|
Gestion consensuelle du pouvoir : Après Gilchrist
Olympio, Me Agboyibo est allé dire non à Faure
Ce qui s’est réellement passé le lundi dernier
Le
lundi, 10 décembre 2007, le chef de l’Etat Faure
Gnassingbé a reçu son désormais ex-Premier ministre
Me Yawovi Agboyibo au cabinet de la Présidence de
la République. C’était dans le cadre des
consultations pour la formation du nouveau
gouvernement « d’ouverture », aujourd’hui « fermé ».
Les rencontres entre Faure et Agboyibo
avaient commencé depuis la semaine dernière avant
le départ du chef de l’Etat au sommet UE-Afrique au
Portugal. Des discussions ont principalement porté
sur les déclarations de Gilchrist Olympio qui ne
voudrait plus sentir l’odeur du Bélier Noir à la
primature. C’est d’ailleurs la Condition que l’UFC
posait avant son entrée au gouverne-et-mange. Au
cours des discussions avec le chef de l’Etat Faure
Gnass, Me Agboyibo avait voulu avoir la position
claire du chef de l’Etat sur cette exigence du
leader du CAR. Compte tenu du calendrier du chef
de l’Etat qui préparait un voyage sur le Portugal
pour assister au sommet UE-Afrique, la réunion a été
renvoyée pour lundi. Le sujet devenant délicat.
Faure voudrait donc avoir un peu du temps pour se
prononcer sur la question. C’est ainsi qu’au retour
du chef de l’Etat de son voyage, Me Agboyibo,
accompagné de sa délégation, a été une fois de plus
reçu par le chef de l’Etat pour poursuivre la
discussion. La question était posée de savoir si le
CAR était disponible pour participer au
gouvernement. Là-dessus le Bélier Noir n’a pas
tergiversé. Il a été clair en faisant comprendre au
chef de l’Etat que du moment où l’UFC avait déclaré
qu’il sera au gouvernement si le Premier ministre
venait d’un autre parti autre que le CAR, le CAR
aussi sera prêt à aller au gouvernement si l’UFC
accepte d’y être. En clair, en l’absence du parti
de Gilchrist dans le gouvernement Mally, il n’est
pas question que le CAR accepte d’aller dans ce
gouvernement.
Il faut reconnaître que les caciques du
RPT sont tombés dans le piège de l’UFC puisque la
rencontre entre Gilchrist Olympio et Faure s’était
soldée par un cuisant échec. Chacun campant sur sa
position.
Me Agboyibo a eu à souligner que Faure
lui avait dit qu’en cas de la victoire de quelque
parti que ce soit aux législatives, la gestion du
pouvoir sera consensuelle. Mais, telle que les
choses se présentent actuellement, c’est tout comme
le CAR s’est retrouvé entre le marteau des caciques
du RPT et l’enclume de l’UFC.
Faure se dit actuellement flouer par une
machination ourdie contre lui par ses propres
caciques et ceux de l’UFC pour écarter Agboyibo.
En rappel, il faut souligner qu’avant la
nomination de Komlan Mally comme Premier ministre,
une rencontre avait eu lieu à Anèho entre le
Secrétaire Général du RPT, Solitoki Esso et le
Premier-vice Président de l’UFC, l’honorable député
Lawson Patrick. Ce dernier a clairement rassuré
Solitoki Esso que l’UFC rentrera au gouvernement si
un Premier ministre était nommé même dans les rangs
du RPT. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la
nomination in extremis par Faure, de Komlan Mally en
plein midi, alors que jusqu’à la dernière minute,
c’est seulement le nom de Me Agboyibo qui se
trouvait sur la liste.
Selon les indiscrétions, l’UFC ne sera
pas au gouvernement. Elle a réussi à prendre le RPT
dans son piège.
Avec le Niet catégorique de Me Agboyibo
de rentrer au gouvernement, il appartient à Faure de
voir dans quelle mesure, il pourrait gérer ses
propres éléments. Adieu la gestion consensuelle du
pouvoir chantée par Faure-vi Vodoua.
