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Motion d'Information

6 fevrier 2007

[ 339 : du 6 fevrier 2007]
Après le vote de la loi par l’Assemblée Nationale :  L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le nouveau Code Electoral

L'Assemblée Nationale monocolore RPT a adopté jeudi dernier à l'unanimité le projet de loi portant modification du Code Electoral présenté par le Gouvernement suite à la signature de l'Accord Politique Global et aux décisions prises par la 3ème session du Comité de Suivi des l'Accord Politique Global relatives au mode de décision de la CENI, au mode de recensement des électeurs et au type de carte d'électeur à utiliser pour les prochaines élections législatives.

Le nouveau Code Electoral comporte quatre grandes nouveautés par rapport à l'ancien Code. La première nouveauté concerne les pouvoirs de la CENI. Conformément aux dispositions de l'Accord Politique Global, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) voit ses prérogatives renforcées. Elle est désormais chargée de l'organisation et de la supervision des élections.

Dans l'ancien Code Electoral, l’organisation des élections était confiée au Ministère de l’Intérieur ; la CENI devait, se contenter d'un rôle fictif de contrôle et de supervision qui, dans les faits, se réduisait à un rôle d'observation sans prise réelle sur l'organisation et le déroulement du processus.

Aux termes de l'article 11 du nouveau Code Electoral la CENI est chargée notamment :

- De l'organisation et de la supervision des opérations référendaires et électorales ;

- De l'élaboration des textes, actes et procédures devant, d'une part assurer la régularité, la sécurité, la transparence des scrutins et, d'autre part, garantir aux électeurs ainsi qu'aux candidats le libre exercice de leur droit ;

- De la nomination des membres de ses démembrements ;

- De la formation des citoyens en période électorale ;

- De la formation des agents électoraux ;

- De la commande, de l'impression et de la personnalisation des cartes d'électeurs ;

- De la commande du bulletin unique et de l'ensemble du matériel électoral;

- De la ventilation du matériel électoral dans les bureaux de vote ;

- De l'enregistrement, de la ventilation et de la publication des candidatures ;

- De la désignation des observateurs nationaux sur la base de critères préalablement définis ;

- De l'attribution des documents d'identification aux observateurs et de la coordination de leurs activités;

- De la centralisation et de la proclamation des résultats des scrutins

La deuxième nouveauté introduite dans le nouveau Code Electoral concerne la composition de la CENI.

Désormais, les membres de la CENI sont au nombre de 19 contre 13 dans le précédent Code. La nouvelle répartition attribue 5 sièges de la CENI à la mouvance présidentielle, 2 à chacun des cinq autres partis signataires de l’APG (CAR, CDPA, UFC, CPP et PDR), 2 à la société civile et 2 au gouvernement.

Les deux membres représentant le gouvernement ne disposent pas de voix délibérative. Dans l'ancien Code Electoral, la répartition était de 5 membres pour la mouvance présidentielle, cinq pour l'opposition (la CPP et le PDR étaient comptabilisés comme faisant partie de l'Opposition), un magistrat de la Cour d'Appel de Lomé et deux représentants de la société civile.

En fait; sur les 13 membres qui composaient là CENI dans l'ancien Code Electoral; l'Opposition n'avait que 3 représentants. Dans le nouveau Code, l'opposition CAR, CDPA, UFC, GF2D totalise 7 représentants sur les 17 disposant de voix délibérative. Certes, l'équilibre n'y est pas ; mais, l'écart s'est réduit et les clivages se sont clarifiés. La CPP et le PDR vont devoir se positionner ouvertement entre le RPT et l'Opposition.

La troisième grande nouveauté du Code Electoral porte sur les conditions d'éligibilité. Le nouveau texte a été débarrassé des conditions de résidence et de nationalité introduites unilatéralement par le RPT en 2002 pour empêcher la candidature de certains opposants bien ciblés que le régime du général Eyadema ne voulait absolument pas croiser sur les bancs de l'Assemblée Nationale.

