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Motion d'Information

25 juin 2007

[ 346 : 25 juin 2007]
Football : Tata Avlessi a été auditionné par la CAF

La Confédération africaine de football (CAF) siégeant au Caire en Egypte a auditionné jeudi dernier, le président de la Fédération togolaise de football (FTF) Tata Avlessi dans l’affaire de tentative de corruption d’arbitre lors de la Coupe d’Afrique des Nations Cadets de mars 2007 à Lomé.

De très lourdes charges étaient retenues contre le Président de la FTF à qui il est reproché d’avoir été le commanditaire de la tentative présumée de corruption d’arbitre au profit de l’équipe nationale togolaise qui livrait contre son homologue de la Tunisie un match qualificatif en Coupe du monde de la catégorie Cadets, un match qui s’est déroulé dans la foulée des hostilités de la CAN Cadets.

L’arbitre international assistant togolais et l’arbitre gambien de ce match qualificatif ont été suspendus suite à leur audition.

Sommé le 15 mai dernier par la CAF de s’expliquer sous huitaine sur les charges pesant sur lui, le président de la FTF, dans sa réponse en date du 20 mai, aurait affirmé « qu’il n’a été en aucun cas auteur de quoi que ce soit et n’a donné des instructions à personne ».

Le problème pour Tata Avlessi, c’est que les arbitres ont reconnu les faits et les preuves de la tentative de corruption, à savoir, les enveloppes contenant les billets de banque, avaient été retrouvées dans les chambres d’hôtel des arbitres lors d’une perquisition organisée par les officiels de la CAF.

Des rumeurs avaient circulé selon lesquelles, feu Théodore Amégnran, un très proche de Tata Avlessi était prêt à assurer la responsabilité de l’infraction pour sauver la tête de son ami. Cette ligne de défense vole en éclats, puisque, Théodore Amégnran, décédé dans le crash d’hélicoptère de Lungi ne pourra pas confirmer cette version.

Selon certaines indiscrétions, la Commission de discipline de la CAF réunie le 4 Juin dernier au Caire, aurait proposé au Comité Exécutif d’infliger au Président de la FTF, de très lourdes sanctions, mais que la décision n’avait pas été divulguée en raison du drame qui venait de frapper le football togolais.

Les rumeurs parlent d’une possible suspension de 5 à 10 ans, de toute activité dans le domaine du football. Pour l’instant, il ne s’agit que de rumeurs. Tata Avlessi sera très vite fixé sur son sort par courrier.

Selon des sources proches de la CAF, l’audition aurait été très pénible pour le président de la FTF qui, dans cette affaire, n’a pas choisi la meilleure ligne de défense. Tata Avlessi serait très affecté par cette accusation. Désormais, toute la vie de la FTF reste suspendue à l’annonce de la décision de la CAF.

Porté triomphalement à la tête de la FTF il y a un plus de 5 mois, Tata Avlessi a accumulé les fautes et les dérives. Il a très vite brillé par son manque d’expérience, de maturité, de rigueur et de fiabilité, sa faible capacité intellectuelle dans l’approche des problèmes, son manque d’expérience dans la gestion des hommes et la coordination des actions.

Tata Avlessi n’a jamais fait montre d’une vision en profondeur des problèmes du football togolais. Son manque d’humilité et de discernement, sa tendance à l’égocentrisme, à la mégalomanie et au culte de la personnalité l’ont conduit à des actes qui ont fait l’unanimité contre lui.


Son agression pendant la CAN Cadets contre le Président de la Fédération Béninoise de Football n’est pas étrangère aux traitements inhumains que les Béninois ont fait subir aux Togolais il y a une semaine lors du match Bénin-Togo à Cotonou.

Sa décision personnelle envers et contre tous, de suspension des joueurs cadres de l’Equipe nationale a été très mal vécue par les supporters.

Quelle que soit la décision de la CAF, quelque
chose se sera cassé dans la dynamique issue du Congrès du 9 janvier. Le fait que, ce soit seulement 3 Délégués qui aient voté au dernier Congrès statutaire du 22 mai pour le maintien de Tata Avlessi à la présidence de la FTF est révélateur de la cassure entre le Président et la base.

Pour autant, le Président de l’US Masséda n’est pas un mauvais type. Il est plein de générosité pour le football en général. Dans son village, il a entrepris la construction d’une série de structures (terrain de football, centre de formation, etc. …) qui pourraient faire la fierté de notre pays.

