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Motion d'Information |
9 juillet 2007 |
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[
N°348 :
9 juillet 2007] |
Nouvelle
crise au sein de la FTF : Améyi, Boukpessi,
Assogbavi et Amavi décidés à pousser Tata Avlessi
vers la sortie |
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On sentait la chose venir. C’est désormais
officiel, la Fédération togolaise de football
(FTF) vient de se replonger dans une nouvelle
crise avec la décision de quatre membres du bureau
exécutif de l’instance de se désolidariser de la
gestion du président de la FTF, Tata Avlessi.
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Les deux vice-présidents Gabriel Améyi et Esooyaba
Boukpessi, le secrétaire général, Espoir Komlan
Assogbavi, et son adjoint, Ayayi Patatu Amavi,
ont, dans une lettre adressée au président de la
FTF, dénoncé la gestion «artisanale» de la
structure fédérale, déplorant les «décisions
inopportunes et tendancieuses» prises par le
président.
«L’amateurisme qui caractérise votre façon de
diriger notre fédération nous oblige ici à vous
déclarer formellement que nous nous désolidarisons
de vos méthodes, de vos décisions non collégiales
ainsi que des conséquences qui peuvent en
découler», écrivent-ils dans leur lettre vendredi
dernier par plusieurs de nos confrères.
Les quatre dissidents se plaignent d’avoir été mis
à l’écart des activités de la fédération. «Nous,
membres du Bureau Exécutif, ignorons tout de la
manière dont les fonds envoyés par la FIFA dans le
cadre de la Coupe du monde 2006, ainsi que les
fonds propres de la fédération sont gérés», lit-on
encore dans la lettre.
Les signataires de la lettre sont revenus sur
l’exclusion de trois joueurs de l’équipe nationale
et les conséquences sur les résultats de l’équipe
du Togo, battue, le 17 juin dernier à Cotonou, par
le Bénin (4-1) lors de la 5ème
journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique
des nations (CAN) 2008.
Ils évoquent, à cette occasion, le fait que le
président de la FTF ait fait voyager ses «amis»,
les membres de sa famille, les parents et les
enfants des membres du Bureau Exécutif de la
fédération et le personnel administratif sans au
préalable prendre le soin de les assurer. Le crash
à Freetown de l’hélicoptère transportant une
partie de la délégation togolaise a fait une
vingtaine de victimes, dont le ministre des
Sports.
Selon eux, le Togo n’a jamais connu autant de
problèmes et d’humiliations, liés à la gestion de
sa fédération de football, depuis la création de
cette structure, il y a 47 ans.
Le football togolais connaît, depuis l’année
dernière, de graves crises de gestion. L’une des
crises apparue lors de la Coupe du monde 2006 en
Allemagne a conduit la FIFA à imposer une feuille
de route à la FTF qui a abouti à un congrès
électif le 9 janvier dernier.
À l’issue de ce congrès, un nouveau Bureau
Exécutif a été mis en place et dirigé par Tata
Avlessi. Depuis la décision de suspension prise à
l’encontre de 3 joueurs cadres de l’Equipe
Nationale en Mars dernier, au soir du match contre
la Sierra Leone à Lomé, on savait qu’un ressort
était définitivement cassé au sein du Bureau de la
FTF.
La décision de suspension des joueurs avait été
prise par Tata Avlessi tout seul, soutenu par ses
obligés au sein du Bureau Exécutif. A l’époque,
une réunion avait ensuite été organisée à
l’improviste pour faire entériner la décision et
la faire passer pour une décision collective du
Bureau Exécutif.
Sur les neuf membres du Bureau Exécutif présents à
cette réunion, seul, le Secrétaire Général
Adjoint, Ayayi Patatu Amavi avait fait part de son
opposition à cette décision et avait tenu à ce que
sa position soit marquée dans les minutes de la
réunion.
Cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres. Il
y a des choses telles que la rigueur, l’humilité,
l’écoute, le respect des autres, l’esprit
d’équipe, le sens de le responsabilité, l’art de
la conduite des hommes, et bien d’autres qualités,
que l’on ne peut acheter avec de l’argent. Tata
Avlessi a dépensé beaucoup d’argent pour conquérir
la présidence de la FTF. Son grand tort est
d’avoir cru que, une fois cet objectif atteint,
qu’il pouvait combler ses lacunes personnelles en
continuant à distribuer de l’argent.
