AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Nouvel Echo

2 Déc 2006

[ 423  du 1er Déc 2006]

 

Après 3 semaines à la tête de la DGPN : Les dessous de l’éviction du Cdt Ouro Agadazi et son remplacement précipité par le Lt-colonel Monpion

Le mercredi 29 novembre dernier, par décret pris en conseil des ministres, le Commandant Ouro Agadazi nommé seulement il y a un peu plus de trois semaines a été, contre toute attente, évincé de la tête de la police nationale. II a été immédiate­ment remplacé par le lieute­nant colonel Monpion Matéindou. Cette décision du Conseil des ministres a sur­pris plus d'un et les interro­gations fusent de toute part. Que s'est -il passé pour que quelqu'un qui a été nommé à la tête de la police soit ainsi remercié en si peu de temps alors que l'intéressé lui-même n'a pas encore fini de rece­voir les félicitations que les uns et les autres lui en­voyaient ?

N'ayant pas cher­ché les causes profondes de cette nouvelle situation qui se crée à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), beaucoup ont lié cette dé­cision aux récents évène­ments qui ont secoué la ville de Lomé au sujet de la mé­saventure subie par les Ibos, une communauté nigériane qui fait les frais des rumeurs. Certains ont même parlé de l'intervention déplacée de l'ac­tuel ex-patron de la police dans cette affaire, qui aurait, selon eux, mis le feu aux poudres. On a également avancé comme arguments, selon les commentaires, la montée en flèche ces derniers temps de l'insécurité qui secoue la ca­pitale togolaise et ses envi­rons.

Or dans les milieux de la police, on jette les fleurs au commandant Agadazi qui est toujours aux côtés des corps habillés pour des séances de patrouilles nocturnes jusqu'au petit matin. II n'a le temps que pour retourner se changer et revenir au bureau à huit heu­res. Ce que ne faisait pas son prédécesseur qui reste au bu­reau pour donner des ordres. Mais aujourd'hui, le Directeur de l'OSAT fait les frais d'une certaine imprudence qui lui a été fatale. Le milieu de la po­lice est un milieu très miné. Takougnadi qui était à la tête de cette institution et qui la gérait comme son champ privé, a pris soin de tout verrouiller et de reminer le terrain.

II a en sa possession des hommes de main qui sont capables de tout et de rien à la fois. Agadazi en atterrissant sur ce terrain le connaissait très mal et il s'est fait prendre au piège de sa propre méconnaissance du terrain.

La direction Générale de la police est tellement pourrie par de longues années de gestion du tout puissant Takougnadi qu'il serait très dif­ficile pour un nouveau venu de vite s'y accommoder. Des peaux de bananes des barons et autres crocs-en-jambe sont très vite dressés comme obs­tacles qu'il serait très difficile pour un non habitué du sérail de s'installer correctement et travailler convenablement avec la volonté requise.

Les vraies raisons de l'éviction en effet, selon les in­formations de sources dignes de foi, des malentendus cou­vaient entre le ministre de la Sécurité Atcha Titikpina et le désormais ex-DG de la police nationale.

Depuis que le Comman­dant Agadazi a pris fonction, plusieurs fonctionnaires de police voyaient déjà en ce der­nier celui qui est venu pour mettre fin à leurs sempiternels problèmes qui les assaillent sous la direction du Colonel Takougnadi. Mais cette vision ne serait que de courte durée. On fait état de ce que, compte tenu de son grade supérieur, à celui de son ministre, le Di­recteur de l'OSAT fait fi des suggestions de son ministre de tutelle. Le pot aux roses a été découvert lors de la ré­cente tournée du ministre de la défense à Sokodé où un in­cident malheureux s'est pro­duit. Selon les informations, à l'arrivée du ministre Kpatcha dans la région centrale, le commissaire de la ville qui attendait les ordres de sa hiérarchie avant de mobili­ser ses troupes pour le dis­positif sécuritaire, n'avait pas eu le temps de s'organiser ce qui a mis Agadazi dans tous ses états et qui a conclu le Commissaire de police à hu­milier le ministre de la dé­fense. Saisie de la situation, le ministre Titikpina a de­mandé au Directeur Général de la police, le commandant AGADAZI de conduire le Com­missaire à Lomé avant de voir dans quelle mesure, on pourrait envisager des mesures disciplinaires à son encontre. Mais le commandant Agadazi qui, pourtant, est un militaire et qui connaît bien ce que vaut le respect de la hié­rarchie dans l'armée n'a pas daigné prendre en compte les recommandations de son mi­nistre de tutelle. II a envoyé les gendarmes arrêter le commis­saire de police, un docteur d'Etat en plus pour peut être dire au ministre de la Défense qu'il défend bien sa cause.

