AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Le Magnat Libéré

13 Dec 2007

[ 47 :  du 12 Dec 2007  

Gestion consensuelle du pouvoir : Après Gilchrist Olympio, Me Agboyibo est allé dire non à Faure

Ce qui s’est réellement passé le lundi dernier

                        Le lundi, 10 décembre 2007, le chef de l’Etat Faure Gnassingbé a reçu  son désormais ex-Premier ministre Me Yawovi Agboyibo au cabinet de la Présidence de  la République. C’était dans le cadre des consultations pour la formation du nouveau gouvernement « d’ouverture », aujourd’hui « fermé ».

            Les rencontres entre Faure et Agboyibo avaient commencé  depuis la semaine dernière avant le départ du chef de l’Etat au sommet UE-Afrique au Portugal. Des discussions ont principalement porté sur  les déclarations de   Gilchrist Olympio qui ne voudrait plus sentir l’odeur du Bélier Noir à la primature.  C’est d’ailleurs la Condition que l’UFC posait avant son entrée au gouverne-et-mange. Au cours des discussions avec le chef de l’Etat Faure Gnass, Me Agboyibo avait voulu avoir la position claire du chef de l’Etat sur cette exigence du leader du CAR.   Compte tenu du calendrier du chef de l’Etat qui préparait un voyage sur le Portugal pour assister au sommet UE-Afrique, la réunion a été renvoyée pour lundi. Le sujet devenant délicat. Faure voudrait donc avoir un peu du temps pour se prononcer sur la question. C’est ainsi qu’au retour du chef de l’Etat de son voyage, Me Agboyibo, accompagné de sa délégation, a été une fois de plus reçu par le chef de l’Etat pour poursuivre la discussion. La question était posée de savoir si le CAR était disponible pour participer au gouvernement.  Là-dessus le Bélier Noir n’a pas tergiversé. Il a été clair en faisant comprendre au chef de l’Etat que du moment où l’UFC avait déclaré  qu’il sera au gouvernement si le Premier ministre venait d’un autre parti autre que le CAR, le CAR aussi sera prêt à aller au gouvernement si l’UFC accepte d’y être. En clair, en l’absence du  parti de  Gilchrist dans  le gouvernement Mally, il n’est pas question que le CAR accepte d’aller dans ce gouvernement.

            Il faut reconnaître que les caciques du RPT sont tombés dans le piège de l’UFC puisque la rencontre entre Gilchrist Olympio et Faure s’était soldée par un cuisant échec. Chacun campant sur sa position.

            Me Agboyibo a eu à souligner que Faure lui avait dit qu’en cas de la victoire de quelque parti que ce soit aux législatives, la gestion du pouvoir sera consensuelle. Mais, telle que les choses se présentent actuellement, c’est tout comme le CAR s’est retrouvé entre le marteau des caciques du RPT et l’enclume de l’UFC.

            Faure se dit actuellement flouer par une machination ourdie contre lui par ses propres caciques et ceux de l’UFC pour écarter Agboyibo.

            En rappel, il faut souligner qu’avant la nomination de Komlan Mally comme Premier ministre, une rencontre avait eu lieu  à Anèho entre le Secrétaire Général du RPT, Solitoki Esso et le Premier-vice Président de l’UFC, l’honorable député Lawson Patrick. Ce dernier a clairement rassuré Solitoki Esso que l’UFC rentrera au gouvernement si un Premier ministre était nommé même dans les rangs du RPT. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la nomination in extremis par Faure, de Komlan Mally en plein midi, alors que jusqu’à la dernière minute, c’est seulement le nom de Me Agboyibo qui se trouvait sur la liste.

            Selon les indiscrétions, l’UFC ne sera pas au gouvernement. Elle  a réussi à prendre le RPT dans son piège.

            Avec le  Niet catégorique de Me Agboyibo de rentrer au gouvernement, il appartient à Faure de voir dans quelle mesure, il pourrait gérer ses propres éléments. Adieu la gestion consensuelle du pouvoir chantée par Faure-vi Vodoua.

