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Nous sommes consternés par la
division affichée à nouveau par
l’opposition. Si elle n’a jamais
été unie, l’éclatement de la
coalition et les rivalités entre
le CAR et l’UFC sont
inappropriés ; en ce moment où le
peuple togolais est profondément
affligé et a besoin de la
communion de nos esprits pour le
sauver de l’abîme. Cette nouvelle
démonstration de la désunion des
deux partis, qui avaient incarné,
à tour de rôle, l’espoir de
changement politique dans le pays,
est révélatrice. Le CAR et l’UFC
avaient contracté l’alliance
CAR-UFC-PDR, avant de se séparer,
puis se sont retrouvés dans la
coalition des six partis (CAR, UFC,
CDPA, ADDI, PSR, UDS-Togo) pour
conduire le peuple dans l’aventure
dramatique de la dernière élection
présidentielle. Aujourd’hui, les
deux partis s’affrontent avec
emportement. Comme ce sont des
partis politiques, le pouvoir est
donc l’enjeu. Les initiés savent
que c’est une lutte pour amener Mr
Faure GNASSINGBE à choisir comme
Premier Ministre l’un ou l’autre
candidat des deux partis.
L’intérêt du peuple n’est plus
leur souci et ces deux partis ne
font même plus semblant. Le
dialogue n’est qu’un prétexte. Le
but réel est d’être
l’interlocuteur privilégié du RPT,
soit pour négocier le poste de
Premier Ministre, ou soit pour
faire échouer son rival, en posant
des conditions vicieuses. Si la
population peut comprendre le CAR,
elle ne comprend plus l’UFC, qui
apprécie, désormais, des
rencontres exclusives avec le RPT,
à distance des togolais et en
dehors du Togo. Quelle malchance
pour notre peuple et quel malheur
pour le Togo ! Personne, sinon les
proches, ne comprend plus
l’opposition togolaise, dont la
division congénitale et l’absence
de patriotisme et de compassion
pour la souffrance des gens sont
désespérantes. Au lieu d’être unis
pour obtenir les conditions
favorables à la restauration de la
volonté populaire et la cohésion
de notre peuple, ils se déchirent,
compliquent la situation et
retardent les solutions à la
crise.
Maintenant, que le défunt
Président EYADEMA n’est plus là et
que le peuple est dans
l’abattement, ils n’ont plus peur
de l’un ni de l’autre. La voie est
alors ouverte, pour jouir du
pouvoir avant de mourir. L’exemple
est déjà montré par les leaders de
la CPP et du PDR. Seuls ceux, qui
ont cru en ces hommes, sont déçus.
Comme le dit notre parti, le PRR,
c’est l’ignorance qui tue. Les
togolais, qui sont morts ou
contraints à l’exil, ont été
sacrifiés inutilement. La quête du
vrai opposant a conduit à des
drames et à la désillusion. Tous
ces soi-disant vrais opposants,
opposants traditionnels, opposants
historiques, opposants radicaux,
etc., ont reconnu implicitement Mr
Faure GNASSINGBE et le courtisent
pour être les meilleurs
interlocuteurs pour le partage du
pouvoir. Les sophismes, dont ils
se servent, sont destinés à duper
le peuple. Le leader du CAR n’a
pas peur de l’armée et est rompu
aux négociations avec le RPT, donc
pour lui, le dialogue peut avoir
lieu à Lomé, sans facilitateur ou
médiateur. Pour l’opposant
historique de l’UFC, qui se bat
depuis quarante ans contre le
régime et qui a des comptes à
régler avec l’armée pour des
raisons connues, il est préférable
que le dialogue ait lieu à
l’étranger et avec facilitateur.
Quelle catastrophe pour le pays !
La division entre le CAR et l’UFC
fait durer la crise et tue les
espoirs de son règlement rapide.
Après la tyrannie du monopartisme,
c’est la tyrannie du multipartisme
qui annonce ses ravages. J’avais
alerté le peuple togolais mais ma
voix était perdue dans la
cacophonie et j’étais accusé, de
façon ignoble, d’être un agent du
défunt Président. Je me répète
donc. Le régime des partis, c’est
la pagaille et l’impuissance. Il
favorise les ambitions
personnelles, les combinaisons
occultes, des alliances
contre-natures et nuisent à
l’intérêt général. Il nous faudra,
demain, juste deux partis
politiques, pour éviter ce à quoi
nous assistons actuellement et qui
n’est qu’un début.
Chacun aurait cru qu’après les
dures épreuves, qui ont suivi la
disparition du défunt Président
EYADEMA, les violences
post-électorales, le désespoir du
peuple et les risques d’implosion,
la coalition serait restée unie.
Malheureusement, et comme je le
sentais ; en refusant de me
joindre à eux pour l’élection
présidentielle du 24 Avril
dernier, ils n’étaient pas
sincères dans leur démarche
d’union. Des rivalités
personnelles et des ambitions
particulières les animent et ne
leur arrachent pas les sacrifices
nécessaires au bien commun. Se
rendant maintenant compte, comme
avant eux Messieurs Edem KODJO et
Zarifou AYEVA, de la décadence et
du caractère fractionnel de leurs
partis et de leur propre discrédit
auprès du peuple, ils préfèrent
négocier directement et plutôt
séparément le partage du pouvoir
avec le RPT. Les phraséologies,
dont ils se servent pour couvrir
leur dessein, ne peuvent plus
tromper que ceux qui se laissent
facilement abuser. Ce ne sont plus
des principes, ni des idéaux, ni
même des ambitions de
prosélytisme, qui les inspirent.
