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Que
s'est-il
passé au juste ?
Le
samedi 15 juin 2006 aux environs de 18 heures, le
ministre Ayéva a demandé à rencontrer les familles
concernées par l'Imamat à Bafilo au CEG de la ville.
C'était pour les annoncer qu'il revenait
le lendemain pour régler définitivement ce problème qui
dure déjà plus de quatre ans. Il a ainsi indiqué que la
rencontre devra avoir lieu au domicile du Chef canton de
Bafilo. Selon lui, ce n'est plus une affaire qui se
limite aux quatre seules familles, c'est devenu
désormais l'affaire de toute la population. Mais les
informations font état de ce que les convoqués (les
vieux) ont refusé de se rendre chez le chef de canton.
Zarifou Ayeva arrivé se rend directement au domicile du
chef.
Or il s'avère qu'avant l'arrivée de Ayéva le chef canton
avait déjà averti la population que le problème de
l'Imamat est déjà réglé et qu'il restait seulement à
désigner l'Adjoint (Nayim) à l'Imam et il aurait
même
demandé à Ayéva de ne plus venir. Mais ce dernier en a
fait fi. Ainsi donc à la réunion de dimanche au domicile
du chef, il n'y avait que les
proches
de
l'Imam contesté et les menuisiers qui avaient fait des
scellés sur les portes de la mosquée centrale de Bafilo
présents. Il faut souligner qu'entre temps, le préfet d'Assoli
avait envoyé le CB de la gendarmerie de Bafilo chercher
le menuisier et un certain vieux Sarakata pour sceller
les portes.
Mais la gendarmerie de la localité qui semble être
fatiguée de ce problème religieux n'est pas chaude dans
cette histoire. Elle a eu à faire des rapports à la
hiérarchie et aux autorités sur cette question. Mais le
préfet d'Assoli qui est au centre toutes les intrigues
loue désormais les services d'un certain capitaine de
l'armée à Kara pour faire passer ses positions par des
menaces et intimidations. On indique même que dans cette
histoire le CB de Bafilo aurait été enfermé à Kara.
C'est ainsi que lorsque le menuisier
est
venu pour sceller les portes, il a été pris à parti par
les populations qui
ont
confisqué son matériel de travail.
A la réunion qu'il a convoqué pour se tenir au domicile
du chef canton, Ayeva avait exigé que le matériel de
travail du menuisier lui soit restitué avant tout
démarrage des discussions ; les témoignages font état de
ce que Zarifou Ayéva était allé à Bafilo pour imposer
ses points de vue et tenter un passage en force afin que
les populations de gré ou de force acceptent l'Imam
contesté. Pendant qu'il était dans le domicile du chef,
les populations ayant eu vent des manoeuvres de Zarifou
étaient en courroux dans la cour du roi et étaient
impatientes de savoir ce que celui-ci est venu leur
dire. La tension est montée d'un cran et les esprits
étaient surchauffés. Le chef qui était avec le Ministre
Ayéva a vu le pare-brise de son véhicule voler en
éclats. Quant à Ayéva, il doit la vie sauve aux
interventions de bonnes volontés et surtout de son
chauffeur qui s'est agenouillé pour demander pardon "gafara",
afin que son patron ne puisse échapper au lynchage. Il
faut souligner que lorsqu'il était arrivé à la veille,
Ayéva s'était rendu au domicile de l'Imam contesté Alfa
Ahmadou, alias " Buffalo ". Mais, il a été mal accueilli
puisque ceux-ci ne savaient pas encore le motif de sa
visite. Il aurait pris ses jambes au cou pour éviter les
coups de lance que ceux-ci avaient brandi. Il s'est
également rendu dans l'autre camp contestataire où il
s'est attendu dire " qu'on n’accueille pas un Hypocrite
dans la maison. "
Les interrogations qui viennent dans les esprits des uns
et des autres étaient de savoir ce que Zarifou est allé
chercher dans cette galère pour un dossier qui ne relève
pas à son ressort. N'a-t-il plus rien à faire dans son
ministère des affaires étrangères au point de s'ingérer
dans une affaire qui est du ressort du ministère de
l'administration territoriale. S'est-il posé la question
de savoir pourquoi Foli Bazi qui est le plus concerné a
refusé de mettre
les
pieds
à Bafilo ?
Dans tous les cas, le président du PDR qui prend Bafilo
pour son fief, l'aurait appris à ses dépens. Il a oublié
les affres et la prison qu'on a fait subir à ses
militants dans cette histoire d'Imamat sous prétexte
qu'ils étaient de l'opposition, pour vouloir servir la
cause perdue. Car à lire le mémorandum de l'UMT, on
remarque aisément de quel côté la vérité se trouve.
Ayéva a donc amené les populations de Bafilo à répondre
à la force par la force.
Tassou Bagoudou |