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Bataille autour de la Présidence de l’Assemblée
Nationale
La Course interne au RPT est déjà ouverte entre
Kpatcha Gnass, Foli Bazy, Agbah Kondi et Dama
Dramani
La proclamation des résultats définitifs par la Cour
Constitutionnelle le mardi 30 novembre 2007 a mis un
terme à un processus électoral qui avait du mal à
décoller. Aujourd’hui à l’issue du scrutin, trois
couleurs émergent du lot, la Blanche, la Jaune et la
Rouge qui vont prendre d’assaut les sièges du
Parlement togolais. La bataille qui commence
aujourd’hui est celle de la course à la présidence
de l’Assemblée nationale.
Des noms et pas des moindres ont commencé par
circuler dans les milieux du RPT qui a raflé la
majorité des sièges à l’Assemblée nationale. On cite
entre autres, l’actuel Ministre de la Défense et des
Anciens Combattants, Kpatcha Gnass, l’autre fils du
père, le ministre de la santé Charles Kondi Agba,
celui de la Fonction Publique, Foli Bazy Katari et
un autre baron Damani Dramani. Voyons les chances
de ceux qui aspirent à être des dauphins
constitutionnels.
Le cas particulier de Kpatcha Gnass
Depuis l’écrasante victoire du RPT aux législatives
du 14 octobre 2007, où le RPT de Faure Gnass a
obtenu 50 sièges sur 81 à l’Assemblée nationale
contre 27 pour l’UFC de Gilchrist Olympio et 4 pour
le CAR de Me Agboyibo, des commentaires vont bon
train sur la présidence du parlement togolais.
Des analystes et pas des moindres donnent déjà la
présidence de l’Assemblée nationale à l’autre frère
de Faure, Kpatcha Gnass, actuel ministre de la
défense nationale. Si cette situation se
présentait, le Togo va complètement tomber entre les
mains des fils Gnassingbé qui vont le gérer comme
leur champ de manioc. Mais, une telle hypothèse est
écartée par les proches des tenants du pouvoir
gnassional qui ne veulent même pas en entendre
parler. On fait état de ce que le chef de
l’Etat qui a un esprit d’ouverture, ne souhaiterait
pas que ce cas de figure se présente puisque cela
risque de saper sa politique de réconciliation entre
les Togolais qu’il a engagée. Kpatcha au perchoir de
l’Assemblée nationale, c’est le glas du pouvoir de
Faure qui va sonner étant donné les « animosités »
qui ont existé entre les deux fils et une certaine
obsession de l’un à pousser l’autre pour prendre le
fauteuil présidentiel, il y a seulement quelque
temps. Tout le monde sait comment l’affaire a été
réglée par le Doyen des Chefs d’Etat El Hadj Omar
Bongo Ondimba du Gabon. Si Kpatcha arrivait à
prendre la présidence de l’Assemblée nationale, il
peut se targuer de la Constitution qui lui donne
désormais le droit de succession d’utiliser des
manœuvres pour empêcher son frère d’exercer le
pouvoir. L’article 65 de la loi fondamentale du
pays est claire là-dessus : « en cas de vacance de
la Présidence de la République par décès, démission
ou empêchement définitif, la fonction présidentielle
est exercée provisoirement par le président de
l’Assemblée nationale ».
Sur tout un autre plan, l’armée togolaise bâtie à
l’image de son chef, feu Général Eyadéma, ne doit
pas s’échapper des mains du clan Gnassingbé. C’est
pour cela que de son vivant, il avait pris soin de
mettre chacun de ses fils à sa place. Faure Gnass
pour la gestion des affaires de la cité et Kpatcha
Gnass pour prendre le contrôle de l’armée. Or,
aujourd’hui, si Kpatcha est balancé comme Président
de l’Assemblée Nationale, rien ne prouve qu’il aura
la mainmise sur les Forces Armées Togolaises. Tel
qu’on le voit, il serait difficile que l’armée, en
l’absence de Gnass le Père, soit laissée aux
commandes de « n’importe qui ».
On raconte même qu’il est le seul à continuer la
tradition de son Pépé dans les casernes. Il maîtrise
très vite les pulsions des hommes en treillis en
cette période où la confiance n’est plus de mise au
sein de cette institution qui en principe devrait
être républicaine.
De plus à qui va-t-il laisser « sa » SAZOF
préférée au regard de l’incompatibilité qui
caractérise la fonction des députés et surtout la
charge du Président de l’Assemblée nationale par
rapport aux autres fonctions ?
