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Le Magnat Libéré

8 Nov 2007

[ 43 :  du 7 Nov 2007  

Bataille autour de  la Présidence de l’Assemblée Nationale
La Course interne au RPT est déjà ouverte entre Kpatcha Gnass, Foli Bazy, Agbah Kondi et Dama Dramani

La proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle le mardi 30 novembre 2007 a mis un terme  à un processus électoral qui avait  du mal à décoller. Aujourd’hui à l’issue du scrutin, trois couleurs émergent du lot, la Blanche, la Jaune et la Rouge qui vont prendre d’assaut les sièges du Parlement togolais.  La bataille qui commence aujourd’hui est celle de la course à la présidence de  l’Assemblée nationale.

Des noms  et pas des moindres ont commencé par circuler dans les milieux du  RPT qui a raflé la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. On cite entre autres, l’actuel Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Kpatcha Gnass, l’autre fils du père, le ministre  de la santé Charles Kondi Agba, celui de la Fonction Publique, Foli Bazy Katari et un autre baron Damani Dramani.  Voyons les chances de ceux qui aspirent à être des dauphins constitutionnels.

Le cas particulier de Kpatcha Gnass
Depuis l’écrasante victoire du RPT aux législatives du 14 octobre 2007, où le RPT de Faure Gnass a obtenu 50 sièges sur 81 à l’Assemblée nationale contre 27 pour l’UFC de Gilchrist Olympio et 4  pour le CAR de Me Agboyibo, des commentaires vont bon train sur la présidence du parlement togolais.

Des analystes et pas des moindres donnent déjà la présidence de l’Assemblée nationale  à l’autre frère de Faure, Kpatcha Gnass, actuel ministre de la défense nationale. Si cette situation se  présentait, le Togo va complètement tomber entre les mains des fils Gnassingbé qui  vont le gérer comme leur champ de manioc.  Mais, une telle hypothèse est écartée par les proches des tenants du pouvoir gnassional  qui ne veulent même pas en  entendre parler.          On fait état de ce que le chef de l’Etat qui a un esprit d’ouverture, ne souhaiterait pas que ce cas de figure se présente puisque cela risque de saper sa politique de réconciliation entre les Togolais qu’il a engagée. Kpatcha au perchoir de l’Assemblée nationale, c’est le glas du pouvoir de Faure qui va sonner étant donné les « animosités » qui  ont existé entre les deux fils et une certaine obsession de l’un  à pousser l’autre pour prendre le fauteuil présidentiel, il y a seulement quelque temps. Tout le monde sait comment l’affaire a été réglée par le Doyen des Chefs d’Etat El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon.  Si Kpatcha arrivait à prendre la présidence de l’Assemblée nationale, il peut se targuer de la Constitution qui lui donne désormais le droit de succession d’utiliser des manœuvres  pour   empêcher son frère d’exercer le pouvoir.  L’article 65 de la loi fondamentale du pays est claire là-dessus : « en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’Assemblée nationale ». 

Sur tout un autre plan, l’armée  togolaise bâtie à l’image de son chef, feu Général  Eyadéma, ne doit pas s’échapper des mains du clan Gnassingbé. C’est pour cela que de son vivant, il avait pris soin de mettre  chacun de ses fils à sa place. Faure Gnass pour la gestion des affaires de la cité et Kpatcha Gnass pour prendre  le contrôle de l’armée. Or, aujourd’hui, si Kpatcha est balancé comme Président de l’Assemblée Nationale, rien ne prouve qu’il aura la  mainmise sur les Forces Armées Togolaises. Tel qu’on le voit, il serait difficile que l’armée, en l’absence de Gnass le Père, soit laissée aux commandes de « n’importe qui ».

On raconte même  qu’il est le seul à continuer la tradition de son Pépé dans les casernes. Il maîtrise très vite les pulsions des hommes en treillis en cette période où la confiance n’est plus de mise au sein de cette institution qui en principe devrait être républicaine.

De plus à qui va-t-il laisser « sa » SAZOF préférée au regard de l’incompatibilité qui caractérise la fonction des députés et surtout la charge du Président de l’Assemblée nationale par rapport aux autres fonctions ? 

Foli Bazy peut-il prétendre au perchoir ?