On a parlé également d'une décision à problème con­cernant le corps de la police et dont on a décidé de mettre en jachère en attendant d’y voir clair. Mais dès qu’il a été nommé à la tête de la police, le commandant Agadazi la met en application sans autre forme de procès et sans ob­tenir l'avis de son ministre de tutelle.

Ce sont-là les vraies causes d'une éviction inédite et qui a surpris plus d'un.

D'autres se posent même la question de savoir si le commandant Agadazi avait la carrure pour occuper ce poste et affronter les dinosau­res fabriqués par le Colonel Takougnadi.

Ahmed Fo Toulabor

 

Rencontre avec le comité des Ambassadeurs ACP : Le boycott de l’UFC est-il stratégique ?
Suite à la décision de l'Union Européenne de repren­dre sa coopération avec le Togo, le groupe des ambassa­deurs de l'Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) qui a toujours soutenu le Togo dans ses efforts de la normalisation de ses relations avec l’UE, a dépêché une mission au Togo en vue de s'enquérir de la nouvelle situation économique du pays. Comme cela est de rè­gle, cette mission, après avoir échangé avec les autorités en place, initie des rencontres avec les différentes formations politiques pour soupeser les différentes opinions sur l'évo­lution des choses.

Le RPT, la CDPA, le CAR, la CPP, le PDR bref toutes les parties ayant pris part au dialogue national sauf l'UFC, ont répondu à l'appel du Comité des ambassadeurs. Les rencontres que toutes ces parties ont qualifié de fruc­tueuses, ont porté sur la situa­tion de sortie de crise du Togo. Chaque délégation a eu à dé­velopper sa vision de l'évolu­tion actuelle et comment elle entend aller au-delà des ef­forts pour sortir définitivement le Togo du gouffre dans lequel il tombe.

Mais, l'absence très re­marquée de l'Union des For­ces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio a été la fausse note de la rencontre. Le groupe des Ambassadeurs ACP, en prenant cette initia­tive, a clairement mis dans son programme la possibilité de faire de sorte que l'UFC jus­que-là absente du gouverne­ment puisse prendre le train en marche. Des propositions qu'on qualifie d'intéressantes ont été concoctées par cette mission pour convaincre l'UFC à rentrer au gouvernement.

Mais, il faut dire que cette question d'entrée de l'UFC au gouvernement, selon une source proche du parti dépasse la compétence de ce comité des Ambassadeurs. Alors que le facilitateur, le pré­sident Blaise Compaoré s’évertue mais en vain à faire satisfaire les exigences de l'UFC pour son entrée au gou­vernement il serait ridicule de rencontrer ce groupe qui dans la situation actuelle, n’a pas trop de pouvoir. Tout en déplorant l’absence de l’UFC à cette rencontre d’évaluation des 22 engagements et de la crise togolaise, le groupe des ACP a dit ‘’comprendre la position de l’UFC qui est un parti indépendant’’. Mais au-delà de ce refus, il faut comprendre aussi la stratégie de l’UFC qui ne veut plus se faire humilier. La position actuelle de l’UFC vis-à-vis de l’évolution politique, est une stratégie qui s’apparente à celle électoraliste.

Pour l’UFC, une fois que la primature lui a échappé, il serait politiquement bon de garder une certaine virginité pour mieux affronter les législatives à venir. Rencontrer donc ce comité d’ambassadeurs ACP qui ne fera qu’une relecture de la situation politique actuelle, serait une perte de temps et surtout une façon de salir davantage son image. L’UFC, dans sa nouvelle peau d’opposant, se sent à l’aise et n’accepte pas qu’on vienne le perturber.


M. ALI

Célébration du 13 janvier 2007 :Fête d'une certaine libération ou funérailles des anciens présidents du Togo ?