Foli Bazy peut-il prétendre au perchoir ?
C’est la question que se posent
plusieurs observateurs compte tenu de ce qui s’est
passé dans son Tchaoudjo natal. En effet, selon les
résultats recueillis dans cette préfecture où le RPT
et l’UFC se sont partagés les sièges (2-1), Foly
Bazy a été sérieusement secoué dans son coin par
l’opposition. Ceux qui ont permis au RPT de
remporter le siège à Sokodé sont le candidat Sogoyou
et Madame Ouro. Ce sont eux qui ont fait le plein de
voix dans les villages environnants. Madame Ouro, au
vu des résultats a raflé toutes les voix en laissant
zéro à l’opposition et M. Sogoyou en a fait de même.
Mais à Tchaoudjo centre, Foly Bazy n’avait pas fait
le poids devant l’opposition. Or, il se fait que
c’est lui qui est en tête de liste. Il a donc
profité de la victoire de ses deux s’approprier la
victoire. Donc aujourd’hui, celle qui a gagné est
laissée sur le carreau. Foly Bazy et Sogoyou se
retrouvent à l’Assemblée nationale. Ce qui est en
train de poser donc des problèmes sur la victoire du
RPT dans le Tchaoudjo. Des démarches sont en train
d’être menées pour colmater les brèches puisque les
électeurs de cette préfecture font déjà comprendre
que si Fo B. est soutenu dans ses manœuvres, ce sera
la fin du RPT dans cette préfecture. On raconte
qu’après les résultats, il n’aurait pas rassemblé
ceux avec qui il est sur la liste pour décider de
comment ils vont gérer la victoire. Les résultats
détaillés de la préfecture de Tchaoudjo sont déjà
entre les mains des sommités du parti de Faure Gnass
et on fait état de ce que les efforts sont en train
d’être faits pour faire entendre raison aux uns et
aux autres. Et si Fo B. ne fait pas attention, cela
risque de jouer contre lui dans sa conquête de la
présidence de l’Assemblée. Nous allons déposer nos
yeux pour voir comment cette affaire va finir.
Le cas Agba, un Bassar part, un autre Bassar arrive
Selon des observateurs c’est pour remettre la
présidence de l’Assemblée nationale à Charles Kondi
Agba que le RPT a fait tout ce qui est de son
pouvoir pour lui trouver une place à l’Assemblée
nationale par le truchement de la Commune de Lomé.
Mais la question qui se pose aujourd’hui est celle
de savoir si un Bassar peut remplacer un autre
Bassar.
Abass Bonfoh, le chanceux que le pouvoir est venu
retrouver dans sa chambre et qui par la suite devenu
Président de l’Assemblée nationale à la
« catastrophe nationale » qui a frappé la nation
togolaise est Bassar et de surcroît de Kabou comme
Kondi Agba. On peut donc chercher à remettre cette
assemblée dans les mains des seuls fils de Bassar.
Ce n’est pas donc la xénophobie, mais la gestion des
affaires de la cité n’est pas l’affaire d’un seul
clan. C’est ce qu’on reproche au clan Gnass.
Pour le cas de Dramani, les observateurs
s’interrogent connaissant ses prises de positions.
Va-t-il pouvoir jouer ce rôle ? La question est là
et nous allons croiser nos doigts pour voir ce qui
va se passer et la fumer blanche que le RPT va nous
sortir. En attendant, la première réunion des
nouveaux élus est prévue pour le mardi 13 Novembre
prochain.
A. Issak
L’autre fils du père à la recherche du perchoir de
l’Assemblée nationale : Kpatcha Gnass confirme t-il
sa convoitise du fauteuil de Faure Gnass ?
Depuis la proclamation des résultats définitifs par
la Cour Constitutionnelle, un débat semble être
ouvert sur la personnalité qui va occuper la
présidence de l’Assemblée nationale. Parmi les noms
qui circulent se trouve celui de l’autre fils du
père, l’actuel ministre de la Défense et des anciens
Combattants, Directeur Général de la SAZOF, élu
député du RPT dans la Kozah.
La semaine écoulée, plusieurs organes de presse de
la place n’ont pas hésité à focaliser le débat sur
cette question d’occupation de la présidence de
l’Assemblée nationale par Kpatcha Gnassingbé. On a
fait état de ce que la Constitution n’interdit pas à
des frères d’occuper simultanément des postes de
hautes responsabilités. On ne s’est pas privé de
faire des éloges à l’actuel ministre de la défense
qu’on n’hésite pas à montrer comme le plus
méritant du poste pour des efforts qu’il a mené en
vue de donner une large victoire au RPT. « Ce
n’est pas gratuit », avait crié un observateur.