            C’est la question que se posent plusieurs observateurs compte tenu de ce qui s’est passé dans son Tchaoudjo natal. En effet,  selon les résultats recueillis dans cette préfecture où le RPT et l’UFC se sont partagés les sièges (2-1), Foly Bazy a été sérieusement secoué dans son coin par l’opposition. Ceux qui ont permis au RPT  de remporter le siège à Sokodé sont le candidat Sogoyou et Madame Ouro. Ce sont eux qui ont fait le plein de voix dans les villages environnants. Madame Ouro, au vu des résultats a raflé toutes les voix en laissant zéro à l’opposition et M. Sogoyou en a fait de même. Mais à Tchaoudjo centre, Foly Bazy n’avait pas fait le poids devant l’opposition. Or, il se fait que c’est lui qui est en tête de liste. Il a donc profité de la victoire de  ses deux s’approprier la victoire. Donc aujourd’hui, celle qui a gagné est laissée sur le carreau. Foly Bazy et Sogoyou se retrouvent à l’Assemblée nationale. Ce qui  est en train de poser donc des problèmes sur la victoire du RPT dans le Tchaoudjo. Des démarches sont en train d’être menées pour colmater les brèches puisque les électeurs de cette préfecture  font déjà comprendre que si Fo B. est soutenu dans ses manœuvres, ce sera la fin du RPT dans cette préfecture.  On raconte qu’après les résultats, il n’aurait pas rassemblé ceux avec qui il est sur la liste pour décider de comment ils vont gérer la victoire.  Les résultats détaillés de la préfecture de Tchaoudjo sont déjà entre les mains des sommités du parti de Faure Gnass et on fait état de ce que les efforts sont en train d’être faits pour faire entendre raison aux uns et aux autres. Et si Fo B. ne fait pas attention, cela risque de jouer contre lui dans sa conquête de la présidence de l’Assemblée. Nous allons déposer nos yeux pour voir comment cette affaire va finir.

Le cas Agba, un Bassar part, un autre Bassar arrive
Selon des observateurs c’est pour remettre la présidence de l’Assemblée nationale à Charles Kondi Agba que le RPT a fait tout ce qui est de son pouvoir pour lui trouver une place à l’Assemblée nationale par le truchement de la Commune de Lomé. Mais la question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir si un Bassar  peut remplacer un autre Bassar. 

Abass Bonfoh, le chanceux que le pouvoir est venu retrouver dans sa chambre et qui par la suite devenu Président de l’Assemblée nationale à la « catastrophe nationale » qui a frappé la nation togolaise est Bassar et de surcroît de Kabou comme Kondi Agba.  On peut donc chercher à remettre cette assemblée dans les mains des seuls fils de Bassar. Ce n’est pas donc la xénophobie, mais la gestion des affaires de la cité n’est pas l’affaire d’un seul clan. C’est ce qu’on reproche  au clan Gnass.

Pour le cas de Dramani,
les observateurs s’interrogent connaissant ses prises de positions. Va-t-il pouvoir jouer ce rôle ? La question est là et nous allons croiser nos doigts pour voir ce qui va se passer et la fumer blanche que le RPT va nous sortir. En attendant, la première réunion des nouveaux élus est prévue pour le mardi 13 Novembre prochain.

A. Issak

L’autre fils du père à la recherche du perchoir de l’Assemblée nationale : Kpatcha Gnass confirme t-il sa convoitise du fauteuil de Faure Gnass ?
Depuis  la proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle, un débat semble être ouvert sur la personnalité qui va occuper la présidence de l’Assemblée nationale.  Parmi les noms qui circulent se trouve celui de l’autre fils du père, l’actuel ministre de la Défense et des anciens Combattants, Directeur Général de la SAZOF, élu député du RPT dans la Kozah.

La  semaine écoulée, plusieurs organes de presse de la place n’ont pas hésité à focaliser le débat sur cette question d’occupation de la présidence de l’Assemblée nationale par Kpatcha Gnassingbé. On a fait état de ce que la Constitution n’interdit pas à des frères d’occuper simultanément des postes de hautes responsabilités.  On ne s’est pas privé de faire  des éloges à l’actuel ministre de la défense qu’on n’hésite pas  à  montrer comme le plus méritant du poste pour des efforts  qu’il a mené en vue  de donner une large victoire au RPT. « Ce n’est  pas gratuit », avait crié un observateur.