Désormais, pour être candidat, il suffit d'avoir au moins vingt cinq (25) ans révolus à la date des élections, d'être Togolais de naissance et de savoir lire et écrire en langue française. La déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces suivantes :

l -une copie légalisée du certificat de nationalité togolaise ;

2-un extrait d'acte de naissance ou de jugement supplétif en tenant lieu ;

3-un extrait du bulletin n°3 du casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois ;

4- un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente ;

5-une déclaration par laquelle l'intéressé certifie qu'il pose sa candidature et qu'il ne se trouve dans aucun des cas d'inéligibilité prévus par la présente loi.

6- un quitus fiscal délivré par les services compétents.

La quatrième grande nouveauté introduite dans le Code Electoral concerne le mode de scrutin de liste pour les législatives. Selon l'ancien Code Electoral, les députés étaient élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Pour les prochaines élections législatives, les députés seront élus au scrutin de liste bloquée, à la représentation proportionnelle.

L'attribution des sièges est faite selon le système du quotient électoral préfectoral ou communal (QE) et à la plus forte moyenne. Le quotient électoral est le rapport entre la somme totale des suffrages exprimés par préfecture et le nombre de sièges à pourvoir. Pour déterminer ce quotient, on divise le nombre total des suffrages exprimés par le nombre de députés à élire.

Les suffrages recueillis chaque liste des partis politiques ou des candidats indépendants sont divisés par le quotient électoral pour obtenir un nombre déterminé de sièges. Après attribution des sièges en fonction du quotient électoral, il reste un certain nombre de suffrages non utilisés recueillis par chaque liste. Les sièges restant à pourvoir sont attribués aux listes suivant le système de la plus forte moyenne.

Concrètement, le découpage des préfectures en circonscriptions électorales disparaît. La Préfecture devient la circonscription électorale. Il n'y a plus, comme par le passé, pour chaque circonscription électorale, un candidat et son suppléant. Les différents partis politiques ou regroupements de partis politiques ou personnalités indépendantes, désireux de faire acte de candidature, présentent chacun, une liste de candidats.

Le nombre de candidats devant figurer sur chaque liste est égal à deux fois le nombre de sièges à pourvoir pour la préfecture. Par exemple, dans la préfecture X qui dispose de 3 sièges de Députés à pouvoir, chaque parti candidat devra présenter une liste de 6 noms numérotés de 1 à 6.

Le premier sur la liste est appelé « tête de liste ». Les listes sont bloquées. Cela veut dire que, ni l'électeur, ni le parti candidat ne peuvent plus y apporter aucune modification pendant ou après le vote. Selon les résultats, le choix des candidats élus s'effectue de haut en bas (du 1er au dernier de la liste). En cas d'empêchement pour diverses raisons, d'un Député élu, c'est automatiquement le suivant sur la liste qui le remplace à l'Assemblée Nationale. La CENI est en train de réfléchir sur le mode de confection des bulletins uniques devant comporter toutes les listes et les photos des candidats ou, au moins de la tête de liste.

Le système d'attribution des sièges après les opérations de vote paraît un peu compliqué mais, on s'y habitue vite. Petite explication de texte à partir de l'exemple de la préfecture X où il y a 3 sièges de Députés à pourvoir. Supposons que 5 listes A, B, C, D, E s'affrontent pour ces trois sièges et qu'après le dépouillement les listes aient obtenu les suffrages -suivants

Liste A : 5.000 voix

Liste B : 35.000 voix

Liste C : 12.000 voix

Liste D : 6.000 voix

Liste E : 9.000 voix

Ce qui fait au total. 67.000 suffrages exprimés.

Le quotient électoral est calculé en divisant le nombre total de votants par le nombre de sièges à pourvoir : 67.000/3 = 22.333. Pour attribuer les sièges, on examine le score de chaque liste. Toute liste ayant obtenu un nombre de voix égal ou supérieur au quotient électoral, se voit attribuer un siège.

