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11 Déc 2006

[ 145: 8 Déc 2006]  
Processus électoral / la France manœuvre déjà !  Réunion secrète entre le Président de la CENI et l’Ambassadeur de France au Togo

Depuis quelques semaines, les discussions se sont enrhumées à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Les 19 membres n’arrivaient plus à s’accorder sur le type de recensement électoral. Deux camps s’affrontaient : le RPT, la CPP, le PDR et REFAMP-Togo qui soutenaient un recensement classique d’une part et d’autre part, le CAR, la CDPA et l’UFC qui optaient pour un recensement du type RDC qui se présente comme suit : « la préparation et le déploiement du matériel de recensement, l’enregistrement des électeurs, la saisie des noms et la délivrance immédiate des cartes numérisées avec photo dans les centres de vote ; l’élaboration du fichier électoral ; l’édition des listes d’émargement ».

C’est pour trouver rapidement une solution que la CENI a demandé au Gouvernement de saisir le « mécanisme d’arbitrage prévu au point 5.8 de l’Accord Politique Global », c’est-à-dire le Comité de Suivi.

            Ce problème ainsi que celui du mode de décision sont à l’origine du blocage des travaux au sein de la CENI. Mais curieusement, dans la journée de mardi dernier, l’Ambassadeur de France au Togo, M. Alain Holleville, a débarqué au siège de cette institution. Selon certaines indiscrétions, il aurait eu une séance de travail avec le président de la CENI, Tozim Potopéré.

            Le hic c’est que cette rencontre se serait déroulée à l’insu des autres membres du bureau. Tout se serait fait pour que personne ne se rende compte de cette visite.  Mais pour l’heure, l’on ignore ce que le président et le Français se sont dit. N’est-ce pas qu’il y a quelque chose qui serait en train d’être tramé ? Le fait que cette réunion ait eu lieu à l’insu des autres membres du bureau et loin des médias ne renforce-t-il pas cette appréhension ? Tout compte fait, la France n’a jamais voulu un processus électoral sain au Togo et les actes posés par ses diplomates sont connus de tous.

            Ce qui est frustrant, c’est que lorsqu’il s’est agi de se prononcer sur le mode de recensement, les propositions de certains partis de saisir l’UE ou le PNUD pour qu’ils les aident à explorer les types de recensements qui permettent le moins de contestations possibles, ont été balayées du revers de la main par les partisans du statu quo. Ils auraient avancé que la CENI, en tant qu’institution indépendante, n’avait pas le droit de saisir les partenaires du Togo. Pourtant, ils ne se sont pas empêchés de travailler avec la mission du Comité des Ambassadeurs de l’ACP qui vient de séjourner à Lomé. De même, le président de la CENI ne s’est pas démené à avoir une réunion secrète avec l’Ambassadeur d’un pays partenaire du Togo. Cette situation qui intervient après la publication du communiqué de la Primature, inquiète plus d’un Togolais. La vigilance de l’opposition s’impose,  surtout qu’on veut faire des législatives du 24 juin prochain une panacée à la longue crise togolaise.

            Par ailleurs, le Premier ministre a, dans son communiqué, « fait observer aux membres de la délégation que si les divergences en question n’ont pu être surmontées par la CENI, les parties signataires de l’APG devraient pouvoir tenter de contribuer à leur règlement avant qu’il ne soit recouru au mécanisme d’arbitrage ». Mais la question qui vient tout de suite à l’esprit est de savoir si la structure devant plancher sur les divergences de la CENI ne se limiterait pas au seul gouvernement. Là, l’UFC qui n’est pas au gouvernement ne participera pas aux discussions. Il est donc à craindre que le CAR, la CDPA et le GF2D ne soient dépassés par les pressions des autres partis qui proposent un simulacre de recensement électoral.

