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Lomé, capitale du Togo. Le conseil
des ministres présidé par le chef
de l’Etat Faure Gnassingbé le 22
février 2006 a retiré son agrément
au groupe franco-canadien Elyo
Hydro Quebec. La gestion et la
distribution de l’énergie
électrique au Togo sont de nouveau
confiées à la défunte Compagnie de
l’Energie Electrique du Togo (CEET)
qui se retrouve ressuscitée du
même coup.
Dans les jours qui suivirent cette
décision du gouvernement togolais,
certains commentaires entendus sur
Radio France internationale
laissent croire que les intérêts
économiques français ne seraient
plus garantis au Togo. A l’appui
de ces insinuations, on cite pèle
mêle des démêlés que des sociétés
françaises comme Bolloré
(activités portuaires, TOTAL
(produits pétroliers) auraient eu
ces derniers temps avec les
autorités togolaises.
Environ quarante-huit heures après
ce qu’on peut appeler la
renationalisation de l’électricité
au Togo, on a commencé à apprendre
que le groupe français Gaz de
France (GDF) allait fusionner avec
le privé Suez. Cela s’est confirmé
les jours suivants. Toujours sur
les ondes de RFI, on a appris que
ce rapprochement franco-français
entre GDF et Suez a pu se conclure
grâce au bon vouloir discret mais
insistant des plus hautes
autorités françaises. Thierry
Breton en personne, le ministre
français de l’économie s’est fait
l’avocat de cette fusion entre les
deux groupes français GDF et Suez.
Si en France on sourit à la fusion
de GDF et Suez, Silvio Berlusconi,
le premier ministre et toute
l’Italie rient jaune. L’entreprise
d’électricité italienne EWEI
ambitionnait en effet d’absorber
GDF par une OPA (Opération
Publique d’Achat). L’Italie
tempête contre la France et menace
de porter plainte devant le
tribunal de la concurrence de
l’Union Européenne.
Ce qu’il y a de commun entre le
retour en selle de la CEET au Togo
et la fusion GDF et Suez en
France, c’est que l’énergie est
devenue d’une importance
stratégique de nos jours, et il va
de l’intérêt de chaque pays d’en
contrôler les sources
d’approvisionnement, la
disponibilité et la distribution
dans les entreprises et foyers.
Les nombreux conflits dans le
golfe arabo-persique qu’on
attribue principalement à la
volonté des grandes nations
industrialisées, dont surtout les
Etats-Unis d’Amérique, de
contrôler les riches puits de
pétrole, sont là pour le rappeler.
Maintenant, le Togo vient
d’infliger un carton rouge au
groupe Elyo Hydro Ouebec pour
insuffisance d’exécution du cahier
de charges. Il importe à présent
de méditer sur les raisons qui
avaient conduit à la privatisation
de la CEET. On peut citer en
priorité la mauvaise gestion et le
non paiement par les plus gros
consommateurs, en tête desquels
l’Etat togolais lui-même.
Si on ne veut pas que les mêmes
causes produisent inéluctablement
les mêmes effets comme par le
passé, l’Etat et les autorités
dirigeantes de la nouvelle CEET
savent ce qu’il leur reste à
faire. A savoir que le premier
paie ses consommations et
sensibilise les grands commis à
payer leurs factures. La CEET
quant à elle devra s’abonner à une
gestion rigoureuse et arriver à
étendre ses réseaux vers les
nouveaux quartiers de nos centres
urbains et préurbains.
La presse ne s’est pas privée
d’étaler les insuffisances et les
incohérences de la désormais
défunte Togo électricité au grand
jour durant toutes ces dernières
années.
Si elle devrait ressortir ses
crocs contre la nouvelle CEET, ce
serait avec plaisir et
délectation. L’enjeu même de
l’énergie électrique le commande.
SAS |