Dans l'exemple précédent, seule la liste B a recueilli un nombre de voix supérieur au quotient électoral. On lui attribut 1 siège. Si cette liste avait recueilli par exemple 45.000 voix, on lui aurait attribué 2 sièges au lieu d’un. Après l’attribution du premier siège à la liste B, il reste 2 sièges à pourvoir.

Pour l’attribution du deuxième siège, on procède par simulation pour calculer la plus forte moyenne. Si on attribuait le deuxième siège à liste A, elle aurait obtenu 1 siège de député avec 5.000 voix. Si on l’attribuait à la liste B, celle-ci, ayant déjà obtenu le 1er siège, obtiendrait alors 2 sièges avec 35.000 voix, soit une moyenne de 17.500 voix par député. En faisant la même simulation pour les C, D et E, obtiendrait les moyennes respectives de 12.000, 6.000 9.000 voix.

La simulation donne donc une moyenne de 5.000 voix sur la liste A, 17.500 pour la B, 12.000 pour la liste C, 6.000 pour la liste D et 9.000 sur la liste E. La plus forte moyenne étant 17.500, le 2ème siège est attribué à la liste B.

Pour l'attribution du troisième siège, on procède de la même façon que pour le deuxième siège en calculant par simulation la plus forte moyenne. Les listes A, C, D et E, n'ayant encore obtenu aucun siège, l'attribution simulée du troisième siège sonnerait les moyennes suivantes : 5.000 voix pour la liste A, 12.000 pour la liste C, 6.000 pour la liste D et 9.000 pour la liste E. La liste B ayant déjà obtenu les 2 premiers sièges, sa moyenne obtenue par attribution simulée du troisième siège serait de 35.000/3 = 11.666 voix.

La plus forte moyenne calculée en simulant l'attribution du troisième siège à chaque liste est obtenue par la liste C, soit 12.000 voix. C’est donc à cette liste C que sera attribué le troisième siège, en vertu de la règle de la plus forte moyenne.

En définitive, les trois sièges seront répartis à raison de deux sièges pour la liste B et d’un siège pour !a liste C. Les deux premiers candidats de la liste B et le premier candidat de la liste C seront élus à l’Assemblée Nationale pour la préfecture X.

L’exemple précédent démontre la motivation profonde qui a présidé au choix de ce mode de scrutin. Le RPT mise essentiellement sur la multiplication des listes au sein de l’Opposition pour tirer son épingle du jeu. En effet, si les listes D et E avaient fusionné, elles auraient obtenu 15.000 voix au lieu de 6.000 et 9.000 et auraient enlevé le troisième siège. Le mode de scrutin de liste proportionnelle présente cet inconvénient majeur de gommer les particularismes locaux et de mettre en avant les partis au lieu des individus.

En mêmes temps, il offre une occasion historique aux forces démocratiques d’infliger une défaite cinglante au RPT. Mais, comme le montre l’exemple précédent, cette victoire ne sera possible que dans le cadre d’une dynamique unitaire. Dans la mesure où, pour l’instant, les partis de l’Opposition ne semblent pas s’inscrire dans cette logique, le RPT a toutes les raisons de se réjouir et de continuer à croire à sa bonne étoile. Pour une fois, c’est l’Opposition qui va peut-être lui offrir sur un plateau, une victoire électorale propre et nette.

Gilbert MESSANGAN

 
Agbéyomé Kodjo et Dahuku Péré à couteaux tirés : Les vraies raisons d’un divorce presque consommé
Depuis que Agbéyomé Kodjo, l’ancien Premier Ministre du général Eyadema a porté sur la place publique le différend qui l'oppose à Dahuku Péré, son partenaire à la tête de l’Alliance, tout porte à croire qu'entre les deux hommes, le divorce est quasiment consommé.

Après un mariage que tout le monde a trouvé naturel et une magnifique lune de miel, les signes avant coureurs des brouilles conjugales sont apparues très vite au point de rendre aujourd’hui le processus de divorce totalement irréversible. « Comment en est-on arrivé là ? », se demandent les Togolais qui assistent impuissants à ce spectacle de la désunion.

