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Si
l’année 2005 a été prolifique en événements malheureux sur le plan politique,
elle consacre la descente dans les profondeurs abyssales de notre économie. Et
la population, déjà trop bien malmenée par l’inexistence au niveau de l’Etat des
mesures de soulagement, payera encore le lourd tribut des augmentations sauvages
des prix de certains produits de premières nécessités.
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Le pillage du pays
Celui-là qui pouvait par moment dissuader certains excès avait ses
préoccupations ailleurs : sa santé. Il n’en fallait pas plus pour que certains
commis se donnent à cœur joie à la délinquance économique dans la plus grande
sérénité.
* Le 05 février et son impact
Suite à ce malheureux événement, certains directeurs et leurs staffs
décisionnels se sont retrouvés de nuit pour tripatouiller les comptes des
sociétés dont ils ont la charge. Quoi de plus normal, se diront-ils, ne sachant
pas ce qu’il adviendra de l’après 05 février.
La
Commission nationale contre la corruption et le sabotage économique, qui s’est
écartée de ses prérogatives premières pour régler des comptes, a cessé pour sa
part de vivre. Ce qui a davantage contribué à donner un autre élan aux pillages
systématiques des maigres ressources nationales.
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2005 et la santé de nos sociétés
Certaines sociétés, malgré la situation difficile que traverse le pays, avaient
tout de même plein d’atouts pour réussir. Cependant, on n’a pas hésité à
assimiler la gestion des caisses de l’Etat aux mallettes privées.
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Au Port autonome de Lomé
Une
certaine rumeur sur le détournement d’importantes sommes d’argent ébranlera la
tête de cette structure. Au jour d’aujourd’hui, on ne saura jamais la vérité sur
ces fonds subtilisés.
Certains peuvent faire ce qu’ils veulent à la grande indifférence du sommet mais
ce qu’on sait c’est le changement du DG Colonel Awa Béléyi par un autre colonel
Fogan Adégnon.
Toujours au niveau du Port autonome de Lomé, l’année 2005 consacre la chute
totale de ce poumon de l’économie dans les escarcelles des individus au moral
fort douteux. Des Français, des Libanais et autres étrangers prendront tout des
secteurs vitaux des opérations portuaires. Où se trouve la souveraineté
nationale ? On ne saura clore le dossier port sans faire cas du bras de fer
entre les Groupes PROGOSA et BOLLORE et aussi entre ce qu’il convient d’appeler
l’Affaire Bassam-Forum de la Semaine. Les prises de positions courageuses de
certaines presses non alimentaires dans cette affaire éviteront aux pauvres
Togolais de se voir arracher le seul parc le TP3 (PVO) qu’ils géraient. La
presse peut en faire davantage pour que les richesses du pays profitent d’abord
aux Togolais.
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La filière coton
Les
cotonculteurs togolais sont ces éternels laissés-pour-compte. On préfère vendre
d’importants tonnages de cet or blanc par des circuits parallèles et s’enrichir
illicitement. Et on se repliera toujours sur la chute des cours mondiaux et des
subventions massives des pays nantis à leurs producteurs. Les paysans
producteurs de coton cumulent des arriérés d’impayés de leurs productions.
Pourtant, ce coton a bel et bien été vendu. Aucun entrepôt ne contient plus de
coton ni les graines de coton. Où est alors passé l’argent pour qu’on ne règle
pas la part du pauvre paysan ? D’après des sources dignes de foi, il y a toute
une mafia autour du coton. Des fournisseurs et autres prestataires de service se
tirent plutôt bien sauf les paysans ? Pour divertir encore la galerie on change
de DG ; M. LEKEZIM part et est remplacé par M. EWOVOR. L’échec du sommet de
l’OMC à Hong Kong sera encore un alibi pour assurer la lente descente dans le
monde surréaliste de la pauvreté du paysan producteur du coton.
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Douane, Impôts et autres
Là, la corruption règne en maître. Il faut être là pour qu’en un
temps record on se fasse un embonpoint financier. Ces commis n’hésitent pas à
sceller des pactes contre nature pour que des centaines de millions de nos
francs n’aillent pas dans nos caisses. Il ne pouvait d’ailleurs en être
autrement quand le « clan » donne le mauvais exemple.
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2005 et le coup de grâce donné aux pauvres consommateurs
Le maïs à 1500 F, c’est en tout cas une première dans les annales
du consommateur togolais. Par faute d’une réelle politique, on a fait porter le
chapeau aux bonnes femmes qui se sont vu retirer leur stock par l’OSAT. On sait
que cette exportation de céréales était le monopole de certains hauts perchés,
mais on brouille les pistes en déversant le dévolu et la toute-puissance de
l’OSAT sur les pauvres revendeuses de céréales. Ainsi va le Togo du père au
fils.
Togo, pays de toutes les incongrues. On ne fait rien pour soulager
la misère dans laquelle baigne le peuple. Et chaque jour que le bon Dieu fait,
on s’évertue à rechercher de nouvelles mesures pour porter le coup de grâce au
consommateur. Les foyers tentaient de s’assurer un repas par jour quand le
gouvernement du gestionnaire et de l’économiste a fait augmenter les prix des
produits pétroliers. Faure vient de commettre l’un de ses nombreux parjures en
violant l’une de ses promesses de campagne. Quant au vieux Kodjo, cette
augmentation des prix des produis pétroliers est le parfait contre-pied de son
projet de société. La paire Faure-Kodjo est parvenue en un temps record à faire
de ce pacifique peuple des mendiants patentés. Le vol d’une marmite chaude de
bouillie à Bassadji est une illustration des effets Faure-Kodjo sur la
population.
Pour ce qui est du budget exercice 2006, il est déficitaire. Les
contorsions de nos fameux députés pour l’équilibrer en recettes et en dépenses à
254 101 424 000 F CFA ne visent qu’à divertir le peuple. Ce qui est sûr, les
Togolais doivent dès à présent faire des trous supplémentaires à leur ceinture
car 2006 sera très chaude.
Toutes les couches socio-économiques du pays sont en échauffement
pour donner le ton des contestations si le pouvoir s’entêtait à boucher ses
oreilles avec de la cire sur leurs revendications.
Dur, dur d’être Togolais. Le peuple croupit dans la misère noire et
les expatriés abusivement appelés opérateurs économiques de mèche avec le clan
pillent l’économie et mènent un insolent train de vie.
De nombreux diplômés sont sans emplois avec pour seul salut des
taxis motos. Un président jeune avec un gouvernement et conseillers usés et
toujours insatiables en pannes d’idées rénovatrices. Ainsi va le pays.
S’agissant de la reprise de la coopération de l’Union Européenne
avec le Togo, c’est le surplace. On ne pose pas d’acte concret pour montrer la
volonté de changer les vieilles pratiques. Aux conditions coercitives de l’Union
Européenne et les autres on préfère se tourner vers les pays asiatiques et
arabes qui donnent sans conditions.
Le Togo a connu une année 2005 sombre en politique et encore plus en
économie. Qui sauvera le peuple dans son douloureux parcours ? That’s the
question.
Hose KOFFI |