Evans YEMEY

 
CENI/Question du recensement électoral et de la confection de cartes d’électeurs infalsifiables  Le RPT, la CPP, le PDR et le REFAMPT militent pour l’option de la fraude

Beaucoup d’observateurs ont dénoncé le délai assez court pour la tenue du scrutin législatif fixé au 24 juin 2007 eu égard aux préalables à réaliser pour son organisation crédible  et transparente. Ils ne seront pas moins inquiets devant le blocage manifeste que créent le RPT, la CPP, le PDR et le REFAMPT au sein de la CENI en soutenant l’arbitraire.

         « Les parties s’engagent à créer les conditions qui garantiront des élections libres, ouvertes et transparentes ». « Ces élections se dérouleront conformément aux dispositions définies par consensus dans le cadre électoral », lit-on dans l’Accord Politique Global du 20 août 2006. Au crédit de ces dispositions figure le recensement pour la confection du fichier électoral inscrit au point 1-2-5 « Les parties prenantes au Dialogue conviennent de faire procéder à un recensement électoral en vue d’obtenir un fichier électoral fiable », y lit-on. « Les parties prenantes au Dialogue conviennent d’instituer une carte d’électeur infalsifiable et sécurisée », indique par ailleurs l’APG. Et c’est cette option que défendent en toute responsabilité à la CENI le CAR, la CDPA, l’UFC et le GF2D. A ces derniers s’oppose « L’Axe du mal » constitué par le RPT, la CPP, le PDR et le REFAMPT.

            En effet, « L’Axe du mal » se rétracte par rapport à ces dispositions de l’accord. Ces partis militent plutôt pour une révision des listes électorales comme on en a l’habitude aux veilles des échéances électorales. Et, les révisions de listes électorales « à la togolaise », on en est instruit. C’est à cette étape qu’est mis en œuvre le plan préparatoire de toute la machine de fraude électorale. Dans les milieux, circonscriptions électorales réputées acquises à l’opposition, nombre d’électeurs ne retrouvent pas leurs cartes. Elles sont soient dissimulées, soient distribuées à d’autres électeurs acquis à la cause du pouvoir. C’est un véritable parcours de combattant pour de jeunes électeurs de s’inscrire sur ces listes.

            Voilà l’option que le RPT, la CPP, le PDR et le REFAMPT proposent, contrairement aux recommandations de l’APG. Et on ressassera aux Togolais que ces formations politiques aussi aspirent à des élections libres, claires, transparentes et crédibles. N’est-ce pas que le recensement électoral et surtout la confection de cartes électorales avec photo comme cela s’est fait en République Démocratique du Congo viendront annihiler leurs plans de fraudes ? Que le RPT et associés ont la phobie d’élections claires et transparentes!

            La CENI est donc dans l’impasse car les travaux sont bloqués à ce niveau. Il y a des inquiétudes à nourrir car le temps qui reste est assez court et le chantier énorme.

T.K.

 
Législatives de juin 2007 : Le RPT éprouve des peines à choisir ses candidats

L’imminence des élections législatives ne cesse de raviver les appétits de part et d’autre. Cette situation doublée d’un conflit de générations est à la base des difficultés qu’éprouve le RPT dans le choix des candidats devant représenter le parti dans les 81 circonscriptions électorales, mettant en exergue la problématique de la rupture d’avec les bonnes vieilles méthodes qui avaient cours au sein du parti.

