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Rappelons que, sur décision du Président de la
Fédération Togolaise
de Football, le capitaine de l’Equipe nationale du
Togo, Emmanuel Adebayor, ainsi que l’attaquant
Kader Cougbadja et le défenseur Nibombé Daré ont
été exclus de la sélection nationale le 25 mars
par
la FTF pour « indiscipline caractérisée ».
A l’approche du match décisif des éliminatoires de
la CAN 2008 contre la Sierra Leone, les choses se
compliquent au point d’amener les Présidents de
Ligues à décider, contre l’avis du Président de la
FTF, de confier une mission de médiation à Winny
Dogbatsè, le Président de Gomido FC de Kpalimé.
Si au début de la crise, les Togolais ont été
nombreux à donner raison à Tata Avlessi, l’opinion
s’est finalement retournée au fur et à mesure que
les langues se délient et que les protagonistes
déballent tout sur la place publique.
Désormais, outre les trois exclus, la plupart des
autres professionnels qui constituent 95 % de
l’effectif de l’Equipe Nationale, refuseraient,
par solidarité, de répondre à la convocation du 2
juin si la sanction prise à l’encontre de leurs
trois collègues à qui ils avaient donné mandat
pour négocier avec la FTF, n’est pas levée.
Même si elle n’est pas encore achevée, la mission
de médiation menée par Winny Dogbatsè a permis de
mieux comprendre la position des joueurs et de
situer les responsabilités. Selon la version des
joueurs, la question des 30 millions de reliquat
de primes est secondaire. Ils considèrent que,
c’est une crise de confiance qui oppose désormais
les joueurs de l’Equipe Nationale au Président de
la FTF. C’est
pour cette raison qu’ils voulaient s’en remettre à
l’arbitrage du chef de l’Etat.
Tout aurait commencé pendant la campagne pour
l’élection à la présidence de la Fédération. Tata
Avlessi aurait sollicité le soutien des joueurs
cadres en leur donnant l’assurance que s’il était
élu, la totalité des 30 millions de reliquat de
primes leur serait payée. Tata Avlessi serait même
allé très loin en promettant aux joueurs de payer
de sa poche si la subvention de la FIFA n’était
pas versée ou tardait trop à arriver.
Les engagements auraient été pris chez Daré
Nibombé en présence de témoins dont Jacques Roux
qui était à l’époque, l’homme de confiance de Tata
Avlessi. On se souvient d’ailleurs des prises de
positions très claires de Jacques Roux sur la
question des primes. Ces positions ont été
rappelées par notre confrère « Forum de
la Semaine »
dans un de ces récentes éditions.
C’est sur la foi de cette promesse que certains
cadres de l’Equipe Nationale étaient allés faire
un match d’exhibition à Masséda pour soutenir la
candidature de Tata. Après son élection, Tata
Avlessi aurait réitéré cette promesse à l’occasion
du match amical Togo – Cameroun en promettant
fermement aux joueurs, le règlement de cette
question avant le match Togo – Sierra Leone.
A leur arrivée à Lomé pour le match contre la
Sierra Leone que, les joueurs avaient été surpris
par l’attitude de Tata Avlessi à leur égard. C’est
à peine le Président salué les joueurs. Non
seulement il ne leur disait plus rien des 30
millions qui devaient être réglés avant le match
contre la Sierra Leone, mais, il les regardait de
haut, presque avec mépris.
Lorsque les joueurs se sont décidés à lui rappeler
les engagements qu’il a pris à leur égard
concernant le paiement des 30 millions, Tata leur
aurait répondu qu’il ne leur avait signé aucun
papier dans ce sens. « C’est une attitude de
voyou », aurait alors commenté un joueur.
« Ce que nous reprochons à Tata, c’est de nous
avoir pris pour des imbéciles et des moins que
rien », nous a déclaré un des joueurs exclus.
Ce que les joueurs n’acceptent pas, c’est qu’on
les présente comme des garçons qui n’aiment pas
leur pays pendant que celui qui ne respecte pas sa
parole se fait passer pour un sain gestionnaire.