Si la sanction de la CAF se limitait à un simple blâme accompagné d’une amende, même très forte, Tata Avlessi pourrait alors remercier ses dieux et les relations qui font tout pour intervenir en sa faveur auprès des instances de la CAF ;

Dans le cas où Tata Avlessi écopait d’une suspension, même mineure, ce serait alors pour lui, le début d’une véritable traversée du désert, au moins en matière de football.

Olivier KANGNI

Pas d’élections législatives le 5 août : La CENI monte au créneau et désigne les vrais responsables du retard

Même si l’annonce n’a pas été faite ni par le gouvernement, ni par la CENI, il est officiellement acquis que les élections législatives n’auront pas lieu le 5 août prochain. Selon les dispositions du Code Electoral, un décret convoquant le corps électoral aurait dû être pris au plus tard le 21 juin, ce qui n’a pas été le cas, confirmant ainsi un nouveau report des élections législatives.

Dans notre édition numéro 345 de la semaine dernière, nous citions, parmi les principaux problèmes auxquels la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est confrontée dans l’accomplissement de sa mission, celui des pesanteurs politiques qui entravent le bon déroulement du processus électoral.

Nous indiquions que, la CENI, chargée de l’organisation et de la supervision des élections est apparemment tiraillée entre ceux qui voudraient l’utiliser comme un simple instrument de validation d’une nouvelle parodie d’élections et ceux qui voudraient en faire le garant de véritables élections transparentes, libres et démocratiques.

Même si elle n’a pas été nommément mise en cause par le chef de l’Etat lors de sa rencontre du mercredi 13 juin avec les partis et organisations signataires de l’Accord Politique Global (APG), la CENI qui se trouve au cœur du dispositif électoral, ne pouvait pas ne pas se sentir visée en premier par les critiques du président de la République.

Faure Gnassingbé s’est inquiété des « retards accumulés » dans le déroulement du processus électoral et a demandé au Premier Ministre Maître Yawovi Agboyibo, de « prendre d’urgence les mesures nécessaires en vue d’imprimer une nouvelle dynamique » à la préparation des élections.

Depuis cette intervention des plus hautes autorités du pays, plusieurs responsables de la CENI sont montés au créneau pour clarifier la situation et situer les responsabilités. Au sein de la CENI, tout le monde ou presque, semble avoir pris conscience du caractère historique des prochaines élections législatives.

Il semble y avoir auprès de la CENI une réelle volonté de faire les choses comme il faut. « C’est une responsabilité que nous avons devant le peuple togolais, devant les partenaires extérieurs de notre pays et devant l’histoire. Si nous échouons, nous aurons à en répondre un jour devant les Togolais », nous a déclaré en privé, un membre de la CENI pourtant proche de la mouvance RPT.

Même si dehors, le langage est plus diplomatique et forcément plus poli, à la CENI, personne n’entend avoir à porter le chapeau d’un éventuel échec du processus électoral. « Qu’on nous laisse travailler ; que personne ne prenne des décisions à notre place ; que personne n’essaye de nous forcer la main et vous verrez, tout ira bien », a ajouté un autre membre de la CENI visiblement désemparé.

En effet, lorsque Faure Gnassingbé parle de retard, il est important d’indiquer par rapport à quelle référence il se situe. Ce n’est pas la CENI qui avait fixé la date du 24 juin. C’est Faure Gnassingbé. Etait-ce sa prérogative ? Certainement non. Est-ce la faute de la CENI si les partis politiques et le gouvernement ont mis trois mois pour se mettre d’accord sur le mode de recensement et de délivrance de la carte d’électeur ? Certainement pas.

En fixant la date du 24 juin, le chef de l’Etat avait-il intégré ces paramètres ? Les Togolais auraient voulu qu’il réponde à cette question. Pour une fois, le président de la CENI a dit les choses comme il fallait : « Nous avons besoin du temps nécessaire pour organiser des élections crédibles et transparentes. La date du 05 août. a été choisie sur la base des conditions précises. A la CENI nous faisons tout ce qu’il faut pour avoir des élections crédibles... Mais, s’il faut un nouveau report pour qu’elles soient bonnes, le problème ne se pose pas », a-t-il déclaré à la Télévision le 17 juin dernier lors de l’émission « Plateau de la Semaine ».

Selon une source proche de la CENI qui s’est exprimée sous le sceau de l’anonymat, la date du 5 août avait été calculée à la fin du mois de mars comme nouvelle date possible sous réserve que, dans les deux semaines qui allaient suivre, deux conditions devraient être  réunies.