            On sait que dans un Etat normal, un parti qui gagne gouverne seul. Mais dans notre cas, le Togo n’est pas encore un Etat normal. Il est en train de sortir des blessures graves. Et cela nécessite que les uns et les autres joignent leur main ensemble pour sortir le pays définitivement de la crise. C’est peut-être ce qui poussait à Faure à demander la gestion consensuelle du pouvoir, après on verra. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est victime d’une machination ourdie par ceux qui ne veulent pas le voir réussir ce qu’il a envie de faire. Et Me Agboyibo, et lui- même Faure se trouvent au centre de cette machination.

  1. I.

Le rêve brisé d’un jeune président : Faure Gnassingbé rate son pari
Avant même le lancement de la campagne électorale pour les législatives du 14 octobre 2007, Faure Gnassingbé, le Président national du RPT et Président de tous les Togolais, n’a jamais cessé de crier à qui voulait l’entendre que quelle que soit l’issue des résultats, il va tendre la main à tous ses adversaires en vue de la formation d’un gouvernement de large ouverture. C’est un défi qu’il entendait se lancer en vue d’amener les Togolais à une vraie réconciliation. Car les élections  ne règlent pas totalement la crise. Il faut s’entendre pour cogérer la nation pour une période donnée une gestion consensuelle du pouvoir.

            L’idée était bonne puisqu’on ne peut pas sortir immédiatement d’une crise et chercher à s’accaparer toutes les institutions de la République. C’est pourquoi les déclarations du parti de Gilchrist  Olympio selon lesquelles, en cas de victoire, l’UFC ne partagera pas le pouvoir n’ont pas  d’écho auprès de l’opinion nationale et internationale. Mais le RPT a fini par tomber dans ce piège.

            Au finish, la gloutonnerie du parti gnassional a été sans commune mesure. Il a avalé tout le bureau de l’Assemblée nationale. Il occupe depuis le 5 février 2005,  la présidence de la République. Aujourd’hui, c’est la primature qui est tombée entre ses mains, déjouant du coup le plan de Faure Gnass.  Le RPT s’emmure donc pour déjeuner seul au grand dam de son Président qui n’avait pas prévu ce schéma. L’Homme « Faure » du Togo avait bien voulu diriger le pays après ces législatives sous forme d’une transition, du moins pour un an. Il faut impliquer tous les fils du pays dans la gestion des affaires de la cité au regard de la déchirure qui s’observe depuis plusieurs années du fait du règne solitaire. Mais que voulez-vous ? Ce n’est pas l’avis des caciques du RPT qui  en sont pour quelque chose dans ce que nous vivons actuellement. L’ouverture tant souhaitée par Faure Gnassingbé, la Communauté internationale et même par une grande majorité des Togolais, devrait consacrer une vraie renaissance démocratique.  Mais tout semble faire croire que les esprits ne sont pas encore prêts dans la maison du RPT pour le partage du pouvoir. Puisqu’on entendra certains barons  déclarer que « ouverture n’est pas partage ». Le RPT accroché à sa victoire  n’a pas encore compris que la meilleure façon de contrôler son adversaire est de l’inviter à manger avec soi, de le tenir à l’œil et de surveiller tous ses faits et gestes. C’était d’ailleurs la vision de Faure Gnass qui a été incompris par ses barons caciques qui n’entendent rien céder.

            Et comme on peut le constater depuis la nomination du nouveau maître de la Primature, les choses ne semblent pas aller  comme sur des roulettes. Le gouverne-et-mange, après une semaine n’a toujours pas encore été composé. Faure Gnass quant à lui, poursuit à son niveau des consultations avec les hautes sommités des autres partis de l’opposition parlementaire. L’inquiétude à son niveau, est de mise. Après les entretiens avec  Gilchrist  Olympio qui n’ont rien donné, il a entrepris des rencontres avant son départ pour le sommet  UE-Afrique, avec le CAR de Me Agboyibo. Depuis donc vendredi, Faure, s’est entretenu  à trois reprises avec le leader du CAR, son désormais ex-Premier ministre. Ils se consultent pour voir comment arriver à convaincre l’opposition de participer au  prochain gouverne-et-mange Faure-Mally. Lundi dernier Me Agboyibo avait également été reçu en audience par Faure pour les dernières conclusions.

