AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Motion d'Information

4 Sept 2007

[ 354 : 3 Sept 2007]
Eliminatoires CAN 2008 : Les matchs Togo – Mali et Sierra Leone – Bénin reportés au 14 octobre

La Confédération Africaine de Football (CAF) a repoussé au dimanche 14 octobre 2007 les matches de la 6e et dernière journée du Groupe 9 des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2008 initialement prévus le 8 septembre, alors que le gouvernement togolais a retenu cette date pour les élections législatives.

Dans une lettre circulaire qu’elle a adressée, vendredi dernier aux fédérations nationales du Bénin, du Mali, du Togo et de la Sierra Leone, la CAF indique avoir reprogrammé les deux rencontres Sierra Leone - Bénin et Togo – Mali au 14 octobre prochain.

«En raison de la tenue du deuxième tour des élections présidentielles en Sierra Leone ce même samedi 8 septembre 2007, la Fédération de la Sierra Leone vient de nous informer officiellement que les autorités sierra léonaises n’étaient pas en mesure de garantir la sécurité de la rencontre Sierra Leone - Bénin si elle était maintenue à cette date», écrit la CAF dans sa correspondance.

La nouvelle date retenue (14 octobre) figurant au calendrier international harmonisé de la FIFA, la CAF indique qu’elle «permettra aux équipes concernées de disputer la rencontre avec leurs meilleurs éléments».

«Cette décision est finale et applicable à toutes les parties concernées», insiste l’instance dirigeante du football continental.

Force est, cependant, de constater que la nouvelle date retenue par la CAF coïncide avec celle des élections législatives au Togo.

Selon une source proche du Comité provisoire de gestion de la Fédération togolaise de football (FTF) citée par les agences de presse, le Togo va saisir, dans les prochaines heures, la CAF pour la reprogrammation des matches du Groupe 9. «Ces rencontres seront certainement de nouveaux reprogrammées», a précisé la même source.

Rappelons que tous les matches de qualification pour la CAN Ghana 2008 doivent être joués avant le 19 octobre 2007, date à laquelle la CAF va procéder au tirage au sort de la phase finale de la CAN 2008.

A la suite de la défaite du Togo au Bénin lors de la 5e journée, la situation dans le groupe 9 se présente comme suit : Le Mali et le Togo comptent chacun 9 points, mais avec un meilleur différentiel pour le Mali (+7 buts contre 0 pour le Togo). Le Bénin est 3e avec 8 points et un différentiel de  +4 buts. La Sierra Leone déjà éliminée, ferme la marche avec 1 point et un différentiel de -11 buts.

Même en cas de match nul à Lomé contre le Mali, le Togo serait éliminé si le Bénin gagne ou fait match nul contre la Sierra Leone. Le seul scénario qui qualifierait de façon certaine le Togo pour la prochaine CAN au Ghana, c’est une victoire contre le Mali qui placerait notre pays en tête du Groupe 9.

Le sélectionneur de l’équipe nationale du Togo, le Nigérian Stephen Keshi qui a bien compris l’enjeu de cette rencontre, avait appelé mardi dernier, la population togolaise à se mobiliser pour aider le Togo à remporter le match contre le Mali.  « Le match du 8 septembre est capital pour le Togo. La sélection nationale a besoin du soutien de tous les Togolais », avait déclaré Stephen Keshi.

« La mobilisation concerne tout le monde: le gouvernement, les dirigeants de clubs, le public et même les journalistes », a-t-il souligné. « Si la mobilisation est forte comme ce que j’ai vécu pendant les qualifications combinées au Mondial-2006 et à la CAN-2006, je suis sûr à 100% que nous allons battre le Mali », a-t-il ajouté.

Pour ce match, le sélectionneur avait convoqué tous les joueurs cadres des « Éperviers » dont Emmanuel Adebayor, l’attaquant d’Arsenal qui a repris la compétition après trois semaines d’indisponibilité pour cause de blessure.

Malgré cette convocation, l’arrivée de plusieurs joueurs cadres était incertaine. Ces derniers exigent le retour à la légalité au sein de la Fédération Togolaise de Football avant de revenir en Equipe Nationale. On se souvient que le 26 Juillet dernier, le Gouvernement a dissout de fait, le Bureau Exécutif de la FTF issu du congrès du 9 Janvier 2007 et mis en place un Comité de gestion provisoire du football au Togo.