Ils sont prêts à toutes les
contorsions et vont continuer à
déployer des tactiques, qui vont
les amener à des reniements et à
la trahison complète du peuple. La
double conséquence, vis-à-vis des
citoyens, est qu’ils iront en se
démentant et en se déconsidérant
et qu’ils conduiront tragiquement
la nation à plus de division, à
plus de confusion, à plus de
misère et à l’impuissance du
pouvoir.
Nous avons payé assez cher la
division des deux partis, qui
s’appelaient le CUT et le PROGRES.
Cette division avait conduit à la
dictature du monopartisme. Notre
peuple a payé aussi cher le
conflit désastreux entre le RPT et
le leader de l’UFC. Il est temps
d’imposer silence aux luttes de
clans et aux surenchères des
partis comme aux intérêts
particuliers.
Devant les deuils, la ruine de
l’économie, les restrictions, les
alarmes et les plaintes de toutes
sortes, le désespoir du peuple, en
plus, serait dangereux. Le doute
est l’un des grands ennemis pour
la réussite de l’homme. S’il
envahit les cœurs des citoyens, le
ressort du redressement national
serait cassé. La division des
partis politiques nous complique
donc les choses.
Mais heureusement, je parcours le
pays, pour donner espoir à nos
compatriotes et je vois monter
dans le ciel de nos épreuves les
signes de renouveau. Il faut que
le grain de maïs, mis en terre,
pourrisse avant de germer. La
nouvelle lucidité de notre peuple
et les difficultés matérielles et
morales font resserrer les rangs
et vont favoriser la mobilisation,
pour le redressement national et
la cohésion sociale. Après la
difficile aventure du monopartisme
que nous avons vécue, notre parti
pense que nous ne devons pas
réveiller les démons de la
désunion. Pour ne plus échouer
dans la lutte pour la
démocratisation, pour le
développement, pour la liberté et
le bien-être général, notre peuple
doit rester uni et lucide.
Je suis persuadé qu’un magnifique
avenir s’offre au Togo. Il nous
appartient de le conquérir. Nous
devons rêver à nouveau d’une
patrie magnifique, unie, paisible
et prospère. Rien n’est facile
dans la conduite d’une nation mais
tout est possible. Nous aurons
selon notre foi et nos rêves. Il
ne doit pas vous échapper, qu’il
n’y aura pas de sécurité pour
tous, de liberté, d’efficience et
de paix véritable, sans une grande
ardeur au travail, sans de grandes
disciplines acceptées, sous la
conduite d’un Etat fort et avec un
peuple uni.
Nous sommes entrés dans la vie
comme noirs et engagés dans la
société comme togolais. Du nord au
Sud, nous sommes condamnés à
rester unis et solidaires Nous
avons besoin de la fraternité de
tous, militaires comme civils. Le
PRR pense que nous pouvons nous
comprendre, nous pouvons et nous
devons nous estimer, nous
entraider, nous protéger les uns
et les autres, tourner les pages
sombres de notre histoire et
consacrer nos énergies au bien
commun et au bonheur de tous, au
lieu de les employer à nous
déchirer, à affaiblir notre peuple
et à abaisser notre patrie.
Le PRR demande au CAR et à l’UFC
de mettre un terme à leur querelle
stérile de facilitateur ou pas.
Notre peuple a besoin, rapidement,
d’un gouvernement, ayant son
consentement, capable d’inspirer
confiance et d’entamer le
redressement national. En ce temps
plein d’incertitudes et de lourds
périls , il y a une exigence de
responsabilité et de patriotisme
de la part des hommes politiques.
Les querelles futiles, qui
laissent de côté l’essentiel et
qui portent à la division, sont
sans intérêt pour notre peuple en
souffrance.
Nous avons besoin d’un Etat fort,
qui peut protéger tout le monde,
qui a des desseins fermes. Nous
avons besoin des institutions
crédibles, qui servent les
intérêts de tous, une politique
active et la restauration rapide
de la souveraineté populaire. Les
voix discordantes et
l’inconsistance des idées dans
l’opposition troublent le peuple
et la communauté internationale.
Notre parti avait écrit aux partis
de l’opposition pour harmoniser
nos revendications dans l’intérêt
du peuple. Seule la CDPA a
fraternellement répondu. Le CAR et
l’UFC préfèrent se déchirer et
n’ont pas daigné répondre à la
sollicitation fraternelle et
patriotique. Les togolais doivent
tourner le dos à leurs querelles
et prétentions funestes. Mr Faure
GNASSINGBE n’est pas obligé de
retarder le cours des choses.
L’intérêt supérieur du pays et le
sort des pauvres togolais doivent
prévaloir sur les querelles et les
prétentions des deux partis,
fussent-ils à un moment les plus
populaires. D’ailleurs, populaire
ne signifie pas forcément bien. En
quoi ces partis incarnent-ils
mieux que les autres le rêve de
grandeur et de prospérité que nous
nourrissons pour notre pays ? Ils
n’ont pas réussi à transformer les
aspirations populaires au
changement et à la démocratie du
peuple. Maintenant, ils créent
l’impasse. Avant qu’une faillite
définitive et irréparable
n’accable le pays, nous devons les
rappeler à l’ordre. Ils ont failli
à l’exigence de cohésion, de
rigueur et de résolution. C’est le
devoir du PRR de les interpeller
vivement.
J’en profite pour lancer un appel
pressant à tous nos cadres et à
tout le peuple, de se réveiller et
d’adhérer à l’entreprise de
rénovation nationale que notre
parti propose et qui a le service
du Togo pour raison d’être. Il ne
s’agit pas forcément d’adhérer au
PRR mais de croire en son projet
de transformation et de
modernisation de la société
togolaise et de partager notre
rêve d’un Togo libre et prospère.
Disons-nous tous les jours, que
rien n’est impossible et que
vouloir, c’est pouvoir. |