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Motion d'Information

24 juillet 2007

[ 350 : 23 juillet 2007]
Il y a 15 ans, le 23 juillet 1992 à Gbonvié : Les policiers Karéwè Kossi et Boukpessi Pangayou ont tiré à bouts portants sur Tavio Amorin

Dans la nuit du 23 juillet 1992, alors qu’il venait de rendre visite à un parent à Tokoin Gbonvié, Tavio Amorin, le Premier Secrétaire du Parti Socialiste Panafricain (PSP), un des jeunes dirigeants les plus en vue de l’opposition togolaise, a essuyé des coups de feu tirés à bouts portants par deux individus qui ont pris la fuite une fois leur forfait commis.

Tavio Amorin

Grièvement blessé à l’abdomen et à la jambe, Tavio Amorin a d’abord été soigné au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé Tokoin avant d’être évacué deux jours plus tard sur Paris où il mourut le 29 juillet, à l’âge de 34 ans, laissant derrière lui, une femme, un enfant alors âgé d’à peine un an et un peuple togolais choqué, meurtri et inconsolable.

Pris de panique, les deux assassins ont abandonné sur les lieux, un sac contenant leurs cartes d’identité ainsi que l’une des armes de leur crime, ce qui a permis d’identifier les deux criminels comme étant Karéwè Kossi et Boukpessi Pangayou tous deux, de la Police nationale.

Tavio Amorin avait fait ses études d’ingénieur en France, où il s’était réfugié dans les années 80. Dès les premiers signes de changement politique au Togo, en 1991, d’Abidjan où il venait de s’installer, il avait choisi de regagner le Togo, son pays natal pour participer au processus de transition destiné à restaurer la démocratie et les libertés.

Il créa le Parti Socialiste Panafricain et devient très vite, l’un des plus brillants jeunes dirigeants de l’opposition togolaise. A la Conférence Nationale Souveraine, il se distingua par son éloquence, sa détermination et son refus de toutes formes de compromission avec le régime du général Eyadéma.

Après la Conférence Nationale Souveraine, Tavio Amorin devint membre du Haut Conseil de la République (HCR) Parlement de Transition dont il présidait la Commission des affaires politiques, des droits de l’homme et des libertés.

Tavio Amorin croyait fermement en la possibilité d’instaurer au Togo un État de droit où la dignité de tous les citoyens serait respectée. Au HCR, il se battait pour que la lumière soit faite sur les violations commises par les forces de sécurité togolaises sous le régime du président Eyadéma.

Tavio ne perdit jamais l’occasion de dénoncer publiquement les abus et les exactions du régime. « Le sang a suffisamment coulé par la volonté d’un seul homme. Je crois que ça suffit », confiait-il lors d’une interview, « Nous nous battrons pour que la mémoire des victimes de la lutte pour la démocratie soit respectée ». Les balles de ses assassins mirent fin à ses efforts pour rétablir la vérité et la justice au Togo.

Alors que toutes les voix s’étaient élevées à l’époque, pour condamner l’assassinat de Tavio Amorin et exiger que les auteurs de ce crime odieux soient traduits en justice, aujourd’hui, 15 ans plus tard, nul n’a été arrêté, et tous les Togolais attendent toujours que justice soit rendue à sa mémoire.

Le gouvernement du Premier ministre de l’époque, Maître Joseph Koffigoh, avait laissé entendre que les cartes d’identité de deux policiers contenues dans le sac retrouvé non loin du lieu de la fusillade semblaient indiquer que les forces de sécurité étaient impliquées dans cette affaire. Malgré cela, rien n’a été fait depuis quinze ans pour que ce crime ne reste pas impuni.

Depuis sa mort, Tavio Amorin est devenu le symbole de la jeunesse militante pour la démocratie et le respect des libertés individuelles et publiques sur la Terre de nos aïeux. Certains de ses camarades de lutte ont fait le serment de continuer leur combat commun pour délivrer le Togo du joug du totalitarisme.

Comme il aimait à le dire, « on peut tuer un homme, mais on ne peut tuer ses idées ». Nous reproduisons ici le texte intégral de la communication qu’il a faite à la tribune de la Conférence Nationale Souveraine, au nom de son parti, le Parti Socialiste Panafricain. Ce discours est un véritable testament politique que lègue Tavio Amorin à la postérité.

