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A Lomé, à côté des restaurants
modernes, il en existe qui font
leur prestation dans les rues près
des nuisances. Il suffit d’un tour
dans les rues pour s’en
apercevoir. Depuis toujours ces
restaurants en plein air poussent
comme des champignons dans les
quartiers populaires de Lomé.
Mais, le phénomène a pris de
l’ampleur avec la crise
socioéconomique et la croissance
fulgurante de la population
loméenne.
Dans quelle condition et dans quel
environnement les tenanciers des
restaurants trottoir préparent
leurs mets pour servir les
clients ? Une enquête dans ce
secteur d’activité nous a permis
de recueillir des témoignages que
nous vous livrons.
Momonon, une revendeuse de foufou
installée à 5 mètres de la lagune
d’Ahanoukopé pense que toutes les
conditions d’hygiène sont remplies
pour la préparation et la
présentation des plats aux
clients. « Nous consommons
ce que nous préparons et si mes
plats n’étaient pas de qualité, je
ne crois pas qu’il y aura
d’affluence dans mon restaurant »,
prétend-t-elle.
Par ailleurs ces vendeuses
d’aliments de base des Togolais
affirment recevoir des visites
régulières des services d’hygiène
qui viennent une ou deux fois par
mois pour contrôler
l’environnement dans lesquels ces
restaurants trottoirs font les
prestations de leur service. « Une
restauratrice soupçonnée est
exclue par les services
d’hygiène » confie Mlle
Essi revendeuse d’ablo au quartier
Décon.
Force est de constater que ces
femmes et ces hommes détenteurs
des restaurants en plein air
tiennent comptent du pouvoir
d’achat de leur client. Il est à
noter que les laborieuses
populations togolaises vivent dans
la précarité, croupissent dans la
misère et sont réduites à la
recherche des mets moins chers.
« Ici je mange moins cher. Il
suffit que j’observe
l’environnement et l’accoutrement
du restaurateur pour m’assurer que
les conditions d’hygiène sont
respectées », témoigne
Lucien, un client d’un restaurant
trottoir employé à la chancellerie
des Universités.
Cependant, on ne peut pas
prétendre manger moins cher alors
que les produits de première
nécessité augmentent de prix. Pour
se faire certains propriétaires
des restaurants trottoir
négocieraient les produits périmés
pour augmenter leur marge
bénéficiaire. « Les
revendeuses des denrées
alimentaires achètent mes tomates
pourries auxquelles elles ajoutent
des colorants pour lui donner la
couleur rouge vive »,
témoigne Da Ama, revendeuse de
tomates au marché d’Ahanoukopé.
M. Apéku Mawuko, technicien
supérieur en génie sanitaire au
service régional d’hygiène et
d’assainissement de Lomé affirme
que ces restaurants en plein air
sont dangereux pour la santé, car
ils s’installent dans les lieux
insalubres ou interdits comme les
dépotoirs, les latrines et zone à
forte présence de mouches et de
poussières. Deux de mes amis ont
actuellement le cholera parce
qu’ils ont mangé du com (pâte de
maïs fermentée), témoigne Dossou,
jeune apprenti d’engins à deux
roues.
« Il est à remarquer que ces
services qui sont habilités à
superviser ce secteur manquent du
personnel et des instruments de
travail », :
précise A. Mawuko.
Certes, ces services reconnaissent
leur impuissance face à ce
phénomène qui connaît une
inflation galopante, mais ils
affirment que des études sont en
cours pour réorganiser le secteur
en adoptant des règlements
sérieux. Pour y parvenir un comité
de 30 polices municipales sera
mise en place pour leur prêter
main forte dans l’exercice de leur
profession.
M Karma directeur d’étude à la
Direction des Services Techniques
(DST) de la voirie de Lomé lance
un appel aux médias qui doivent
sensibiliser la population afin
qu’elle puisse se rendre compte
des dangers qu’elle court en se
rendant dans ces restaurants
trottoir.
ATCHA Emmanuel |