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Edem
Kodjo annonce déjà les couleurs :
" on ne reforme pas l'armée comme on achète un kilo
de mangues "
Le dialogue politique démarre ce matin à
l'hôtel Corinthia 2 Février. Les différentes parties au
dialogue en ont été informées par une lettre en date du
15 avril 2006 qui leur était adressée par le Directeur
de cabinet de la Présidence de la République, M. Pascal
Bodjona.
Chaque
parti politique et associations de la société civile
impliquée dans le dialogue intertogolais devraient être
représentés par 5 membres.
Interrompu depuis le décès du Chef de l'Etat
Gnassingbé Eyadema, le dialogue intertogolais a été ré
ouvert le 18 Novembre 2005 par son successeur Faure
Gnassingbé. Mais il a du mal à démarrer. Et pour cause,
les parties au dialogue ont posé des préalables qui
portent sur le lieu du dialogue, le médiateur ou le
facilitateur à désigner et la structure même de ce
dialogue étant donné la recomposition de la classe
politique.
Le dialogue qui s'ouvre ce matin et dont la
durée moyenne est de 10 jours, va-t-il pouvoir aborder
les différentes questions essentielles inscrites à
l'agenda afin d'aboutir sur un cadre électoral
consensuel, ainsi que sur des conditions et modalités
garantissant un processus électoral libre et
transparent. Ce sont les inquiétudes des uns et des
autres quand on sait que les divergences concernant le
choix des parties prenantes aux pourparlers ainsi que le
format du dialogue sont grands. Ces divergences, on le
sait, sont relatives au positionnement des partis
politiques issus de l'opposition traditionnelle qui
participent à l'équipe gouvernementale actuelle. L'UFC,
et le CAR ont proposé que le dialogue prenne la forme
d'un face-à-face entre d'un côté le pouvoir /
gouvernement en place et de l'autre côté les trois
principaux partis de l'opposition radicale (CAR, CDPA,
UFC). Mais cette proposition a été battue en brèche par
le pouvoir en place qui trouve ces divergences très
mineures.
L'agenda et les objectifs du dialogue sont clairs.
"Evaluation de la mise en œuvre des 22
engagements et propositions pour y apporter des
améliorations ;
"Réformes institutionnelles, législatives et
réglementaire, en vue de favoriser des élections libres
et transparentes, à travers la révision du cadre
électoral, (code et fichier électoraux), la
recomposition et la revue des attributions des organes
de contrôle et des institutions de régulation,
particulièrement ceux intervenant dans le processus
électoral ;
" Renforcement des conditions optimales en vue
du retour et la réinsertion des réfugiés et des
personnes déplacées ;
"Réforme de l'armée et des forces de
sécurité, avec le concours effectif des partenaires
extérieurs ;
"Mesures et modalités de lutte contre
l'impunité, y compris les possibilités de réparation et
de toutes les victimes ;
" Règlements du contentieux électoral né de
l'élection présidentielle d'avril 2005 ;
" Mise en place d'un mécanisme de suivi,
pouvant éventuellement constituer un cadre permanent de
dialogue et de concertations sur les sujets et
préoccupations d'intérêt national ;
" Mise en place d'un gouvernement de consensus
ou transitoire d'unité nationale ;
Mais
les inquiétudes se lisent déjà lorsqu'on sait que deux
parties ont déjà regagné avec armes et bagages le camp
gouvernemental.
Le
Premier Ministre Edem Kodjo entre qui et Faure
Gnassingbé " même un papier de cigarette ne pourra pas
passer " sort déjà ses gongs et montre son vrai visage.
Dans
une interview qu'il a accordée à l'hebdomadaire
panafricain " Jeune Afrique l'intelligent " dans son
édition du 16 au 22 avril 2006, intitulée " Togo au
milieu du gué, " Edem Kodjo déclarait concernant le
statut des militaires qui est en préparation et au sujet
de la réforme de l'armée qui se trouve être l'un des
points essentiels des discussions qu' " on ne réforme
pas l'armée comme on achète un kilo de mangues ". Le ton
est donc donné et tout montre que le dialogue politique
durera aussi longtemps que prévu. Il faut toute fois
indiquer que la position de Edem Kodjo n'étonne personne
quand on sait que c'est avec son soutien et celui de son
acolyte Zarifou Ayéva que le gouvernement de Koffi Sama
est allé souscrire aux 22 engagements à Bruxelles un 14
avril 2004.
Le
problème de réforme de l'armée et celui du choix d'un
médiateur risquent de constituer des points de blocage
si chacun des acteurs politiques ne met pas un peu d'eau
dans son vin.
AFT |