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Des agents des forces de l’ordre sont allés
déloger Lawson Gallus et son groupe
confortablement auto installés aux commandes de la
FTF après l’entrée en vigueur de la décision prise
par la Confédération Africaine de Football (CAF)
de suspendre l’ancien Président de la Fédération
togolaise, Tata Avlessi, de toute activité liée au
football pour une période de huit ans.
Dans la foulée, le gouvernement, par un communiqué
de Gilbert Atsu, Ministre de la Jeunesse et des
Sports par intérim, a annoncé l’interdiction de
l’accès des bureaux de la FTF et la suspension du
Championnat National de première Division, en
attendant qu’une solution consensuelle à la crise
soit trouvée avec la CAF.
Pour protester contre cette intrusion du
gouvernement dans les affaires de la Fédération,
les fidèles de Tata Avlessi, au nombre de six, ont
présenté une démission collective du Bureau de la
FTF tout en restant en poste pour expédier les
affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un
nouveau Bureau.
Déjà au début de la semaine dernière, Gabriel
Améyi, le Premier Vice Président de la
Fédération, qui, se prévalant des textes de 1994
régissant la FTF, avait annoncé une semaine plus
tôt sa décision d’assurer la présidence de la FTF
après la publication de la sanction de la CAF
contre Tata Avlessi, avait fait bloquer tous les
comptes de la FTF auprès des banques.
Conséquence, la Banque Atlantique a refusé
d’honorer un retrait espèces de 30 millions
ordonné par Tata Avlessi malgré l’injonction qui
lui a été faite par la CAF dans une lettre datée
du 16 juillet 2007, de ne plus poser aucun acte,
ni prendre aucune décision en tant que Président
de la Fédération Togolaise de Football.
Vendredi dernier, tout le monde pensait que les
forces de l’ordre venues fermer les bureaux de la
FTF agissaient pour le compte de Gabriel Améyi,
renseignements pris, il n’en est rien. Au
contraire, Gabriel Améyi se serait lui aussi
insurgé contre cette immixtion du gouvernement
dans les affaires de la Fédération Togolaise de
Football.
De sources proches du gouvernement, on se défend
de toute ingérence. En fait, depuis le début de la
crise, le gouvernement et le Comité National
Olympique Togolais (CNOT) présidé par le Général
Gnofame tentent par tous les moyens, de prendre le
contrôle de la situation.
Sous le prétexte d’aider les protagonistes à
trouver une solution consensuelle à la crise, le
Général Gnofame avait organisé, le lundi 16
juillet, une rencontre qui devait réunir
l’ensemble des protagonistes, y compris Tata
Avlessi.
Craignant que leur participation à cette rencontre
ne soit considérée comme la caution donnée à une
ingérence organisée du gouvernement dans les
affaires de la FTF et un acte de défiance à
l’égard de la CAF et de la FIFA, Gabriel Améyi et
deux de ses partisans avaient décliné l’offre.
Le lendemain, lors d’une nouvelle réunion
organisée cette fois-ci par la Présidence de la
République, les autorités ont fait savoir aux deux
camps protagonistes qu’elles allaient envoyer une
mission ministérielle auprès de la CAF afin de
solliciter d’elle, une solution consensuelle ainsi
qu’une feuille de route en vue d’une résolution
définitive de la crise.
Il avait alors été demandé aux deux camps de
s’abstenir de tout acte et de toute déclaration en
attendant le retour de la délégation
ministérielle. C’est à la suite de cet accord
tacite que le Chef de l’Etat a commis les
Ministres Gilbert Atsu et Bernard Walla
accompagnés du Général Gnofame pour une mission
d’information auprès de la CAF.
Il s’agissait pour cette mission, d’obtenir de la
CAF qu’elle dise, au regard des textes régissant
la FTF, qui, de Gabriel Améyi, 1er Vice
Président et de Lawson Gallus, doyen d’âge, est
habilité à succéder à Tata Avlessi.
L’Etat n’ayant pas vocation à se substituer à la
Fédération Togolaise de Football dans les
prérogatives propres à cette dernière, la mission
ministérielle ne peut que se limiter à une mission
de bons offices permettant à la CAF de dire son
arbitrage par rapport aux deux interprétations des
textes en présence.
En aucun cas, la mission diligentée par le Chef de
l’Etat ne peut solliciter de la CAF une non
application des textes. La manière dont les choses
se sont passées a été tout simplement scandaleux.
Pour le Général Gnofame, devenu, on devine par
quelle alchimie, un inconditionnel défenseur de
Tata Avlessi, il fallait à tout prix, barrer la
route de la présidence de la Fédération à Gabriel
Améyi, même si, pour cela, on devait faire une
entorse aux textes et règlements régissant le
fonctionnement de la FTF.
