Pitang Tchalla,
(ancien ministre et actuellement conseiller spécial
à la présidence de la République) et Pascal
Akoussoulèlou Bodjona (directeur de cabinet du
président Faure Gnassingbé). La délégation de l'UFC
aurait été conduite par Patrick Lawson, son 3ème
vice-président. Le leader de ce parti Gilchrist
Olympio aurait été annoncé à Accra.
Si le RPT et l'UFC conviennent de se voir
en tête à tête dans les circonstances actuelles,
cela peut être une bonne chose pour tout le pays.
Les deux partis rivaux de la scène politique
nationale peuvent mettre cette rencontre utilement à
profit pour harmoniser leurs positions sur le
dialogue politique inter togolais en cours et qui
tarde à dégager un accord consensuel. La recherche
de ce consensus s'avère une affaire pas du tout
aisée.
Pour mémoire, après une première phase des
déballages, le président du bureau du dialogue Me
Yawovi Agboyibo avait inauguré la série des
concertations informelles entre le bureau et les
différentes délégations. Il a proposé par la suite
un projet d'accord, puis une version révisée aux 9
délégations parties au dialogue. En tête des
critiques des deux projets d'accord se trouve l'UFC,
suivie par
la CDPA du Pr Gnininvi. Le procès qui est
essentiellement fait aux projets d'accord réside
dans le fait qu'ils feraient la part belle au RPT au
pouvoir, mais que nombre de revendications de l'UFC
auraient été passées sous silences.
C'est en cela que la rencontre RPT-UFC
d'Accra peut avoir aidé à rapprocher les positions
des deux partis antagonistes. La délocalisation de
la rencontre à Accra en terre étrangère a peut-être
été mue par le besoin de discuter en toute sérénité
et à l'abri de la pression ici sur place à Lomé. Les
plus hautes autorités ghanéennes auraient dans les
coulisses un grand rôle, prenant sans doute le
relais de la communauté Sant'Egidio.
A moins que le RPT et l'UFC veuillent tout
simplement se soustraire des regards indiscrets, et
qu'ils veuillent mettre tout le monde, y compris les
autres parties au dialogue, devant le fait accompli.
Peut-être que l'explication de l'absence de
la CDPA, pourtant proche des points de vue de l'UFC, à la rencontre
d'Accra se trouve là.
Le RPT et l'UFC sont coutumiers de ces
faits et comportements. On se rappelle à cet effet
la toute première entrevue Gilchrist Olympio/Faure
Gnassingbé à Abuja le
25 avril 2005, pendant que le pays était encore à
feu et à sang, juste au lendemain de l'élection
présidentielle du 24 avril. Tous les autres partis
de la coalition (ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS et UFC)
qui avaient battu campagne pour le candidat commun
Emmanuel Akitani Bob étaient restés sur le quai à
Lomé, et ne savaient quoi répondre à leurs militants
et à la presse. Le RPT et l'UFC se verront plus tard
à maintes reprises à Rome en Italie avec les bons
soins de la communauté catholique Sant'Egidio, sans
qu'on sache jamais clairement ce qu'ils se sont dit.
Aujourd'hui encore, la rencontre RPT/UFC
d'Accra semble s'être déroulée dans les mêmes
conditions de grand secret et d'opacité. Les autres
parties au dialogue n'en savaient presque pas plus
que l'homme de la rue. Certaines délégations que
nous avons approchées se sont montrées étonnées,
voire frustrées par cette initiative qui viserait à
les écarter. C'est à peine si elles n'ont pas
déclaré craindre que les deux partis (RPT et UFC)
qui prennent le peuple en otage depuis de si
nombreuses années, n'aillent conclure un compromis
(si ce n'est une compromission !) sur leur dos. Dans
tous les cas, on attend d'en savoir plus sur les
conclusions d'Accra avant de s'exprimer ouvertement.
Prudence ! Méfiance, méfiance ! Une personnalité de
l'opposition informée après coup de la rencontre
d'Accra, aurait dit ce qu'elle pense de ces
manœuvres du RPT et de l'UFC à quelqu'un très haut
placé de la présidence de
la République.
Aux dernières nouvelles, la rencontre
d'Accra n'aurait non plus rien donné de consistant.
Les deux partis se seraient convenus de se retrouver
demain jeudi toujours à Accra. A moins qu'ils se
rétractent, parce que l'information a paru dans la
presse.
Après tentatives, nous avons pu contacter M. Patrick
Lawson qui est supposé avoir conduit la délégation
de l'UFC à Accra. Il a nié ladite rencontre avec le
RPT dans la capitale ghanéenne. Une délégation de
son parti s'est effectivement rendue à Accra, mais
c'est uniquement pour avoir une séance de travail
avec leur président Gilchrist Olympio. Toutefois, il
n'a pas exclu que les deux partis se retrouveraient
volontiers entre eux, si cela devrait constituer
l'occasion de s'entendre sur des voies de sortie de
la crise. Alors, entre M. Lawson qui parle de cette
rencontre RPT/UFC au futur et nous qui la mettons
dans le présent, qui dit vrai ?
SAS |
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La résolution de la grave crise togolaise
passe-t-elle par un accord politique global signé
par tous les adversaires politiques, ou doit-elle
être d'un compromis entre les seuls RPT et UFC ?
On se souvient qu'au moment du dialogue
inter togolais de juillet 1999, Gilchrist Olympio à
peine débarqué à Lomé avait exigé que tous les
autres ( CAR, CDPA, PDR et UTD) s'effacent, et que
lui seul aille rencontrer feu le président
Gnassingbé Eyadema. La raison qu'il avait évoquée
était que la crise togolaise était avant tout une
affaire entre RPT et UFC, ou mieux entre les deux
familles Gnassingbé et Olympio. Cela avait à
l'époque fait couler beaucoup de salive et d'encre.
7 années plus tard, pendant que l'UFC balaie
systématiquement tous les projets d'accord avec
lesquels le bureau du dialogue présidé par Me Yawovi
Agboyibo tente de sauver les assises, la même UFC
va tout de même rencontrer seule à seule le RPT à
Accra, probablement pour discuter des sujets qu'à
Lomé. Dans certains milieux, on n'hésite pas à
insinuer que si le parti de Gilchrist Olympio
rejette catégoriquement les projets d'accord, c'est
tout simplement parce qu'ils portent la griffe de Me
Yawovi Agboyibo. L'UFC ne souhaiterait donc pas que
l'histoire retienne que c'est Me Yawovi Agboyibo qui
aurait été le principal artisan d'un accord
politique entre les Togolais eux-mêmes.
La stratégie de l'UFC consisterait donc à saboter
toutes les initiatives du leader du CAR qui est
d'abord perçu comme un redoutable adversaire avant
d'être un opposant des toutes premières heures. Les
efforts de Me Agboyibo ayant échoué, l'UFC
rechercherait un compromis seul à seul avec le RPT
(ce qui est d'ailleurs en cours depuis le
25 avril 2005 à Abuja, qui a continué à Rome et
vient de se poursuivre à Accra). Si ce schéma ne
réussissait pas non plus, on recourrait alors à des
facilitateurs ou médiateurs internationaux. L'UFC
aurait alors sauvé la face, et de toute façon, le
vedettariat aura été ravi à l'adversaire Agboyibo.
Vous avez dit nationalisme, patriotisme,
solidarité dans la lutte de l'opposition ou plutôt
recherche d’une aura personnelle ?
Ephata |