En réalité, les fins connaisseurs de la chose politique savaient que la locomotive Dahuku Péré - Agbéyomé Kodjo à la tête de l’Alliance, avait peu de chance de fonctionner. C'est le RPT qui, dans un raccourci qui arrangeait certains barons zélés, a uni les deux contestataires en infligeant le même traitement à deux démarches complètement différentes.

La démarche de Dahuku Péré, tout comme son Vice-président, ancien ministre et ancien Président de l’Assemblée Nationale, était une démarche de contestation idéologique, presque chrétienne. De ce point de vue, Dahuku Péré était plus un rénovateur qu’un contestataire.

La démarche de Péré pouvait se résumer ainsi : dans sa gestion du Pouvoir d’Etat, le RPT a dévié de la ligne idéologique contenue dans son acte fondateur. Pour Dahuku Péré, il fallait que le RPT cesse d'être le parti de la dictature et de la terreur, revienne aux valeurs de solidarité et d’humanisme contenues dans sa déclaration de principe et se modernise pour devenir un grand parti démocratique.

Dahuku Péré n’avait pas agi dans la clandestinité. Il avait préalablement informé le général Eyadema, Président du RPT, de l’état de ses réflexions et de sa vision du parti bien avant que la presse ne rende publique sa lettre ouverte. Cette lettre ouverte qui devait d'ailleurs rester un document interne si des caciques dans l'entourage d’Eyadema avaient eu le courage de mener le débat interne que préconisait Dahuku Péré.

L’actuel président de l’Alliance n’avait jamais voulu faire de sa démarche, un sujet d’opposition frontale au général Eyadema à qui il devait quand même d’être arrivé là où il est aujourd’hui.

Contrairement à Dahuku Péré, la démarche d’Agbéyomé Kodjo relevait avant tout d’un acte fondamentalement anti Eyadema, une querelle de famille entre un « père » et son « fils » ; un fils pressé de jouir de l’héritage alors que son père était encore vivant. Fou de colère face au refus du père, le fils s’est mis à faire étalage de tout ce qu’il a fait pour son père, oubliant que, la maison familiale était encore la propriété du père et surtout que ce dernier est celui qui dispose du droit de déshéritement et du droit de bannissement.

Plus de deux ans d’exil et quelques mois passés en prison ont rappelé à Agbéyomé Kodjo certains aspects de la réalité du pouvoir qu’il a trop vite oubliés.

Contrairement à Agbéyomé Kodjo, Dahuku Péré, convaincu que le RPT ne changera jamais, a basculé du côté de l’Opposition. On l’a vu dans les cortèges des défilés de la Coalition des Forces Démocratiques (CFD). Même s’il a conservé des amitiés au RPT, sa rupture idéologique avec ce parti semble définitive.

Et c’est cela qui donne de la force et de la crédibilité à l’action politique de Dahuku Péré. Il jouit auprès des électeurs tant de l’Opposition que du RPT, d'une incontestable popularité et d’une très grande respectabilité au point aujourd'hui de constituer un vrai danger pour le RPT.

Contrairement à Péré, Agbéyomé Kodjo n’a jamais pu se faire accepter dans la famille de l’opposition démocratique. Son image auprès des Togolais continue de rester celui d’un baron du RPT, celui qui a initié et conduit la modification de la Constitution, notamment pour permettre à Eyadema de briguer un troisième mandat et de verrouiller le dispositif électoral au profit exclusif du RPT.

Si Péré est devenu un Opposant à part entière dans l'esprit des Togolais, Agbéyomé Kodjo reste pour la grande majorité des Togolais, un éternel produit du RPT. La principale raison du divorce entre les deux hommes est, comme l’a souligné Agbéyomé Kodjo lui-même, une divergence de fond sur ce que doit être le positionnement idéologique de l’Alliance.