De sources concordan­tes et dignes de foi, les autori­tés togolaises s'apprêtent à célébrer pour une énième fois, le 13 janvier ; une fête dite de libération nationale qui pendant plus de trois décennies a été « fêtée » avec faste par le ré­gime Eyadema. Cette fête po­lémique parce que donnant lieu à une double compréhension sinon triple, a été célébrée en 2006 en l'absence de la per­sonne polémique, feu Gnassingbé Eyadema. Cette dernière célébration a encore fait l'objet de critiques diverses de la part des populations to­golaises. Pour certains, il n'y a plus lieu de célébrer cette fête dans la division. D'abord le 13 janvier telle que célébrée du vivant du feu Eyadema, est con­sidérée comme l'assassinat du Premier Président démocrati­quement élu du Togo, Feu Sylvanus Olympio. Son assas­sinat selon cette catégorie de personnes, ne peut faire l'ob­jet d'une réjouissance jusqu'à en parler d'une libération natio­nale.

Pour d'autres, ce n'est pas cet assassinat qui est fêté mais plutôt l'accession au pou­voir de l'armée togolaise qui, selon des versions, a mis fin aux différentes crises faites de vio­lences politiques qui ont émaillé la vie politique togo­laise, jeune république indé­pendante.

Pour d'autres encore, c'est plutôt un jour de deuil où les togolais doivent se souve­nir de la mort de Sylvanus Olympio, du Togo indépen­dant. Même du vivant du pré­sident Eyadema qui selon cer­taines versions était à la tête du groupe de soldats qui a as­sassiné Sylvanus Olympio, cette fête est une fête polé­mique. Aujourd'hui, les don­nées ont semblé changer et le Togo est dans une ère nou­velle.

Le Togo, actuellement est gouverné par une équipe gouvernementale, une équipe d'union nationale. D'ailleurs, depuis l'accession de Faure au pouvoir, la réconciliation nationale a semblé être le soubassement de toute ac­tion. L'on se rappelle, la mise en place d’une commission pour la réhabilitation de l'histoire du Togo que le Président Faure a su mettre en place. C'était un signal fort pour que les togolais se retrouvent en­semble dans un vaste mou­vement de réconciliation. Même l'Accord Politique Global signé par les différents pro­tagonistes de la crise togo­laise, est révélateur de cette réconciliation annoncée et pour laquelle les autorités tra­vaillent.

A cette allure, est-il en­core nécessaire de fêter un 13 janvier sous le drapeau d'une certaine accession au pouvoir d'une certaine armée ? Ne vaudra-t-il pas mieux que cette fête soit célébrée sous le signe d'une réconciliation au cours de laquelle, de grandio­ses funérailles des feux Pré­sidents togolais seront faites ? Du feu Sylvanus Olympio au feu Gnassingbé Eyadema en passant par les présidents Grunitzky et Dadjo Kléber, des funérailles doivent être faites en ce jour du 13 janvier pour apaiser tous les coeurs et taire toutes les rancoeurs. Ce sera encore un autre signal, très fort, pour la réconciliation na­tionale que semble prôner le régime de Faure Gnassingbé.

En prélude même à cette célébration, il serait en­core événementiel si le prési­dent Faure Gnassingbé adresse un discours d'apai­sement aux populations togo­laises. Ce sera aussi un grand pas de géant de la part du parti au pouvoir, le RPT dont Faure est Président. Nous savons que depuis un certain temps, le RPT fait des efforts pour colmater les brèches. La célé­bration du 13 janvier 2007 dans cette réconciliation sera encore un pari gagné pour le RPT.

M. ALI

Campus de Lomé : Manque d'infrastructures : Des professeurs obligés de dispenser les cours à la belle étoile

« Aucun sacrifice n'est trop grand lorsqu'il s'agit de la jeunesse », avait l'habitude de dire le Général Président (paix à son âme) Gnassingbé Eya­dema. Ce dicton, on nous l'avait servi au point que la jeu­nesse ne s'en rende pas compte même si elle est piéti­née. Demandez à un bache­lier sur le campus de Lomé aujourd'hui s'il a envie de con­tinuer ses études universitai­res comme il le voulait. Il vous répondra tout suite non.

