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23 mars 2006

[No 18: 23  mars 2006]
Pour encourager le retour des réfugiés 

Dans le souci de créer un climat «d’apaisement totale et de réconciliation nationale, afin de favoriser le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le gouvernement togolais a décidé d’abandonner les poursuites à l’encontre des présumés auteurs de violences qui ont marqué l’élection présidentielle d’avril 2005 au Togo. 

Dans une «lettre circulaire», le Premier ministre Edem Kodjo a «instruit fermement» le commandant de la gendarmerie, le directeur général de la police, ainsi que le parquet «d’abandonner instamment toutes poursuites diligentées ou à diligenter à l’encontre de toutes personnes présumées auteurs d’infractions ou de délits étroitement liés à l’élection».

Selon une source judiciaire, toutes les personnes arrêtées dans le cadre de ces violences ont déjà été libérées, à l’exception des auteurs présumés d’assassinat sur huit étrangers, dont sept ressortissants maliens, brûlés vifs à Lomé lors de ces violences

On pourra dire que cette décision du gouvernement pose au moins deux problèmes.

D’abord, elle ressemble fort à, si elle ne l’est, de l’ingérence de l’exécutif dans les affaires de l’appareil judiciaire. D’après le principe de la séparation des pouvoirs, pas plus que l’exécutif n’a d’ordre à recevoir du législateur, il est prescrit que le gouvernement se tienne à l’écart des affaires de la justice.

Mais en des circonstances exceptionnelles, il est permis « des abus de pouvoirs » pour corriger certaines pathologies sociales. C’est ce qui autorise parfois le chef de l’Etat à accorder des remises de peine ou le parlement à voter des lois d’amnistie.

La note du premier ministre, même si on peut lui reprocher par ailleurs de cultiver le climat d’impunité, a le mérite de parer au plus pressé.

C’est vrai, environ 5.000 ont déjà regagné Lomé, mais la majorité des 40.000 Togolais au Bénin et au Ghana à la suite des violences électorale hésitent encore à bouger.

Nos compatriotes au-delà des frontières vivent dans des conditions insoutenables. Surtout ceux du camp d’Agamé au Bénin qui vivent l’enfer depuis des affrontements ayant fait au moins 4 morts selon un rapport de mission de la Ligue Togolaise des droits de l’Homme, les ont opposés aux populations autochtones.

A la suite en effet des violents heurts qui ont opposé les deux communautés les 15 et 16 février 2006, les réfugiés ont déserté le camp d’Agamé. Environ 4.000 réfugiés selon le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) se sont installés à l’école primaire publique Étoile de Lokossa (12 Km d’Agamé), environ 1500 autres sur des lieux publics à Koudo (1Km d’Agamé), environ 600 à Ablodé, et environ 700 à Hounton. D’autres ont trouvé refuge dans des familles d’accueil.

Les conditions de vie sur ces lieux publics sont déplorables et les risques d’épidémies ne sont pas à écarter. Les réfugiés vivent dehors sous des abris de fortune. Les infrastructures sanitaires leur sont inaccessibles.

Au nom de quelle loi faut-il laisser ces frères et soeurs périr s’il est possible de poser quelque acte pour les encourager à revenir sur la terre de nos aïeux, leur terre ?

Cette mesure de clémence va profiter évidemment à ceux qui ont gratuitement massacré le peuple fin avril 2005 pour le pouvoir, mais on ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs.

Malcom X

 
 

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Agbodjan Kpovi Ernest


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M. GNANDI Thomas
Interview: Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD

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Le Prof. Gnininvi


Denis D. Nayone


Patrick LAWSON

Les rapports sur le Togo

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
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