            Faure Gnass voudrait, malgré le faux pas de l’Assemblée  et la nomination du Premier ministre au sein du RPT, que  l’opposition participe à son gouvernement. Mais les conditions que pose l’opposition au parlement dépassent l’entendement des caciques du régime.

            La réussite des consultations a buté sur les surenchères des uns et des autres. Pour certains du RPT, après les élections la crise est passée. Et donc quand on gagne on gouverne seul. C’est le début d’une vraie démocratie. Mais Faure n’entend pas cela de cette oreille. Il s’aligne ainsi derrière une frange de l’opposition parlementaire qui a même exigé aux lendemains des élections un programme de sortie de crise. Le chemin est donc un peu long à parcourir.  On pourrait dans ce genre de situation, à la longue, faire appel au facilitateur Blaise Compaoré.

            Selon les indiscrétions, il paraîtrait que le Doyen Omar Bongo du Gabon et le Burkinabé Blaise Compaoré, médiateur de la crise n’aurait pas apprécié que le parti de Faure prenne tout alors que la crise n’est pas encore à son terme. C’est ce qui a suscité  ses multiples rencontres avec le leader du CAR.

            En fait, Faure aurait souhaité avoir un gouvernement plus tourné vers la transition que celui qui va gérer seul une crise qui n’est pas encore totalement réglée. Mais pour certains observateurs, la nouvelle situation l’arrange et tout ce qu’il déclare n’est que du one man show, puisqu’il n’entend pas donner l’occasion à ses adversaires politiques de le talonner pour la prochaine présidentielle. 

Abass ISSAK

 Le RPT a subi les diktats de l’UFC et rétrécit la voie de l’ouverture
En nommant Komlan Mally à la primature, Faure Gnassingbé est considéré comme un outsider de la politique. La démarche ayant conduit au choix de ce ministre de la ville comme successeur de Me Agboyibo est totalement amusante au point que l’on se demande si Faure reconnaît même la responsabilité qu’il assume à la tête du Togo. On ne naît pas Chef d’Etat d’un pays, on le devient. Et s’il faut devenir un Chef d’Etat  à l’instar de Faure, c’est dire qu’on est appelé à jouer un grand rôle, lequel pouvait être porteur de bonheur à sa population. Mais, le cas du Togo est plus inquiétant plus que tout autre et l’on se demande si l’homme est prêt à changer l’image sale laisser par feu Gnassingbé Eyadéma. A la suite de la proclamation des résultats définitifs par la  Cour constitutionnelle, suivi une semaine plus tard avec la rentrée des classes des nouveaux élus, Me Agboyibo n’a pas laissé le temps joué contre lui à la primature. En se conformant aux normes et aux textes, l’ex PM a rendu sa démission, un acte fort louable puisque ses détracteurs pensaient qu’il allait s’accrocher. Et depuis, les tractations sont entamées par Faure Gnassingbé pour le choix du remplaçant. Avant même d’en arriver là, le président de la République avait laissé entendre que, quelque soit les résultats, il allait continuer dans la logique d’ouverture. Ce qui a été apprécié par plus d’un. Avec l’évolution des tractations, aucun citoyen togolais n’a jamais songé voir à la primature, un produit pur RPT. Les pronostics vont bon train entre l’UFC et le CAR. Mais, chaque jour que Dieu fait, l’étau se resserre  davantage autour des deux partis (UFC, CAR). Les dernières rencontres de Gilchrist Olympio avec Faure Gnassingbé ont été plus dévastatrices que jamais. Alors que les bruits circulaient dans les coulisses de la présidence sur une probable reconduction de Me Agboyibo l’UFC et ses responsables ont corsé l’addition en s’érigeant énergiquement contre une reconduction du bélier noir de Kouvé. Faure Gnassingbé à qui il revient de prendre ses responsabilités, s’est aussi laissé emporter  par les diktats de Gillchrist Olympio. Au lieu de s’en tenir à sa conscience et prendre suffisamment de recul pour mieux réfléchir par deux fois, Faure Gnassingbé a, sans pour autant se demander le pourquoi l’UFC nourrie une haine viscérale contre le CAR, écouté et prendre en considération les exigences de Gilchrist pour finalement se retrouver plus bas. La nomination de Komlan Mally démontre aux yeux de l’opinion nationale, l’ancienne méthode qu’utilisait les RePTiles, celle qui consiste à faire saliver l’opposition lorsqu’il s’est agi de confier un poste de responsabilité à celle- ci. Cette méthode qui a toujours aidé le Général Président Gnassingbé Eyadéma à diviser l’opposition pour mieux régner, est « ressuscité par Faure Gnassingbé » qui veut faire de l’ouverture politique, moyen de réconciliation et de sortie de crise. Au finish tout  n’est que du bluff ne perspective puisqu’en cédant aux injonctions de l’UFC qui refuse une reconduction de Agboyibo et en nommant Komlan Mally très inconnu, la voix de l’ouverture se rétrécie davantage. L’UFC tout comme le CAR et la CDPA ne sont pas prêts à entrer dans le cabinet de Mal-lit-, alors, qui du RPT ou de l’UFC constituent la bête noire pour la Démocratie au Togo. De deux choses, il n’y a que l’une ou l’autre. Si le RPT sait vraiment qu’il a gagné les élections qu’il gouverne seul sans chercher dans sa victoire à diviser les adversaires politiques pour mieux régner. En tout cas, Faure Gnassingbé doit savoir que la plus grave erreur politique qu’il a pu connaître, c’est cette nomination fantaisiste de Komlan Mally qui lui compliquerait les choses.