En fait, rien n’interdit à des frères d’occuper des postes de responsabilités, mais lorsqu’on  est dans une situation, il faut savoir faire la part des choses. Et puis ce n’est pas une question de destin. C’est peut-être des gens qui veulent plutôt forcer le destin. Le Togo n’appartient à personne pour qu’une famille se l’approprie. Tout le monde sait très bien que le Président de l’Assemblée nationale est le dauphin constitutionnel du chef de l’Etat. Arguer et soutenir que l’autre fils du père prenne encore la présidence du pouvoir législatif,  signifie immédiatement que   l’alternance au Togo n’est plus possible. Lorsque « la catastrophe nationale » a frappé les Togolais,  on a suivi comment sa succession a été faite dans la violence et dans le sang. Par la suite, une animosité était sur la question du leadership née entre les deux fils. Beaucoup avaient même évoqué la question de leadership entre Faure Gnass et son demi-frère Kpatcha Gnass. Bien que ce dernier ne soit pas Président de la République, il se comportait comme tel.  A des manifestations officielles, il recevait les mêmes honneurs que le chef de l’Etat. En bon ministre de la Défense, on n’a pas hésité à le nommer le « vice-Président du Togo ». A un moment donné, le chef de l’Etat Faure Gnass et son demi-frère ont passé de sales temps. Des rumeurs non démenties  dans les milieux du pouvoir gnassional ont fait état d’un coup d’Etat que  mijotait Kpatcha Gnass contre son frère président dans le seul but de prendre sa place. Ces rumeurs de coup d’Etat ont fait le tour du monde et ont été  le chou gras des journaux de la place et ceux de l’étranger. On racontait que, le ministre de la Défense s’appuyait sur une frange de l’armée et certains vieux barons lâchés par Faure Gnass pour  réussir ce qu’il a en tête. Cette histoire de coup d’Etat avait eu pour origine, la traque de la Direction  Générale des Impôts contre les intérêts de Kpatcha. La tension devenait vive au point que le Doyen des Chefs d’Etat, le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba a dû intervenir pour calmer les esprits.

Et si aujourd’hui, on commence par inciter Kpatcha Gnass à prendre la présidence de l’Assemblée nationale, c’est qu’on veut le pousser à prendre le pouvoir  par des voies  légales puisque la Constitution du 14 octobre  1992 est claire. Elle stipule en son article 65 qu’ « en cas de vacance  de  la présidence de
la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le Président de l’Assemblée nationale ».

Ceux qui sont derrière cette affaire et qui tirent les ficelles pour que Kpatcha occupe la présidence de l’Assemblée ou si c’est lui-même qui à cette intention, ne rendent pas service au peuple togolais. Car l’occupation du perchoir par l’autre fils du père pendant qu’un de ses frères  est sur le fauteuil de la Présidence de la République va ouvrir une nouvelle crise sur la terre de nos aïeux dont les issues sont incertaines.           Des indiscrétions font état de ce que Kpatcha serait prêt à mettre des moyens colossaux pour parvenir à ses fins. Alors la balle est dans le camp de Faure qui n’a pas intérêt à se faire arracher le pouvoir. Car comme le lui avait raconté son père,  « si vous laisser le pouvoir vous échapper, il vous sera difficile de le récupérer ». Sur un autre plan, on fait état de ce que l’occupation de la présidence de l’Assemblée par Kpatcha va diviser les députés RPT en deux. Ceux qui sont pour lui et ceux qui sont pour Faure. Dans tous les cas, le plus grand gagnant de cette guerre fratricide, c’est l’opposition au parlement et particulièrement l’UFC, et le perdant c’est le peuple.

Aux dernières nouvelles, certaines indiscrétions rapportent que Kpatcha ne serait pas intéressé par le perchoir et préfèrerait s’occuper de « son » ministère de la Défense et de « sa » SAZOF.  

A.I.