Et pour cause, les dif­ficultés dans lesquelles les étu­diants évoluent ne sont plus encourageantes. Et pourtant, les autorités universitaires de Lomé crient sur tous les toits que tout va bien. Dommage! Et quand les étudiants veu­lent revendiquer leur droit pour une amélioration de leurs conditions de vie et de travail, la solution finale n'est autre que la prison, la Justice, les gaz lacrymogènes pourquoi pas des tirs à balles réelles. Et pourtant encore, c'est à cette couche qu'on fait croire qu'elle est la relève de de­main. Jean Paul Oumolou et ses camarades de lutte en ont fait les frais. Deux ans après leur lutte, la réalité est là aujourd'hui.

Les étudiants et leurs professeurs se retrouvent à la belle étoile pour les cours. Raison principale évoquée, manque de salles de cours. C'est très difficile et écoeurant qu'après plus de 40 ans d'in­dépendance du Togo, de telle réalité puisse se passer sur la Terre de nos aïeux.

Cette année, compte tenu de l'effectif pléthorique des étudiants posant ainsi le problème de salles, les étu­diants inscrits à la FASEG n'ont plus de TD (travaux diri­gés) à faire alors que l'absence de ces derniers va agir sur les résultats de fin d'année. L'on a l'habitude de dire que « gou­verner c'est prévoir... ». L'Uni­versité de Lomé a été cons­truite au moment où la ville de Lomé ne pouvait pas attein­dre un million d'habitants. Mais avec le temps, la capitale s'est vite agrandie et les populations tout de même. Ce qui devait amener les autorités à réfléchir sur l'effectif d'autres diplômés qui viendront s'ajouter aux 6000 étudiants que devait nor­malement contenir le campus. Erreur! Tel n'est pas le cas. On avait plutôt opté gérer cette ins­titution d'une main de fer. Aujourd'hui, le mal atteint l'os et guérir la peau devient inu­tile. C'est dans cette logique que le gouvernement de Faure Gnassingbé avait débloqué plus de 811 millions pour venir en aide à l'UL.

Ce que d'aucuns qua­lifient de goutte d'eau dans la mer. Toutefois, l'on sait qu'avec cette somme, on pouvait faire quelque chose de fiable et du­rable. Satisfaire autant de be­soins revient à les hiérarchi­ser afin de voir l'urgence de chacun. Mais à quoi a-t-on assisté au contraire ? Au lieu de commencer par le néces­saire, l'on préfère amorcer ce que nous qualifions de der­nier souci des étudiants : re­lier certaines salles de cours par l'eau de robinet pendant que les étudiants sont obligés de venir très tôt (04 heures 30 voire 05heures chez d'autres) ne serait que pour tailler une place, une situation contradic­toire. N’a-t-on pas souvent dit que le nécessaire avant l'agréa­ble ? Ceux qui avaient étudié au plus beau temps de l'ex UB, en ont gardé un souvenir inoublia­ble et continuent d'en parler.

Les étudiants d'aujourd'hui évoluent dans une situation de précarité avancée : le restaurant univer­sitaire n'existe que de nom, le bus à un prix hors étudiant (certains d'entre eux dans certaines localités n'en avaient pas trouvé pendant qu'au Lycée de Tokoin, les bus se reposent), les bourses substituées par une aide « fan­taisiste » (aide qui est loin de subvenir aux besoins de l'étu­diant), la bibliothèque remplie par de vieux documents qui sont aussi loin de combler l'at­tente des apprenants ...et que sais-je encore. Ce qui se passe sur le campus interpelle l'autorité suprême, le Prési­dent de la République, Faure Gnassingbé, jeune de son état, à intervenir pour l'épa­nouissement de ses frères. II ferait mieux de visiter le cam­pus afin de comparer l'UL à d'autres universités qu'il con­naît certainement. C'est déplo­rable qu'à l'orée de ce 21e siè­cle, le Togo soit en retard sur tous les plans. L'Education étant le socle d'une Nation, la bafouer constitue un danger grave pour les générations futures. A qui profite alors les conditions dans les quelles les étudiants de Lomé évoluent ? A chacun de prendre ses res­ponsabilités devant l'histoire. On nous jugera par nos actes.
Lambert.

Prochain congrès du RPT : L'élection du nouveau BE va-t-il emporter Faure de la Présidence ?

Les 15 et 16 décembre prochains auront lieu les travaux du Congrès du RPT qui vont ame­ner les participants de ce vieux parti qui a régenté le Togo pen­dant des décennies, à sortir un nouveau bureau exécutif. Mais la question que les uns et les autres se posent est de savoir quelle sera la configuration de ce nouveau BE du RPT. Cette question mérite d'être posée étant donné qu'on ne peut jamais avoir deux capi­taines dans un bateau.