En fait, rien n’interdit à des frères d’occuper des
postes de responsabilités, mais lorsqu’on est dans
une situation, il faut savoir faire la part des
choses. Et puis ce n’est pas une question de destin.
C’est peut-être des gens qui veulent plutôt forcer
le destin. Le Togo n’appartient à personne pour
qu’une famille se l’approprie. Tout le monde sait
très bien que le Président de l’Assemblée nationale
est le dauphin constitutionnel du chef de l’Etat.
Arguer et soutenir que l’autre fils du père prenne
encore la présidence du pouvoir législatif,
signifie immédiatement que l’alternance au Togo
n’est plus possible. Lorsque « la catastrophe
nationale » a frappé les Togolais, on a suivi
comment sa succession a été faite dans la violence
et dans le sang. Par la suite, une animosité était
sur la question du leadership née entre les deux
fils. Beaucoup avaient même évoqué la question de
leadership entre Faure Gnass et son demi-frère
Kpatcha Gnass. Bien que ce dernier ne soit pas
Président de la République, il se comportait comme
tel. A des manifestations officielles, il recevait
les mêmes honneurs que le chef de l’Etat. En bon
ministre de la Défense, on n’a pas hésité à le
nommer le « vice-Président du Togo ». A un
moment donné, le chef de l’Etat Faure Gnass et son
demi-frère ont passé de sales temps. Des rumeurs non
démenties dans les milieux du pouvoir gnassional
ont fait état d’un coup d’Etat que mijotait Kpatcha
Gnass contre son frère président dans le seul but de
prendre sa place. Ces rumeurs de coup d’Etat ont
fait le tour du monde et ont été le chou gras des
journaux de la place et ceux de l’étranger. On
racontait que, le ministre de la Défense s’appuyait
sur une frange de l’armée et certains vieux barons
lâchés par Faure Gnass pour réussir ce qu’il a en
tête. Cette histoire de coup d’Etat avait eu pour
origine, la traque de la Direction Générale des
Impôts contre les intérêts de Kpatcha. La tension
devenait vive au point que le Doyen des Chefs
d’Etat, le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo
Ondimba a dû intervenir pour calmer les esprits.
Et si aujourd’hui, on commence par inciter Kpatcha
Gnass à prendre la présidence de l’Assemblée
nationale, c’est qu’on veut le pousser à prendre le
pouvoir par des voies légales puisque la
Constitution du 14 octobre 1992 est claire. Elle
stipule en son article 65 qu’ « en cas de
vacance de la présidence de
la
République par décès, démission ou empêchement
définitif, la fonction présidentielle est exercée
provisoirement par le Président de l’Assemblée
nationale ».
Ceux qui sont derrière cette affaire et qui tirent
les ficelles pour que Kpatcha occupe la présidence
de l’Assemblée ou si c’est lui-même qui à cette
intention, ne rendent pas service au peuple
togolais. Car l’occupation du perchoir par l’autre
fils du père pendant qu’un de ses frères est sur le
fauteuil de la Présidence de la République va ouvrir
une nouvelle crise sur la terre de nos aïeux dont
les issues sont incertaines. Des
indiscrétions font état de ce que Kpatcha serait
prêt à mettre des moyens colossaux pour parvenir à
ses fins. Alors la balle est dans le camp de Faure
qui n’a pas intérêt à se faire arracher le pouvoir.
Car comme le lui avait raconté son père, « si
vous laisser le pouvoir vous échapper, il vous sera
difficile de le récupérer ». Sur un autre plan,
on fait état de ce que l’occupation de la présidence
de l’Assemblée par Kpatcha va diviser les députés
RPT en deux. Ceux qui sont pour lui et ceux qui sont
pour Faure. Dans tous les cas, le plus grand gagnant
de cette guerre fratricide, c’est l’opposition au
parlement et particulièrement l’UFC, et le perdant
c’est le peuple.
Aux dernières nouvelles, certaines indiscrétions
rapportent que Kpatcha ne serait pas intéressé par
le perchoir et préfèrerait s’occuper de « son »
ministère de la Défense et de « sa » SAZOF.
A.I.
Confidentiel :
« Le RPT peut donner des postes ministériels à l’UFC
sauf la Primature »
Après les élections du 14 octobre 2007 et les
résultats définitifs de la Cour Constitutionnelle,
les tractations vont bon train dans les coulisses
pour celui qui va occuper le poste de la primature.
