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Nouvel Echo

23 avril 2006

[No 392: 21  avril  2006]
Le dialogue démarre ce matin sur des incertitudes: L'UFC toujours incertaine

Edem Kodjo annonce déjà les couleurs : " on ne reforme pas l'armée comme on achète un kilo de mangues "

            Le dialogue politique démarre ce matin à l'hôtel Corinthia 2 Février. Les différentes parties au dialogue en ont été informées par une lettre en date du 15 avril 2006 qui leur était adressée par le Directeur de cabinet de la Présidence de la République, M. Pascal Bodjona.

Chaque parti politique et associations de la société civile impliquée dans le dialogue intertogolais devraient être représentés par 5 membres.

            Interrompu depuis le décès du Chef de l'Etat Gnassingbé Eyadema, le dialogue intertogolais a été ré ouvert le 18 Novembre 2005 par son successeur Faure Gnassingbé. Mais il a du mal à démarrer.  Et pour cause, les parties au dialogue ont posé des préalables qui portent sur le lieu du dialogue, le médiateur ou le facilitateur à désigner et la structure même de ce dialogue étant donné la recomposition de la classe politique.

            Le dialogue qui s'ouvre ce matin et dont la durée moyenne est de 10 jours, va-t-il pouvoir aborder les différentes questions essentielles inscrites à l'agenda afin d'aboutir sur un cadre électoral consensuel, ainsi que sur des conditions et modalités garantissant un processus électoral libre et transparent. Ce sont les inquiétudes des uns et des autres quand on sait que les divergences concernant le choix des parties prenantes aux pourparlers ainsi que le format du dialogue sont grands. Ces divergences, on le sait, sont relatives au positionnement des partis politiques issus de l'opposition traditionnelle qui participent à l'équipe gouvernementale actuelle. L'UFC, et le CAR ont proposé que le dialogue prenne la forme d'un face-à-face entre d'un côté le pouvoir / gouvernement en place et de l'autre côté les trois principaux partis de l'opposition radicale (CAR, CDPA, UFC). Mais cette proposition a été battue en brèche par le pouvoir en place qui trouve ces divergences très mineures.

L'agenda et les objectifs du dialogue sont clairs.

            "Evaluation de la mise en œuvre des 22 engagements et propositions pour y apporter des améliorations ;

            "Réformes institutionnelles, législatives et réglementaire, en vue de favoriser des élections libres et transparentes, à travers la révision du cadre électoral, (code et fichier électoraux), la recomposition et la revue des attributions des organes de contrôle et des institutions de régulation, particulièrement ceux intervenant dans le processus électoral ;

"           Renforcement des conditions optimales en vue du retour et la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées ;

            "Réforme de l'armée et des forces de sécurité, avec le concours effectif des partenaires extérieurs ;

            "Mesures et modalités de lutte contre l'impunité, y compris les possibilités de réparation et de toutes les victimes ;

            " Règlements du contentieux électoral né de l'élection présidentielle d'avril 2005 ;

            " Mise en place d'un mécanisme de suivi, pouvant éventuellement constituer un cadre permanent de dialogue et de concertations sur les sujets et préoccupations d'intérêt national ;

"           Mise en place d'un gouvernement de consensus ou transitoire d'unité nationale ;

Mais les inquiétudes se lisent déjà lorsqu'on sait que deux parties ont déjà regagné avec armes et bagages le camp gouvernemental.

Le Premier Ministre Edem Kodjo entre qui et Faure Gnassingbé " même un papier de cigarette ne pourra pas passer " sort déjà ses gongs et montre son vrai visage.

Dans une interview qu'il a accordée à l'hebdomadaire panafricain " Jeune Afrique l'intelligent "  dans son édition du 16 au 22 avril 2006, intitulée " Togo au milieu du gué, " Edem Kodjo déclarait concernant le statut des militaires qui est en préparation et au sujet de la réforme de l'armée qui se trouve être l'un des points essentiels des discussions qu' " on ne réforme pas l'armée comme on achète un kilo de mangues ". Le ton est donc donné et tout montre que le dialogue politique durera aussi longtemps que prévu. Il faut toute fois indiquer que la position de Edem Kodjo n'étonne personne quand on sait que c'est avec son soutien et celui de son acolyte Zarifou Ayéva que le gouvernement de Koffi Sama est allé souscrire aux 22 engagements à Bruxelles un 14 avril 2004.

Le problème de réforme de l'armée et celui du choix d'un médiateur risquent de constituer des points de blocage si chacun des acteurs politiques ne met pas un peu d'eau dans son vin.

