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31 juillet 2007

[ 351 : 30 juillet 2007]
Fin théorique du recensement électoral dans la zone 1 : La CENI et les partis politiques constatent les problèmes mais divergent sur les solutions

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a tenu une réunion vendredi dernier avec l’ensemble des partis politiques pour faire le bilan de l’opération de recensement théoriquement terminée depuis dimanche soir dans la zone 1.

La CENI et les partis politiques, une fois n’est pas coutume, sont quasiment tombés d’accord sur les problèmes rencontrés lors du recensement, problèmes que nous avions longuement énumérés dans notre édition de  la semaine dernière.

En réponse à la demande de la plupart des partis politiques, la CENI a décidé de prolonger de 3 jours l’opération de recensement dans la commune de Lomé et dans la préfecture du Golfe à compter du 30 juillet. Il n’est pas sûr que cette prolongation  soit suffisante pour résoudre tous les  problèmes rencontrés en particulier dans la capitale.

En effet, outre les trois catégories de problèmes énumérés dans notre article de la semaine dernière (problèmes liés aux retards dans le déploiement du matériel et des hommes - problèmes liés à la maîtrise insuffisante du système informatique par les opérateurs de saisie - les problèmes liés à la faible mobilisation des électeurs), les dernières observations  faites sur le terrain ont rapporté une quatrième catégorie de problèmes spécifiques liés à des comportements inciviques de la part de certains agents de recensement.

On a signalé ici et là, des vols de consommables (papier, carburant, cartes d’électeur et formulaires vierges, etc. …). Ailleurs, des pénuries ont été organisées exprès pour extorquer de l’argent à des électeurs.

Lorsqu’un électeur vient se faire inscrire, on lui fait savoir que les formulaires ou les cartes d’électeur vierges sont épuisés. Quand l’électeur est sur le point de repartir, il est rattrapé par un agent qui lui propose la délivrance immédiate de sa carte contre un peu d’argent, pouvant aller, selon les centres, de 200 à 500 francs.

On propose les mêmes services à des électeurs pour leur éviter de faire la queue. Ailleurs, on fait croire aux électeurs qu’il n’y a plus de carburant pour faire fonctionner le générateur. En plus de généreux donateurs qui donnent 2 ou 3000 francs pour l’achat de carburant, on demande à des électeurs de donner un peu d’argent 100 ou 200 francs pour contribuer à l’achat de carburant.

Sans oublier le chantage organisé de certains agents qui se plaignent de ne pas avoir été payés et qui sollicitent un « geste » de la part de certains électeurs. Certains sont allés jusqu’à faire croire que la prise de la photo était payante.

Ce racket organisé n’est pas l’apanage d’un parti donné. Les représentants de tous les partis signataires de l’Accord Politique Global, qu’ils soient de l’Opposition ou du RPT, du PDR ou de la CPP, se sont livrés ou associés à ce rançonnage organisé.

Si la CENI s’est crue dans l’obligation de publier un communiqué de rappel à l’ordre, c’est que, dans certains centres, la pratique a atteint des proportions inquiétantes.

A qui la faute ? Aux partis politiques qui ne forment pas leurs militants au civisme ? A la CENI qui a tardé à mettre en place la rémunération des agents ? Aux agents eux-mêmes qui restent solidement réfractaires aux mots d’ordre de changement de mentalité ? C’est certainement la faute à tout ce monde.

Toutefois, il convient de ne pas généraliser et de noter que dans l’ensemble, ces actes de racket sont restés des exceptions. En général, l’opération de recensement s’est déroulée dans le calme et la sérénité. Le « bouche à oreille » a bien fonctionné partout. Il reste à présent deux gros points à vérifier : l’impact des transhumances électorales relevées ici et là et la centralisation des données.

Des individus se sont fait délivrer plusieurs cartes. En principe, la centralisation des données au niveau préfectoral et au niveau national devrait permettre de détecter les doublons et de les éliminer.

A ce sujet, il faut faire la nuance entre les cas de fraudes intentionnelles et les cas d’impossibilité de radiation. En effet, certains électeurs se sont inscrits une première fois par exemple à Lomé où ils sont en vacances.

Se rendant compte qu’ils ne seront plus à Lomé au moment du vote, ils sont retournés dans le bureau de recensement pour demander à être radiés pour aller s’inscrire dans un bureau de leur lieu de résidence habituelle.

Là, on leur a dit que la radiation n’était pas possible. Et comme ils tiennent à voter chez eux, ils se sont inscrits une deuxième fois et ont renvoyé la première carte à la CELI ou à la CENI.

C’est en principe la centralisation des données qui devrait permettre de régulariser ces cas. Par contre, plus difficiles à traiter seront les cas de transhumances électorales. Des individus auraient été transportés par camions entiers dans des localités où personne ne les connaît, mais où ils ont pu s’inscrire.

La CENI dit compter sur les partis politiques et les chefs traditionnels pour signaler ces cas et procéder aux régularisations. Personne n’y croit vraiment. Que représentent ces cas par rapport à l’ensemble ? Seule la CENI sera en mesure de donner la réponse lorsque la centralisation des données sera achevée.

Tout le monde espère que la première zone ayant servi de cobaye, les opérations se dérouleront avec plus de maîtrise dans la zone 2.

Marie-Ange de FANTI

 
 
 
 

 
 
 
 
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