Actuellement occupée par Me Agboyibo, la primature
aiguise les appétits des acteurs politiques ces
derniers temps. L’engouement que suscite ce poste
fait dire à plus d’un, que tout se passe comme si
hier encore, ceux qui couraient derrière la
primature actuellement ne connaissaient pas son
importance. Selon les informations, le RPT serait
dans un embarras de choix parmi les responsables de
l’opposition, dite traditionnelle. Au sein du parti
de Faure Gnassingbé, deux tendances se dégagent.
D’un côté, ils sont minoritaires, ceux qui veulent
se baser sur les résultats des élections
législatives du 14 octobre dernier pour attribuer la
primature. Ceux qui militent pour cette option,
souhaitent que le poste qu’occupe actuellement Me
Agboyibo soit confié à l’UFC. Ce qui n’est pas de
l’avis des défenseurs du second groupe. Ce groupe
majoritaire, est totalement opposé à ce souhait du
premier qui veut que la primature revienne à l’UFC.
« Nous sommes pour l’entrée de l’UFC dans le
gouvernement mais, elle ne prendra pas
la Primature… »,
raconte un responsable du RPT.
Pour les seconds, le seul critère qu’il faut
considérer reste la bonne foi de ceux qui de
l’opposition, ont soutenu l’option du dialogue en
bonne et due forme. « Nous privilégions cette
option parce que sans la volonté de ceux-là, le
dialogue ne pourra pas porter ses fruits. Si le
poste de Premier ministre doit être confié, nous
trancherons en faveur de l’actuel occupant, Agboyibo
ou de
la CDPA du Prof. Gnininvi… »,
précise notre source. Avant de laisser entendre :
« le CAR et
la CDPA méritent encouragement. Ils pouvaient aussi
dire qu’ils préfèreraient rester dehors pour mieux
critiquer à l’instar de l’UFC. Il faut tout faire
pour que le pays sorte de la longue crise. Et pour
en arriver là, il faut des hommes disponibles,
efficaces comme Madji Agboyibo… »,
insiste les seconds. En tout cas, les tractations
vont bon train et le peuple saura le locataire de la
primature le moment venu
L’effet surprise : Les marques négatives des
législatives du 14 octobre 2007 : Comment les
intérêts ont déformé le vrai sens du scrutin
proportionnel
Les cinq flagrantes contradictions
Lorsque la campagne électorale a démarré avec
tambours, fanfare et trompettes, dans un
environnement paisible riche en couleurs, les
observateurs de la scène politique avaient cru que
la hache de guerre avait été définitivement enterrée
en attendant le jour du scrutin et que tout devrait
finir en beauté. Surtout que le mode de scrutin
retenu devrait au moins permettre à plusieurs partis
de siéger au parlement. Mais au lendemain du
scrutin, la surprise a été grande de constater que
seul un parti s’est taillé la part du lion. Le
scrutin proportionnel tant chanté et qui allait
permettre à plusieurs partis politiques d’être
représentés au parlement a été vidé de son vrai
sens.
La première surprise de ces élections
législatives est que l’expérience du mode de
scrutin proportionnel n’a pas donné les résultats
escomptés. Selon les constitutionnalistes, et
Charles Debbasch, le juriste maison de Lomé II,
celui que d’aucuns qualifient de « mercenaire de
droit », qui a eu à le faire ressortir dans son
ouvrage de Droit Constitutionnel et Institution
Politiques, 4e édition,
que « la vertu essentielle du scrutin
proportionnel est de donner une plus large
représentation à toutes les opinions au niveau du
parlement ». A suivre donc la logique dudit
juriste, ce mode de scrutin contrairement au
scrutin majoritaire à un ou deux tours, ne peut en
aucun cas, conduire à une bipolarisation de la vie
politique comme c’est le cas aujourd’hui au Togo
entre le RPT et l’UFC qui se partagent le
landerneau politique à la suite de ce scrutin.
La représentation proportionnelle aurait
certes donné plus de députés à ces partis mais
aussi aux autres et particulièrement aux divers
courants d’indépendants. Selon toujours les
constitutionnalistes, jamais, l’application de ce
mode de scrutin n’a conduit à l’établissement
d’une majorité absolue et claire comme c’est le cas
aujourd’hui dans notre merdier de pays. La Belgique
et l’Italie qui ont les habitudes de ce scrutin,
confirment la règle.