Contrairement aux écrits de certains confrères, c’est plus cette exigence du retour à la légalité qui justifie les bouderies de certains joueurs cadres. Le flou qui prévaut actuellement à la tête de la FTF pose en effet un grave problème de sécurité pour les joueurs sur tous les plans.

Ce Comité de gestion provisoire n’étant formellement reconnu ni par la CAF, ni par la FIFA, en cas de blessure grave d’un joueur entraînant par exemple une perte de licence, provisoire ou définitive, la question de la responsabilité se poserait. Quelle est la responsabilité d’un organe qui n’a pas de personnalité juridique, qui ne correspond à rien, qui viole les Statuts de la FTF, de la CAF et de la FIFA et qui, de ce fait, n’est reconnu par aucune de ces instances ?

Les joueurs cadres sont des professionnels, c’est-à-dire, des gens dont le métier est de jouer au football. Les exigences financières des joueurs passent désormais au second plan depuis la suspension de Tata Avlessi. C’est lui qui avait pris, vis-à-vis des joueurs, des engagements qu’il n’a pas tenus. Tous les joueurs sont maintenant d’accord pour que le problème des primes soit réglé dans le cadre d’une Charte entre la Fédération et les joueurs.

Comme on le voit l’exigence du retour à la légalité à la tête de FTF est loin d’être un caprice. Il s’agit pour les joueurs, d’avoir en face d’eux, un interlocuteur crédible, un organe légitime reconnu par les instances du football international et dont les engagements et les actes sont, à ce titre, opposables, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec le Comité provisoire..

     En fin de compte, à quelque chose, malheur est bon. La décision de la CAF peut être bénéfique pour le Togo. A condition que la CAF et la FIFA mettent à profit ce répit pour régler la crise de légitimité qui se pose à la tête de la Fédération.

Selon certaines indiscrétions provenant de sources proches de la FIFA, la Commission juridique de la FIFA, se fondant sur les dispositions de l’article 17 des Statuts de la FIFA, aurait émis un avis défavorable à la reconnaissance du Comité de gestion provisoire mis en place par le gouvernement et le CNOT, jugeant cet organe « illégitime ».

L’article 11 des Statuts de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui reprend de manière identique la norme 17 des Statuts de la FIFA ne peut qu’aboutir à la même conclusion.

Le repositionnement du match Togo – Mali va certainement tenir compte de cet impératif d’un règlement de la crise à la tête de la FTF. Il est fort possible que ce match ait lieu après le 19 Octobre 2007, date du tirage au sort des Groupes de la CAN, à moins que la CAF décide de différer le tirage au sort en attendant que soient joués les deux matchs restants du Groupe 9. La décision de la CAF sera connue dans les tout prochains jours.

Olivier KANGNI

 
L’UFC publie la liste de ses candidats aux législatives  : De grands duels fratricides en perspective au sein de l’opposition

L’Union des Forces de Changement (UFC) généralement considéré comme le plus important parti de l’opposition démocratique togolaise a rendu publique vendredi dernier, la liste de ses candidats aux élections législatives du 14 octobre prochain.

Cette publication vient mettre fin à toutes les rumeurs et supputations sur la réelle volonté du parti de Gilchrist Olympio à prendre part à ces élections. Depuis son dernier retour au Togo, le Président national de l’UFC a multiplié les déclarations positives sur le travail réalisé par la CENI, prenant parfois le contre-pied des déclarations de certains de ses lieutenants sur le terrain.

Gilchrist Olympio a rendu ses arbitrages non seulement pour le choix des candidats, mais aussi en ce qui concerne le discours de l’UFC sur les élections. Les contradictions entre les déclarations optimistes des deux représentants de l’UFC à la CENI et celles alarmistes de la direction du parti devenaient de plus en plus difficiles à gérer. La publication de la liste des candidats va mettre tout le monde d’accord et placer désormais chacun face à ses responsabilités.

L’UFC aura ainsi été le premier parti à rendre publique la liste de ses candidats. Comme on s’y attendait, le parti de Gilchrist Olympio présente des candidats dans toutes les préfectures du pays et dans la commune de Lomé. Selon les prévisions des analystes, seuls le RPT et, éventuellement, le CAR de l’actuel Premier Ministre, seraient en mesure d’afficher un tel taux de couverture nationale.