On sait que dans un Etat normal, un
parti qui gagne gouverne seul. Mais dans notre cas,
le Togo n’est pas encore un Etat normal. Il est en
train de sortir des blessures graves. Et cela
nécessite que les uns et les autres joignent leur
main ensemble pour sortir le pays définitivement de
la crise. C’est peut-être ce qui poussait à Faure à
demander la gestion consensuelle du pouvoir, après
on verra. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est victime
d’une machination ourdie par ceux qui ne veulent pas
le voir réussir ce qu’il a envie de faire. Et Me
Agboyibo, et lui- même Faure se trouvent au centre
de cette machination.
-
I.
Le rêve brisé d’un jeune président
:
Faure Gnassingbé rate son pari
Avant même le lancement de la campagne électorale
pour les législatives du 14 octobre 2007, Faure
Gnassingbé, le Président national du RPT et
Président de tous les Togolais, n’a jamais cessé de
crier à qui voulait l’entendre que quelle que soit
l’issue des résultats, il va tendre la main à tous
ses adversaires en vue de la formation d’un
gouvernement de large ouverture. C’est un défi qu’il
entendait se lancer en vue d’amener les Togolais à
une vraie réconciliation. Car les élections ne
règlent pas totalement la crise. Il faut s’entendre
pour cogérer la nation pour une période donnée une
gestion consensuelle du pouvoir.
L’idée était bonne puisqu’on ne peut pas
sortir immédiatement d’une crise et chercher à
s’accaparer toutes les institutions de la
République. C’est pourquoi les déclarations du parti
de Gilchrist Olympio selon lesquelles, en cas de
victoire, l’UFC ne partagera pas le pouvoir n’ont
pas d’écho auprès de l’opinion nationale et
internationale. Mais le RPT a fini par tomber dans
ce piège.
Au finish, la gloutonnerie du parti
gnassional a été sans commune mesure. Il a avalé
tout le bureau de l’Assemblée nationale. Il occupe
depuis le 5 février 2005, la présidence de la
République. Aujourd’hui, c’est la primature qui est
tombée entre ses mains, déjouant du coup le plan de
Faure Gnass. Le RPT s’emmure donc pour déjeuner
seul au grand dam de son Président qui n’avait pas
prévu ce schéma. L’Homme « Faure » du Togo avait
bien voulu diriger le pays après ces législatives
sous forme d’une transition, du moins pour un an. Il
faut impliquer tous les fils du pays dans la gestion
des affaires de la cité au regard de la déchirure
qui s’observe depuis plusieurs années du fait du
règne solitaire. Mais que voulez-vous ? Ce n’est pas
l’avis des caciques du RPT qui en sont pour quelque
chose dans ce que nous vivons actuellement.
L’ouverture tant souhaitée par Faure Gnassingbé, la
Communauté internationale et même par une grande
majorité des Togolais, devrait consacrer une vraie
renaissance démocratique. Mais tout semble faire
croire que les esprits ne sont pas encore prêts dans
la maison du RPT pour le partage du pouvoir.
Puisqu’on entendra certains barons déclarer que
« ouverture n’est pas partage ». Le RPT accroché à
sa victoire n’a pas encore compris que la meilleure
façon de contrôler son adversaire est de l’inviter à
manger avec soi, de le tenir à l’œil et de
surveiller tous ses faits et gestes. C’était
d’ailleurs la vision de Faure Gnass qui a été
incompris par ses barons caciques qui n’entendent
rien céder.
Et comme on peut le constater depuis la
nomination du nouveau maître de la Primature, les
choses ne semblent pas aller comme sur des
roulettes. Le gouverne-et-mange, après une semaine
n’a toujours pas encore été composé. Faure Gnass
quant à lui, poursuit à son niveau des consultations
avec les hautes sommités des autres partis de
l’opposition parlementaire. L’inquiétude à son
niveau, est de mise. Après les entretiens avec
Gilchrist Olympio qui n’ont rien donné, il a
entrepris des rencontres avant son départ pour le
sommet UE-Afrique, avec le CAR de Me Agboyibo.
Depuis donc vendredi, Faure, s’est entretenu à
trois reprises avec le leader du CAR, son désormais
ex-Premier ministre. Ils se consultent pour voir
comment arriver à convaincre l’opposition de
participer au prochain gouverne-et-mange
Faure-Mally. Lundi dernier Me Agboyibo avait
également été reçu en audience par Faure pour les
dernières conclusions.
Faure Gnass voudrait, malgré le faux pas
de l’Assemblée et la nomination du Premier ministre
au sein du RPT, que l’opposition participe à son
gouvernement. Mais les conditions que pose
l’opposition au parlement dépassent l’entendement
des caciques du régime.