Au regard de tout ce qui s’est passé
avec ce nouveau mode que les Togolais ont
expérimenté, on peut dire que notre pays est devenu
un cas rare qui contredit les règles
constitutionnelles séculaires à moins qu’on ait
établi par avance qui sera à l’Assemblée et qui ne
le sera pas. Comme on le dit souvent, nous sommes
les donneurs de mauvais exemples.
La deuxième contradiction vient de la
précipitation des observateurs internationaux à se
complaire dans des satisfecit béats et à se livrer à
des déclarations complaisantes qui sont démenties
par les faits. Cette précipitation des observateurs
internationaux a donné l’impression que les
déclarations avaient été rédigées à l’avance et
qu’ils ne sont venus qu’en villégiature pour ensuite
confirmer ce qui ne devait pas l’être. Au sein des
populations togolaises, on relève que si ces
observateurs avaient pu bien observer, ils auraient
pu bien relever, dans la lecture de leurs rapports,
les quelques irrégularités « mineurs qui ne sont
pas de nature à compromettre le scrutin »,
notamment la circulation des bulletins de vote et
des timbres déjà à la veille du scrutin dans
certaines localités. Ils auraient pu relever l’usage
abusif des procurations remplies en blanc et
utilisées par de nombreux étrangers aussi bien dans
le sud du pays que dans le nord. Ils auraient
également pu relever que non seulement à
Lomé-commune, les urnes sont arrivées sans scellés,
mais aussi à l’intérieur, elles sont arrivées sans
scellés. Ce qui laisse croire que si les gens ont
effectivement voté, leur vote a été mal comptabilisé
et que les procès verbaux ont été trafiqués. Et la
question que les uns et les autres se posent est de
savoir pourquoi les observateurs internationaux ne
sont pas organisés pour suivre le convoyage des
urnes ou attendre au niveau des CELI pour constater
que ces urnes arrivaient sans scellés.
La troisième contradiction qui semble
être plus grande et flagrante, c’est que quand deux
partis de l’opposition avaient gagné les élections
en 1994, notamment le CAR et l’UTD, l’Union
Européenne n’avait pas reconnu ces élections,
puisqu’elle n’a pas repris la coopération avec le
Togo. Que décidera donc l’Institution européenne
aujourd’hui que le nouveau mode de scrutin
proportionnel donne une majorité absolue et
insolente à un seul parti dans les conditions que
tout le monde connaît.
L’autre contradiction, la 4e,
c’est l’aveu de l’échec de la CENI qui, en
renvoyant à la Cour Constitutionnelle les résultats
de Lomé-commune sans les proclamer, démontre à
suffisance que ce qui a pu se passer à Lomé-commune
a pu également se passer ailleurs. Beaucoup se
trouvent donc surpris qu’une partie de l’opposition
devienne victime du syndrome de Stockholm où la
victime glorifie son bourreau.
La cinquième contradiction, c’est que
sur plus de 80 partis politiques et une kyrielle de
candidatures indépendantes aucune liste indépendante
n’a émergée alors que dans bien des cas, certaines
listes avaient bel et bien frôlé le sommet pour
enlever ne serait-ce qu’un siège.
Si on prétend diversifier la
représentation au sein de l’Assemblée nationale et
ouvrir le partage du pouvoir à des courants de
pensée, selon leur poids aujourd’hui, il faut tout
de suite dire qu’on a échoué lamentablement puisque
la situation actuelle n’est pas différente des
assemblées que le pays a connue, pire, l’actuelle
configuration de l’Assemblée nationale pourrait être
porteuse de germe de division. Puisque, des voix
s’élèvent déjà pour crier que le vote a consacrer la
division du pays en Nord-sud. Des manœuvres ont été
orchestrées pour faire croire que le Nord est le
fief du RPT et que le Sud celui de l’opposition.
Alors, si tel est le cas, comment se comporterait
l’unique élu de l’opposition, (UFC) du Nord dans une
opposition où il fait exception d’une règle qu’on
s’efforce à vouloir cardinale ? Doit-on envisager
pour lui le sort réservé à Agouda Moumouni de l’UTD
en 1994 ? De la même manière, comment pourront se
comporter les élus du RPT au Sud au regard de leurs
électeurs dans une zone considérée comme étant une
chasse gardée de l’opposition ?
Les questions sont là et les inquiétudes
grandes pour la simple raison que le nouveau mode de
scrutin a été dévié de ses réalités.
Ishiaq Tass |