Tout le week-end, les Etat-majors des autres partis ont dû scruter à la loupe et dans les plus fins détails, les profils des candidats de l’UFC. La première impression qui ressort de ces analyses serait plutôt un ouf de soulagement du côté des adversaires de l’UFC et des interrogations auprès de certains sympathisants de Détia.

Les arbitrages rendus par Gilchrist Olympio ont fait des déçus. Mais, c’est la règle du jeu. Tous les partis ont eu à gérer ces problèmes. Et puis, il n’y a pas que les législatives. Courant 2008, les Togolais seront probablement à nouveau appelés aux urnes pour les élections locales. Certains déçus d’aujourd’hui ont peut-être déjà posé leurs jalons pour demain.

C’est plus sur le plan de l’analyse politique que la liste publiée par l’UFC appelle des observations et suscitent des questions de toutes sortes. La première observation, c’est l’absence de Gilchrist Olympio lui-même sur cette liste. Le président de l’UFC sera probablement le seul grand responsable de parti à ne pas se présenter aux prochaines législatives.

Selon certains analystes, cette décision du patron de l’UFC serait une erreur stratégique grave. Cette décision de Gilchrist Olympio peut être interprétée comme un manque d’intérêt pour l’Assemblée Nationale considérée comme une institution secondaire. C’est exactement ce que pensait feu le Général Eyadema. N’y aurait-il que les élections présidentielles qui intéressent Gilchrist Olympio ?

Certains prospectivistes politiques avaient bâti un scénario selon lequel Gilchrist Olympio aurait pu prendre la présidence de l’Assemblée Nationale à l’issue des prochaines élections législatives. Visiblement, c’est raté et personne ne sait expliquer les raisons objectives qui justifient la décision du leader de l’UFC de ne pas se porter candidat à la députation.

La deuxième observation qui saute aux yeux à l’analyse de la liste des candidats UFC, c’est que, de toute évidence, l’UFC semble avoir joué plus la carte du parti et du charisme de son leader plutôt que celle des hommes. On s’attendait à voir sur la liste de l’UFC, des noms de personnalités très connues à la fois pour leur sympathie pour l’UFC et pour leur compétence.

En dehors de Patrick Lawson dans les Lacs, de Jean-Pierre Fabre dans la commune de Lomé et d’Isabelle Améganvi dans le Kloto, il n’y a pas de vrais « grands noms » en tête des listes UFC. « Même si on prend un individu lambda et qu’on lui mettait au cou, une pancarte : UFC – Détia – Gilchrist Olympio, on sait que tout le monde va voter pour lui. Les noms, ce n’est rien. Ce qui compte, c’est Détia ».

Cette réponse formulée sous forme de boutade par un cadre de l’UFC que nous avons interrogé, semble bien résumer la stratégie électorale qui sous-tend la liste de l’UFC. N’y a-t-il pas là, une certaine confusion entre élections législatives et élections présidentielles ?

Dans une élection législative, le choix tient nécessairement compte des particularismes locaux et porte souvent, plus sur les hommes et leur capacité à assumer la fonction que sur le nom du parti qui les présente. Les analystes se demandent si certains candidats UFC feront le poids face aux grosses pointures locales des partis adverses.

La troisième observation qui est plutôt une conséquence de la liste UFC, ce sont les duels fratricides en perspective au sein de la famille des forces démocratiques. Dans la commune de Lomé, les législatives vont se résumer à un duel entre Jean-Pierre Fabre et le Professeur Léopold Gnininvi qui sera la tête de liste CDPA.

Dans les Lacs, on assistera au duel sans merci entre Patrick Lawson et Antoine Folly annoncé comme tête de liste de l’UDS-Togo. Dans la Kozah, la tête de liste UFC, Félix Pitho, va devoir se frayer un chemin entre Kpatcha Gnassingbé du RPT et Dahuku Péré de l’Alliance.

Dans la Préfecture de Yoto, il n’est pas certain que la tête de liste UFC fasse le poids face à la tête de liste du CAR qui n’est autre que Maître Agboyibo, premier Ministre du Gouvernement d’union nationale. Dans la Préfecture de Vo, la situation serait quasiment identique pour la tête de liste UFC face à Maître Apévon, tête de liste CAR.

Le slogan « Détia » et le charisme de Gilchrist Olympio suffiront-ils à déterminer les électeurs dans leurs choix. La campagne électorale qui s’annonce promet d’être bien croustillante, au grand bonheur des journalistes.