Depuis son élection le 9 Janvier 2007, Tata
Avlessi s’est vu comme un super président de la
République, l’égal de Faure Gnassingbé. Mais, à la
différence de Faure Gnassingbé, Tata Avlessi a
manqué de discernement. Il n’a jamais réalisé
qu’il n’était que président de la Fédération
togolaise de football, c’est-à-dire, avant tout,
une association comme il en existe des milliers au
Togo.
Il n’a jamais réalisé non plus que la gestion du
football togolais n’est confiée à la Fédération
que par délégation et qu’au dessus de la
Fédération, il y a le Comité National Olympique
Togolais et qu’au dessus de la FTF et du CNOT, il
y a l’Etat togolais.
Pour revenir au geste des quatre dissidents,
certains se demandent pourquoi ils ont publié leur
lettre à un moment où, le Président de la FTF se
trouve déjà en difficulté vis-à-vis des instances
internationales de football dans une affaire de
tentative de corruption d’arbitre à l’occasion de
la CAN Cadets qui s’est déroulée à Lomé en Mars
dernier.
En réalité, la fronde contre Tata Avlessi avait
commencé à se faire jour dès les lendemains de son
élection. Aux problèmes d’incompatibilité
d’humeurs entre Tata Avlessi et son 1er Vice
Président qui se vouent une inimitié sans égale,
sont très vite venues se greffer, des divergences
dans la conception même de la gestion de la FTF.
Dans la pratique, Tata Avlessi s’est révélé pire
que Rock Gnassingbé dans l’improvisation,
l’arrogance, le mépris et la mégalomanie, le tout
doublé de grosses carences en quasiment toute
chose. Le plus grave, c’est que Tata Avlessi
n’avait même pas conscience de ses propres
lacunes.
Alors qu’il n’est pas capable de faire la
différence entre un décret et un arrêté, à son
Secrétaire Général qui est un magistrat de haut
rang, de formation et de métier, il est capable de
vouloir donner des cours de droit.
Alors que Tata Avlessi était le premier à
reprocher à Rock Gnassingbé la gestion à vue des
finances de la FTF, le nouveau Président n’a pas
fait mieux que son prédécesseur en la matière. Six
mois après la prise de fonction de Tata Avlessi,
la FTF n’a toujours pas de budget, ni de plan
d’actions à court, moyen et long termes.
Son habitude de dire en toutes occasions, « c’est
moi le président » a fini par instaurer au sein de
la FTF une gestion autocratique qui a transformé
les autres membres en simples exécutants et les
réunions du Bureau Exécutif en monologues où le
président aimait à s’écouter parler.
C’est dire que l’affaire de tentative de
corruption tombait comme une aubaine pour voir
Tata définitivement écarté des affaires du
football togolais pour plus de sérénité et de
rigueur.
Alors qu’elle était attendue début Juin, la
décision de la Confédération Africaine de Football
tarde à arriver aux yeux de certains. Et puis, il
y a toutes ces rumeurs de plus en plus
persistantes faisant état d’interventions des
généraux Gnofame et Mémène en faveur de Tata pour
que la sanction prévue contre lui soit purement et
simplement abandonnée.
En se désolidarisant de la gestion de Tata Avlessi,
les quatre dissidents mettent le Président de la
FTF dans une situation bien inconfortable. Depuis
la mise en place du nouveau Bureau, les deux Vices
présidents n’ont participé qu’à peu de réunions.
Dernièrement, ils ont été rejoints par le
Secrétaire Général, Espoir Assogbavi dans le
boycott des réunions du Bureau de la FTF.
Ayayi Amavi qui a été la cheville ouvrière de la
FTF depuis le 9 Janvier était jusqu’à jeudi
dernier, la seule vraie béquille qui permettait à
l’édifice de tenir encore debout. Maintenant qu’il
a basculé dans le camp des dissidents, le Bureau
de la FTF n’a plus le quorum nécessaire pour se
réunir et encore moins pour décider.
Visiblement, l’objectif de cette opération est
double. Si, comme le disent les rumeurs, dans le
courant de cette semaine, Tata Avlessi était
frappé d’une décision d’interdiction par la CAF,
c’est automatiquement le 1er Vice
Président, c’est-à-dire Gabriel Améyi qui, en
principe devait prendre les rênes de la Fédération
pour organiser de nouvelles élections.