La première condition était que les kits soient opérationnels pour commencer la formation des opérateurs de saisie et des techniciens chargés du recensement électoral dont le démarrage avait alors été programmé au plus tard à la mi-mai.

La seconde condition était que le gouvernement et les partenaires extérieurs mettent immédiatement à la disposition de la CENI, les fonds nécessaires au financement de toutes les opérations électorales.

Aucune de ces deux conditions n’a été respectée. La convention de financement avec l’Union Européenne n’a été signée que le 11 juin dernier. Les décaissements n’interviendront pas avant la mi-juillet au plus tôt. A ce jour, la CENI n’a pas encore bouclé la totalité du financement des élections.

S’agissant des kits, les problèmes ne se posent pas au niveau de la quincaillerie, mais au niveau des logiciels devant équiper les kits. Les logiciels ne sont pas totalement opérationnels. Les premiers tests effectués fin avril avaient révélé des carences. A l’issue de l’opération de simulation effectuée les 12 et 13 juin derniers, on s’est aperçu que toute la partie consolidation des données ne fonctionne pas.

Selon le président de la CENI, les opérations de simulation ne sont pas allées à leur terme. Il s’est beaucoup plaint des prestations de la société Zetes chargée de développer les logiciels de centralisation des résultats. «Jusqu’à ce dimanche, la liste des 1640 électeurs sur lesquels la, simulation a été faite n’est pas encore centralisée, Ce qui fait que nous n’avons pas de liste », déclarait le Président de la CENI dimanche dernier. Aux dernières nouvelles, la liste des électeurs issue de la simulation n’est toujours pas disponible. La CENI espère l’avoir pour la fin de cette semaine.

Comme on le voit, la CENI est elle-même tributaire de partenaires et de prestataires qui déterminent le rythme de déroulement du processus. C’est cette espèce d’impuissance que traduit le président de la CENI lorsqu’il déclare : « La CENI travaille en collaboration avec le gouvernement et des partenaires. Il arrive que l’exécution de certaines tâches accuse des retards de part et d’autre ». Il ne suffit donc pas de taper du point sur la table pour que les choses avancent plus vite.

Ainsi que l’indiquait M. Karl Flittner au terme de la dernière mission d’évaluation de l’Union Européenne,  « il y a des problèmes, nous regrettons les retards qui sont déjà intervenus et certains risquent encore d’intervenir dans les jours qui viennent, il y a encore un certain scepticisme et des appréhensions. Il y a encore certains doutes sur l’organisation des élections législatives transparentes ».

A la CENI, on est conscient de ces écueils. Il paraît de plus en plus évident que la date du 5 août ne correspond plus à rien et qu’il n’y aura pas d’élections législatives à cette date.. Les responsables de la CENI indiquent que leur souci majeur est d’organiser des élections propres et apaisées en fonction de la logistique mise à leur disposition.

Il faut maintenant que chacun des acteurs (gouvernement, partis politiques, partenaires extérieurs, prestataires de services), joue sa partition et qu’on laisse à la CENI, le temps de  terminer toutes les tâches en amont du recensement et de s’assurer de la fiabilité de la logistique mise à sa disposition.

S’il faut encore deux ou trois semaines pour atteindre cet objectif, il faut s’en donner le temps. Les responsables de la CENI ont fini par comprendre qu’il est essentiel pour eux, de communiquer. Il est important que les Togolais et les acteurs politiques soient régulièrement informés de l’état d’avancement du processus et des problèmes rencontrés. En l’absence de communication, le doute s’installe et la confiance s’effrite.

Malgré les retards enregistrés et les lenteurs observées, les responsables de la CENI se veulent optimistes et rassurants. Ils font remarquer que « les agents recenseurs sont formés, les kits électoraux sont reconditionnés et nous ne tarderons pas à publier le calendrier de ce processus électoral ».

Les spécialistes qui regardent le processus de l’extérieur ne semblent pas partager l’optimisme de la CENI. Tout le monde attend désormais, la publication d’un chronogramme détaillé crédible, indiquant pour chacune des opérations participant au processus électoral, les dates de début et de fin ainsi que d’éventuelles conditions devant être remplies.

La CENI doit tenir compte de toutes les contingences externes intervenant dans le déroulement du processus. Les Togolais ont encore à l’esprit, les raisons évoquées par le régime RPT en 2002 pour rompre unilatéralement l’Accord Cadre de Lomé et organiser la parodie d’élections législatives qui a débouché sur l’actuelle Assemblée Nationale monocolore de service.