A la décharge de Tata, on peut penser qu’il était
certainement de bonne foi au moment où il
promettait le paiement des 30 millions restant à
chacun des joueurs. Les 1,9 milliard de subvention
que la FTF attendus de la FIFA permettaient de
régler les 660 millions dus aux joueurs. A
l’époque Tata avait même laissé entendre que les
1,9 milliard seraient consacrés pour 1/3 aux
joueurs, 1/3 aux Clubs et 1/3 au fonctionnement de
la Fédération.
Au lieu des 1,9 milliard attendus, la Fédération
n’aurait reçu qu’un peu plus de 900 millions. Ce
montant ne permettait pas à Tata Avlessi d’honorer
les promesses qu’il a faites aux joueurs. L’erreur
du Président de la FTF aura été de ne pas être
allé lui-même vers les joueurs pour leur expliquer
la situation. « S’il était venu nous voir pour
nous expliquer les yeux dans les yeux ce qui se
passait, nous aurions compris et nous aurions
accepté tout ce qu’il nous aurait proposé, même si
c’était symbolique », a déclaré l’un des
joueurs à notre Rédaction.
En effet, au lieu d’aller lui-même vers les
joueurs, Tata Avlessi a envoyé le Général Gnonfame
dire aux joueurs d’oublier les 30 millions et de
s’estimer heureux de porter le maillot de l’Equipe
Nationale. C’est cette maladresse de Tata Avlessi
qui aurait radicalisé la position des joueurs et
déclenché les hostilités.
Pourquoi Tata Avlessi n’était-il pas allé lui-même
vers les joueurs pour leur dire la vérité et
discuter avec eux des issues possibles pour
trouver une solution consensuelle ? Selon le
propre entourage de Tata Avlessi, le « Président »
a manqué de maturité et d’expérience.
Dans sa vie professionnelle, Tata Avlessi n’a eu
en face de lui que des obligés, des gens qui lui
doivent tout et qui n’avaient pas le droit de
parler et encore moins de revendiquer.
Par exemple, Tata Avlessi n’a pas supporté le fait
que Adébayor lui ait reproché d’être allé dans les
vestiaires des Eperviers Cadets à la mi-temps pour
leur parler. Le patron de l’Equipe, c’est le
sélectionneur et non le Président de la
Fédération. N’ayant aucune culture du milieu
footballistique de haut niveau, Tata Avlessi a
pataugé dans l’amalgame.
Président de
la FTF,
il considère les Sélectionneurs des Equipes
nationales comme ses obligés. Il fait tout pour
que les joueurs sachent que la seule et unique
autorité en matière de football au Togo, c’est
lui.
Le communiqué de la FTF sanctionnant les trois
joueurs parle d’« indiscipline caractérisée » ;
mais, lorsque des membres du Bureau qui n’étaient
pas d’accord avec la sanction lui ont demandé de
dire l’acte d’indiscipline que les joueurs ont
posé et qui a pu motiver une sanction aussi grave,
il n’a pas été en mesure de le dire.
Autre exemple révélateur du personnage. Quelques
minutes avant le départ de Winny Dogbatsè pour
l’aéroport mardi dernier, Tata Avlessi tentait
encore par tous les moyens, de le dissuader
d’effectuer la mission de médiation que lui ont
confiée les Présidents de Ligue.
Selon un témoin qui se trouvait avec lui au moment
où il parlait au téléphone au Président de Gomido,
Tata Avlessi aurait dit ne pas comprendre comment
Winny Dogbatsè, un homme aussi respectable peut
accepter de se rabaisser en acceptant d’aller
discuter avec ces petits bandits.
En réalité, l’acte d’indiscipline caractérisée
commis par les représentants des joueurs était
d’avoir continué à réclamer les 30 millions après
que Tata Avlessi ait envoyé le Général Gnonfame
leur dire d’oublier cet argent.
Les présidents de Ligues sont, avec les Présidents
des Clubs de 1ère et
2ème Divisions,
les Délégués au Congrès de la Fédération. C’est
donc en tant que membres de la FTF que les
Présidents de Ligues ont pris l’initiative de
confier une mission de médiation à Winny Dogbatsè
contre l’avis du Président de la FTF, mais avec la
bénédiction de la majorité des membres du Bureau.