Au cas où aucune décision de la CAF ne tombait,
c’est Tata qui va se trouver dans l’obligation de
fait, d’organiser un nouveau Congrès de
clarification. Dans un cas comme dans l’autre,
tout porte à croire que l’on s’achemine tout droit
vers l’organisation d’un nouveau Congrès électif.
A moins que la CAF et la FIFA en décident
autrement et mettent en place un Comité de crise
chargé de gérer les affaires courantes de la FTF
jusqu’à la fin de la saison, le temps que les
esprits se calment en attendant le Congrès
électif.
Au Congrès électif de Janvier 2007, tout le monde
savait que Tata Avlessi n’était pas le meilleur
des quatre candidats en lice ; il était même
intrinsèquement, le plus mauvais. Parce qu’on a
transformé les élections à la FTF en une affaire
de gros sous, on a élu le mieux disant qui se
trouve être le plus mauvais.
En janvier 2007, Tata Avlessi était celui qui
avait sorti le plus d’argent pour acheter les
faveurs des électeurs et des donneurs d’ordre. Si
l’on ne veut pas demain, se retrouver devant les
mêmes problèmes, il faut commencer dès à présent à
discipliner et sensibiliser les électeurs afin que
les intérêts du football togolais passent devant
leurs petites considérations pécuniaires.
Le Congrès de Janvier 2007 a été une
exceptionnelle occasion d’enrichissement pour
nombre de présidents de ligues de football et
certains hauts dignitaires sportifs togolais.
Aujourd’hui, alors même que la procédure élective
n’est pas lancée, des candidats se bousculeraient
déjà aux portillons. Le nom le plus souvent cité
est celui de Gabriel Améyi. Ceux qui connaissent
bien Tata Avlessi et Gabriel Améyi disent sans
détour que, remplacer Tata Avlessi par Gabriel ne
serait pas forcément une bonne affaire pour le
football togolais.
Les mêmes sources considèrent que, si le choix des
électeurs en janvier 2007, s’était porté sur
Agbéyomé Kodjo au lieu de Tata Avlessi, nul doute
que les choses se serait passées autrement.
L’élection de Tata aura peut-être été un mal pour
un bien et permettra demain aux électeurs de la
FTF d’être plus sensibles aux arguments du
football qu’à ceux des billets de banque.
Agbéyomé Kodjo a-t-il encore envie de se lancer
dans la course ? En tout cas, si de nouvelles
élections doivent être organisées, nul doute que,
échaudés par le cas Tata Avlessi, les électeurs
auront à cœur de se rattraper et de ne surtout pas
commettre deux fois les mêmes erreurs.
Olivier KANGNI |
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Célébration du 231e anniversaire
des USA au Togo :
L’Ambassadeur
David Dunn encense le centre politique et fustige les
extrémistes de tous bords |
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A l’occasion du 231e anniversaire
de l’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique,
l’Ambassadeur des USA au Togo, Monsieur David Dunn a
offert mardi dernier, en sa résidence, un banquet auquel
ont assisté de nombreux invités parmi lesquels le
Premier Ministre togolais et la plupart de ses
ministres. |
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C’est devant un parterre de personnalités du monde
politique, économique, culturel et diplomatique que
l’Ambassadeur David Dunn a prononcé un discours à
forte teneur politique qui continue encore de susciter
des commentaires au sein de la classe politique
togolaise.
Après avoir rappelé les deux grands
principes qui fondent la société américaine, à savoir
« que tous les hommes sont créés égaux et que tout
gouvernement doit tirer son autorité du consentement
des gouvernés », M. David Dunn a insisté sur le
fait que « la réalisation des deux grands principes
susmentionnés est un processus continuel qui a occupé
des générations successives d’Américains au cours des
231 dernières années ».
Dans l’assistance, tout le monde a lu à
travers cette insistance, un appel aux Togolais à
comprendre que la démocratie est un processus long qui
s’acquiert par un combat de tous les instants.
