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Dimanche 10 avril 2006 : le club Dyto élimine son
homologue de l’AS Togo-Port par 3 buts à 2 après
prolongations dans le cadre de la demi finale retour de
la Coupe du Togo. As Togo-Port a perdu sur le terrain,
mais a porté plainte contre Dyto pour usage de faux. Le
club portuaire reproche à son vis-à-vis du jour d’avoir
aligné deux joueurs brésiliens dont les licences ont été
établies hors délai.
La
décision de la Fédération togolaise de football (FTF)
est rendue publique le 14 avril. La plainte de l’As
Togo-Port est reconnue fondée, et Dyto par contre
sanctionnée, qui perd sur tapis vert au profit du club
portuaire qui jouera la finale de la coupe du Togo
contre Asko de Kara.
Jusque
là, c’est bien. Seulement la FTF ne va pas au bout du
droit et du bon sens pour prendre les mesures
courageuses. Seuls deux petits fretins ont été sacrifiés
pour protéger les vrais supposés auteurs de la fraude.
Komlanvi Bassou, membre de la FTF et vice-président de
la commission centrale d’organisation et Komlanvi Amehou,
secrétaire général de Dyto, ont été suspendus pour une
période de deux ans pour « malversation »,
parce que reconnus coupables de « faute
administrative et de complicité dans l’établissement de
licences pour des joueurs non qualifiés », selon
les propres termes de Assogbavi Espoir, secrétaire
général de la FTF.
Rien
que de la poudre aux yeux. Si la fraude se trouve
avérée, il faut alors que le président de Dyto, ainsi
que le président et le secrétaire général de la FTF
soient aussi inquiétés. Comme par hasard, le président
de la FTF et celui d’honneur de Dyto se trouvent être la
seule et même personne : le Commandant Rock Balakiyem
Gnassingbé. Sous d’autres cieux, dans des pays
respectueux de principes et de lois, il y a longtemps
que le président de la FTF aurait démissionné.
Car
l’affaire de joueurs brésiliens frauduleusement
introduits à la hâte n’est pas la première du genre.
Déjà au cours de la campagne pour la qualification pour
la CAN 2004 en Tunisie, pas moins de 6 joueurs venus du
Brésil avaient évolué sous les couleurs nationales
togolaises. Cela n’avait pas empêché le Togo d’être
éliminé.
Après
la qualification historique de la double qualification
pour la CAN/Coupe du monde 2006, Rock Gnassingbé a de
nouveau fait entrer la FTF dans ses travers. Cela a
coûté la malheureuse prestation des Eperviers à la CAN
2006, et le remplacement cavalier de Stephen Keshi par
l’Allemand Otto Pfister à la tête des Eperviers.
Aujourd’hui on ne sent plus aucune ferveur des Togolais
pour une première phase finale de coupe de monde que
leur pays dispute dans 7 semaines.
Au
sein des clubs sur place, la situation n’est pas plus
heureuse. Il ne se passe plus de jour que le leader du
championnat national Maranatha de Fiokpo joue, sans
qu’il ne se produise de troubles de violences. Aux dires
des uns et des autres, les clubs qui reçoivent Maranatha
sont décidés à les faire payer le mauvais accueil qui
leur a été réservé à Woomé.
D’autre part, Maranatha est soupçonné par les autres
clubs de bénéficier de décisions fantaisistes des
arbitres et commissaires aux matchs pour faire gagner à
chaque fois le club cher au député président Gabriel
Ameyi. Le reproche qui est fait au président de la FTF
Rock Gnassingbé, c’est qu’il ferme les yeux et laisse
faire, s’il n’encourage pas cet état de faits.
Le
moins qu’on puisse dire aujourd’hui c’est que le
football togolais se retrouve dans un climat délétère.
Il devient par conséquent une impérieuse nécessité de
renouveler l’équipe dirigeante du football.
Au
prochain congrès de la FTF, les délégués devront avoir
le courage de passer le bilan des deux mandats du
président Rock Gnassingbé au peigne fin, et élire à sa
place de nouvelles personnalités qui feront renaître
l’amour du football dans les cœurs des Togolais.
Himmel |