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16 Déc 2006

[ 147: 15 Déc 2006]  
Les vraies plaies de l’administration publique : Politisation à outrance, « mendèfrèrisme », promotion canapé

Les états généraux de l’administration, l’une des recommandations du dialogue social tripartite ayant eu lieu du 30 janvier au 21 mai 2006 ont été tenus du mardi 05 à samedi 09 décembre 2006. Gouvernants, patronat, syndicats et hommes ressources ont planché sur les maux qui minent le bon fonctionnement de l’administration togolaise. Fallait-il chercher loin ? L’administration n’est qu’à l’image du pays. Elle n’est que le reflet de la gérance clientéliste, de la gabegie qui est faite du pays au sommet. Ses maux pourront se résumer en : « mendèfrèrisme », politisation à outrance, promotion canapé,  promotion de l’incompétence…

«Mendèfrèrisme»

L’on ne devrait pas s’étonner de l’image qu’offre l’administration publique, faite de « laxisme », de « lourdeur » quand on embauche sur des bases subjectives. On est embauché, non pas parce qu’on a le profil idéal recherché pour occuper un poste, plutôt parce qu’on est le petit fils de « Kpatcha » ou de « Kodjokpoui », on vient de la famille « Abalo » ou « d’Almeida », on a son oncle ou une connaissance déjà dans la boîte. A titre d’illustration, pendant les grandes vacances de 2003, un jeune étudiant cherchait un job pour occuper les vacances et ses courses l’avaient amené- par ignorance- à Togo-Télécom. Son interlocuteur à qui il s’était adressé a été d’abord tout étonné qu’il ait eu le culot de s’aventurer à Togo -Télécom. La question qui lui a été ensuite posée était la suivante : « qui est derrière ton dossier ? » Voyez-vous ?

Chasse-gardée de certaines populations

L’honnêteté recommande de faire remarquer que l’administration togolaise est devenue le pré carré de certaines ethnies. Tout comme l’armée togolaise, des plus ethnicisées en Afrique, ce que décrivait M. Comi Toulabor, Professeur au CEAN-Sciences Po Bordeaux en ces termes : « sur les 13.000 hommes qu’elles (Forces Armées Togolaises) comptent, 10.000 viennent de la partie septentrionale du pays et les 3.000 restant du Sud. Parmi ces 10.000 hommes du Nord, 7.000 sont Kabyè », 53,84% des effectifs des forces armées pour une ethnie qui fait à  peine 12% de la population totale du Togo, l’administration togolaise est aussi tribalisée. Mieux, elle est « kabyeïsée ».

Sans vouloir frustrer ou remettre en cause les compétences individuelles des ressources humaines des élites de  ce peuple, souffrez que l’on dise que c’est une plaie de tribaliser l’administration publique. C’est une tacite « kabyeïsation » de l’administration, une formule d’ « ARYENisation » de cette ethnie aux dépens de la multitude que compte le pays. Que l’on aille consulter l’organigramme, le personnel des ministères et société, d’Etat pour s’en persuader.

On dira certes que cette ethnicisation de l’administration n’est pas une invention « Gnassingbélandaise » et que le cas fait légion un peu partout en Afrique, mais cela ne saurait constituer une excuse.

Administration « RPTéïsée »

Le Togo est trop petit et on ne se connaît que trop. Comme pour paraphraser la fameuse pensée d’Aristote « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre », nul n’entre dans la Fonction publique s’il n’est « RPTiste » ou sympathisant du RPT. Tout compte fait, ne se taille pas une place dans l’administration publique qui veut. Même pour les jeunes Togolais à la recherche d’emploi ou pour se faire traiter un dossier, il faudra lui donner tout le poids en faisant rallier à sa cause quelqu’un du sérail. Ceux qui se sont taillé une place dans la Fonction publique sans identité du RPT doivent dissimuler leur appartenance politique au risque de… Il ne faut surtout pas se faire connaître de l’Union des Forces de Changement (UFC). Combien de fois des fonctionnaires qui se sont identifiés à des partis politiques de l’opposition lors des périodes électorales ne sont-ils pas virés ? Et pour sauvegarder son poste, l’on sait la place qui est faite au zèle politique.