Parlant du contexte sociopolitique né de
l’Accord Politique Global, Monsieur l’Ambassadeur
s’est félicité de ce qu’il considère comme étant la
naissance d’un « centre politique – difficile à
imaginer à la mi-2005 – qui s’est développé autour
d’un objectif commun de réforme démocratique
fondamentale, comme le stipule l’Accord Politique
Global ».
Pour M. David Dunn, l’avenir du Togo
dépend de « la capacité de ce centre à survivre et
à s’épanouir ». Il s’est dit impressionné par « l’habileté
de la plupart des politiciens et partis politiques du
Togo à dresser un équilibre entre les besoins de la
nation, en termes de réforme du cadre institutionnel,
et leurs propres intérêts en tant que partis
politiques en compétition pour un avantage électoral ».
M. David Dunn a fait sienne la définition
que l’ancien Président des Etats-Unis d’Amérique, feu
Dwight Eisenhower, donnait du centre politique situé
entre les extrêmes de droite et de gauche :
« On parle du milieu de la route comme si c’était
inaccessible. En réalité, tous les problèmes humains,
sauf l’éthique, entrent dans les zones grises. Les
choses ne sont pas toutes noires et blanches. Il doit
y avoir des compromis. Le milieu de la route, c’est
toute la surface utilisable. Les extrêmes, la droite
et la gauche, se trouvent dans les rigoles »,
a déclaré Monsieur l’Ambassadeur citant feu
Eisenhower.
Par son intervention, le représentant des
Etats-Unis au Togo semble donner raison à ceux qui
prônent la recomposition du paysage politique togolais
autour d’un centre politique où se retrouveraient à la
fois des hommes et des femmes de bonne volonté issus
aussi bien de l’Opposition que de
la
Mouvance RPT, de la diaspora et de la société civile
pour engager les réformes devant conduire
progressivement le Togo à la démocratie et à la
prospérité.
Certains analystes politiques ont lu à
travers la citation de l’Ambassadeur, des allusions à
peine voilées à la politique du « tout ou rien »
de l’UFC, à celle du « tout et tout » des
caciques du RPT et à celle du « tous pourris »
des ultra radicaux de la diaspora.
Les partisans du CAR et de
la
CDPA verraient dans cette citation, l’éloge de leur
option participationniste au gouvernement d’union
nationale et une condamnation des options contraires.
L’UFC et les autres sont assimilés aux extrêmistes, à
la droite et à la gauche, ceux qui se retrouvent dans
les rigoles, c’est-à-dire, en dehors du gouvernement.
En réalité, comme le disait d’ailleurs si
bien feu le Président Eisenhower, les choses ne sont
pas toutes noires ou toutes blanches. Le centre dont
parlait Eisenhower est le centre idéal, celui qui
résulte d’un objectif commun de construction d’une
société démocratique et d’une volonté commune de
parvenir à cet objectif.
C’est vrai que la volonté farouche de
conservation d’un pouvoir sans partage du clan
Gnassingbé et des caciques du RPT d’une part et la
volonté irréversible du peuple togolais de
s’affranchir de la dictature créent une situation
conflictuelle qu’on ne peut résoudre que par la guerre
civile ou le compromis politique,. L’insurrection
populaire aux mains nues ayant donné les preuves de
ses limites.
S’appuyant sur l’Armée, le régime RPT a
prouvé qu’il était prêt aux pires horreurs pour
conserver le pouvoir. A travers les soulèvements
populaires répétés, les Togolais ont prouvé, chaque
fois qu’ils en ont eu l’occasion, qu’ils étaient prêts
à tous les sacrifices pour défendre leurs droits à la
liberté, à la justice et à la dignité.
Dans ce contexte de ni paix ni guerre où
chacun campe résolument sur ses positions, l’histoire
démontre que, tôt ou tard, la volonté populaire finit
par triompher de la folie mégalomaniaque et de
l’entêtement dans la bêtise.
La classe politique togolaise ayant fait
le choix raisonnable du règlement de la crise par les
voies exclusivement politiques, les analystes
politiques sont de plus en plus nombreux à considérer
que la mise en œuvre de ce choix ne sera possible
qu’au centre de l’échiquier politique togolais,
excluant les caciques du RPT adeptes de la dictature
militaire pure et dure et les fanatiques de l’UFC qui
veulent continuer à réduire le problème togolais au
seul contentieux historique entre les familles
Gnassingbé et Olympio.