A l’époque, le RPT avait lui-même organisé l’enlisement de la CENI pour s’en prévaloir et justifier ainsi un coup de force qui a plongé un peu plus le Togo dans l’abîme. La tentation d’un remake de l’ACL est très forte auprès de certains caciques du régime. La détermination de la CENI à vouloir organiser des élections totalement transparentes et démocratiques n’est pas pour rassurer tout le monde, en particulier, ceux qui se sont discrédités auprès des Togolais et qui ont de bonnes raisons de craindre la sanction des urnes.

Selon certains observateurs, il existe aujourd’hui une réelle volonté de la part du pouvoir RPT de voir transférées au gouvernement, certaines prérogatives essentielles de la CENI comme en 2002.

Certains acteurs commencent à se demander si les lenteurs imprimées par la société ZETES au développement des logiciels ne relèvent pas d’un acte délibéré mené en connivence avec les partisans du pourrissement pour gêner la CENI dans l’accomplissement de sa mission.

La consolidation des données est une composante ultra importante du dispositif de recensement. C’est à ce niveau que l’on peut tordre le cou aux fichiers et gonfler à volonté les listes électorales par des électeurs et des bureaux de vote fictifs.

Il est surprenant que cette fonction essentielle du système n’ait pas été testée. Tout se passe comme si on veut empêcher la CENI de tester le système jusqu’au bout. La simulation des 12 et 13 juin derniers n’ayant pas été effectuée de bout en bout, la CENI envisage-t-elle de programmer de nouvelles opérations de simulation portant sur l’intégralité du processus ? Ce serait plus que souhaitable si elle veut se mettre à l’abri de surprises désagréables.

Le fait que les responsables de la CENI soient montés au créneau a clarifié la situation et situé les responsabilités des uns et des autres. Les acteurs qui planifiaient de se prévaloir à nouveau de leurs propres turpitudes pour perpétuer les habitudes de la maison devront tomber les masques.

Frisco de SOUZA

 
En cas de nouveau report des législatives : Maître Agboyibo devra-t-il démissionner ?

La mayonnaise n’a pas pris. Le grand jeu sorti par Faure Gnassingbé pour rejeter sur son Premier Ministre, la responsabilité d’un deuxième report des élections aura été un grand flop. La presse a été quasi unanime dans ses analyses pour dire que le chef de l’Etat est plus responsable des reports que le Premier Ministre.

Il est apparu que le vœu caché de Faure Gnassingbé est de voir le gouvernement se substituer à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans ses prérogatives essentielles tandis que la CENI serait réduite à un simple instrument d’exécution placé de fait sous l’autorité du gouvernement. Exactement comme en 2002.

Agboyibo ne peut décemment pas souscrire à cette logique suicidaire. Depuis sa nomination à la tête du gouvernement il y a neuf mois, Maître Agboyibo a dû avaler des couleuvres. Le seul fait de se retrouver premier ministre sans réel pouvoir, sans réelle emprise sur les affaires de la nation, constitue déjà une situation très inconfortable que Agboyibo, en d’autres temps, n’aurait jamais acceptée.

Certains analystes ont cru voir à travers la correspondance de Faure Gnassingbé à Agboyibo, une façon pour le président de remettre le Premier Ministre à sa place après que le chef du gouvernement ait publiquement « dénoncé » l’activisme de certains préfets RPT.

Le Chef de l’Etat se serait senti visé par cette attaque du Premier Ministre et aurait voulu lui rendre la monnaie de sa pièce en lui rappelant l’engagement qu’il avait pris devant les Députés d’organiser les élections législatives dans les délais fixés, à savoir le 24 juin.

On se souvient qu’à l’époque, même les Députés RPT avaient mis en garde le tout nouveau premier ministre contre le caractère irréaliste de cet engagement. Ainsi que l’ont démontré toutes les analyses de la semaine dernière, il est difficile d’imputer au Premier Ministre les lenteurs qui sont à l’origine des retards enregistrés dans le déroulement du processus électoral, l’organisation et la supervision des élections étant dévolues par le Code Electoral à la CENI.

D’autres analyses pensent que, malgré cette réalité institutionnelle, tout sera fait pour faire porter le chapeau d’un éventuel échec du processus électoral à Maître Agboyibo en se référant à l’engagement qu’il avait pris dans son discours de politique générale.

Du coup, la question se pose de savoir si le Président National du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) ne devrait pas prendre les devants et démissionner avant que les Députés RPT ne l’éjectent par un vote de défiance.