 
Législatives 2007 : Le recensement a bien démarré, mais des interrogations demeurent sans réponses

Comme prévu, le recensement a timidement démarré la semaine dernière sur toute l’étendue du territoire national dans les localités de la première zone de recensement telle que définie par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

A l’issue de la première semaine de recensement, les impressions sont plutôt mitigées. Ainsi que le prévoyaient les spécialistes, cette première semaine aura été une semaine de rodage à la fois pour le système informatique de recensement et pour les opérateurs de saisie.

Au niveau du recensement proprement dit, les gros bugs que l’on craignait ne se sont pas produits. Pour autant, il serait totalement erroné de dire que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Des problèmes ont été rencontrés ; certains subsistent encore. Ces problèmes ont-ils été créés exprès comme le murmurent certaines langues ? A l’heure du bilan, il conviendra d’en tenir compte.

Dans la plupart des centres de recensement que nos équipes ont visités, les problèmes relevés peuvent être classés en trois catégories. Les problèmes liés aux retards dans le déploiement du matériel et des hommes, les problèmes liés à la maîtrise insuffisante du système informatique par les opérateurs de saisie et, enfin, les problèmes liés à la faible mobilisation des électeurs.

Les problèmes liés aux retards dans le déploiement du matériel et des hommes ont été flagrants dans les tout premiers jours du recensement. Prévu pour le lundi 16 juillet, le recensement a effectivement débuté avec des retards allant de quelques heures pour les moins importants et à deux ou trois jours pour les plus importants.

On a vu le cas des kits qui sont arrivés dans les centres, mais sans les opérateurs de saisie ou, à l’inverse, des opérateurs de saisie arrivés sur les lieux et qui attendaient tout ou partie du matériel.

On a observé ici et là, de surprenantes anomalies : des kits sur lesquels il manquait la batterie ou, plus grave, l’imprimante sans laquelle, il n’est pas possible de délivrer la carte d’électeur. Dans certains centres, le personnel de recensement a dû rester les bras croisés pendant une journée entière parce qu’il n’y avait plus ni fiches d’identification, ni cartes d’électeur vierges.

En notre présence, un centre de recensement a appelé la CELI pour demander la livraison de fiches d’identification et de cartes d’électeur vierges. Ce centre ne disposait plus que d’une vingtaine de formulaires et autant de cartes vierges.

Alors que la demande de réapprovisionnement était formulée vers 15 heures, le lendemain à 14 heures, le personnel du centre, désoeuvré, attendait toujours la livraison de sa commande.

A en croire d’autres témoignages, ce cas ne serait pas isolé. D’une façon générale, de nombreux centres de recensement ont fait état de retards incompréhensibles dans la livraison des fiches d’identification et des cartes d’électeur vierges en cas de rupture de stock.

Cette pénurie est-elle organisée à dessein ? Auprès des CELI que nous avons interrogées, on s’en défend. On rejette même la faute sur les comités de listes et cartes qui ne saisissent pas à temps la CELI des cas de ruptures de stocks, ce qui n’est pas toujours vrai.

La deuxième catégorie de problèmes rencontrés au cours de cette première semaine de recensement concerne l’insuffisante maîtrise du système informatique par les opérateurs de saisie ou à des défaillances matérielles. Ces problèmes se sont révélés surtout les premiers jours du recensement.

Impossibilité de démarrage du kit, plantage du système, surchauffe de l’ordinateur, problème de connectique, câbles défectueux ou absents, imprimante bloquée, mauvaise interprétation du guide de l’utilisateur par l’opérateur de saisie, panne de carburant pour le fonctionnement du générateur, voilà un petit panel des problèmes qui ont parfois bloqué des journées entières, le processus de recensement dans certains centres.

Comme support technique, chaque préfecture ne dispose en tout et pour tout, que d’un seul technicien basé dans le chef lieu de préfecture. Les déplacements dans certaines localités sont rendus difficiles par l’impraticabilité des routes en cette saison des pluies.

Dans certaines localités, le nombre de kits livrés est inférieur au nombre initialement prévu (deux au lieux de trois, un au lieu de deux, etc. …). Où sont passés les autres kits ? Personne ne sait répondre. Lorsqu’on interroge les CELI, elles jurent que le déploiement s’est fait selon le programme pré-établi. Certains confrères ont fait état de mystérieuses disparitions de kits. Ceci explique sans doute cela.

