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Le dialogue national entre le
pouvoir de Faure Gnassingbé et
l’opposition a toujours un mal fou
à démarrer, mais déjà de tous les
horizons on parle avec insistance
d’un « vrai »
gouvernement d’union. Des voix
s’élèvent même pour exiger la
démission de l’actuel premier
ministre Edem Kodjo, et la
nomination par le président Faure
Gnassingbé d’un nouveau premier
ministre issu de la
« vraie » opposition
traditionnelle ou radicale.
Ce qu’il y a d’heureux dans ce
jeu politique, c’est que le parti
au pouvoir et ses oppositions les
plus déterminées ne se regardent
plus comme des ennemis à abattre,
mais plutôt comme des gens qui se
préparent à collaborer dans des
formes de cohabitation. L’enfant
du gouvernement de cohabitation
tarde certes à venir, mais on note
d’ores et déjà des prédispositions
de la part du pouvoir et des
partis d’opposition. On s’attaque
de moins en moins, et les
critiques de part et d’autre
perdent progressivement en
agressivité frontale et en
insultes.
Un gouvernement de vraie union
pour la réconciliation nationale ?
On polémiquera toujours sur
pourquoi et comment le président
Faure Gnassingbé n’a pas nommé son
premier ministre au sein de la
coalition en juin 2005. Mais ce
qui ressort aujourd’hui, c’est que
la coalition formée de l’ADDI, du
CAR, de la CDPA, du PSR, de l’UDS-Togo
et de l’UFC n’est pas un bloc
monolithique. Il y avait en son
sein de grandes divergences sur
l’opportunité de s’associer dans
toutes les tensions
postélectorales à un gouvernement
de cohabitation avec Faure
Gnassingbé en juin 2005.
D’autre part la plate forme
soumise par la coalition à
l’époque posait de réels problèmes
potentiels. Ou bien Faure
Gnassingbé l’acceptait telle
quelle, et il perdait une grande
partie de ses prérogatives
constitutionnelles, et s’effaçait
derrière son premier ministre. Ou
alors il tenait à jouer son rôle
de président de la République, et
les conflits étaient
inévitablement ouverts avec le
premier ministre.
Faure Gnassingbé avait choisi de
nommer Edem Kodjo. Cela avait et
continue d’ailleurs, de faire
couler beaucoup d’encre et de
salive. Ce dernier, Edem Kodjo
frappa de son côté un grand coup
en faisant entrer dans son
gouvernement des personnalités
proches de la coalition de
l’opposition dite radicale :
Gilbert Kodjo Atsu de la NDP, Mme
Christine Agnele Mensah du CAR,
Loretta Accouettey bâtonnière de
l’ordre des avocats, Abi Tchessa
du PSR et Gabriel Dosseh-Anyron de
l’UFC.
Huit mois après la formation du
gouvernement, les choses ne sont
pas aussi simplistes que les
jugements les avaient dites.
Certes, par solidarité
gouvernementale, les nouveaux
ministres ne rament pas à contre
courant des discours du président
ou du premier ministre. C’est la
preuve qu’on peut venir des bords
différents mais travailler
ensemble pour faire avancer la
nation. Dans cette action
gouvernementale, dans quelles
mesures les Dosseh-Anyron, Atsu,
Abi, Loretta et Christine ont pu
peser sur les orientations et les
décisions du Président et du
Premier ministre ? Seule
l’histoire nous le dira.
Pour la première fois depuis 38
ans, le RPT apprend à composer
avec d’autres sonorités au plus
haut sommet. De l’autre des
personnalités proches de
l’opposition font leur
apprentissage des dures réalités
des affaires publiques, en gardant
toutefois leurs spécificités
propres par rapport au RPT. C’est
ce que semble faire Gabriel
Dosseh-Anyron notamment, son
association le NID avec laquelle
il a commencé à sillonner le pays
pour porter ses messages de
« participationnisme réaliste dans
la nouvelle donne politique
togolaise ».
Kokuda |