Dans ces conditions, on ne voit pas comment les
Présidents de Clubs de 1ère et
2e Divisions
pourront rester en dehors de ce dossier. Selon
toute vraisemblance, le congrès devrait se saisir
de l’affaire des sanctions, ne serait-ce que pour
auditionner le Président de la FTF et le médiateur
désigné par les Ligues.
Certains observateurs pensent qu’à la suite des
demandes d’explication, le Président de la FTF
pourrait même s’en remettre au congrès sur
l’opportunité de maintenir ou de lever les
sanctions prises contre les trois joueurs vedettes
de l’Equipe Nationale.
Cette façon de procéder pourrait sauver la face à
tous les protagonistes et permettre de sortir de
l’impasse et faire en sorte que, de ce bras de
fer, il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu.
Olivier KANGNI |
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Charles Debbasch |
M. Debbasch, qui séjourne habituellement au Togo,
s’est présenté mercredi au poste de police de
l’aéroport de Bruxelles muni d’un passeport
diplomatique et d’une lettre indiquant qu’il était
en mission pour la présidence togolaise.
Mais les policiers ont constaté qu’il faisait
l’objet d’un mandat d’arrêt Schengen (délivré par
la France) et l’ont interpellé. M. Debbasch a
passé la nuit à l’aéroport, avant d’être présenté
au parquet de Bruxelles. Selon son avocat, il a
été remis en liberté jeudi matin, avec
l’obligation de rester en Belgique.
M. Debbasch, 69 ans, avait été condamné en mai
2005, en son absence, à deux ans de prison dont un
ferme par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour
avoir détourné des oeuvres du maître de l’optic
art d’origine hongroise Victor Vasarely.
Les juges avaient assorti cette condamnation d’un
mandat d’arrêt international, M. Debbasch s’étant
réfugié au Togo, où il est conseiller spécial du
président togolais.
M. Debbasch a toujours nié, s’estimant victime
d’une « machination ».
Il accuse la famille Vasarely d’être à
l’origine des détournements. Après sa
condamnation, il avait été privé définitivement de
Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite
en juin de l’an dernier. Il avait réussi à
séjourner en France en 2006 malgré le mandat
d’arrêt international délivré contre lui.
En Belgique, il n’a pas bénéficié d’immunité liée
à son passeport diplomatique parce qu’il n’est pas
accrédité dans le royaume, ont précisé les
services du ministère belge des Affaires
étrangères.
En 2005, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait
confirmé sa condamnation par contumace à deux ans
de prison - dont un an ferme - pour détournement
d’oeuvre et de fonds au préjudice de la Fondation
Vasarely,
dont il fut le président entre 1981 et 1993.
Depuis des années, M. Debbasch a quitté la France
pour le Togo. S’il y est au rang de ministre, son
rôle va bien au-delà. Après avoir été le
conseiller - écouté - de feu le président
Gnassingbé Eyadéma, disparu en février 2005,
l’ancien universitaire est devenu celui de son
fils et successeur, Faure Gnassingbé. Il aurait
été en particulier l’instigateur du « coup
d’Etat constitutionnel » grâce auquel ce
dernier a pu s’emparer du pouvoir détenu pendant
trente-huit ans par son père. Un scrutin, très
controversé, a ensuite régularisé la situation.
Malgré le mandat d’arrêt international qui le
vise, M. Debbasch avait pu se rendre en France au
printemps 2006 sans être inquiété. L’avis de
recherche le concernant avait été retiré pour lui
permettre de rencontrer à Paris un magistrat du
parquet et discuter d’un aménagement éventuel de
sa peine, comme une loi récente le permet.
Qui est au juste Charles Debbasch ? Pour les
Togolais, il est d’abord le juriste mercenaire
Debbasch : Juriste mercenaire ….