Dans l'organigramme de tout parti, c'est soit un Président ou un Secrétaire général qui est toujours coopté pour prendre les rênes du parti.

II représente le parti par­tout où besoin est. Si c'est un Président qui est à la tête, c'est un président. Si c'est un Secré­taire Général c'est un Secrétaire Général.

Et si on opte pour un poste de primauté on l'accepte ainsi.

Dans le cas d'espèce, à la mort du Président fondateur du RPT, feu le Général Eyadema, le parti qui est actuellement di­rigé par Faure Gnassingbé, est devenu comme tout au parti qui opte dans son organigramme pour la primauté de la prési­dence. Dans ce cas, le Secré­taire Général n'a plus de poids sauf en l'absence du Président.

Aujourd'hui donc un pro­blème se pose. Le congrès va-t-­il procéder à l'élection de tout le bureau exécutif en mettant en jeu tous les postes y compris celui du Président ? Si ce n'est pas le cas, le nouveau Secrétaire Général qui sera élu aura plus de poids que le Président du parti.

D'abord on fait état de ce que certains barons sont en train de manoeuvrer pour court­-circuiter Faure Gnassingbé du parti. On le taxe même d'oppo­sant qui serait en train de se battre pour remettre le pouvoir à ses « oncles » du Sud. Les vel­léités sont nées d'ailleurs au sein du parti. Deux camps ca­ractérisent le RPT du Général Eyadema. II y a d'un côté ceux qui prônent pour la réforme afin que le parti se conforme à la nou­velle donne politique et de l'autre, les vieux conservateurs qui n'entendent rien voir de nou­veau : les choses n'ont qu'à res­ter telles quelles.

Déjà, on indique que pour être dans la logique, le SG du RPT Drama Dramani et ses copains ont déjà tout planifié pour mettre de côté les jeunes loups dans l'organisation du parti. On a verrouillé également le prochain congrès en mettant en place des commissions taillées sur mesure et dirigées par des barons du parti. La com­mission politique est présidée par le ministre Charles Kondi Agbah, la Commission Econo­mie et Finance est dirigée par Payadowa Boukpessi, la Com­mission Socioculturelle par Eric Kpadé, la Commission du règle­ment intérieur par Solitoki Esso et l'Organisation est confiée à Agouta Ouyenga.

Comme on peut le constater, la jeunesse est mise sur le carreau au cours de ce prochain congrès du RPT. Ce qui n'augure rien de bon pour la survie du parti présidé par le jeune Faure. E. Gnassingbé. Le parti semble être à la croisée des chemins. Plusieurs observa­teurs s'interrogent. L'élection du nouveau BE va-t-elle concerner la présidence du parti ? On se rappelle qu'après la disparition du père fondateur du RPT, les barons dans la panique, avaient voulu forcer les choses en imposant Faure à la tête du parti. Cette occasion ratée, une assemblée générale extraordi­naire a été organisée en bonne et due forme pour se conformer aux règles de bienséance. Faure a été donc proprement élu par les militants du parti pour suc­céder à son Papa. Ce qui lui a permis de porter le flambeau du RPT pour les échéances pré­sidentielles de 2005. Aujourd'hui, on peut dire que F a u r e Gnassingbé a terminé le man­dat de son Papa. Le congrès se tenant tous les trois ans et n'étant pas un président fondateur mais élu président tout court, va- t-on le reconduire ou va-t-on consi­dérer son poste comme intou­chable ? Dans tous les cas, les Togolais vont attendre en croi­sant les bras pour voir l'issue des travaux de ce congrès que d'aucuns qualifient d'explosif qui peut être fatal pour le parti.

A suivre
AFT

Le géni dans la gestion, la force des négociations : Le gouvernement Faure-Agboyibo sauve les meubles

Le premier coup d'essai est un coup de maître. Le Premier Mi­nistre, Me Agboyibo, confronté aux revendications des travailleurs to­golais, a tout simplement usé de son géni dans la gestion des af­faires de la République. En réalité, c'est la force des négociations. Et pour cela, Me Agboyibo est un maître.