Jusqu’à présent, Faure Gnassingbé et Maître Agboyibo ont tout fait pour que leurs rapports soient les moins conflictuels possibles. Pour autant, de part et d’autre, personne n’est dupe.

Le refus du Premier Ministre d’assister aux commémorations du 13 janvier a tracé la ligne de démarcation. Avant cela, il y a eu le refus d’Agboyibo de céder sur la question de la carte d’électeur sécurisée avec photo numérisée. Agboyibo a donc défendu des positions de principe qui ont sans doute gêné Faure Gnassingbé face aux caciques du RPT restés majoritairement pro Edem Kodjo.

Tant que la confrontation pied à pied entre les deux têtes de l’Exécutif se limitait à des domaines de gestion quotidienne du pouvoir, l’un et l’autre avaient intérêt à ce que rien ne transparaisse sur la place publique.

Mais, au fur et à mesure que l’on s’approchera de l’échéance électorale des législatives, les amabilités risquent de faire place aux hostilités ouvertes. Faure Gnassingbé sait que si le RPT perdait les prochaines élections législatives, il serait tenu pour responsable de cette défaite à la fois par les caciques du RPT foncièrement anti-Agboyibo et le clan Gnassingbé.

De son côté, Agboyibo sait que si le RPT gagne les prochaines élections, ses ambitions présidentielles seraient définitivement hypothéquées et ses adversaires au sein même de l’Opposition ne se priveraient pas pour l’accuser de connivence avec le « diable » au détriment des forces démocratiques.

Faure Gnassingbé et Yawovi Agboyibo ont tous deux intérêt à ce que les prochaines élections législatives soient démocratiques et transparentes. En même temps, l’un et l’autre ont intérêt à ne pas perdre ces élections.

Par rapport à ces objectifs, à quoi servirait une éventuelle démission d’Agboyibo aujourd’hui ? A rien. Si ce n’est à faciliter la tâche à Faure Gnassingbé. Il y a des tâches qui relèvent de la compétence du gouvernement. Garantir la libre circulation des responsables politiques à travers le pays, garantir la sécurité des activités politiques sur toute l’étendue du territoire, assurer la sécurité des bureaux de vote, accélérer les procédures de délivrance des cartes d’identité aux citoyens, voilà des tâches sur lesquelles le Premier Ministre se doit d’affirmer son autorité.

Lorsqu’il était dans l’Opposition, Maître Yawovi Agboyibo a étudié toutes les procédures de fraudes utilisées par le RPT pour travestir les résultats des élections. Aujourd’hui, qu’il est au pouvoir, les Togolais attendent de lui qu’il travaille à ce que ces méthodes de fraudes soient éradiquées.

Il serait insensé que quelqu’un impute à Agboyibo des retards et des lenteurs dans l’exécution de tâches qui ne sont pas du ressort du gouvernement. Par contre, le Premier Ministre pourrait être tenu pour responsable de la moindre défaillance observée au niveau de la sécurité des élections par exemple.

Il lui appartient de faire en sorte que l’on ne puisse plus transporter par camions entiers, des électeurs venant de villages limitrophes du Bénin ou du Ghana pour gonfler à volonté les fichiers électoraux.

Il lui faut veiller à ce que les moyens que le gouvernement doit mettre à la disposition de la CENI soient disponibles à temps.

Il vaudrait mieux pour le Premier Ministre, d’avoir à affronter un vote de défiance sur ces questions là, plutôt que sur des problèmes de report qui ne sont pas de son fait.

Il faut à présent constamment placer le chef de l’Etat et son camp face au choix clair à faire entre la démocratie et la non-démocratie.

Une démission d’Agboyibo dans les circonstances actuelles, relèverait tout simplement d’un calcul politicien à courte vue et d’une erreur politique qui rejaillirait très vite sur tout le pays.

Chantal TCHEOU

 
H5N1 : L’alerte devient réalité : Les analyses confirment l’arrivée de la grippe aviaire au Togo

Ce n’était encore que des soupçons la semaine dernière. Cette fois-ci, il n’y a plus aucun doute. La présence du virus H5N1 au Togo est devenue une réalité au Togo.

L’information a été révélée vendredi par M. Yves Mado Nagou, le ministre togolais de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, « Des analyses effectuées dans un laboratoire ghanéen sur des volailles mortes au Togo récemment ont confirmé la présence du virus H5N1 de la grippe aviaire », a déclaré vendredi le ministre.

Même si les autorités togolaises disent attendre d’autres résultats d’analyses effectuées en Italie, il semble que le doute n’est plus permis.