Lomé, le 4 février. Souffrant de problèmes
pulmonaires chroniques, le général-président
Eyadéma, 69 ans, dont trente-huit à la tête du
Togo, est au plus mal. Ses proches décident de le
transférer en Israël pour une opération de la
dernière chance. Mais il y a une autre urgence :
préparer sa succession. Le dauphin désigné par le
clan est son fils de 39 ans, Faure Gnassingbé.
Or, selon la Constitution, en cas de décès, c’est
le président de l’Assemblée nationale, Fambaré
Natchaba, qui serait chargé d’assurer l’intérim,
en attendant l’organisation d’une élection dans
les soixante jours. Un homme dont se méfie
l’entourage du président togolais. Il faut faire
vite : en déplacement à Bruxelles, Natchaba a été
mis au courant de l’agonie du chef de l’Etat et il
s’apprête à rentrer pour assumer sa tâche.
Un homme, un seul, peut tout arranger : Charles
Debbasch, le « conseiller juridique du
président ». Depuis une dizaine d’années,
Eyadéma a fait de cet ancien doyen de la faculté
de droit d’Aix-en-Provence, âgé de 67 ans, son
véritable gourou. Le bricoleur en chef de tous les
tripatouillages de la Constitution togolaise. Un
homme de confiance jamais à court d’imagination
pour préserver le pouvoir de son client de
président, sous couvert du respect d’une
« légalité » bien élastique.
Mais aussi une vieille connaissance de la justice
française, qui l’a condamné en 2003 pour
détournements de fonds lorsqu’il était à la tête
de la Fondation du peintre Victor Vasarely.
Qu’importe, Debbasch continue de faire la pluie et
le beau temps à Lomé. Problème pour le clan
Eyadéma : Debbasch n’est pas au Togo. Joint de
toute urgence à Paris, il décide de sauter dans le
premier avion.
L’intérim est abrogé...
Paris, 5 février au matin. Debbasch et Natchaba
prennent place dans le même avion d’Air France à
destination de Lomé. Mais, alors qu’ils sont en
vol, le président togolais meurt. Sans attendre le
messie français, l’armée confie les rênes du
pouvoir à Faure Gnassingbé. Et ferme les
frontières pour empêcher le président de
l’Assemblée nationale de rentrer au pays.
Vingt minutes avant l’atterrissage à
Lomé, l’avion du tandem franco-togolais est
dérouté sur Cotonou, au Bénin. Que faire ? Le
lendemain, le pouvoir de Lomé affrète un avion
pour ramener Debbasch dans la capitale togolaise.
Le président de l’Assemblée nationale, lui, reste
coincé au Bénin.
Dès son arrivée, le juriste français se met au
travail. Du bel ouvrage. Les articles 55 et 144 de
la Constitution, ainsi que l’article 152 du code
électoral, sont passés à la moulinette : l’intérim
est abrogé et le chef de l’Etat nouvellement nommé
est chargé d’assurer sa fonction « pendant la
durée du mandat de son prédécesseur qui reste à
courir » (2). Autrement dit : jusqu’en 2008.
Dans la soirée, ces amendements sont adoptés par
une Assemblée tout acquise au clan Eyadéma. Faure
Gnassingbé peut prêter serment devant les membres
de la Cour Constitutionnelle et déclarer sans
rougir qu’il entend exercer « dans leur
plénitude les attributions que
la Constitution
nous confère au service du peuple ».
Dans la salle, un Blanc l’écoute attentivement :
Charles Debbasch. Avec, une fois de plus, le
sentiment du devoir accompli.
Depuis que, sous la pression de la France, les
dinosaures du « pré carré » ont consenti, la mort
dans l’âme, à jouer le jeu du multipartisme, au
début des années 90, une nouvelle espèce « françafricaine »
a fait son apparition dans les ex-colonies : les
conseillers juridiques. « On est passé des
affreux de Bob Denard aux mercenaires juridiques
symbolisés par Debbasch », résume le
documentariste Eric Deroo, auteur d’un film sur
Eyadéma.