Confidentiel :
« Le RPT peut donner des postes ministériels à l’UFC sauf la Primature »
Après les élections du 14 octobre 2007 et les résultats définitifs de la Cour Constitutionnelle, les tractations vont bon train dans les coulisses pour celui qui va occuper le poste de la primature. Actuellement occupée par Me Agboyibo, la primature aiguise les appétits des acteurs politiques ces derniers temps. L’engouement que suscite ce poste fait dire à plus d’un, que tout se passe comme si hier encore, ceux qui couraient derrière la primature actuellement ne connaissaient pas son importance. Selon les informations, le RPT serait dans un embarras de choix parmi les responsables de l’opposition, dite traditionnelle. Au sein du parti de Faure Gnassingbé, deux tendances se dégagent.

D’un côté, ils sont minoritaires, ceux qui veulent se baser sur les résultats des élections législatives du 14 octobre dernier pour attribuer la primature. Ceux qui militent pour cette option, souhaitent que le poste qu’occupe actuellement Me Agboyibo soit confié à l’UFC. Ce qui n’est pas de l’avis des défenseurs du second groupe. Ce groupe majoritaire, est totalement opposé à ce souhait du premier qui veut que la primature revienne à l’UFC. « Nous sommes pour l’entrée de l’UFC dans le gouvernement mais, elle ne prendra pas
la Primature… », raconte un responsable du RPT.

Pour les seconds, le seul critère qu’il faut considérer reste la bonne foi de ceux qui de l’opposition, ont soutenu l’option du dialogue en bonne et due forme. « Nous privilégions cette option parce que sans la volonté de ceux-là, le dialogue ne pourra pas porter ses fruits. Si le poste de Premier ministre doit être confié, nous trancherons en faveur de l’actuel occupant, Agboyibo ou de
la CDPA du Prof. Gnininvi… », précise notre source. Avant de laisser entendre : « le CAR et la CDPA méritent encouragement. Ils pouvaient aussi dire qu’ils préfèreraient rester dehors pour mieux critiquer à l’instar de l’UFC. Il faut tout faire pour que le pays sorte de la longue crise. Et pour en arriver là, il faut des hommes disponibles, efficaces comme Madji Agboyibo… », insiste les seconds. En tout cas, les tractations vont bon train et le peuple saura le locataire de la primature le moment venu

L’effet surprise : Les marques négatives  des législatives du 14 octobre 2007 : Comment les intérêts ont déformé le vrai sens du scrutin proportionnel
Les cinq flagrantes contradictions
Lorsque la campagne électorale a démarré avec tambours, fanfare et trompettes, dans un environnement paisible riche en couleurs,  les observateurs de la scène politique avaient cru que la hache de guerre avait été définitivement enterrée en attendant le jour du scrutin et que tout devrait finir en beauté. Surtout que le  mode de scrutin retenu devrait au moins permettre à plusieurs partis de   siéger au  parlement. Mais au lendemain du scrutin, la surprise a été  grande de constater que seul un parti s’est taillé la part du lion. Le scrutin proportionnel tant chanté et qui allait permettre  à plusieurs partis politiques d’être  représentés au parlement a été vidé de son vrai sens.

            La première surprise de ces élections législatives est que l’expérience du mode  de scrutin proportionnel  n’a pas donné les résultats escomptés. Selon les constitutionnalistes, et Charles Debbasch, le juriste maison de Lomé II, celui que d’aucuns qualifient de « mercenaire de droit », qui  a eu à le faire ressortir dans son ouvrage de Droit Constitutionnel et Institution Politiques, 4e édition, que « la vertu essentielle  du scrutin proportionnel est de donner une plus large représentation à toutes les opinions au niveau du parlement ». A suivre donc la logique dudit juriste,  ce mode de scrutin contrairement au scrutin majoritaire à un  ou deux tours, ne  peut en aucun cas,  conduire à une bipolarisation de la vie politique comme c’est le cas aujourd’hui au Togo entre  le RPT et l’UFC qui se partagent le landerneau politique à la suite de ce scrutin.

            La représentation proportionnelle aurait certes donné  plus de députés à ces partis mais aussi aux autres et particulièrement aux divers courants d’indépendants. Selon toujours les constitutionnalistes,  jamais, l’application de ce mode de scrutin n’a  conduit  à l’établissement d’une majorité absolue et claire comme c’est le cas aujourd’hui dans notre merdier de pays. La Belgique et l’Italie qui ont les habitudes de ce scrutin, confirment la règle.

