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Demain, 27 avril, jour
anniversaire de la proclamation de l'indépendance du
Togo. Avant même l'apothéose que constitueront entre
autres les défilés militaires et civils en face du
garage central, et le spectacle sons et lumières au
stade omnisports de Lomé, on peut d'ores et déjà
commencer à dire que l'édition 2006 de la fête de
l'indépendance n'aura laissé personne indifférent.
En effet et de mémoire de
jeunes Togolais, une fête du 27 avril aura pour la
première fois drainé autant de passions, suscité
autant de polémiques et défrayé autant de polémiques.
Du projet artistique de la mise en scène d'un grand
spectacle fait de sons, lumières et danses sous la
direction du créateur ivoirien Souleymane Coly à
l'organisation d'un défilé militaire, en passant par
la restauration du monument de l'indépendance, le 27
avril est omniprésent dans les esprits
de la très grande majorité des Togolais de la capitale,
et ce depuis près de deux mois. Le ministre de la
culture, du tourisme et des loisirs Gabriel
Dosseh-Anyron a enrichi l'effervescence des
manifestations avec son projet d'une semaine de
l'artiste. Les meilleurs hommes et femmes de
spectacles de divers domaines de notre pays sont
primés et se verront récompensés en trophées et autres
prix au cours du grand spectacle du 27 avril.
L'annonce par l'Union des
forces de changement (UFC) d'un programme parallèle
aux manifestations officielles ne fait que contribuer
à renforcer le sens et la signification de la fête
nationale de l'indépendance dans les Togolais de tous
âges et de tous bords politiques. Le parti de
Gilchrist Olympio ( qui rentre d'ailleurs au Togo ce
jour même) tient visiblement à saisir l'occasion de la
fête du 27 avril pour faire une démonstration de force
sur la scène politique. Il va de soi que beaucoup de
personnes sont impatientes de voir quelle mobilisation
l'UFC peut encore faire autour de son leader et de ses
manifestations. Du côté du pouvoir, le président Faure
Gnassingbé saisit l'opportunité de la fête du 27 avril
pour donner une plus grande visibilité à ses idées de
réformes et à ses méthodes qui se veulent se démarquer
de celles de feu son père Gnassingbé Eyadema. Avec
Faure, le 27 avril retrouve tous ses droits de fête
nationale légitime de la République Togolaise.
En cela le président parait
se conformer scrupuleusement aux recommandations de la
commission de réhabilitation de l'histoire du Togo,
qui a été présidée par Monseigneur Robert Casimir
Dosseh-Anyron, à savoir : rétablir la fête du 27 avril
et la célébrer avec tous les honneurs et fastes. Un
changement net est également observé dans les médias
publics, la télévision nationale notamment. Les jours
précédant la fête du 27 avril, la chaîne nationale
anime des émissions d'historiens qui retracent le
parcours et les péripéties de notre pays. Depuis le
lundi 24 avril, un film d'époque et des
témoignages relatent les cérémonies de proclamation de
l'indépendance le 27 avril 1960 par Sylvanus Olympio,
le père de l'indépendance et premier président de la
République Togolaise. C'est la première fois que les
Togolais de notre génération (les moins de 45 ans)
découvrent ces images fort émouvantes. On ne peut
manquer à ce sujet de penser que dans les cercles du
pouvoir, on voudrait par ce canal couper l'herbe sous
les pieds de l'UFC. Ce parti a en effet prévu dans son
programme parallèle la diffusion de ce film. Ce ne
sera plus une exclusivité du parti de Gilchrist
Olympio, puisque la télévision aura auparavant passé
le film historique dans tout le pays, et ceci aux
heures de grandes écoutes.
Mais Faure veut faire plus.
Aujourd'hui même, le président de la République va se
présenter devant les députés réunis en séance
solennelle à l'Assemblée nationale, et
dresser un bilan sur l'état de la nation depuis un an
qu'il est aux affaires. Faure Gnassingbé veut se
conformer en la matière à l'article 74 de la
Constitution qui fait cette obligation au chef de
l'Etat. Cela n'en demeure pas moins une révolution,
puisque ça n'a jamais été fait sous le président
Gnassingbé Eyadema.
Le 27 avril 2006 peut-il
constituer un nouveau départ pour le Togo ? Même si
dans les rangs de l'opposition on dit demeurer
prudent, un certain espoir peut tout de même être
permis. Le dialogue national qui suit son cours (son
démarrage à la veille de la fête de l'indépendance
n'est certainement pas un hasard) peut concrétiser cet
optimisme renaissant.
SAS
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