Pourtant, une certaine presse sûrement soutenue par les détracteurs du Premier Ministre, a annoncé le déluge. Pour elle, le Premier Ministre, Me Agboyibo qui pour la première fois, accède à une haute fonction de la Républi­que, serait un novice en matière de gestion des affaires de la Ré­publique. L'amateurisme avec le­quel on a étiqueté les actions de Me Agboyibo, est un leurre, c'est sans connaître les capacités de ce vieux loup qui a passé presque toute sa jeunesse dans l'opposi­tion. Etre opposant, ne signifie pas forcément méconnaître les méan­dres de l'administration.

En réalité, ce qui compte, ce n'est pas le titre qu'on se fait coller ; ce n'est ni l'honneur du ti­tre qui fait de celui qui l'a, un bon connaisseur des problèmes et des pièges d'une administration. Ce qui compte, c'est cette capacité à vite déceler les problèmes et les pièges et à vite les résoudre et les faire dégager.

Le Premier Ministre, Me Agboyibo, vient de prouver à l'opi­nion nationale et internationale qu'il dispose de ces capacités positives pour gérer les affaires de l'Etat. Le cas des travailleurs to­golais en est une illustration par­faite.

Beaucoup ont pensé que devant ce cas des travailleurs, Me Agboyibo va échouer. Ceux qui étaient censés trouver une solu­tion sinon un début de solution au problème des travailleurs mais qui se sont résignés à le faire parce qu'ils manquaient peut-être du tact ou grave encore ont laissé pourrir la situation pour la mettre sur le dos de ceux qui sont ac­tuellement aux affaires, se sont trompés d'objectifs.

Le 11 mai 2006, lorsque les travailleurs togolais ont accepté s'asseoir autour de la même ta­ble que le patronat et le gouverne­ment, celui de Mr Edem Kodjo, c'est parce qu'ils se sont rendus compte d'une certaine ouverture de l'Etat à les aider à bien faire leur travail. Pourquoi ce même Etat serait t-il incapable de satis­faire ces travailleurs afin que lui­-même soit correctement servi ? C'est ici une question de respon­sabilité politique, ce n'est pas un jeu de colin-maillard.

Si le gouvernement Kodjo ne l'avait pas compris sous cet angle-là, en laissant en jachère cette résolution, le gouvernement Agboyibo, lui a compris que c'est une question cruciale, une ques­tion d'Etat. Du 17 novembre où les travailleurs togolais ont com­mencé par menacer, et c'est de droit, en brandissant la possibi­lité d'une grève générale de 24 heures qui paralyserait tout l'ap­pareil de l'Etat, à ce jour, Me AGBOYIBO et toute la nouvelle équipe gouvernementale n'a pas dormi.

Le Premier Ministre à plu­sieurs reprises a rencontré les tra­vailleurs, leur adonné raison, leur a demandé une petite trêve de temps et voilà, le problème est résolu. Les travailleurs qui avaient fixé la date du jeudi 30 novembre pour commencer cette grève, ont devant la volonté et la détermina­tion surtout le tact du PM, renoncé à cette stratégie de négociation qui, il faut l'avouer, va contenter ceux qui ont refusé de résoudre ce problème et qui veulent voir en difficulté le gouvernement Agboyibo. Aujourd'hui tous les syndicats des travailleurs sont unanimes à reconnaître que Me Agboyibo et toute son équipe ap­puyés par le Président de la Ré­publique lui-même, ont réussi à les satisfaire totalement. C'est un pari gagné pour Me Agboyibo. C'est un coup raté pour des détracteurs qui apparemment sont ces mains noires tapies dans l'ombre qui veulent assener un coup à Me Agboyibo. Ce qui est encore mal­honnête dans cette affaire, c'est qu'on refuse d'admettre que l'an­cienne équipe, celle de Mr Kodjo a failli à son travail dans le do­maine précis du respect des en­gagements qu'elle a eu à prendre avec les travailleurs togolais. Au nom d'une continuité de l'Etat, on se réfugie derrière une erreur commise pour s'en laver les mains. Le constat qu'il y a lieu de faire aujourd'hui, c'est que Me Agboyibo est plus pratique que Kodjo. Ce n'est pas une façon de jeter du discrédit sur X ou Y mais c'est le lieu de situer les respon­sabilités.  Mr Kodjo a failli et il faut avoir le courage de le dire. Le reste n'est qu'une question de bavar­dage et encore inutile.M ALI.

 

 

Job.com