Au-delà de ces problèmes techniques imputables à l’organisation, le constat général sur lequel tous les observateurs semblent d’accord après une semaine de recensement, c’est la faible mobilisation des électeurs.

Selon les témoignages recueillis sur le terrain, cette situation peut être imputable à deux facteurs. Il y a d’abord, la lassitude des électeurs. Les images des troubles et des tueries consécutives à l’élection présidentielle de 2005 restent encore présentes dans les esprits.

« Quelle garantie avons-nous que ces élections seront réellement différentes des précédentes ? ». « Les jeux ne sont-ils pas déjà faits comme toujours ? ». « Les vainqueurs proclamés seront-ils ceux que les urnes auront choisis ? ». Voilà autant de questions que les électeurs se posent à juste titre.

Le deuxième facteur explicatif de cette faible mobilisation des électeurs semble lié à la faible présence des partis politiques sur le terrain. C’est le rôle des formations politiques de sensibiliser les électeurs aux enjeux politiques, économiques et sociaux de ces élections et donc à la nécessité pour les populations d’aller se faire inscrire.

C’est aux formations politiques qu’incombe la mission de répondre aux interrogations légitimes des électeurs et de les rassurer. Il semble visiblement que sur ce point, la machine n’ait pas bien fonctionné. A cela, deux raisons.

La première, c’est que, jusqu’au dernier moment, les partis politiques eux-mêmes, y compris ceux qui ont signé l’Accord Politique Global, n’ont pas totalement cru à la fiabilité du système de recensement.

A titre d’exemple, depuis le début du processus électoral, l’UFC qui se trouve pourtant au cœur du dispositif, à la CENI, dans les CELI (Commission Electorale Locale Indépendante) et dans les CLC (Comité de Listes et Cartes), n’a cessé de dénoncer l’amateurisme, le bricolage et les dysfonctionnements dans la préparation des opérations de recensement.

On peut comprendre que ce parti ait quelque mal à pousser la contradiction au point d’aller mobiliser sur le terrain, les électeurs pour une opération de recensement à laquelle il n’a jamais cru réellement. Cela explique sans doute le faible impact du communiqué publié la semaine dernière par le parti de Gilchrist Olympio invitant les électeurs à aller se faire recenser.

D’une façon générale, on peut comprendre les scrupules qu’éprouvent certains partis politiques, en particulier ceux de la Coalition  à aller sensibiliser les électeurs sur le terrain alors que les plaies ouvertes par les massacres de 2005 sont encore ouvertes.

La première semaine de recensement aura été plutôt calme. On n’a encore signalé aucun des cas de fraudes massives organisées ni de systèmes parallèles de recensement que l’on annonçait et que tout le monde craignait.

Il ne faudrait pas pour autant, crier victoire trop tôt car, la partie sensible du nouveau système de recensement n’est pas la délivrance des cartes d’électeur mais la centralisation des données au niveau préfectoral d’abord et au niveau national ensuite.

C’est à ce niveau que l’on peut déceler toutes les manipulations et contorsions susceptibles de travestir les fichiers électoraux. Or, à ce jour, ni la CENI, ni les CELI ne sont en mesure de se prononcer avec certitude sur la fiabilité du dispositif.

Totalement engluée dans ses querelles stériles et ses antagonismes électoraux, l’Opposition démocratique n’a pas été en mesure de mettre sur pied comme en 2005, un système parallèle de détection des fraudes.

Eu égard au démarrage difficile de la première semaine, la possibilité de prolonger de quelques jours, voire d’une semaine, la période de recensement dans la première zone semble désormais acquise.

Il reste à espérer que tous les acteurs vont à présent jouer leur partition et se mettre au travail aussi bien pour la mobilisation des électeurs que pour la traque des mécanismes éventuels de fraudes.

Marie-Ange de FANTI

 
Entre règlements de comptes et calculs politiciens : Gnofame et walla s’érigent en fossoyeurs du football togolais

Le feuilleton de la crise qui secoue la Fédération Togolaise de Football (FTF) a connu un nouvel épisode vendredi dernier, premier jour de la vacance du pouvoir à la présidence de l’instance dirigeante du football togolais.