Si Agbéyomé Kodjo a tout à gagner à retourner au RPT, Dahuku Péré a tout à perdre à un quelconque rapprochement avec son ancienne maison mère. Le Président de l’Alliance ne se voit donc pas dans une coalition électorale avec le RPT, un parti avec lequel il ne partage plus aucun repère idéologique.

Dans l'esprit du Vice-président de l'Alliance, Agbéyomé Kodjo, c’est tout l'inverse. L'ancien premier ministre ne se voit pas évoluer ailleurs qu'aux côtés du RPT. Lors de l’émission télévisée « Le Plateau de la semaine » le dimanche 28 Janvier, les observateurs politiques ont compris que tout le discours d’Agbéyomé Kodjo était un gage de fidélité à l’adresse du RPT.

Dans l’entourage du RPT, certains barons ne cachent pas leur irritation à l’idée de voir Dahuku Péré et son parti s’allier avec des partis d’opposition pour mettre le RPT en difficulté surtout dans le Nord considéré par le RPT comme sa chasse gardée.

Les positions semblent donc inconciliables au sommet de l’Alliance. La mission assignée à Agbéyomé Kodjo est désormais claire : amener l’Alliance dans le giron du RPT. Dahuku Péré n'est certainement pas dupe.

II sait qu’un retour au RPT sous quelque forme que ce soit, serait pour lui, synonyme de suicide politique. Dans ces conditions, le divorce paraît inévitable à terme. Président de l’Alliance, Dahuku Péré semble bénéficier de la confiance du Comité Directeur du parti, un Comité Directeur qui serait ont acquis à sa cause.

Les atouts de Dahuku Péré constituent autant de handicaps pour Agbéyomé Kodjo. Il paraît peu probable que Agbéyomé Kodjo puisse, dans les conditions actuelles, prendre le contrôle du parti.

L’issue du bras de fer entre les deux hommes dépendra moins des résultats d’une commission fantôme que de l’inévitable face à face vers lequel on s’achemine entre Dahuku Péré et le RPT et donc de la capacité du Président de l’Alliance à résister aux coups de boutoirs du RPT et aux pressions de tous ordres.

Ange-Marie de FANTI

 
Face aux critiques de plus en plus persistantes : Tata Avlessi demande du temps pour donner un nouveau souffle au football togolais
Au lendemain de la passation des services entre le nouveau Bureau de la Fédération Togolaise de Football et l’ancien, Tata Avlessi, le tout nouveau parton de la FTF a déclaré qu'il était déterminé donner un nouveau souffle au football togolais.

C’était au cours d'une conférence de presse qu’il a animée à l’hôtel Corinthia 2 février à Lomé le jeudi 1er Février en présence d'une centaine de journalistes et d’invités. M. Avlessi a rassuré le public sportif qu’il mettra tout en oeuvre pour donner du football national une image respectable à l’échelle mondiale. « Donnez-moi un peu de temps et vous verrez », a-t-il lancé à l’endroit de la presse.

Après avoir majoritairement soutenu Tata Avlessi lors du Congrès qui devait le porter à la tête de la FTF, la presse togolaise a été très critique à l’égard des premiers actes du nouveau président de l’instance dirigeante du football togolais, l’accusant notamment d'unilatéralisme et d’autoritarisme en matière de décision. Tata Avlessi a catégoriquement récusé ces accusations qu’il met sur le compte d'une campagne d’intoxication.

A la décharge de Tata Avlessi, on peut évoquer l'important retard observé dans la passation des services entre l’ancien et le nouveau Présidents de la FTF, privant ainsi les nouveaux dirigeants des moyens matériels et surtout financiers de leur mission.

La passation des services qui devait avoir lieu dès le vendredi 12 Janvier, a été constamment reportée par le président sortant Rock Gnassingbé et n'a pu se dérouler que le 30 Janvier dernier.

En attendant son entrée officielle en fonction, le nouveau Bureau n’est pas resté inactif. Avec la bénédiction conjointe du Comité National Olympique Togolais, de la CAF et de la FIFA, Tata Avlessi et les siens n’ont pas attendu la passation des services pour se mettre au travail.