Bernard Walla n’est pas du reste. L’occasion était
belle pour régler les comptes à Améyi, lui qui a
fait échouer Rock Gnassingbé au Congrès électif du
9 janvier 2007 en portant son soutien au dernier
moment, sur Agbéyomé Kodjo.
Face à ces deux vieux barons, le petit Gilbert
Atsu, jeune Secrétaire d’Etat qui se débat sur
tous les fronts pour prendre la place de son
défunt patron, ne fait pas le poids.
Au lieu de demander à la CAF son arbitrage sur
l’application des textes, nos savants ministres
revanchards flanqués d’un général en service
commandé, sont tout simplement allés « vendre »
aux officiels de la CAF, leur propre solution.
Celle-ci consisterait à mettre de côté les textes
de la FTF et à mettre sur pieds, un Comité dit de
crise, présidé par ….. Bernard Walla et chargé
d’organiser de nouvelles élections à la FTF.
Pour convaincre les officiels de la CAF, la
mission ministérielle a évoqué la survenue d’une
guerre civile au Togo si jamais, on donnait raison
à l’un des deux camps. Jamais, l’éventualité
d’amener les deux camps à s’entendre sur une
solution consensuelle n’a été envisagée.
Au contraire, le général Gnofame et le ministre
Walla ont attisé les antagonismes de part et
d’autre et contribué à radicaliser les positions
au lieu de rechercher l’apaisement et le
consensus. On a donné la priorité absolue aux vils
calculs politiciens, aux ignobles règlements de
comptes au sein du RPT dont Améyi est député, et
aux basses préoccupations matérielles sur
l’intérêt du football, l’intérêt du sport et
l’intérêt du Togo.
De retour à Lomé samedi soir, les deux ministres
s’étaient précipités à Kara pour rendre compte au
Chef de l’Etat de ce qu’ils croient être le succès
de leur coup de force en pressant le Président de
la République d’avaliser leur coup d’Etat contre
Gabriel Améyi.
Il y a, de toute évidence, une farouche volonté de
la part du Général Gnofame et du Ministre Walla,
de ramener la Fédération Togolaise de Football
dans le giron de l’Etat et plus particulièrement,
d’une certaine aile du RPT, une aile que certains
appellent volontiers « l’aile vautour ».
Selon certaines rumeurs, au prochain Conseil des
Ministres, le Gouvernement devrait annoncer la
dissolution pure et simple du Bureau de la
Fédération et la mise sur pied d’un Comité de
crise présidé par le Ministre Bernard Walla pour
organiser de nouvelles élections. Des élections à
la mode RPT, que remporterait le candidat désigné
de « l’aile vautour ».
Selon d’autres informations obtenues auprès de la
FIFA, dès l’annonce d’une telle décision, le Togo
serait automatiquement suspendu de toutes les
compétitions internationales, y compris, la Coupe
du monde Cadets, en attendant le retour à la
légalité, c’est-à-dire, à l’application des
textes.
C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que la
FIFA aurait approuvé la décision de certains
membres du Bureau de la FTF de démissionner pour
protester contre cette inacceptable intrusion de
l’Etat RPT dans les affaires de la Fédération. Si
Rock Gnassingbé était resté à la Présidence de la
FTF, une telle situation aurait-elle été
possible ?
Non, parce que Rock, lui, a des chars et des
hommes à sa disposition. Le sévère désaveu subi
par Rock Gnassingbé lors du Congrès du 9 janvier,
était d’abord l’expression du refus de la loi de
la jungle au sein de la FTF ; c’était ensuite
l’expression d’une adhésion sans équivoque à la
légalité, c’est-à-dire, à l’application des textes
démocratiquement adoptés.
Au moment où tous les pays du monde tentent de
tourner le dos à l’autocratie, la voie proposée
pour régler la crise de la FTF constitue un
dangereux retour en arrière que, ni la FIFA, ni
les Togolais n’accepteront.
Faure Gnassingbé avait, en son temps, demandé à
feu Attipoé de s’abstenir de toute ingérence dans
les affaires de la Fédération Togolaise de
Football. Il n’y a pas de raison que cette
directive ne continue pas de rester la règle,
surtout, lorsque, selon des informations provenant
de sources dignes de foi, grâce à des médiations
extérieures, les deux camps en conflit à la FTF,
seraient à présent sur le point de parvenir à une
solution consensuelle respectant les textes et
permettant d’aller rapidement à de nouvelles
élections.
Olivier KANGNI |