Des agents des forces de l’ordre sont allés déloger Lawson Gallus et son groupe confortablement auto installés aux commandes de la FTF après l’entrée en vigueur de la décision prise par la Confédération Africaine de Football (CAF) de suspendre l’ancien Président de la Fédération togolaise, Tata Avlessi, de toute activité liée au football pour une période de huit ans.

Dans la foulée, le gouvernement, par un communiqué de Gilbert Atsu, Ministre de la Jeunesse et des Sports par intérim, a annoncé l’interdiction de l’accès des bureaux de la FTF et la suspension du Championnat National de première Division, en attendant qu’une solution consensuelle à la crise soit trouvée avec la CAF.

Pour protester contre cette intrusion du gouvernement dans les affaires de la Fédération, les fidèles de Tata Avlessi, au nombre de six, ont présenté une démission collective du Bureau de la FTF tout en restant en poste pour expédier les affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau Bureau.

Déjà au début de la semaine dernière, Gabriel Améyi, le Premier Vice Président de la Fédération,  qui, se prévalant des textes de 1994 régissant la FTF, avait annoncé une semaine plus tôt sa décision d’assurer la présidence de la FTF après la publication de la sanction de la CAF contre Tata Avlessi, avait fait bloquer tous les comptes de la FTF auprès des banques.

Conséquence, la Banque Atlantique a refusé d’honorer un retrait espèces de 30 millions ordonné par Tata Avlessi malgré l’injonction qui lui a été faite par la CAF dans une lettre datée du 16 juillet 2007, de ne plus poser aucun acte, ni prendre aucune décision en tant que Président de la Fédération Togolaise de Football.

Vendredi dernier, tout le monde pensait que les forces de l’ordre venues fermer les bureaux de la FTF agissaient pour le compte de Gabriel Améyi, renseignements pris, il n’en est rien. Au contraire, Gabriel Améyi se serait lui aussi insurgé contre cette immixtion du gouvernement dans les affaires de la Fédération Togolaise de Football.

De sources proches du gouvernement, on se défend de toute ingérence. En fait, depuis le début de la crise, le gouvernement et le Comité National Olympique Togolais (CNOT) présidé par le Général Gnofame tentent par tous les moyens, de prendre le contrôle de la situation.

Sous le prétexte d’aider les protagonistes à trouver une solution consensuelle à la crise, le Général Gnofame avait organisé, le lundi 16 juillet, une rencontre qui devait réunir l’ensemble des protagonistes, y compris Tata Avlessi.

Craignant que leur participation à cette rencontre ne soit considérée comme la caution donnée à une ingérence organisée du gouvernement dans les affaires de la FTF et un acte de défiance à l’égard de la CAF et de la FIFA, Gabriel Améyi et deux de ses partisans avaient décliné l’offre.

Le lendemain, lors d’une nouvelle réunion organisée cette fois-ci par la Présidence de la République, les autorités ont fait savoir aux deux camps protagonistes qu’elles allaient envoyer une mission ministérielle auprès de la CAF afin de solliciter d’elle, une solution consensuelle ainsi qu’une feuille de route en vue d’une résolution définitive de la crise.

Il avait alors été demandé aux deux camps de s’abstenir de tout acte et de toute déclaration en attendant le retour de la délégation ministérielle. C’est à la suite de cet accord tacite que le Chef de l’Etat a commis les Ministres Gilbert Atsu et Bernard Walla accompagnés du Général Gnofame pour une mission d’information auprès de la CAF.

Il s’agissait pour cette mission, d’obtenir de la CAF qu’elle dise, au regard des textes régissant la FTF, qui, de Gabriel Améyi, 1er Vice Président et de Lawson Gallus, doyen d’âge, est habilité à succéder à Tata Avlessi.

L’Etat n’ayant pas vocation à se substituer à la Fédération Togolaise de Football dans les prérogatives propres à cette dernière, la mission ministérielle ne peut que se limiter à une mission de bons offices permettant à la CAF de dire son arbitrage par rapport aux deux interprétations des textes en présence.

En aucun cas, la mission diligentée par le Chef de l’Etat ne peut solliciter de la CAF une non application des textes. La manière dont les choses se sont passées a été tout simplement scandaleux.

Pour le Général Gnofame, devenu, on devine par quelle alchimie, un inconditionnel défenseur de Tata Avlessi, il fallait à tout prix, barrer la route de la présidence de la Fédération à Gabriel Améyi, même si, pour cela, on devait faire une entorse aux textes et règlements régissant le fonctionnement de la FTF.