Gilbert MESSANGAN

 
Les Togolais indifférents à la dissolution de l’Assemblée : Les raisons profondes d’une désaffection générale

Ce n’est pas trop tôt. Après huit semaines d’hibernation, le Conseil des Ministres s’est enfin réuni jeudi dernier à Lomé pour fixer au dimanche 14 octobre 2007, les élections législatives au Togo. La campagne électorale s’ouvrira le samedi 29 septembre à zéro heure et prendra fin le vendredi 12 octobre 2007 à minuit.

C’est en toute logique qu’un décret a été pris auparavant par le même Conseil des Ministres portant dissolution de l’actuelle Assemblée Nationale monocolore RPT.

Selon le deuxième décret adopté par le Conseil des Ministres, le corps électoral est convoqué le dimanche 14 octobre 2007 pour les élections législatives. Les bureaux de vote seront ouverts de 7 heures à 17 heures sur toute l’étendue du territoire national. Toutefois, dans la Commune de Lomé, ils ne fermeront qu’à 18 heures.

L’annonce de ces deux informations pourtant capitales pour l’avenir de notre pays ne semble pas avoir soulevé un enthousiasme débordant auprès des Togolais. Selon les analystes politiques, ce manque d’enthousiasme peut s’expliquer par au moins trois raisons.

La première, c’est que la date du 14 octobre était déjà connue de tout le monde. Depuis la fin du recensement dans la zone A, la plupart des journaux avaient annoncé dans leurs différentes parutions, la date du 14 octobre comme étant la date la plus probable pour la tenue du scrutin législatif. L’annonce du gouvernement n’a fait qu’officialiser une date que tout le monde connaissait déjà.

Le deuxième élément explicatif de cette indifférence des Togolais aux annonces du Conseil des Ministres concerne le peu de représentativité de l’Assemblée dissoute. Issue d’un scrutin unilatéral organisé par le RPT pour le RPT, l’Assemblée Nationale monocolore sortante n’a jamais représenté grand-chose, ni dans l’esprit, ni dans la mémoire collective d’une large majorité de Togolais.

Cette Assemblée était perçue par la plupart des Togolais comme un gadget parmi d’autres qui ont servi de vernis démocratique à un régime RPT dont l’essence idéologique est restée proche de celle d’un régime totalitaire à parti unique.

Les Togolais n’ont certainement rien oublié de toutes les forfaitures commises par cette Assemblée qui ne fut rien d’autre qu’une Assemblée de service entièrement dévouée au régime RPT. Il n’est donc pas surprenant que la dissolution de cette Assemblée à un mois et demi de la fin normale de son mandat, n’ait suscité aucun enthousiasme chez les Togolais.

La troisième raison explicative de l’indifférence générale manifestée par les Togolais peut être liée au manque de motivation et d’intérêt de nos compatriotes pour les prochaines élections législatives.

Pour l’instant, la classe politique dirigeante a manqué de pédagogie pour effacer de la mémoire des Togolais, les séquelles psychologiques des troubles, massacres, tueries et expéditions punitives consécutives aux élections présidentielles frauduleuses d’avril 2005.

Pour beaucoup de nos compatriotes, le mot « élection », jusqu’à preuve du contraire, reste synonyme de morts et de réfugiés. Pour l’instant, la classe politique, dans son ensemble, n’a pas réussi à convaincre et rassurer les Togolais que cette fois-ci, les choses pourraient se passer différemment, que, les vainqueurs sortis des urnes seront ceux que proclameront la CENI et la Cour Constitutionnelle et qu’on ne verra plus de militaires partir en fuyant avec les urnes.

La classe politique a manqué de pédagogie pour réconcilier les Togolais avec les élections. Elle a aussi manqué d’engagements et d’actes pour convaincre les Togolais que ces élections changeront véritablement quelque chose à la désastreuse situation actuelle de notre pays.

On a l’impression que Faure Gnassingbé est pressé, non pas de sortir le Togo de la crise, mais simplement de légitimer son pouvoir mal acquis et se positionner avantageusement pour 2010. On a l’impression que le CAR et l’UFC sont déjà dans l’après élection et ont prématurément commencé à se positionner pour le poste de Premier Ministre.

On a l’impression que les blocages institutionnels introduits par le RPT dans la Constitution et qui empêcheront demain un gouvernement issu des forces démocratiques de gouverner, n’intéressent personne.