L’émergence d’un centre politique
patriotique suppose l’existence, aussi bien au sein de
l’Opposition qu’au sein du RPT, d’hommes et de femmes
résolument démocrates ou convertis aux valeurs de la
démocratie et qui, sans aucune arrière pensée de
vengeance ni de contre vengeance, accepteraient
d’œuvrer sincèrement à la mise en œuvre des deux
principes fondateurs de toute démocratie, à savoir,
l’égalité des citoyens et le droit inaliénable des
citoyens à choisir leurs dirigeants en toute liberté
et transparence.
Le contexte particulier du Togo rend cet
exercice difficile et délicat. Il exige une forte dose
de courage politique, d’abnégation et de sens du
compromis. Il faut rassurer ceux qui nourrissent des
peurs légitimes tout en donnant entière satisfaction à
la volonté des Togolais d’aller vers un système
totalement démocratique.
Le centre ainsi défini est bien différent
de celui qui est aujourd’hui au Gouvernement d’union
nationale et qui suscite l’admiration de Monsieur
l’ambassadeur des Etats-Unis au Togo. Car, le centre
patriotique ne peut se définir en termes d’étiquettes
politiques cohabitant dans un ensemble hétéroclite
marqué par de forts antagonismes et aux objectifs
aussi multiples que contradictoires.
L’émergence du vrai centre politique est
possible car, les plus de quinze ans de révolte
populaire des Togolais contre le régime RPT a révélé
des faits désormais indéniables sur les hommes et les
mentalités.
Effet, même s’ils sont minoritaires, il y a au RPT,
des hommes et des femmes réellement démocrates, ayant
le sens de la patrie et de l’honneur et qui n’ont pas
une vision clanique et sectaire du pouvoir d’Etat.
De même, au sein de l’Opposition, même
s’ils ne constituent pas le plus gros du contingent,
il y a des adeptes et des symboles de la mauvaise
gouvernance, du pourrissement, du pouvoir autocratique
et totalitaire et qui, de ce fait, n’ont aucune leçon
de démocratie et de patriotisme à donner à qui que ce
soit.
Le
Togo ne peut échapper à l’évolution historique de tous
les peuples du monde vers la démocratie. L’Ambassadeur
David Dunn a certes raison lorsqu’il dit que les
extrêmistes qui refusent le compromis se retrouveront
dans les rigoles ou sur les bas côtés de la route.
Entre les extrémistes du RPT qui font de
la conservation du pouvoir absolu sans partage, la
condition sine qua none de leur survie et leurs
homologues de l’Opposition qui considèrent que le
pouvoir togolais actuel est un bien usurpé par le RPT
et qui doit leur revenir, il est possible de faire
émerger une troisième force du centre qui place
l’intérêt et l’avenir du Togo au-dessus de toutes
considérations personnelles, familiales, claniques ou
partisanes.
Cette force du centre sera d’abord celle
de l’adhésion ou de la conversion aux valeurs
démocratiques fondamentales susmentionnées. Cette
adhésion à la démocratie signifie pour ceux qui
conservent par la force des armes, le pouvoir d’Etat
depuis plus de quarante ans, l’acceptation dorénavant
du principe de la perte de tout ou partie de ce
pouvoir lorsque le peuple en décidera ainsi.
Elle signifie pour ceux qui, depuis plus
de quarante ans luttent par tous les moyens pour la
conquête du pouvoir d’Etat, l’acceptation du principe
de n’accéder peut-être dans un premier temps, qu’à une
partie de ce pouvoir soit parce que le peuple en aura
décidé ainsi, soit parce qu’il relève d’un compromis
entre le souhaitable et le possible.
Cette force du centre sera ensuite celle
du sens du compromis, de l’intérêt national, de
l’honneur et du respect de la parole donnée. L’on a vu
nombre d’intellectuels et responsables togolais et
étrangers renoncer à toute dignité par cupidité pour
mettre leur intelligence et leur savoir faire au
service du mal, de la non démocratie et du sabotage de
tout ce qui pouvait contribuer à la marche du peuple
togolais vers le progrès et le développement. La force
du centre doit au contraire fédérer toutes les
énergies créatrices au-delà des clivages traditionnels
qui ont sclérosé le pays et empêché sa prospérité.
