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Nouvelle Ere

8 fevrier 2007]

[051 : 8 fevrier 2007]
Après l’euphorie, de nouveaux nuages dans les cieux de la FTF : Attention, Tata !

La nouvelle est tombée samedi 24 mars comme une guillotine sur la gorge des amoureux du football togolais. Le public n’avait pas encore savouré la victoire par 3 à 1 sur la Sierra Leone, qu’il apprit que Nibombé Daré, Kader Coubadja et surtout Shehy Adebayor en personne, sont exclus de l’équipe des Eperviers, jusqu’à nouvel avis. Le verdict, apparemment sans appel, émane de Tata Adaglo Avlessi, président de la FTF. Le ministre des sports, Richard Attipoè, semble n’y rien comprendre. Les vices présidents de la FTF, Gabriel Ameyi et Boukpessi non plus. Adebayor, qui n’a pas sa  langue dans la poche, a confirmé aussitôt son retrait de la sélection, par des mots et des gestes en direct du stade de Kegue

On peut aimer Daré, Kader ou Adebayor ou ne pas les porter dans son cœur. Mais  on est obligé de reconnaître qu’ils demeurent à l’heure actuelle des cadres incontournables dans le club des Eperviers. Qu’aurait été  en effet l’issue du match Togo-Serra Leone du samedi 24 mars, sans Adebayor ? Il avait ouvert puis clôturé la marque, après avoir offert le 2ème but à son compère Olufade Adekanmi.

Tata Avlessi reproche la manière quelque cavalière dont Adebayor et les Eperviers ont réclamé 30 millions  par tête, ce qui est le reliquat de ce que la FTF leur doit pour la qualification et la participation au dernier Mondial en Allemagne. Adebayor se dit aussi ouvertement menacé par une autre éminente autorité du sport, et certains doigts se pointent vers le Général Zoumaro Gnofame, le président du Comité national olympique togolais.

Il est à craindre que si Daré, Kader et Adebayor soient effectivement écartés de la sélection, d’autres Eperviers, par solidarité, les suivraient. Or, le Togo est loin d’être tiré d’affaires dans la qualification pour la CAN 2008. L’équipe  se rendra prochainement en Serra Leone et au Bénin, avant d’accueillir le Mali. Et seul le premier du groupe sera automatiquement qualifié pour Ghana 2008. C’est dire que la cohésion du groupe aurait du être préservée pour ces échéances futures capitales dans la qualification pour Ghana 2008.

Cette sanction prise par Tata Avlessi survient après tant d’autres bourdes et maladresses qu’il ne cesse de commettre depuis son élection à la tête de la FTF
le 9 janvier 2007. Il n’y a pas longtemps, il a été accusé par le président de la Fédération béninoise de football d’agressions gratuites, lors de l’ouverture de la CAN Cadets. Et cela s’était passé, pendant que Issa Hayatou et tout le gratin du foot africain était à Lomé.

Durant le tournoi proprement dit, des rumeurs de corruption à l’endroit du trio arbitral qui a officié le match Togo-Tunisie, avaient circulé. Même si aucune preuve formelle n’avait été brandie contre la FTF, la chose n’a pas bien senti.

Avant ces malheureux incidents, Tata Avlessi, à peine élu à la tête de la FTF
avait procédé à des nominations de conseillers (Winnie Dogbatsè Agbeyome Kodjo entre autres).Ce que ses deux vices présidents, Essoyaba Boukpessi et Gabriel Ameyi, on se rappelle, avaient qualifié d’inopportun cavalier et surtout de violation des statuts de la FTF de 1994 en cours.

Juste après cela, Tata était entré en conflit avec Richard Attipoè, le ministre des sports. Le nouveau président avait  en effet refusé de faire signer le Français Patrice Neveu, comme sélectionneur des Eperviers. Il s’en est plutôt allé quelques jours plus tard faire revenir le Nigérian Staphen Keshi, ce que le ministre apprécie très modérément. D’ailleurs d’obscurs présages courent toujours sur le contrat que Tata et Keshi ont signé, apparemment sans la bénédiction du ministre.

Comme pour compliquer davantage la situation, les deux derniers matchs que Maranatha a disputés chez lui à Wome, dans le cadre de la Champions League, posent problèmes. Les Sénégalais de Diaraf avaient porté plainte au tour précédent pour non conformité du terrain et violences exercées contre eux. Avec les Rwandais de l’APR, la rencontre n’est même pas allée à terme. Heureusement, la CAF a statué en faveur de Maranatha. Mais déjà ce week end, notre représentant en coupe d’Afrique des clubs accueille un club tunisien. Il est à espérer que le spectacle soit cette fois-ci teinté de plus de fair play.

Depuis son élection, des voix ne cessent de reprocher à Tata Avlessi de trop parler et de faire des déclarations par trop tonitruantes sur les médias. D’autres le voient par trop suffisant, voire arrogant.

A ce rythme, le mandat de Tata Avlessi à la tête de la FTF jusqu’en 2010 risque de se révéler très long et semé de péripéties.

Himmel
 
Tata Avlessi engage un bras de fer avec Adebayor Sheyi : Qui en sortira gagnant ?

Pour la phase finale de la Coupe du monde 1998, Aimé Jacquet, le sélectionneur de l’équipe de France, avait eu l’audace de ne pas convoquer Eric cantonna (Manchester United), ainsi que David Ginola (Newcastle United), deux grands clubs du championnat anglais. Cantonna et Ginola étaient pourtant au faite de leur gloire à l’époque. L’entraîneur avait justifié sa décision par les « mauvais caractères » des deux joueurs qui pouvaient porter préjudice à l’harmonie de l’équipe. Heureusement pour Jacquet et la France, les Bleus avaient battu le Brésil en finale par 3 buts à zéro. Le coach avait été unanimement félicité pour la clairvoyance et le courage de ses choix.  Mais Dieu seul ce qu’il serait advenu de lui, si la France avait déçu le public de France !

Retour au Togo : Tata Avlessi, président de la Fédération togolaise de football, vient d’exclure de l’équipe des Eperviers, trois de ses ténors et pas des moindres : la vedette Adébayor Sheyi, la flèche Coubadja Kader et le défenseur Nibombé Daré. Or, le Togo est en plein milieu des éliminatoires pour la CAN Ghana 2008. Entre les mois de juin et d’octobre de cette année, les Eperviers se rendront en Sierra Leone et au Bénin, avant d’accueillir les Aigles maliens à Lomé. Dans ce groupe de quatre, seul le premier sera qualifié d’office ; le suivant immédiat pourra avoir sa chance, si et seulement s’il se classe parmi les quatre meilleurs deuxièmes de l’ensemble des groupes.

Supposons alors que le président de la FTF d’un côté, les 3 joueurs exclus de l’autre, restent chacun sur sa décision de ne pas demander pardon à l’autre. Imaginons ensuite les cas où les Eperviers, sans Adebayor, Kader et Daré, n’arrivent pas à se qualifier pour la CAN Ghana 2008. Il sera alors fort à parier que les supporters fassent porter le chapeau de cette élimination éventuelle à Tata Avlessi. Déjà, la sanction décrétée par Tata est condamnée par de nombreuses personnes. Le ministre des sports Richard Attipoé, la supporter N°1 Mama Togo, l’ancien premier ministre et néo converti en football, Agbeyome Kodjo, la grande partie des médias, bref presque tous les amoureux du ballon rond dans notre pays désapprouvent la décision de Tata. Même  au sein de son bureau, les deux vices présidents Gabriel Ameyi et Essoyaba Boupkesssi exigent de Tata qu’il reconsidère sa sanction.