En 1991, le « Vieux » s’est vu imposer la
nomination d’un Premier ministre issu des rangs de
l’opposition. Depuis, il tente de lui ronger les
ailes pour retrouver l’ensemble de ses
prérogatives. Mais, pour sauver les apparences, le
président togolais a besoin de l’aide de juristes
capables de tous les tours de passe-passe
constitutionnels. Des Blancs, forcément.
Autant dire des Français. « L’ancien sergent
Eyadéma a gardé de ses années passées dans les
rangs de l’armée coloniale française en Indochine
et en Algérie un complexe d’infériorité vis-à-vis
des Blancs, explique le chercheur togolais Coumi
Toulabor. Il y avait une dimension magique et
enfantine chez lui : le Blanc, c’est celui qui
détient le savoir. »
« Toute la confiance du vieux »
A Lomé, c’est l’avocat Jacques Vergès, un habitué
des ors de la République togolaise, qui présente,
en 1992, Debbasch à Eyadéma. Un oiseau rare que ce
Debbasch. Né en 1935 à Tunis, juriste de formation
et père de cinq enfants, il a fait une carrière
fulgurante à l’Université. A peine âgé de 35 ans,
il est élu, au début des années 70, doyen de la
faculté de droit d’Aix-en-Provence, puis président
de l’université.
Entre 1978 et 1981, le voilà conseiller technique
du président Valéry Giscard d’Estaing, lui-même
grand amateur de parties de chasse sur les terres
d’Eyadéma. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages
universitaires, Debbasch a également dirigé le
groupe de presse du « Dauphiné Libéré »
dans les années 80. Un homme sûr de sa valeur, qui
ne doute de rien, se vantant, lors de son procès
en France, d’avoir formé « 35 % des magistrats
français ».
En 1981, il s’est vu confier la présidence de la
fondation du peintre Victor Vasarely, qu’il
conservera jusqu’à sa chute, en 1993. Il entame
alors un long compagnonnage avec l’Afrique. Cette
année-là, il fait partie des happy few rassemblés
à l’université de Nice pour la soutenance du
doctorat en droit du futur roi du Maroc, Mohammed
VI, aux côtés d’Eyadéma. Quelques années plus
tard, il mettra en musique la nouvelle
constitution du Congo-Brazzaville.
Entre le président togolais et le
constitutionnaliste français, le courant passe à
merveille. Très vite, Eyadéma ne peut plus se
passer des services de Debbasch. Ancien Premier
ministre de 2000 à 2002, passé dans l’opposition,
Agbéyomé Kodjo peut en témoigner :
« Nominations au gouvernement ou au Conseil
constitutionnel, projets de loi ou décrets, tout
devait être d’abord validé par Debbasch. Eyadéma
se méfiait de nous, ses collaborateurs togolais.
Debbasch, lui, avait toute la confiance du
vieux. »
A Lomé, l’ancien doyen, qui arbore au revers de
son veston un badge aux couleurs du Togo, mène
grand train. Il obtient passeport diplomatique et
garde du corps, Mercedes de fonction avec
chauffeur, villa avec domestiques dans le quartier
des notables du régime, joliment surnommé « La
Caisse ».
Sans parler de confortables émoluments. Debbasch
est omniprésent dans la capitale togolaise, son
petit yorkshire éternellement dans les bras.
On lui doit les modifications successives de la
Constitution, dont celle de 2002 qui a permis à
Eyadéma d’abroger la limitation des mandats
présidentiels pour pouvoir se faire « réélire »
l’année suivante. Le doyen des chefs d’Etat
africains n’affirmait-il pas, en 1997, qu’il n’est
pas de « Constitution qui ne soit figée et qui ne
puisse répondre aux aspirations du peuple seul
souverain » ?
En échange de ses bons et loyaux services,
Debbasch est fait commandeur de l’ordre du Mono
des mains d’Eyadéma. Un titre qu’il partage avec
d’autres piliers de la Françafrique, Charles
Pasqua ou Michel Roussin...
Mais le vent est peut-être en train de tourner
pour Debbasch et le clan Eyadéma. Le coup de force
« constitutionnel » formalisé par l’amateur
de yorkshire (3) a suscité la colère des partisans
de l’opposition togolaise, ainsi que la
réprobation quasi unanime des chefs d’Etat
d’Afrique de l’Ouest. Et, accessoirement,
l’embarras du gouvernement français, qui jure que
Debbasch « ne représente que lui-même » au
Togo, après avoir entériné toutes les foucades d’Eyadéma.
« Debbasch était lié aux anciens réseaux Foccart,
mais, depuis, il est passé de l’autre côté du
miroir, du côté des chefs d’Etat africains »,
juge Antoine Glaser, directeur de « La
Lettre du Continent »
et spécialiste des réseaux franco-africains. Sous
la pression internationale, les nouvelles
autorités togolaises ont accepté la tenue
d’élections législatives dont l’issue risque de
remettre en cause les avantages acquis du
conseiller juridique du président.
« Un système d’escroc »
« Il joue sa survie à Lomé »,
assure, pas mécontent de la tournure prise par les
événements, un responsable français à Paris. Si
ses protecteurs à Lomé venaient à céder la place,
le grand manitou des réformes constitutionnelles
pourrait être réexpédié définitivement en France,
où il est sous le coup de deux procédures
judiciaires. La première concerne ses anciennes
fonctions à la tête de la Fondation Vasarely.
Accusé d’avoir détourné à son profit
450 000 euros, il avait été condamné, en février
2002, à deux ans de prison ferme par le tribunal
correctionnel d’Aix-en-Provence (peine réduite en
appel à un an en janvier 2003). Le procureur avait
alors dénoncé « un système d’escroc, une
attitude de voyou », ajoutant : « La
personnalité de Charles Debbasch, c’est l’argent,
toujours l’argent, encore l’argent ! » (4).
Pugnace, ce dernier a toutefois obtenu un sursis :
en octobre 2004, la Cour de cassation a annulé sa
peine d’emprisonnement et demandé que l’affaire
soit rejugée par d’autres magistrats.
Seconde épée de Damoclès : en avril
2003, l’ancien doyen a été mis en examen pour
« blanchiment et organisation frauduleuse
d’insolvabilité ». Cette fois, la justice lui
reproche l’ouverture d’un compte bancaire au
Luxembourg, crédité de 1,2 million d’euros. Un
virement qui, bizarrement, est intervenu, en mars
2002, peu après sa condamnation en première
instance dans l’affaire Vasarely. Les avocats de
Debbasch ont assuré qu’il s’agissait de versements
d’honoraires « en tant que conseiller de
présidents africains », et que ces sommes
avaient été déclarées au fisc togolais.
Debbasch n’a certes pas dit son
dernier mot. Mais pour conserver son sanctuaire
togolais, il lui faudra faire preuve d’une
imagination constitutionnelle à toute épreuve.
« Si nous gagnons, Debbasch partira de lui-même »,
veut croire un responsable de l’opposition
togolaise.
(Dossier préparé par Marie-Christine BENOIT
A partir de sources Le Monde, AFP, Libération) |
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Il sonnait presque 10h, 9h 55 plus précisément
lorsque Me AGBOYIBO fit son entrée au stade, où
l’attendait toute la population du grand Klouto
sortie massivement. Il passe le public en revue,
puis monte les marches de la tribune et va
s’asseoir à sa place à lui réservée. Le programme
de la journée peut alors commencer.
Dans une courte prière mais assez
profonde, le Pasteur Kounté confie la
manifestation au Tout Puissant. Le Pasteur Afolabi
Obasanjo, à son tour, fait observer une minute de
silence en mémoire de tous ceux qui sont morts
durant tout le processus démocratique. Après quoi,
la parole fut donnée au responsable local du CAR,
M. VOVOR. Celui-ci a, d’entrée de jeu, exprimé sa
joie du fait que c’est Klouto qui accueille cette
« belle et magnifique cérémonie de
glorification du Seigneur » avant de souhaiter
la bienvenue à toutes et à tous et d’exprimer ses
gratitudes aux nombreux hommes d’églises venus à
cette manifestation. «Ce jour, est un grand
jour pour le grand Klouto » a-t-il déclaré.
Car pour lui, les effets des courants politiques
qui ont prôné la violence ont entraîné une
situation de désolation au Togo. «Notre
détresse a été grande, nous avons fini par prendre
conscience de la vanité de ces diverses méthodes »
a laissé entendre M. VOVOR qui citera la Bible en
ces termes « si le Seigneur ne bâtit pas la
cité, c’est en vain que les ouvriers travaillent. »
Pour lui donc, « le peuple s’en est rendu
compte et s’est remis en cause, il a fait
repentance et a prié le Tout Puissant.» En
clair, pour le responsable local du CAR, «les
participants à cette journée, ne sont pas venus
pour applaudir tel ou tel acteur politique. Ils
sont venus pour rendre gloire au Seigneur pour
tout ce qu’il a fait et continuera de faire pour
notre pays » car en réalité, a terminé
l’orateur sur des notes d’envolée religieuse
« aucune action politique ne pourra aboutir si
elle n’est appuyée sur le Seigneur »
Vient le grand moment de prière et de
glorification du Seigneur. L’honneur est échu au
Pasteur Moïse, représentant le pasteur Djakouti
Mitré, président du conseil pastoral du Togo. Dans
un message qui s’appuie sur le livre d’Isaïe au
Chapitre 25, verset 1, il fait comprendre qu’il
existe « le Dieu vivant qui n’a jamais failli à
son plan de Salut.» Le pasteur s’est alors
félicité de l’initiative du CAR, surtout de son
leader Me AGBOYIBO « qui témoigne sa gratitude
au Seigneur pour tout ce qu’il a fait, pour
l’aboutissement du dialogue, la signature de
l’Accord Politique Global par toutes les parties
et la formation du gouvernement d’union nationale »
Pour le Pasteur Moïse, et il en est
convaincu, « cet aboutissement du dialogue, la
signature dudit accord et la formation du
gouvernement d’union nationale, font partie du
plan de Dieu pour le Salut du Togo » Mais
avant, le Pasteur Moïse s’est félicité du fait
que le CAR a toujours associé les hommes d’église
à ses actions.
Axant toujours son message sur la
bible et en restant dans l’esprit de l’objectif de
la journée, l’orateur a rassuré que Dieu aime le
Togo et les Togolais doivent en être conscients.
Pour cela, ils doivent cultiver le pardon et
l’amour mutuels entre eux. Pour terminer, il a
lancé un appel à Dieu et aux hommes en ces
termes : « que cette journée de glorification
soit une journée de supplication pour que les
prochaines élections législatives soient libres,
démocratiques et transparentes »
Arès ce message, les autres pasteurs
se sont succédés pour louer et glorifier le
Seigneur. Que ce soit le Pasteur Lawson Zankli
ou le Pasteur Bodjona ou encore le Pasteur Adjodo
Homère, pour ne citer que ceux-là, chacun a fondé
sa prière sur cette parole biblique devenue
célèbre durant toute la journée : « si le
Seigneur ne bâtit la maison, c’est en vain que les
ouvriers travaillent »
Après ces séances de prière et de
louange, l’occasion fut donnée au président du CAR
de livrer son message. Sans ambages, Me Yawovi
Madji Agboyibo a déclaré que «si aujourd’hui,
nous sommes à Kpalimé, c’est pour demander à Dieu
de continuer à s’occuper du Togo. Ce que nous
autres humains nous avons pu faire, nous avons vu
les limites. Pendant près de 20 ans, nous avons
lutté, nous avons tout fait… pour libérer notre
peuple, mais en vain »
Le président national du CAR a
longuement expliqué comment il est temps que le
Togo se retourne à la Bible, à la parole de Dieu
pour que nous puissions être sauvés. Pour cela,
il s’est appuyé sur les épisodes des peuples de la
Judée et des Romains, Zaché etc..
Les vedettes de la chanson religieuse
comme Anna Disséni, Dela Delali, Adabadji Djobokou
et un orchestre ont entretenu l’ambiance durant
toute la cérémonie.
Hounvi M. |