Cette force du centre sera enfin celle de
la responsabilité citoyenne. Les Togolais vivent
depuis plus de quarante ans dans un système pervers
qui a inoculé à nombre d’entre eux, les virus de la
paresse, du goût de la facilité, de la corruption, du
vol, de la spoliation et de la prévarication.
Népotisme et tribalisme, médiocrité et
mensonge, intrigues et délation, surenchère dans le
zèle et culte de la personnalité ont été érigés en
modèle d’organisation sociale.
S’émanciper de telles servitudes, profondément ancrées
dans les mentalités, imposera d’abord une prise de
conscience de chaque Togolais et une acceptation des
efforts à déployer pour opérer un véritable changement
des mentalités et réapprendre le sens civique
indispensable au développement politique, social et
économique du Togo de demain.
C’est donc une responsabilité individuelle
de chaque citoyen de s’atteler à la lourde tâche
d’élimination des séquelles de l’autocratie pour
retrouver les valeurs sociales élémentaires que sont,
l’honnêteté, la fidélité à la parole donnée, le
respect de l’autre et de son droit à la liberté, le
dévouement à l’intérêt général, la générosité et le
sens du partage, le goût de l’effort et du travail
bien fait.
La force du centre ne sera celle de la
responsabilité citoyenne que si elle est portée par
des hommes et des femmes qui incarnent et respectent
eux-mêmes, les valeurs prônées.
Contrairement à ce que pense l’Ambassadeur
des USA au Togo, les autorités issues de l’application
de l’Accord Politique Global ne peuvent incarner le
vrai centre politique porteur d’avenir pour le Togo.
Le RPT est resté intransigeant dans son
refus du partage effectif du pouvoir et dans son refus
d’adhérer dans les faits aux principes démocratiques.
Le refus de l’UFC de participer au
gouvernement ne résulte pas d’un rejet de l’APG, mais
du refus du RPT de confier le poste de Premier
Ministre au parti de Gilchrist Olympio et de
l’impossibilité pour l’UFC et le RPT de trouver un
compromis substitutif.
Le vrai centre politique reste à
construire. Elle sera l’œuvre d’hommes et de femmes,
de plus en plus nombreux à refuser la prise en otage
du pays par les partisans du « tout et tout »
et ceux du « tout ou rien ».
Au sein même des partis politiques dits
« traditionnels », au sein de la société civile,
auprès des Togolais de l’étranger, des voix s’élèvent
de plus en plus en faveur de l’émergence de cette
troisième force du centre pour fédérer toutes les
énergies positives et patriotiques soucieuses
d’instaurer au Togo, une nouvelle façon de faire la
politique.
Gilbert MESSANGAN |
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La CENI lève le secret de polichinelle Pas
d’élections législatives le 5 août : Début du
recensement le 16 juillet |
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* Fortes inquiétudes sur le processus
Dans notre édition numéro 343 du 11 juin, nous
annoncions le report de fait des élections
législatives prévues pour le 5 août. Sur la foi
d’informations obtenues auprès de spécialistes du
PNUD (Programme des Nations Unies pour le
Développement) et de l’Union Européenne, nous
estimions que, des élections législatives
crédibles ne pouvaient avoir lieu au Togo avant le
15 septembre 2007 au plus tôt. |
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Certaines sources proches de la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) s’étaient
étonnées de notre analyse, trouvant nos prévisions
totalement insensées et soutenaient mordicus que
les élections auront bien lieu comme prévu à la
date du 5 août 2007.
Jeudi dernier, au cours d’un point de presse
qu’elle a animé à son siège, en présence des
partis politiques, la CENI a fini par lever le
secret de polichinelle en annonçant officiellement
le report sine die du scrutin du 5 août.
La CENI a également confirmé l’information que
nous annoncions dans notre édition numéro 347 de
la semaine dernière concernant la date du début
des opérations de recensement désormais,
officiellement fixée au 16 juillet. La fin du
recensement étant prévue pour le 17 Août 2007.
Afin d’éviter l’annonce d’une nouvelle date de
scrutin qui se solderait à coup sûr, par un
nouveau report, la CENI a cette fois-ci, décidé de
ne pas annoncer de date. Par prudence, elle
préfère attendre le début des opérations de
recensement pour s’assurer de leur bon déroulement
avant de fixer une nouvelle date des élections
législatives.