Bernard Walla n’est pas du reste. L’occasion était belle pour régler les comptes à Améyi, lui qui a fait échouer Rock Gnassingbé au Congrès électif du 9 janvier 2007 en portant son soutien au dernier moment, sur Agbéyomé Kodjo.

Face à ces deux vieux barons, le petit Gilbert Atsu, jeune Secrétaire d’Etat qui se débat sur tous les fronts pour prendre la place de son défunt patron, ne fait pas le poids.

Au lieu de demander à la CAF son arbitrage sur l’application des textes, nos savants ministres revanchards flanqués d’un général en service commandé, sont tout simplement allés « vendre » aux officiels de la CAF, leur propre solution.

Celle-ci consisterait à mettre de côté les textes de la FTF et à mettre sur pieds, un Comité dit de crise, présidé par ….. Bernard Walla et chargé d’organiser de nouvelles élections à la FTF.

Pour convaincre les officiels de la CAF, la mission ministérielle a évoqué la survenue d’une guerre civile au Togo si jamais, on donnait raison à l’un des deux camps. Jamais, l’éventualité d’amener les deux camps à s’entendre sur une solution consensuelle n’a été envisagée.

Au contraire, le général Gnofame et le ministre Walla ont attisé les antagonismes de part et d’autre et contribué à radicaliser les positions au lieu de rechercher l’apaisement et le consensus. On a donné la priorité absolue aux vils calculs politiciens, aux ignobles règlements de comptes au sein du RPT dont Améyi est député, et aux basses préoccupations matérielles sur l’intérêt du football, l’intérêt du sport et l’intérêt du Togo.

De retour à Lomé samedi soir, les deux ministres s’étaient précipités à Kara pour rendre compte au Chef de l’Etat de ce qu’ils croient être le succès de leur coup de force en pressant le Président de la République d’avaliser leur coup d’Etat contre Gabriel Améyi.

Il y a, de toute évidence, une farouche volonté de la part du Général Gnofame et du Ministre Walla, de ramener la Fédération Togolaise de Football dans le giron de l’Etat et plus particulièrement, d’une certaine aile du RPT, une aile que certains appellent volontiers « l’aile vautour ».

Selon certaines rumeurs, au prochain Conseil des Ministres, le Gouvernement devrait annoncer la dissolution pure et simple du Bureau de la Fédération et la mise sur pied d’un Comité de crise présidé par le Ministre Bernard Walla pour organiser de nouvelles élections. Des élections à la mode RPT, que remporterait le candidat désigné de « l’aile vautour ».

Selon d’autres informations obtenues auprès de la FIFA, dès l’annonce d’une telle décision, le Togo serait automatiquement suspendu de toutes les compétitions internationales, y compris, la Coupe du monde Cadets, en attendant le retour à la légalité, c’est-à-dire, à l’application des textes.

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que la FIFA aurait approuvé la décision de certains membres du Bureau de la FTF de démissionner pour protester contre cette inacceptable intrusion de l’Etat RPT dans les affaires de la Fédération. Si Rock Gnassingbé était resté à la Présidence de la FTF, une telle situation aurait-elle été possible ?

Non, parce que Rock, lui, a des chars et des hommes à sa disposition. Le sévère désaveu subi par Rock Gnassingbé lors du Congrès du 9 janvier, était d’abord l’expression du refus de la loi de la jungle au sein de la FTF ; c’était ensuite l’expression d’une adhésion sans équivoque à la légalité, c’est-à-dire, à l’application des textes démocratiquement adoptés.

Au moment où tous les pays du monde tentent de tourner le dos à l’autocratie, la voie proposée pour régler la crise de la FTF constitue un dangereux retour en arrière que, ni la FIFA, ni les Togolais n’accepteront.

Faure Gnassingbé avait, en son temps, demandé à feu Attipoé de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires de la Fédération Togolaise de Football. Il n’y a pas de raison que cette directive ne continue pas de rester la règle, surtout, lorsque, selon des informations provenant de sources dignes de foi, grâce à des médiations extérieures, les deux camps en conflit à la FTF, seraient à présent sur le point de parvenir à une solution consensuelle respectant les textes et permettant d’aller rapidement à de nouvelles élections.

Olivier KANGNI

 
 
 
 
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