  1. Linus

Crise énergétique : le bout du tunnel est encore loin : Le plan de sauvetage du Prof. Gnininvi saboté par ses détracteurs
Le délestage devient de plus en plus persistant et le bout du tunnel semble être loin. Le démarrage des groupes promis  par la direction de la CEET pour ce mois de décembre n’est pas encore sûr. Et pourtant le désormais ex-ministre des mines et de l’énergie, le Prof. Léopold Gnininvi avait élaboré, en bon technicien un plan de sortie    de crise. Mais puisque c’est un opposant ministre qui voulait réussir là où les tenants de l’ordre ancien ont échoué pendant de longues années, ce plan a été écarté.

            En effet, des informations font état de ce que lorsque le délestage a commencé par s’abattre sur les Togolais, il y a de cela quelques mois, le ministre de l’Energie et des Mines du gouvernement Agboyibo, avait batailler dur pour  obtenir des groupes électrogènes. Au ministère des Mines et de   l’Energie, on fait état de ce que le titulaire de ce département, après plusieurs démarches, a pu obtenir un accord  de financement  pour  l’achat et l’installation de deux groupes  d’une capacité de 44 KVA chacun et de la réalisation de deux  interconnexion entre Kara et Cinkassé et entre  Lomé et Aného.  Mais il s’est fait que lorsque le ministre Gnininvi s’est rendu en  Europe pour finaliser la signature de l’Accord de financement, il s’est vu opposer un veto  des services de la présidence de la République.

            Comme on le voit, il y a toujours les gens tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles et  qui ne veulent pas que les crises qui secouent le Togo se dénouent. On peut affirmer sans risque de se tromper qu’il y a dans l’entourage de Faure Gnass ceux qui ne regardent que leurs intérêts au grand dam des populations qui peuvent continuer par croupir dans la merde.

            Dans les milieux de la CDPA, on met cette situation sur le fait d’une jalousie mal placée. On  avance que dans la maison aiRPiTeuse, où on est habitué à des crocs-en-jambe, la réussite de  quelqu’un  d’autre là où les caciques ont échoué est une grande honte. Il faut donc mettre tout en œuvre pour éviter que le défi ne soit relevé. Dans le cas d’espèce lorsque le Prof. Gnininvi va réussir par ses démarches à résoudre en partie cette crise énergétique, ce  serait à l’avantage de son parti. Ce  que les autres n’entendent pas cautionner. Cette jalousie qui ne dit pas son nom fait qu’on  maintient toute une population dans le noir alors que la solution était toute proche.

            Cet accord de financement aurait dû être signé et les travaux démarré qu’on ne serait plus là à s’inquiéter de la persistance du délestage. Aujourd’hui, les passions et les intérêts semblent prendre le pas sur la raison.

            Ce qui est la source de notre régression, c’est quand on refuse de voir la réalité en face et de  reconnaître que l’autre peut réussir là où on a échoué.

A.I.

 

 

Job.com

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved