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Ce début de semaine, l’Union des
Forces de Changement (UFC) et le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
au pouvoir auraient dû se
rencontrer de nouveau à Rome
devant la communauté catholique de
Sant’Egidio qui joue
l’intermédiaire entre les deux
partis. Même si la rencontre n’a
pu avoir lieu, cela a donné lieu à
une levée de bouclier, non plus
entre le pouvoir et l’opposition,
mais cette fois-ci rentre deux
poids lourds de l’opposition, le
Comité d’action pour le renouveau
(CAR) et l’UFC en l’occurrence.
Dans un communiqué de presse rendu
public le lundi 6 mars, le CAR a
laissé entendre que ces
pourparlers de Rome entre le RPT
et l’UFC « bloquent le dialogue
national considéré par tous comme
étant l’ultime solution pour
sortir notre pays de la crise
socio politique. Le CAR dit
donc qu’ « il est temps que le
dialogue national commence ».
Comme un berger qui répond à une
bergère, l’UFC fait sortir elle
aussi un communiqué de presse le
lendemain 7 mars pour réfuter la
position du CAR et repréciser ses
propres exigences avant le
démarrage du national.
La coalition CAR/UFC a-t-elle
vécu ? C’est peut-être trop dire
pour le moment, mais on, peut
s’ores ‘t déjà présager qu’il sera
dorénavant difficile pour ces deux
partis de préparer et de
participer au dialogue avec des
propositions. Au-delà de cette
polémique naissante, c’est la
philosophie et la stratégie de
lutte politique du CAR et de l’UFC
qui commence à se démarquer l’un
de l’autre.
C’est le RPT et le président Faure
Gnassingbé qui doivent se frotter
les mains, si le CAR et l’UFC
doivent commence à s’affronter sur
la place publique. |
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En juillet 2005, des pourparlers
ont été ouverts à Rome entre le
Chef de l’Etat-Président du RPT,
M. Faure Gnassingbé et le
Président de l’UFC, M. Gilchrist
Olympio.
Ces pourparlers ont, avec le
temps, pris l’allure d’un
véritable préalable au démarrage
du dialogue national.
Le CAR déplore que depuis plus de
huit (8) mois, les pourparlers en
question bloquent le dialogue
national considéré par tous comme
étant l’ultime solution pour
sortir notre pays de la riche
socio politique,
Il est temps que le dialogue
national démarre. |
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L’annonce par les média nationaux
et internationaux de l’imminence
d’une nouvelle rencontre UFC/RPT a
fourni à certains partis
politiques l’occasion de publier
des communiqués dans lesquels ils
tentent de rendre l’UFC
coresponsable du non démarrage du
dialogue national, faisant ainsi
fi de la stratégie de dilatoire
propre au régime RPT. Il revient
également à l’UFC que selon la
communauté internationale,
l’ensemble des acteurs politiques,
y compris l’UFC,
accepteraient de participer au
dialogue sans le concours effectif
d’un médiateur. L’UFC estime
qu’une clarification s’impose.
1- L’UFC est toujours ouverte aux
invitations de toute organisation
crédible et de bonne foi,
désireuse d’apporter sa
contribution à un règlement juste
et durable de la crise togolaise.
Voilà pourquoi elle répond
positivement aux invitations de la
Communauté de Sant’Egidio qui a
fait ses preuves dans de pareilles
crises. L’UFC considère que les
rencontres organisées sous les
auspices de Sant’ Egidio et le
dialogue national attendu, ne sont
pas antinomiques. En l’absence de
concertation au sein de
l’opposition et d’un comité
préparatoire que l’opposition a
cessé de réclamer depuis
longtemps, ces rencontres sont
indispensables pour préparer un
dialogue qui ne se perde pas dans
des préIiminaires interminables,
et éviter tout blocage
préjudiciable.
2- Certains partis considèrent que
la seule bonne volonté des
participants suffit à permettre la
tenue d’un dialogue serein en
l’absence d’un médiateur. Au
contraire, se fondant sur
l’expérience du passé et
considérant les drames vécus par
les populations pendant la
dernière période électorale,
drames qui ont exacerbé les
tensions tant au sein de la classe
politique qu’entre les populations
et le pouvoir en place, l’UFC ne
peut imaginer qu’un véritable
dialogue puisse se dérouler en
l’absence d’un médiateur de haute
probité morale. L’UFC, en ce qui
la concerne, ne prendra pas part à
un dialogue sans médiateur.
3- Les incessants tripatouillages
des textes auxquels s’est toujours
livré le régime RPT à l’approche
des élections, n’ont jamais
empêché l’opposition de remporter
ces élections. Si l’opposition
n’est pas au pouvoir, c’est en
raison de l’instrumentalisation de
l’armée qui procède en permanence,
à des coups d’Etat et coups de
force pour maintenir le régime RPT
au pouvoir. Il est donc évident
qu’avant toute élection, le
problème fondamental à résoudre au
cours du dialogue, avant celui
important de «la révision du
cadre électoral en partant de
l’Accord-cadre de Lomé »,
c’est la réforme de l’armée. C’est
cette seule mesure qui rassurerait
les populations désireuses d’aller
voter de nouveau.
Si des partis
politiques pensent que cette
revendication de l’UFC n’est pas
nécessaire pour réussir un
dialogue véritable, rassurer les
populations, si ces partis peuvent
ainsi nous amener tous à des
élections libres, équitables,
transparentes et démocratiques,
nous applaudirons le moment venu.
Après les actes ignobles dont
se sont rendus responsables les
forces de sécurité à la suite du
décès de M. Gnassingbé Eyadema, la
politique de l’autruche n’est plus
de mise au Togo. |