Même si certaines critiques adressées à l’endroit de Tata Avlessi peuvent paraître exagérées, tous les observateurs sont unanimes pour relever le manque d'efficacité et de cohésion dans les premiers actes posés par les nouvelles instances du football togolais. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la FTF, tout le monde semble imputer cette inefficacité au manque de rigueur, de méthode, de maturité et surtout d’humilité de la part du nouveau président de la FIT.

On parle de réunions mal préparées, sans ordre du jour précis et qui durent plusieurs heures, si ce n’est toute la journée. Des réunions qui aboutiraient la plupart du temps à des décisions irrationnelles et souvent précipitées.

La décision de reprise du Championnat de première Division initialement prévue pour le 4 Février puis reportée au 18 Février est un exemple des nombreuses maladresses commises par le nouveau Président.

Cette décision avait été prise alors que de nombreuses questions liées à cette reprise restaient encore sans réponse. Une subvention de 6 millions avait été promise à chaque Club de D1 et devrait être versée avant la reprise du Championnat. Or, à ce jour, le nouveau Bureau n’a aucune connaissance de la situation financière de la Fédération. Les fonds attendus de la FIFA ne sont pas encore arrivés.

Lors de la passation des services mardi dernier, seules les clés des bureaux du nouveau siège de la FTF ont été remises à Tata Avlessi. A ce jour, aucun procès verbal de passation des services n’a été signé et le nouveau Bureau n’est toujours pas au courant de l'état réel des finances de la Fédération.

La reprise du Championnat de D1 avait été décidée alors qu'aucun budget de cette compétition n’avait été préalablement établi. De plus, en raison de la prochaine CAN Cadets organisée par notre pays, les stades de certains clubs de D1 ont été réquisitionnés et sont actuellement en travaux pour servir de terrain d'entraînement pendant la CAN.

Où ces clubs joueront-ils leurs matchs ? Des propositions ont été faites, mais seulement après la décision de reprise du Championnat. Pour avoir mal préparé cette décision, la Fédération n’a pas eu d'autre choix que de reporter la reprise du Championnat. Un nouveau report au-delà de la fin de la CAN Cadets n'est pas impossible selon certaines sources proches de la FTF.

La presse nationale a abondamment parlé des nominations décidées par le nouveau Président, nominations contestées par plusieurs membres du Bureau de la FTF. Là aussi, ce qui semble, en cause, c’est plus la méthode utilisée que le contenu de ces nominations.

N'aurait-il pas été plus logique et plus sage de commencer par la mise en place d'un organigramme définissant les fonctions précises de chacun des membres du Bureau avant de penser à la nomination de ressources extérieures dans le cadre dudit organigramme ?

La passation des services n’ayant pas encore été effectuée au moment de ces nominations, le Président élu pouvait-il, eu égard aux Statuts de la FTF, procéder à ces nominations, même s'il dispose de pouvoirs discrétionnaires en la matière. ?

Ce déficit de méthode et de rigueur a tout simplement ôté tout effet à ces décisions de nominations et transformé ce qui était peut-être mu par de bonnes intentions, en pures maladresses de débutant.

Le recrutement du nouveau Sélectionneur a été un autre exemple de bévues. Après l'échec du dossier Patrick Neveu du fait du refus du nouveau Bureau de la FTF d'entériner le choix du Ministre de la Jeunesse et des Sports, la piste Stephen Keshi était devenue une quasi-certitude.

Le technicien nigérian était arrivé à Lomé dans la soirée du mardi 30 Janvier et a eu des discussions toute la journée du mercredi 31 janvier avec le nouveau Bureau de la FTF. L'accord de principe du Ministère de la Jeunesse et des Sports semblait acquis.

Ignorant sans doute les règles de préséance et les protocoles, Tata Avlessi avait convoqué une conférence de presse pour le jeudi 1er Février en vue d'officialiser le recrutement de Stephen Keshi, se substituant de fait au Ministère à qui il incombe de recruter le Sélectionneur, Fut-il sur proposition de la FTF, pour le mettre à la disposition de cette dernière.

Les choses ne sont pas totalement linéaires. Avant l’officialisation du recrutement du sélectionneur, le Ministre se doit d’obtenir l’accord du Premier Ministre et du Président de la République. Officialiser le recrutement du Sélectionneur avant que le ministre ait eu, le temps d'obtenir le feu vert de ses supérieurs hiérarchiques aurait été plus qu’une maladresse, une erreur grave.

La raison et le bon sens ayant fini par l’emporter, le président de la FTF s’est résolu à ne rien officialiser lors de sa conférence de presse, préférant attendre la signature du contrat de Keshi par le ministre de la Jeunesse et des Sports. C’est au Ministre qu’il revient d’officialiser le recrutement du Sélectionneur et non au Président de la Fédération.

Le football togolais a besoin de retrouver de la sérénité à la suite des soubresauts ayant marqué la CAN 2006 et surtout la Coupe du Monde en Allemagne. Outre le défi sportif, Tata Avlessi se trouve désormais confronté à un défi encore plus colossal, celui d'enterrer les haches de guerre pour débarrasser le football togolais des querelles de personnes et des affrontements claniques qui continuent de miner la FIT. Les rancoeurs semblent profondes et les apparences plutôt trompeuses.

Sur le plan sportif, la CAN Cadets est censée s’ouvrir au Togo dans un mois. Et pourtant, tout ou presque reste à faire. Face aux carences de l’ancien Bureau, c’est le Ministère de la Jeunesse et des Sports qui a pris en charge l’ensemble de l’organisation. La CAN Juniors ayant baissé ses rideaux depuis samedi dernier au Congo avec la victoire du pays organisateur, tous les regards vont désormais se focaliser sur le Togo pour la CAN Cadets.

A l’issue d’une visite qu’ils ont rendue la semaine dernière au Comité d’Organisation de la CAN Cadets, la plupart des membres du nouveau Bureau de la FTF ont eu du mal à cacher leur pessimisme. Malgré sa bonne volonté et ses compétences incontestables, M. Godfried Ekoué qui préside l’organisation, n’est plus tout jeune. ,

La FTF, qui a jusqu'à présent, été mise à l’écart de la CAN Cadets, voudrait reprendre le contrôle de l'organisation. Mais, entre le style très ordonné et très méticuleux de Godfried Ekoué et le style plutôt brouillon du Président de la FTF, il va être très difficile de trouver une voie médiane. Cette collaboration promet quelques étincelles.

Mais, le défis de la CAN Cadets paraît finalement tout petit par rapport au grand défi de l’équipe nationale dont la qualification pour CAN 2008 au Ghana, est loin ça être acquise.

Tout le  monde  a encore en mémoire comment les problèmes extra sportifs ont conduit aux mauvaises prestations de l’équipe nationale en Egypte et en Allemagne.

Le match amical de mercredi prochain contre le Cameroun sera un très bon test de la sérénité et de la confiance retrouvées au sein de la grande famille du football togolais. Mais, le premier vrai test sportif se jouera le 25 Mars prochain à Lomé contre la Sierra Leone en attendant le match couperet contre le Mali.

Tata Avlessi n’a pas encore réussi à insuffler au nouveau Bureau, la motivation qu’exige l’ampleur de la tâche à accomplir ; peut-être n’a-t-il pas encore lui-même bien appréhendé la difficulté de la mission à laquelle il s’est engagé. Le nouveau Président de la FTF demande aux amateurs du ballon rond de lui accorder du temps pour donner un nouveau souffle au football togolais. Il aura bien tout le temps qu’il voudra s’il affiche dans la gestion quotidienne de la FTF, de grandes capacités de rigueur, de méthode et d’encadrement qu’exige sa fonction. Pour le moment, on est bien loin de ces exigences et ceci peut expliquer l’impatience qui commence à se manifester ici et là.

Olivier Kagni

 

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