La réussite des consultations a buté sur
les surenchères des uns et des autres. Pour certains
du RPT, après les élections la crise est passée. Et
donc quand on gagne on gouverne seul. C’est le début
d’une vraie démocratie. Mais Faure n’entend pas cela
de cette oreille. Il s’aligne ainsi derrière une
frange de l’opposition parlementaire qui a même
exigé aux lendemains des élections un programme de
sortie de crise. Le chemin est donc un peu long à
parcourir. On pourrait dans ce genre de situation,
à la longue, faire appel au facilitateur Blaise
Compaoré.
Selon les indiscrétions, il paraîtrait
que le Doyen Omar Bongo du Gabon et le Burkinabé
Blaise Compaoré, médiateur de la crise n’aurait pas
apprécié que le parti de Faure prenne tout alors que
la crise n’est pas encore à son terme. C’est ce qui
a suscité ses multiples rencontres avec le leader
du CAR.
En fait, Faure aurait souhaité avoir un
gouvernement plus tourné vers la transition que
celui qui va gérer seul une crise qui n’est pas
encore totalement réglée. Mais pour certains
observateurs, la nouvelle situation l’arrange et
tout ce qu’il déclare n’est que du one man show,
puisqu’il n’entend pas donner l’occasion à ses
adversaires politiques de le talonner pour la
prochaine présidentielle.
Abass ISSAK
Le
RPT a subi les diktats de l’UFC et rétrécit la voie
de l’ouverture
En
nommant Komlan Mally à la primature, Faure
Gnassingbé est considéré comme un outsider de la
politique. La démarche ayant conduit au choix de ce
ministre de la ville comme successeur de Me Agboyibo
est totalement amusante au point que l’on se demande
si Faure reconnaît même la responsabilité qu’il
assume à la tête du Togo. On ne naît pas Chef d’Etat
d’un pays, on le devient. Et s’il faut devenir un
Chef d’Etat à l’instar de Faure, c’est dire qu’on
est appelé à jouer un grand rôle, lequel pouvait
être porteur de bonheur à sa population. Mais, le
cas du Togo est plus inquiétant plus que tout autre
et l’on se demande si l’homme est prêt à changer
l’image sale laisser par feu Gnassingbé Eyadéma. A
la suite de la proclamation des résultats définitifs
par la Cour constitutionnelle, suivi une semaine
plus tard avec la rentrée des classes des nouveaux
élus, Me Agboyibo n’a pas laissé le temps joué
contre lui à la primature. En se conformant aux
normes et aux textes, l’ex PM a rendu sa démission,
un acte fort louable puisque ses détracteurs
pensaient qu’il allait s’accrocher. Et depuis, les
tractations sont entamées par Faure Gnassingbé pour
le choix du remplaçant. Avant même d’en arriver là,
le président de la République avait laissé entendre
que, quelque soit les résultats, il allait continuer
dans la logique d’ouverture. Ce qui a été apprécié
par plus d’un. Avec l’évolution des tractations,
aucun citoyen togolais n’a jamais songé voir à la
primature, un produit pur RPT. Les pronostics vont
bon train entre l’UFC et le CAR. Mais, chaque jour
que Dieu fait, l’étau se resserre davantage autour
des deux partis (UFC, CAR). Les dernières rencontres
de Gilchrist Olympio avec Faure Gnassingbé ont été
plus dévastatrices que jamais. Alors que les bruits
circulaient dans les coulisses de la présidence sur
une probable reconduction de Me Agboyibo l’UFC et
ses responsables ont corsé l’addition en s’érigeant
énergiquement contre une reconduction du bélier noir
de Kouvé. Faure Gnassingbé à qui il revient de
prendre ses responsabilités, s’est aussi laissé
emporter par les diktats de Gillchrist Olympio. Au
lieu de s’en tenir à sa conscience et prendre
suffisamment de recul pour mieux réfléchir par deux
fois, Faure Gnassingbé a, sans pour autant se
demander le pourquoi l’UFC nourrie une haine
viscérale contre le CAR, écouté et prendre en
considération les exigences de Gilchrist pour
finalement se retrouver plus bas. La nomination de
Komlan Mally démontre aux yeux de l’opinion
nationale, l’ancienne méthode qu’utilisait les
RePTiles, celle qui consiste à faire saliver