Comme pour rassurer les sceptiques, mercredi
dernier, la CENI a entamé l’acheminement du
matériel de recensement électoral dans les
différentes préfectures du pays. «Nous avons
chargé du matériel de recensement à destination
des préfectures et nous espérons desservir les 31
préfectures du pays d’ici vendredi», avait
déclaré à la presse M. Jean-Claude Codjo Délava,
membre UFC de la CENI, en charge de la logistique.
Les 2.685 kits informatiques empruntés à la
République Démocratique du Congo (RDC) sont
convoyés par camions escortés par des forces de
l’ordre. «Nous avons reçu mercredi matin un
renfort de forces de sécurité pour le chargement
et l’acheminement du matériel», a ajouté M.
Codjo.
Une fois convoyés dans les préfectures, les kits
seront répartis dans les centres de recensement
par les membres des Commissions Electorales
Locales Indépendantes (CELI).
Dans le même temps, les opérateurs et opératrices
de saisie chargés du recensement, ont été
regroupés samedi dernier pour des séances de
formation avant leur installation dans les centres
de recensement.
Selon le programme dévoilé jeudi dernier par les
responsables de la CENI, la mise en place complète
du matériel et des hommes devrait être achevée
dans le courant de cette semaine pour permettre lé
début du recensement lundi prochain 16 juillet
2007.
Le 16 juillet arrivera comme le jour « J »
de vérité pour la CENI elle-même et son principal
prestataire de services, la société belge ZETES.
En effet, malgré l’optimisme apparent affiché par
les responsables de l’organe chargé de la
supervision et de l’organisation des élections,
des zones d’ombre subsistent et suscitent de très
fortes inquiétudes auprès des acteurs politiques
togolais.
Pour Patrick Lawson, 3ème Vice-Président
de l’Union des Forces de Changement (UFC), « la
situation est vraiment inquiétante, tout ce qui se
passe ressemble à du pur bricolage ». Il
ajoute : « Pas de chronogramme, on se
contente d’avancer une nouvelle date du
recensement électoral. On navigue à vue ».
Certains diplomates ont également fait part aux
responsables de la CENI, de leur profonde
inquiétude la semaine dernière.
De sources proches de la CENI, on indique que la
question de la fiabilité des listes électorales
issues des opérations de simulation des 12 et 13
juin derniers n’est toujours pas définitivement
tranchée.
Aucun des responsables que nous avons approchés,
n’était en mesure de nous certifier que la liste
centralisée fournie par le prestataire ZETES à
l’issue de la simulation, reflète à 100 % la
réalité du recensement effectué. Or, c’est au
niveau de la centralisation des données que
peuvent intervenir les mécanismes de fraudes
destinés à travestir le fichier électoral.
Deux techniques de fraudes sont particulièrement
redoutées par les spécialistes. La première
consiste en la manipulation des données pour
réduire ou à gonfler artificiellement le fichier
électoral suivant la faveur ressentie dans une
zone donnée.
La seconde consiste à « importer » par
camions entiers, de faux électeurs provenant de
villages limitrophes du Ghana, du Bénin et du
Burkina Faso et à leur établir des cartes
d’électeur.
Le jour du vote, ces faux électeurs n’ont pas
besoin d’être physiquement présents sur le
territoire pour voter. L’utilisation de la
technique des bureaux de vote fictifs permet
d’enregistrer des votes pour eux et de bourrer les
urnes en conséquence.
Depuis le début du processus électoral, des
rumeurs font état de l’existence de systèmes de
recensement parallèles dont les données finiraient
par être déversées dans le système officiel.
Les spécialistes craignent que la vigilance de la
CENI ne soit très vite prise en défaut par un
système très technique et très sophistiqué de
fraude ou de pollutions massives du processus de
recensement.
En réalité, il semblerait que, l’objectif premier
de ce système parallèle de recensement n’est pas
tant la fraude électorale. Il serait d’abord
destiné à discréditer le processus électoral en
sabotant le système officiel de recensement. Ce
sabotage se ferait par une pollution du système
officiel en y injectant des données erronées ou
inconsistantes provenant de systèmes parallèles de
recensement.