Les Togolais savent que quelque chose ne tourne pas rond dans le fonctionnement de l’Etat et que la classe politique elle-même n’est pas plus rassurée et n’a pas encore une visibilité claire de la période post-électorale.

La campagne électorale officielle s’ouvrira le 29 septembre prochain. Aucun parti politique ni aucun candidat n’attendront cette date pour se lancer dans la campagne. Après plus de quinze années de combat à visage découvert contre le régime RPT, les Togolais ont gagné en maturité politique. Le « Votez pour moi, et je vous construirai des hôpitaux, des universités et des routes bitumées » ne séduit plus aucun électeur.

La classe politique doit s’impliquer collectivement pour réconcilier les Togolais avec les élections. Pour y parvenir, il faudra donner des gages pour rassurer. Si on fait tout pour que des observateurs crédibles, civils et militaires ne soient pas déployés en nombre suffisant et assez tôt sur le terrain, y compris pendant la campagne électorale, on ne rassurera pas les Togolais.

Au contraire, on les confortera dans leur désaffection pour les choses politique et électorale. Dans les pays démocratiques, les campagnes électorales servent aussi à dialoguer et à débattre avec le peuple.

Les prochaines élections législatives doivent déboucher au moins sur un changement de système politique à défaut d’un changement de pouvoir. La Constitution adoptée par les Togolais en 1992 a instauré un régime parlementaire. En 2002, l’Assemblée monocolore RPT a unilatéralement modifié cette Constitution pour créer un régime  plus proche de la dictature du parti unique que d’un régime démocratique pluraliste.

Dans sa forme actuelle, la Constitution togolaise n’accorde aucun pouvoir au Premier Ministre. Les Ministres dépendent directement du Chef de l’Etat et n’ont quasiment aucun compte à rendre au Premier Ministre. On arrive à des situations bizarres où, le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat dispose de plus de pouvoir que le Premier Ministre.

Dans les faits, le Président de la République est le seul vrai patron en matière de définition et de conduite de la politique de la nation. Mais, il n’est responsable de cette politique devant aucune institution. Faut-il revenir au régime parlementaire instauré par la Constitution de 1992 ou, passer purement et simplement à un régime présidentiel et, dans ce cas, supprimer le poste de Premier Ministre ?

Voilà des questions de fond que la classe politique doit avoir le courage d’aborder et pour lesquels des solutions doivent être proposées et discutées avec les Togolais.

Si, après les prochaines élections législatives, la classe politique réussissait à régler définitivement la récurrente question du système politique, elle aura fait un grand bond en avant à la démocratie au Togo.

Il faut que les vrais problèmes qui bloquent la marche en avant du pays soient posés devant le peuple pour obliger tous les acteurs à se déterminer. Peut-être faudra-t-il, en dernier ressort, recourir à l’arbitrage populaire. La perspective d’un résultat défavorable lors d’une consultation référendaire peut conduire certains acteurs à préférer le dialogue vrai et la négociation sincère au coup de force ou au statu quo.

Tout porte à croire que les prochaines élections législatives seront certainement plus propres que celles de 1994. Celles de 1999 et de 2002 n’ayant connu que la participation du RPT et de ses alliés, ne peuvent servir de référence.

Pour une fois, on a une CENI crédible qui, malgré les difficultés logistiques et les moyens limités mis à sa disposition, a su faire un travail plus que acceptable. L’implication forte sur tous les plans, des partenaires en développement du Togo autorise à penser que les velléités déstabilisatrices pourraient être contenues.

Même s’il n’a pas toujours les moyens de sa volonté, Faure Gnassingbé semble sincère dans son engagement en faveur d’élections totalement transparentes et démocratiques.

Le seul fait qu’il ait, tranché en faveur de la carte d’électeur sécurisée avec photo numérisée, parfois contre l’avis des caciques de son camp, aura été une décisive preuve de sincérité.

Les conditions sont donc réunies pour que le prochain scrutin n’ait rien à voir avec ce qu’on a connu jusqu’à présent. Il faut que la classe politique monte au créneau pour le faire savoir et, de ce fait, rassurer les Togolais.

Sur les questions de fond, dès lors que la langue de bois, les promesses démagogiques cèderont la place au discours de vérité et au débat démocratique, les Togolais retrouveraient vite des raisons de croire à nouveau à la politique et de se réconcilier avec les élections.

Frisco de SOUZA

 

 
 
 
Job.com

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved