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14 fevrier 2006 |
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[ No 327: 14 fev 2006]
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Construction du nouveau Palais de la présidence:
Fantasmes, gaspillages et gabegie :
Révélations troublantes sur le nouveau palais de Faure
Gnassingbé |
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Quelques années avant sa mort, le
général Eyadema avait lancé
officiellement la construction d'une
nouvelle présidence. Lors de la pause
de la première pièce de l'édifice qui
abriterait ce qui est appelé jusque là
Lomé 11, FAURE Gnassingbé, encore
ministre de l'équipement fut le
promoteur du projet qui ne profitera
qu'à son futur règne. Dépenses folles
et faramineuses pour une Nation qui
rivalise de misère avec le Bangladesh.
La République du Togo, à son
indépendance avait, comme la plupart
des pays africains francophones,
hérité d'un lourd patrimoine
immobilier colonial. De grands
édifices avec des murs aux épaisseurs
démesurés sans touches modernes
spéciales. La folie du luxe était
encore limitée. Ces bâtiments,
rattrapés par l'histoire évolutive ont
été très vite dépassés par l'explosion
de l'architecture, des technologies de
construction et l'invasion de
l'architecture chinoise qui a
déclenché la révolution immobilière
dans plusieurs régions du monde. La
majorité des premiers chefs d'Etat
africains se sont donc installés dans
ces bâtiments du début du 20è siècle
qui restaient malgré leur modestie par
rapport aux gratte-ciel modernes, une
curiosité artistique.
Le président Sylvanus Olympio, de vénérable mémoire,
s'était donc installé dans ce qui
était la première présidence de la
République. II s'agit d'un long
bâtiment, peu complexe et d'une humble
hauteur qui fait face à l'océan
atlantique, non loin de l'actuelle
ambassade des Etats-Unis. C'est là que
le 13 janvier 1963, il sera exclu,
froidement assassiné par une équipe
d'anciens combattants dirigé par un
certain Ernest Gnassingbé Eyadema
En prenant le pouvoir
en 1967, le président Eyadema s'était
refusé de continuer à habiter les
mêmes locaux que son prédécesseur qui
était aussi sa victime. II occupait
d'abord les locaux de la présidence à
architecture coloniale, contigus entre
l'ancien siège de l'assemblée
Nationale et l'ancienne primature du
premier gouvernement de transition.
Là, le Général Eyadema ne se
sentait pas du tout en sécurité à
cause de la position inquiétante, face
à la mer, et de sa proximité juste de
la frontière d'Aflao, une autre
permanente menace , pour le timonier.
II déserta quelques ' années plus tard
les lieux pour se tailler un nouveau
palais présidentiel, Lomé II, qu'il
présentera comme son domicile privé.
C'est dans la célèbre zone de Lomé II,
non loin de la résidence personnelle
du feu président Eyadema, du grand
centre islamique qui abrite la grande
mosquée de Lomé que se trouve, dressé
sur plusieurs hectares le nouveau
palais de la présidence Faure.
A quelques mètres de là, au bord de la
route internationale Lomé-Kara, la
nouvelle ambassade des Etats-Unis est
en construction. Malheureusement pas
celle de la France.
La construction du nouveau palais,
dans les grandes brousses de Lomé II,
se fait en toute discrétion mais avec
une vitesse de croisière. Mais depuis
quelques semaines, les principales
routes qui y mènent ont été bitumées
de façon fantastique au mépris de
principales voies de communication au
centre ville qui gisent dans un coma
sharonien.
Prévu pour être inaugurée le 12 janvier à la veille de la fête dite
de la « libération nationale », le
nouveau palais n'a pas été achevé. Le
chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a
décidé d'ajourner ladite inauguration.
Certains proches du président
proposent le 27 avril en mémoire de
l'indépendance. Mais les vieux véreux
du gouvernement défunt, qui restent
influents dans la cour royale de Lomé
II préfèrent une date relative à
l'histoire du général Gnassingbé
Eyadema: La date de 02 février,
nationalisation de l'office du
phosphate, proposée par quelques
caciques a été jugée trop proche. Le
05 février a été exclu pour la raison
de commémoration de deuil et c'est
finalement le 04 mai, jour
anniversaire de la prise du pouvoir
par Faure Gnassingbé qui pourra
probablement être honorée par
l'inauguration de la nouvelle
présidence. Le ministère de
l'équipement, tutelle de ladite
construction reste discret sur toutes
, les informations sur les travaux.
