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« Participationnisme réaliste »,
ou encore « la politique des
petits pas gagnants ».
C’est le nouveau credo de Gabriel
Dosseh-Anyron, ministre de la
culture, du tourisme et des
loisirs dans le gouvernement Edem
Kodjo depuis le 20 juin 2005. Pour
mémoire, sa nomination au
gouvernement lui a coûté sa
radiation de son parti, Union des
Forces de changement (UFC).
« Nous devons avoir le courage de
dénoncer le parti fautif plutôt
que de condamner l’ensemble de
l’opposition »,
disait le 12 mars dernier Me
Yawovi Aboyibo dans une
téléconférence à l’intention des
militants du Comité d’Action pour
le Renouveau (CAR) résidant en
Amérique du nord. Nul doute que le
Bélier pointe son doigt accusateur
vers l’UFC et son leader Gilchrist
Olympio.
Et de fait, les prises de
positions et les actes posés par
le président de l’UFC semblent de
moins en moins partagés, ou du
moins incompris depuis le décès du
président Gnassingbé Eyadema le 5
février 2005. A l’époque,
Gilchrist Olympio, depuis Paris où
il résidait, avait annoncé sa
candidature pour la présidentielle
à venir, alors que les militants
de l’opposition se faisaient
tabasser dans les rues du pays
pour revendiquer la restauration
de la légalité constitutionnelle.
Surtout que ladite Constitution ne
permettait pas au leader de l’UFC
de se porter candidat, pour clause
de résidence. Cela avait fait
grincer beaucoup de dents, mais au
finish la coalition des six (ADDI,
CAR, CDPA, PDR, UDS et UFC) avait
consenti à désigner Emmanuel
Akitani Bob, le sosie de
Gilchrist, comme candidat de toute
l’opposition à l’élection
présidentielle du 24 avril 2006.
A son tout dernier retour au pays
le samedi 19 mars 2005, Gilchrist
Olympio haranguait la foule
surchauffée au stade du cimetière
que l’opposition ne se laissera en
déclarant à qui voulait l’entendre
plus jamais voler sa victoire. Il
en donnait sa parole. On a vu la
suite avec le scrutin du 24 avril
et ses conséquences pour les
militants qui l’avaient cru sur
parole, et dont 40.000 au moins
continuent à vivre les affres de
l’exil au Bénin et au Ghana, sans
oublier les centaines de morts et
les milliers de blessés.
Cela n’avait pas empêché le
président de l’UFC d’aller
rencontrer, seul, Faure Gnassingbé
à Abuja au Nigeria, alors que la
situation chauffait encore au
Togo. Que s’étaient dit Gilchrist
et Faure devant Obasanjo ce 25
avril ? On ne le saura jamais.
Mais toujours est-il que le
président nigérian qui s’était
personnellement investi dans la
crise togolaise, ne décollerait
pas contre Gilchrist. Le premier
attribuerait au second l’échec de
la formation d’un gouvernement
réunissant le RPT et les partis de
la coalition. En même temps le
leader de l’UFC ne semble pas
avoir les moyens de sa politique
extrémiste.
Quand il s’est agi d’aller au
dialogue national, l’UFC n’a cessé
de soulever des objections de
toutes sortes, alors que dans le
même temps, ce parti va rencontrer
à au moins deux reprises le RPT
seul à seul à Rome en Italie. Les
autres partis de l’opposition, CAR
en tête, crient à présent
ouvertement leur désaccord avec
l’UFC. On ne se résigne plus dans
l’opposition comme en juillet
1999, lorsqu’au plus fort du
dialogue inter togolais, Gilchrist
laissait entendre que le problème
togolais se résumait entre
lui-même et Gnassingbé Eyadema. Ce
dernier est mort depuis plus d’un
an, mais la crise togolaise
demeure.
Devant cette situation, beaucoup
de personnes dans l’opposition
sont prêtes à se démarquer
désormais de l’UFC. Même jusqu’à
aller dans un (vrai) gouvernement
d’union avec Faure et le RPT, si
c’est la voie la mieux indiquée
pour assainir le climat politique
dans le pays et mettre en branle
une forme de transition vers la
démocratie pleine et totale.
« Le Participationnisme
réaliste et la politique des
petits pas gagnants » font
leur chemin.
Si par ce moyen le Togo peut vivre
les prochaines élections
législatives et présidentielles
comme le Bénin vient de le vivre,
avec les vrais vainqueurs déclarés
élus et reconnus par tous, sans
interventions des militaires et
chasses à l’homme, alors c’est à
encourager.
La Rédaction |