La politisation de l’administration est plus remarquable dans l’organigramme des ministères et sociétés d’Etat. Les postes de responsabilité sont occupés par qui ont sait et les miettes aux autres. Ne saurait être Directeur Général de Togo-Télécom, Togocel, Port Autonome de Lomé, Douanes, les Impôts… qui veut

Militarisation à outrance

L’administration togolaise est au pas des bottes. Ce n’est un secret pour personne que l’armée est une béquille du pouvoir. Pour cela, des postes de responsabilité civile sont confiés aux hommes en tenue. Le Port, la Direction des Transports routiers... ça ne fait que trop. L’illustration qui est d’actualité ce sont les mouvements opérés à la Direction Générale de la Police Nationale. Nombre d’observateurs ont fait remarquer que ce poste n’est pas militaire. Mais les gouvernants togolais n’ont eu aucune peine à la faire diriger par un militaire. Le Lieutenant-colonel Mateindou Monpion est venu remplacer l’autre, Ouro Agadazi. Il en est de même pour le ministère de la sécurité qui est occupé par le Colonel Titikpina.

Promotion de l’incompétence

Comment peut-on s’étonner de la « lourdeur » de l’administration dans de telles conditions ?

Avec toutes ces plaies et quand on embauche sur des critères subjectifs, il est évident de s’attendre à des rendements proportionnels. C’est normal que « Dans l’administration publique, à l’opposé du secteur privé, les gens ne voient pas les raisons pour lesquelles il faut se presser pour traiter un dossier », comme le dit si bien le Ministre de l’emploi, Foli-Bazi Katari. Par contre, les vraies compétences se meurent, les vrais génies sont au chômage, inexploités.

C’est encore prévisible que les employés ne sachent pas ce pourquoi ils ont été embauchés. Des dames qui passent leur temps à tailler les ongles au moment où traînent des tas de dossier, et c’est pourtant elles qui seront promues à travers la fameuse formule de « promotion  canapé ».

Pour « s’orienter vers une plus grande compétitivité et un dynamisme plus fort… assumer pleinement sa contribution à l’œuvre de la reconstruction d’un Etat moderne » et être « un moteur de développement », l’administration devra soigner toutes les plaies énumérées plus haut qui constituent les vrais maux qui la minent. La pile de recommandations faites par les Etats généraux de l’administration ne sont que de gros mots.

TINO Kossi

Conséquence de relations incestueuses : Une fille de 14 ans meurt avec la grossesse de son père

Devenu un fléau, le viol sur les enfants mineurs continue de faire des victimes chaque jour que Dieu fait. C’est une infamie que des adultes prennent des enfants mineurs pour assouvir à leur désir sexuel. Pire encore quand il s’agit d’un viol exercé par un parent sur sa propre fille. Cela s’appelle de l’inceste que les textes juridiques condamnent. Difficile de relater ce qui est arrivé à Jeannette, une fillette de 14 ans en classe de 4e dans un collège de Lomé qui a dû arrêter ses études à cause d’une grossesse dont l’auteur n’est autre que son propre père et géniteur. Cette affaire se termina plus tard avec la mort de celle-ci.

Partis des rumeurs, les faits se sont avérés à en croire les témoignages de la victime au cours d’un entretien réalisé dans une intimité avec notre rédacteur et un agent social, diplômé en psychologie membre d’une ONG œuvrant dans la prise en charge et réinsertion des enfants victimes de viols et autres. Malgré la mise en confiance faite par cette psychologue très expérimentée en la matière, c’est avec un cœur noué d’un torrent de larmes qui ruisselaient sur son visage que Jeannette s’est exprimée sur ses relations sexuelles avec son père nommé Rolland, cadre informaticien bien nanti.