            Au regard de tout ce qui s’est passé avec ce nouveau mode que les Togolais ont expérimenté,  on peut dire que notre pays est devenu un cas rare qui contredit les règles constitutionnelles séculaires à moins qu’on ait établi par avance  qui sera à l’Assemblée et qui ne le sera pas. Comme on le dit souvent, nous sommes les donneurs de mauvais exemples.

            La deuxième contradiction vient de la précipitation des observateurs internationaux à se complaire dans des satisfecit béats et à se livrer à des déclarations complaisantes  qui sont démenties par les faits. Cette précipitation des observateurs internationaux a donné l’impression que les déclarations avaient été rédigées à l’avance  et qu’ils ne sont venus qu’en villégiature pour ensuite confirmer ce qui ne devait pas l’être.  Au sein des populations togolaises, on relève que si ces observateurs avaient pu bien observer, ils auraient pu bien relever, dans la lecture de leurs rapports, les quelques irrégularités « mineurs  qui ne sont pas de nature à compromettre le scrutin », notamment la circulation des bulletins de vote et des timbres  déjà  à la veille du scrutin dans certaines localités. Ils auraient pu relever l’usage abusif des procurations remplies en blanc et utilisées par de nombreux étrangers aussi bien dans le sud du pays que dans le nord. Ils auraient également pu relever que non seulement  à Lomé-commune, les urnes sont arrivées sans scellés,  mais aussi à l’intérieur, elles sont arrivées sans scellés. Ce qui laisse croire que si les gens ont effectivement voté, leur vote a été mal comptabilisé et que les procès verbaux ont été trafiqués. Et la question que les uns et les autres se posent est de savoir pourquoi les observateurs internationaux ne sont pas organisés pour suivre le convoyage des urnes ou attendre au niveau des CELI pour constater que ces urnes arrivaient sans scellés.

            La troisième contradiction qui semble être plus grande et flagrante, c’est que quand deux partis de l’opposition avaient gagné les élections en 1994, notamment le CAR  et l’UTD, l’Union Européenne n’avait pas reconnu ces élections, puisqu’elle n’a pas repris la coopération avec le Togo. Que décidera donc l’Institution européenne aujourd’hui que le nouveau mode de scrutin proportionnel donne une majorité absolue et insolente à un seul parti dans les conditions que tout le monde connaît.

            L’autre contradiction, la 4e, c’est l’aveu de l’échec de la CENI  qui, en renvoyant à la Cour Constitutionnelle les résultats de Lomé-commune sans les proclamer, démontre à suffisance que ce qui a pu se passer à Lomé-commune a pu également se passer ailleurs.  Beaucoup se trouvent donc surpris qu’une partie de l’opposition devienne victime du syndrome de Stockholm où la victime glorifie son bourreau.

            La cinquième contradiction, c’est que sur plus de 80 partis politiques  et une kyrielle de candidatures indépendantes aucune liste indépendante n’a émergée alors que dans bien des cas, certaines listes avaient bel et bien frôlé  le sommet pour enlever  ne serait-ce qu’un siège.

            Si on prétend diversifier la représentation au sein de l’Assemblée nationale et ouvrir le partage du pouvoir à des courants de pensée, selon leur poids aujourd’hui, il faut tout de suite dire qu’on a échoué lamentablement puisque la situation actuelle n’est pas différente des assemblées que le pays a connue, pire, l’actuelle configuration de l’Assemblée nationale pourrait être porteuse de germe de division. Puisque, des voix s’élèvent déjà pour crier que le vote a consacrer la division du pays en Nord-sud. Des manœuvres ont été orchestrées pour faire croire que le Nord est le fief du RPT et que le Sud celui de l’opposition. Alors, si tel est le cas, comment se comporterait l’unique élu de l’opposition, (UFC) du Nord dans une opposition où il fait exception d’une règle qu’on s’efforce à vouloir cardinale ? Doit-on envisager pour lui le sort réservé à Agouda Moumouni de l’UTD en 1994 ? De la même manière, comment pourront se comporter  les élus du RPT au Sud au regard de leurs électeurs dans une zone considérée comme étant une chasse gardée de  l’opposition ?

            Les questions sont là et les inquiétudes grandes pour la simple raison que le nouveau mode de scrutin a été dévié de ses réalités.

Ishiaq Tass

 

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