Il suffirait, par exemple, pour discréditer le
système de recensement, que la preuve formelle
soit apportée qu’un électeur a pu se faire
délivrer plusieurs cartes d’électeur sous la même
identité ou sous plusieurs identités différentes
ou que des électeurs dûment munis de cartes
d’électeur délivrées par le système ont disparu du
jour au lendemain des listes officielles.
Les responsables de la CENI se veulent rassurants
et jurent que tous les verrous imaginables ont été
mis en place pour empêcher la pollution du fichier
électoral par des données provenant d’éventuels
systèmes parallèles.
Parmi les dispositifs mis en place, la CENI évoque
les procès verbaux accompagnant les CD provenant
des centres de recensement et l’émission de
statistiques rigoureuses, quotidiennes permettant
de déceler tout mouvement anormal qui surviendrait
sur tel ou tel centre de recensement.
De l’avis des spécialistes, l’exercice est tout
simplement impossible pour la simple raison que la
CENI ne dispose pas d’un effectif suffisamment
nombreux et formé pour un travail de cette ampleur
et de ce niveau de technicité.
Et puis, tout le monde sait qu’un hold-up
électoral, c’est comme un hold-up dans une banque.
Il bénéficie toujours de fortes complicités
internes et d’une parfaite connaissance des forces
et faiblesses du système de sécurité en place.
Du coup, c’est le spectre de 2002 qui plane sur
tout le processus électoral. Pour le professeur de
droit Paul Amuzuvi, l’organisation de ces
législatives ressemble à celles de 2002: « trop
de reports et absence de rigueur au sein de
la CENI ».
On se souvient que les législatives d’octobre
2002, du temps du général président Gnassingbé
Eyadéma avaient eu lieu mais après avoir été
reportées deux fois à la suite de plusieurs mois
de querelles entre le pouvoir et l’opposition.
Le régime RPT avait tout fait pour paralyser le
fonctionnement de la CENI issue de l’Accord Cadre
de Lomé (ACL) et s’est ensuite prévalu de cette
paralysie pour rompre unilatéralement l’ACL.
Une CENI sur mesure avait alors été créée et
l’organisation d’élections législatives sur mesure
confiée au gouvernement RPT provoquant le boycott
de l’Opposition et permettant au RPT de parvenir à
son objectif, celui d’une assemblée monocolore de
service dont la première décision avait été de
modifier la Constitution en vue d’un troisième
mandat pour le général président Eyadéma.
Les risques de sabotage du processus électoral en
cours sont pris très au sérieux par les
observateurs et les chancelleries. La mise en
garde prononcée mardi dernier par l’Ambassadeur
des Etats-Unis au Togo en dit long sur ces
appréhensions. « Ceux qui chercheraient à
saboter ou à faire dévier le processus,
compromettraient les meilleures chances, à mon
avis, que le Togo aura eues en plusieurs années de
revenir sur une voie d’espoir et de prospérité »,
avait-il déclaré.
Ce sabotage pourrait être l’œuvre de plusieurs
groupes. Il y a d’abord, le clan des militaro
politico mafieux qui tirent de très juteux profits
de la situation de non droit dans laquelle s’est
installée le Togo depuis près de quinze ans.
Il y a ensuite les recalés et les laissés pour
compte du vent de renouveau que Faure Gnassingbé
tente de faire souffler sur le RPT. Pour nombres
d’anciens dignitaires du régime RPT, les élections
législatives prochaines sonnent comme le glas de
leur vie politique et même de leur vie tout court.
Alors, tout ce qui peut être fait pour retarder,
voire empêcher cette retraite anticipée aura leur
bénédiction.
Il y a enfin, ceux qui, par calculs politiciens,
voudraient que l’on fasse l’économie de ces
élections législatives. En effet, il n’est pas dit
que des élections législatives transparentes et
démocratiques soient une très bonne chose pour
certains partis de l’Opposition à deux ans et demi
des élections présidentielles de 2010.
Certains ne voudraient surtout pas aller griller
au sein d’un futur gouvernement paralytique sans
réel pouvoir de réforme, leur popularité
électorale encore intacte et la virginité
politique qui constituent l’essentiel de leur
principal fonds de commerce électoral.
La première semaine de recensement va être
déterminante pour fixer tout le monde.
Gilbert MESSANGAN |
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