Plus de 6000 volailles sont mortes récemment, dont la moitié en moins d’une semaine dans une ferme suspectée d’être touchée par la grippe aviaire à Sigbehoué, à 45 km à l’est de Lomé.

Des mesures urgentes avaient été prises pour désinfecter les poulaillers et des enquêtes épidémiologiques ont été ouvertes dans toute la localité par des spécialistes du ministère de la Santé.

Aucun cas de virus H5N1 de la grippe aviaire n’avait encore été officiellement recensé au Togo où le gouvernement a mis en place depuis février 2006 un plan d’action comportant notamment un système d’alerte nationale, la formation des personnels médicaux et le renforcement de la surveillance.

Après l’apparition du virus au Nigeria puis très récemment au Ghana, certains spécialistes avaient pronostiqué une arrivée certaine de la grippe aviaire au Togo.

Les autorités togolaises ont interdit depuis octobre 2006 l’importation de « volailles vivantes et dérivés » en provenance des pays touchés et les contrôles ont été renforcés sur les différents produits en provenance de pays non touchés, dont l’importation est désormais soumise à autorisation.

Les professionnels de la santé animale ont toujours été très sceptiques quant à l’efficacité de ces mesures compte tenu de la porosité de nos frontières terrestres.

En fin de semaine dernière, on a appris jeudi qu’un nouveau cas de grippe aviaire a été détecté dans un élevage de volailles au Ghana près de la frontière avec le Togo.

L’information est d’autant plus inquiétante que ce foyer de grippe aviaire est localisé à Aflao, juste à la frontière entre le Togo et le Ghana, une localité qui jouxte Lomé, la capitale.

La grippe aviaire, provoquée par une souche A du virus grippal, est une maladie infectieuse affectant les oiseaux. Identifiée pour la première fois en Italie il y a plus de 100 ans, elle survient dans le monde entier.

La grippe aviaire peut être une maladie très contagieuse et rapidement mortelle qui provoque de graves épidémies. On parle alors de grippe aviaire hautement pathogène, qui se caractérise par une apparition brutale, de graves symptômes et une évolution rapide vers la mort, le taux de mortalité pouvant avoisiner les 100 %.

Le contact direct ou indirect entre les oiseaux domestiques et le gibier d’eau migrateur a souvent été à l’origine des épidémies. Les marchés d’oiseaux vivants ont joué également un rôle important dans la propagation.

Le virus de la grippe aviaire se propage en général de l’oiseau à l’homme au contact avec des oiseaux infectés. L’une des principales mesures de sécurité pour endiguer la maladie consiste donc à observer de bonnes pratiques d’hygiène.

Dès lors que la présence du virus de la grippe aviaire a été signalée dans un pays, toutes les personnes travaillant dans le secteur avicole doivent prendre des mesures d’hygiène supplémentaires afin d’éviter de véhiculer le virus et l’empêcher de se propager s’il s’est déjà installé dans un élevage, dans un village ou dans une région. Ces mesures consistent en un abattage systématique des volailles infectées ou ayant été en contact avec celles-ci.

Il est recommandé aux populations de suivre scrupuleusement les mesures d’hygiène préconisées pour les autorités sanitaires et rappelées ci-dessous :

Sur le plan sanitaire
- Éviter tout contact avec les volailles, les marchés d’animaux vivants, les fermes, les zoos et les porcs

- Éviter tout contact avec les plumes, les cadavres et les excréments d’oiseaux

- Ne pas rapporter de volaille vivante à son domicile.

- Observer les règles élémentaires d’hygiène : se laver très fréquemment les mains avec de l’eau savonneuse

- Eviter de marcher pieds nus ou en sandales dans les marchés ou à proximité d’élevage de volailles (penser à laver soigneusement les pieds des enfants).

Sur le plan alimentaire
- Se laver très soigneusement les mains après la manipulation des produits crus avant cuisson

- Laver scrupuleusement à l’eau et au savon toutes les surfaces et tous les ustensiles ayant servi à la préparation des aliments

- Éviter la consommation de viande de volaille insuffisamment cuite ou prête à la consommation

- Isoler la viande de volaille crue des aliments cuits ou prêts à la consommation

- Ne pas utiliser la même planche à découper ni le même couteau pour préparer les viandes de volaille crues et les aliments cuits ou prêts à la consommation

- Éviter de gober les œufs

- Ne pas utiliser d’œuf cru ou à la coque dans des aliments qui ne seront pas cuits.

     
 

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