Certains proches du ministère se
contentent d'affirmer sans vergogne ni
preuve « qu'une telle construction est
urgente pour la modernisation de
l'administration. » L'opposition a
d'autres préoccupations et préfère
éviter 'tout commentaire. Néanmoins,
elle murmure « qu'il ne s'agit que
d'une folie de plus » Jean Agboli
Klutsé, économiste togolais vivant à
Londres reste ferme : « une telle
initiative plonge notre économie dans
le marasme dont elle souffre. C 'est
un gaspillage injustifiable et démesuré
De sources proches de l'entreprise chinoise qui
collabore au projet, une trentaine de
milliards de francs CFA devront être
mobilisés pour cette construction.
La Chine communiste et peu
démocratique, qui a toujours soutenu
le pouvoir togolais contribue, en
prêts et en dons, à la construction du
palais présidentiel. Toute visite
audit site est formellement interdite
et les ouvriers ou autres techniciens
qui y travaillent ont reçu des ordres
fermes. « Personne ne doit visiter le
site, personne ne doit avoir une idée
approfondie du plan.
Les indiscrètes qui se sont confiées à
nous précisent l'ambiguïté du plan.
Une multitude de bureaux, de salons,
de grandes chambres et une colossale
souterraine. Certains parlent d'un
tunnel qui passe sous le sol dans la
direction des quatre points cardinaux.
Un technicien du génie civil nous a
confié que le coup global des travaux
environne quarante milliards. II est
évident que ce nouveau palais n'est
pas n'importe quoi. Un grand bâtiment
avec plusieurs ailes d'une superficie
de plusieurs dizaines d'ares, aux murs
luxueux, incrustés de marbre.
Une boule centrale à la forme d'un
mortier de boom sphérique coiffe au
milieu l'immense palais. L'ameublement
dudit palais pourrait coûter plus de
neuf milliards avec des meubles
importés de la France, de l'Italie et
de l'Orient. Le bureau du président
n'aura rien à envier à celui de
Saddam Hussein ou au palais d'honneur
royal du Vatican. Tout ceci constitue
du fantasme, du gaspillage et de la
gabegie pour un pays dont la
population tire le diable par la
queue.
INSOLITE !
Un pays que quarante ans de dictature
monstrueuse et tristement barbare a
mis à genoux économiquement, dont les
fils et filles perdent espoir aux vues
de la précarité de l'économie ne
pourra, aucunement justifier une telle
dépense. Pour le plaisir et la folie
d'un homme et de ses proches. Pendant
que l’expérience de vie stable pendant
la dernière décennie chute lentement à
cause de la montée du VIH/Sida,
pendant qu’un art de siècle, l’indice
du développement humain n’a pas bougé
ou n’a bougé de deux points alors que
certains voisins ont doublé le leur,
pendant que le système sanitaire reste
fragile et que l'éducation nationale
est éprouvée par l'école au rabais,
pendant que le pouvoir d'achat est
menacé chaque jour qui vient, un
gouvernement, débiteur insolvable qui
n'a amassé pour ses privilèges des
dettes extérieures colossales
s'aventure dans une construction
pyramidale pour loger un roitelet
médiocrement légitime.
Le Togo rivalise en pauvreté avec le
Bangladesh et ne peut avoir pour ex
aequo que le Niger et le gouvernement
dans le souci de loger son nouveau
monarque mobilise autant de milliards
alors qu'il doit des arriérés aux
fonctionnaires. Ce petit pays,
accroupi par la pauvreté imite
gaillardement le Cameroun, le Maroc ou
encore la Côte d'Ivoire en
construisant des bâtiments monstrueux
et coûteux pour loger un chef,
malheureusement mal élu.
Curieusement, l'ancienne présidence,
que les proches du président Eyadema
ont qualifié de maudite peut encore
être réhabilitée et abriter les locaux
de Faure Gnassingbé qui s'était déjà
taillé une demeure paradisiaque à la
Caisse en chassant ses voisins, comme
si, pour construire à Lomé, il faut
désormais craindre que ses voisins
soient un jour président.
Lomé II, le somptueux palais de son
feu père peut encore faire l'affaire.
Et pourtant, loin de l'opinion
publique et dans un je-m'en-foutisme
endiablé, à la recherche du paradis
terrestre, nos dirigeants africains
préfèrent se construire des demeures
féeriques. A cette allure le Togo peut
avoir une nouvelle présidence en
moyenne tous les quarts de siècle.
Peut-être qu'en 2100 nous en
compterons une bonne demi-douzaine
avec plusieurs centaines de milliards
gaspillés pour le plaisir et
-l'égoïsme de quelques chefs mal élus.
Et comme l’histoire nous a habitué au
culte de la personne, tout cela
deviendra des musées d’histoire, où
les vestiges des dictateurs qui nous
auraient dirigé et leur progéniture
seront jalousement conservés.
Enquête réalisée par MAX Carmel
S. et Carlos KEITH’S
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