l’opposition lorsqu’il s’est agi de confier un poste
de responsabilité à celle- ci. Cette méthode qui a
toujours aidé le Général Président Gnassingbé
Eyadéma à diviser l’opposition pour mieux régner,
est « ressuscité par Faure Gnassingbé » qui
veut faire de l’ouverture politique, moyen de
réconciliation et de sortie de crise. Au finish
tout n’est que du bluff ne perspective puisqu’en
cédant aux injonctions de l’UFC qui refuse une
reconduction de Agboyibo et en nommant Komlan Mally
très inconnu, la voix de l’ouverture se rétrécie
davantage. L’UFC tout comme le CAR et la CDPA ne
sont pas prêts à entrer dans le cabinet de Mal-lit-,
alors, qui du RPT ou de l’UFC constituent la bête
noire pour la Démocratie au Togo. De deux choses, il
n’y a que l’une ou l’autre. Si le RPT sait vraiment
qu’il a gagné les élections qu’il gouverne seul sans
chercher dans sa victoire à diviser les adversaires
politiques pour mieux régner. En tout cas, Faure
Gnassingbé doit savoir que la plus grave erreur
politique qu’il a pu connaître, c’est cette
nomination fantaisiste de Komlan Mally qui lui
compliquerait les choses.
-
Linus
Crise énergétique : le bout du tunnel est encore
loin
:
Le
plan de sauvetage du Prof. Gnininvi saboté par ses
détracteurs
Le délestage devient de plus en plus persistant et
le bout du tunnel semble être loin. Le démarrage des
groupes promis par la direction de la CEET pour ce
mois de décembre n’est pas encore sûr. Et pourtant
le désormais ex-ministre des mines et de l’énergie,
le Prof. Léopold Gnininvi avait élaboré, en bon
technicien un plan de sortie de crise. Mais
puisque c’est un opposant ministre qui voulait
réussir là où les tenants de l’ordre ancien ont
échoué pendant de longues années, ce plan a été
écarté.
En effet, des informations font état de
ce que lorsque le délestage a commencé par s’abattre
sur les Togolais, il y a de cela quelques mois, le
ministre de l’Energie et des Mines du gouvernement
Agboyibo, avait batailler dur pour obtenir des
groupes électrogènes. Au ministère des Mines et de
l’Energie, on fait état de ce que le titulaire de ce
département, après plusieurs démarches, a pu obtenir
un accord de financement pour l’achat et
l’installation de deux groupes d’une capacité de 44
KVA chacun et de la réalisation de deux
interconnexion entre Kara et Cinkassé et entre Lomé
et Aného. Mais il s’est fait que lorsque le
ministre Gnininvi s’est rendu en Europe pour
finaliser la signature de l’Accord de financement,
il s’est vu opposer un veto des services de la
présidence de la République.
Comme on le voit, il y a toujours les
gens tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles et
qui ne veulent pas que les crises qui secouent le
Togo se dénouent. On peut affirmer sans risque de se
tromper qu’il y a dans l’entourage de Faure Gnass
ceux qui ne regardent que leurs intérêts au grand
dam des populations qui peuvent continuer par
croupir dans la merde.
Dans les milieux de la CDPA, on met
cette situation sur le fait d’une jalousie mal
placée. On avance que dans la maison aiRPiTeuse, où
on est habitué à des crocs-en-jambe, la réussite de
quelqu’un d’autre là où les caciques ont échoué est
une grande honte. Il faut donc mettre tout en œuvre
pour éviter que le défi ne soit relevé. Dans le cas
d’espèce lorsque le Prof. Gnininvi va réussir par
ses démarches à résoudre en partie cette crise
énergétique, ce serait à l’avantage de son parti.
Ce que les autres n’entendent pas cautionner. Cette
jalousie qui ne dit pas son nom fait qu’on
maintient toute une population dans le noir alors
que la solution était toute proche.
Cet accord de financement aurait dû être
signé et les travaux démarré qu’on ne serait plus là
à s’inquiéter de la persistance du délestage.
Aujourd’hui, les passions et les intérêts semblent
prendre le pas sur la raison.
Ce qui est la source de notre
régression, c’est quand on refuse de voir la réalité
en face et de reconnaître que l’autre peut réussir
là où on a échoué.
A.I. |