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Dans le souci de créer un climat
«d’apaisement totale et de
réconciliation nationale, afin de
favoriser le retour des réfugiés
et des personnes déplacées, le
gouvernement togolais a décidé
d’abandonner les poursuites à
l’encontre des présumés auteurs de
violences qui ont marqué
l’élection présidentielle d’avril
2005 au Togo.
Dans une «lettre circulaire»,
le Premier ministre Edem Kodjo a
«instruit fermement» le
commandant de la gendarmerie, le
directeur général de la police,
ainsi que le parquet
«d’abandonner instamment toutes
poursuites diligentées ou à
diligenter à l’encontre de toutes
personnes présumées auteurs
d’infractions ou de délits
étroitement liés à l’élection».
Selon une source judiciaire,
toutes les personnes arrêtées dans
le cadre de ces violences ont déjà
été libérées, à l’exception des
auteurs présumés d’assassinat sur
huit étrangers, dont sept
ressortissants maliens, brûlés
vifs à Lomé lors de ces violences
On pourra dire que cette décision
du gouvernement pose au moins deux
problèmes.
D’abord, elle ressemble fort à, si
elle ne l’est, de l’ingérence de
l’exécutif dans les affaires de
l’appareil judiciaire. D’après le
principe de la séparation des
pouvoirs, pas plus que l’exécutif
n’a d’ordre à recevoir du
législateur, il est prescrit que
le gouvernement se tienne à
l’écart des affaires de la
justice.
Mais en des circonstances
exceptionnelles, il est permis
« des abus de pouvoirs » pour
corriger certaines pathologies
sociales. C’est ce qui autorise
parfois le chef de l’Etat à
accorder des remises de peine ou
le parlement à voter des lois
d’amnistie.
La note du premier ministre, même
si on peut lui reprocher par
ailleurs de cultiver le climat
d’impunité, a le mérite de parer
au plus pressé.
C’est vrai, environ 5.000 ont déjà
regagné Lomé, mais la majorité des
40.000 Togolais au Bénin et au
Ghana à la suite des violences
électorale hésitent encore à
bouger.
Nos compatriotes au-delà des
frontières vivent dans des
conditions insoutenables. Surtout
ceux du camp d’Agamé au Bénin qui
vivent l’enfer depuis des
affrontements ayant fait au moins
4 morts selon un rapport de
mission de la Ligue Togolaise des
droits de l’Homme, les ont opposés
aux populations autochtones.
A la suite en effet des violents
heurts qui ont opposé les deux
communautés les 15 et 16 février
2006, les réfugiés ont déserté le
camp d’Agamé. Environ 4.000
réfugiés selon le Haut
Commissariat pour les réfugiés
(UNHCR) se sont installés à
l’école primaire publique Étoile
de Lokossa (12 Km d’Agamé),
environ 1500 autres sur des lieux
publics à Koudo (1Km d’Agamé),
environ 600 à Ablodé, et environ
700 à Hounton. D’autres ont trouvé
refuge dans des familles
d’accueil.
Les conditions de vie sur ces
lieux publics sont déplorables et
les risques d’épidémies ne sont
pas à écarter. Les réfugiés vivent
dehors sous des abris de fortune.
Les infrastructures sanitaires
leur sont inaccessibles.
Au nom de quelle loi faut-il
laisser ces frères et soeurs périr
s’il est possible de poser quelque
acte pour les encourager à revenir
sur la terre de nos aïeux, leur
terre ?
Cette mesure de clémence va
profiter évidemment à ceux qui ont
gratuitement massacré le peuple
fin avril 2005 pour le pouvoir,
mais on ne peut pas faire des
omelettes sans casser des oeufs.
Malcom X |