AFT

Le chemin de croix qui a failli tourner au drame Une implosion en l'air entre Edem Kodjo et Abass Bonfoh. Les fidèles très en colère

Le vendredi 14 Avril 2006, les fidèles catholiques de l'Eglise des Saints Martyrs de l'Ouganda, n'en revenaient pas à leurs yeux, lorsque en plein jour, ils ont failli suivre les traces de Jésus dans un chemin de croix. Certains ont même ironisé qu'il s'agissait d'un véritable chemin de croix, car d'une simulation on était déjà tout près de la réalité.

En effet, le vendredi Saint, tout le monde sait ce qui préoccupe les chrétiens de part le monde entier. C'est de sacrifier à la tradition en descendant dans les rues, rameaux en mains pour prier la paix.

Les chrétiens n'hésitent pas au cours de leur chemin de croix de s'agenouiller à certains endroits pour exécuter des séances de prières.

Mais le vendredi Saint n'a pas été de tout repos pour les fidèles de l'Eglise des Saints Martyrs de l'Ouganda. Alors qu'ils étaient en pleine séance de concentration et ne se doutant de rien, ils seront surpris par le cortège du Président de l'assemblée nationale qui fonçait droit sur eux. Panique générale. C'est la débande, un sauve qui peut en somme. Ceux qui étaient à genoux et qui ne pouvaient pas vite se relever ont essayé des roulades pour échapper à la catastrophe. M. ‘’Je n'ai pas donné ordre de tirer’’ ne s'est pas même arrêté pour voir s'il y a eu des morts ou des blessés. Il a continué tout bonnement son chemin et à vive allure. On dirait que les quatre voitures du Cortège de Abass Bonfoh étaient conduites par des robots. Il est inadmissible que des êtres humains qui ont du sang qui coule dans leur vaine puissent se comporter de la sorte.

Le Togo est un Etat laïc et les trois religions officiellement reconnues, notamment le Christianisme, l'Islam, et le Protestantisme se doivent un respect mutuel dû au fait qu'ils adorent un Dieu unique.

L'attitude de El Hadj Abass Bonfoh frise le ridicule étant entendu qu'il a failli causer un grand carnage mortel sur la voie publique que le Togo ait jamais connu. A-t-il le cœur des musulmans qui prônent la tolérance surtout quand il s'agit des autres religions ? Son attitude n'a pas laissé indifférentes ses victimes qui poussaient des girons et par des cris de détresse laissaient entendre qu'il n'aurait pas agi de la sorte si c'était des musulmans qui s'étaient accroupis en train de prier.

Certains sources font état de ce que, dès qu'il a été mis au courant de ce malheureux évènement qui a failli coûter la vie à plusieurs fidèles chrétiens qui n'étaient sortis que pour célébrer leur culte, le Premier Ministre aurait piqué une colère vive et s'attendrait à demander des explications au Président de l'Assemblée nationale El Hadj Abass Bonfoh.

La question que beaucoup se posent est de savoir si le Président de l'Assemblée nationale ne dispose pas de protocole qui vérifie si la voie qu'il veut emprunter est libre. Auquel cas, il faudrait changer l'itinéraire ou retarder un peu le départ. C'est possible comme on le dit souvent, tout chemin mène à Rome. Abass Bonfoh pouvait au vu de cet obstacle et des signes que faisait le policier à la vue de son cortège, s'arrêter afin que la foule de fidèles  dégage la voie.

Mais en décidant de foncer droit dans la foule, il a fait injure aux Chrétiens. Et c'est là même l'origine de la colère du fervent Chrétien Edem Kodjo qui aurait mal digéré l'attitude de son Président de l'Assemblée nationale. Tout le monde sait comment, commencent et se terminent les conflits de religion. Aux dernières nouvelles, on apprend que Abass Bonfoh aurait envoyé, au lendemain de cet incident, un député pour présenter ses excuses à toute la
communauté catholique. Le Curé de la Paroisse des Saints Martyrs de l'Ouganda, le Père Ignace Kpotogbey aurait accepté les excuses du Président de l'Assemblée. Mais pour les fidèles, ce n'est pas encore fini. Il doit lui-même, venir en personne présenter les excuses, car on ne provoque pas impunément les enfants de Dieu. Ils disent qu'ils garderont à jamais dans leur mémoire cette attitude d'un président d'une assemblée qui, de surcroît a été à la Mecque pour visiter la Maison de Dieu, et attitude qui a failli leur coûter la vie. Les prétendues excuses d'un responsable politique qui a voulu en finir avec la vie de ses administrés ne peuvent être ainsi acceptées facilement.

Ahmed

 

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Interview: Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD

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