Du côté des joueurs eux-mêmes, il n’est pas à exclure que par effet de solidarité de groupe, bon nombre d’entre eux décident de soutenir les 3 exclus, en boycottant eux aussi les matchs à venir. Et dans ce cas de figure, le schéma de remplacement que mijote Tata, à savoir : faire jouer les locaux en lieu et place des professionnels, risquerait de ne pas être porteur de succès devant les Sierra Léonais, Béninois et Maliens. Le Togo éliminé pour la CAN Ghana 2008, Tata Avlessi et la minorité qui le soutient dans sa sanction, risqueraient de voir dressés devant et contre eux le public togolais qui trouve son évasion dans les victoires des Eperviers.

Eh, oui, le monde est ainsi fait. Les vedettes ont beau être des têtes fêlées, il faut savoir les gérer avec malice, au risque de devenir la risée populaire. Zineddine Zidane n’est-il pas plus populaire que le président français Jacques Chirac et son collègue algérien Aziz Bouteflika réunis ? Qui en Angleterre oserait défier David Beckam ? Même chez nous ici, les mécontentements des vedettes Eperviers ont contribué à faire partir Rock Gnassigné de la FTF. Alors, vivement que les dieux du football viennent au secours de Tata Avlessi, avant que ses airs de suffisance et d’arrogance ne lui pètent eu nez !

SAS
 
Rock, où es-tu ?

Le Togo vient de vivre une quinzaine de football intense. Notre pays a en effet abrité la 7ème phase finale de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 17 ans. Nos petits Eperviers ont fait à cette occasion un parcours plein de bravoure et d’éloges, pour seulement s’incliner devant leurs homologues nigérians en finale, par un but assassin en début de seconde mi-temps des prolongations. Tout le monde reconnaît qu’ils n’ont aucunement démérité, et qu’ils méritent au contraire admiration, félicitation et encouragement.

Cette 7ème CAN Cadets a d’autre par offert l’opportunité au Togo d’accueillir non seulement les 7 autres nations participantes (Tunisie, Erythrée, Ghana, Burkina Faso, Gabon, Afrique du Sud ), mais aussi les sommités de la Confédération africaine de football et de nombreux journalistes.

Dans les semaines qui ont précédé la CAN, nos clubs, l’AS Togo Port, et surtout Maranatha ont disputé des rencontres africaines interclubs.

 En  marge de la compétition, Issa Hayatou, le président de la CAF a procédé à la pose de la première pierre du centre de formation pour jeunes footballeurs, que Winie Dogbatsè (ancien vice président sous Rock et conseiller de Tata Avlessi) veut créer dans son Kpélé Kponvié natal.

Le président de la CAF a aussi rendu visite et hommage aux installations de l’Union Sportive de Masséda, œuvres et fierté d’un certain Tata Adaglo Avlessi, président de la FTF.

La veille de la finale de la CAN Cadets ( samedi 24 mars), les Eperviers seniors ont  battu par 2 buts à 1, l’équipe de Serra Leone,  dans le cadre de la 3ème journée qualificative de la prochaine CAN 2008 qui se jouera au Ghana à côté.

Mais, fait plutôt singulier, on n’a vu Rock Balakiyem Gnassingbé aux côtés des Eperviers Cadets, ni aux stades  de Kégué et Municipal, ni au stade de Womé, encore moins à Kpélé ou à Masseda. Or Rock n’est autre que le président de la FTF ces 8 dernières années, avant que Tata Avlessi ne prenne sa succession au congrès du 9 janvier dernier.

Rock qui aimait se rendre au terrain avec un épervier grandeur nature dans les bras, aurait-il subitement perdu tout amour pour le foot national ? On ne supporte quand même pas seulement le football en étant président de la fédération ! A moins que ce ne soient Gabriel Ameyi, Tata Avlessi ou Winnie Dogbatsè qui ont commis l’incompréhensible discourtoisie de ne pas inviter celui qui fut il n’y a pas si longtemps leur président et ami !

SAS
 

 

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