            « Tout a commencé trois mois après que ma mère eut quitté le foyer conjugal suite à un différend persistant qui l’opposait à mon père. Un soir après le dîner et les études, je suis allée au lit plus tôt que d’habitude, c’est-à-dire aux environs de 21h. De mon sommeil, j’ai senti la présence humaine qui me tripotait surtout mes petits seins.  Je sursautai et découvrit à mes côtés mon père, tout nu. Il me fit signe de ne pas crier de peur que notre domestique une femme âgée qui dormait dans la chambre contiguë à la mienne ne soit alertée. Il s’agenouilla et me supplia de ne rien dire à personne et aussi, c’est parce qu’il est hanté dans sa chambre des mauvais esprits. Le lendemain pour l’école, il me donna 5000 F CFA et me dit de l’informer à chaque fois que j’ai un besoin. La nuit suivante, la même scène se reproduisit, mais cette fois-ci, il ne m’a pas laissée le temps. Ils m’a forcée et m’a pénétrée après que je fus épuisée. J’ai saigné et j’avais très mal au ventre. Cette nuit, notre domestique n’était pas là parce qu’elle était en congé hebdomadaire. Il prit soin de m’emmener au dispensaire le lendemain après s’être assuré que je dirai aux médecins que l’auteur m’est inconnu et qu’il a pris la fuite après son forfait. De retour de l’hôpital, il me gratifia d’un portable qui m’a beaucoup fait plaisir. Après trois semaines de trêve, il a recommencé et à chaque fois avec une promesse de me faire ceci ou cela. Ce qu’il fait toujours.  Et ce, pendant deux ans, c’est-à-dire quand j’avais douze ans et faisais la 5e  que j’ai doublée.  C’est pendant les vacances qu’il m’a  emmenée  passer à Accra qu’il a plus abusé de moi. Et depuis quelques mois, je suis devenue grosse. Depuis son retour du voyage au cours duquel il a passé trois mois à l’extérieur, il m’a emmenée chez un médecin pour un curetage. Celui-ci lui a dit que c’était impossible et très risqué. Alors je ne sais comment faire. Car tout le monde cherche à connaître le père de l’enfant qui va naître bientôt. Je ne vais plus à l’école parce que les camarades se moquent de moi. Il y en a qui vont jusqu’à dire que je suis la femme de papa. Il m’a interdit depuis lors toute rencontre avec ma mère sous prétexte que je vais mourir parce qu’il y a un pacte qui  le lie à ma mère. Mes oncles maternels sont aussi informés de la situation. Sûrement que c’est ma meilleure amie à qui j’ai tout relaté qui a vendu la mèche. Je ne sais plus quoi faire. Je préfère mourir… », a-t-elle relaté avant de sombrer de nouveau en sanglots.

            Grande a été notre déception de constater, le lendemain à l’heure du rendez-vous pour sa prise en charge par l’ONG et aussi pour les démarches nécessaires, qu’elle est partie à Accra (Ghana) chez l’un de ses parents. Aux dernières nouvelles, elle serait décédée et inhumée sur sa terre d’asile. Pour l’heure, l’on ignore les causes réelles de ce décès. Mais au demeurant, l’ONG intente un procès contre M. Rolland qui a aussi depuis belle lurette quitté son domicile pour une destination inconnue. Néanmoins, son service vient d’être déniché par l’infatigable et jusqu’auboutiste psychologue de l’ONG.

            Soulignons que l’ONG se constitue déjà partie civile contre M. Rolland pour viol, inceste et meurtre sur Mlle Jeannette. L’on espère que cette démarche ira jusqu’à son terme afin que justice soit rendue à la pauvre et naïve victime des turpitudes et animosités de son père. Que la terre lui soit légère !

Didier Ledoux

 

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