           L’usage, pour des candidats éventuels à la députation, était de se présenter devant les populations, débiter des promesses fantasmagoriques, pourvu qu’elles en soient épatées et leur accordent leur suffrage. Elus, ces députés ne songent même plus à rendre visite aux populations et à réaliser les promesses. Et les populations qui ne sont plus dupes commencent à les bouder. Cette situation donne des idées et le champ libre à d’autres candidats éventuels du même parti, nommément le RPT. Et tous les arguments sont bons pour mettre les chances de son côté. On va jusqu’à brandir la fibre ethnique ou communautaire, ce qui n’est pas sans raviver les tensions entre les communautés et on s’adonne aux coups bas. C’est justement ce qui serait reproché à un certain Tchassé qui créerait du désordre dans la première circonscription électorale de Sotouboua qu’a « désertée » le député Bodjona. Pour conquérir cette circonscription constituée par la ville et les villages environnants, le sieur Tchassé crée des affinités entre lui et une communauté locale, les « Kujan » qu’il monterait d’ailleurs contre d’autres candidats éventuels, et contre d’autres communautés ethniques de par ses discours tribalistes. La tension serait actuellement vive ente les Kujan et d’autres, constituées par les Tchitchao, Losso, Cotokoli et Kabyè qui seraient prêtes à en découdre les unes et les autres.

Des primaires qui s’annoncent houleux

            Avec la nouvelle donne politique incarnée par la jeune génération au sein du RPT, il se pose une sérieuse question des choix et de carrure du candidat. La pratique était de les imposer aux bases. Mais aujourd’hui, Faure Gnassingbé militerait pour un choix par les bases elles-mêmes des candidats pouvant les représenter valablement. Cette stratégie aurait été dévoilée lors d’une rencontre secrète entre lui et les cadres de la préfecture de Haho, il y a quelques mois. Ce qui n’est pas non plus sans jeter les uns contre les autres. A cause de la multiplicité des candidatures incarnées par la jeune garde du parti, le choix s’avère difficile. Des sources indiquent jusqu’à la dizaine dans certaines circonscriptions électorales. Bassar est nommément cité par certaines.

            C’est devant toutes ces difficultés qu’il est évoqué l’idée d’organisation d’élections primaires pour dégager les candidats les plus représentatifs dans chaque circonscription. Aujourd’hui, elle devient presque indispensable.

TINO Kossi

Congrès de la FTF : La liste des clubs et ligues ayant droit de vote pose problème

Le Général Séyi Mèmène aura de la peine à organiser un bon congrès le 09 janvier prochain. Rock Gnassingbé et les siens continuent de lui mettre les bâtons dans les roues. L’un des grands problèmes auxquels le Général est confronté est l’établissement des listes des clubs, ligues et districts qui voteront lors du congrès prochain. Des sources bien informées, le général Séyi Mèmène, aurait demandé au reliquat du bureau de la FTF que dirige Rock Gnassingbé de lui fournir la liste des clubs et ligues ayant un droit de vote. Dans la liste que le reliquat du bureau a envoyée à la CEI, figurent les ligues de Vo et Yoto, Lac, Badou,  alors que nous savons tous  que Rock Gnassingbé et ses sbires ont créé ces ligues pour gonfler leur électorat. Et sur la liste, on retrouve des clubs imaginaires. Certains clubs qui étaient en D2 régionale se retrouvent dans la liste des clubs de D2 nationale. C’est l’exemple de Gbohloé-Su. Rock Gnassingbé et ses sbires ont classé ce club comme étant un club de deuxième division nationale alors qu’il évolue depuis la saison 2003-2004 en division régionale. Toutes ces gymnastiques sont faites pour compliquer la tâche à la CEI.

Or la deuxième lettre de la FIFA précise très bien que le congrès doit être organisé sur la base des statuts de 94.  La FTF ne disposait alors que de 10 ligues. C’est seulement ces 10 anciennes ligues qui devraient normalement avoir un droit de vote. Mais aujourd’hui, la question se pose de savoir les dispositions que prendra le Général Séyi Mèmène sur cet aspect précis de la question.

            D’autre part, les statuts de la FTF de 1994 précisent dans l’article 11 que « Les délégués au congrès ne peuvent représenter qu’une seule ligue ou qu’un seul club affilié. Pour voter, chaque ligue dispose de sa propre voix et détient 2 voix par fraction de 5 clubs affiliés participant au Championnat National ou Régional ». Les mêmes statuts précisent dans l’article 60 qu’ « une ligue ne peut comporter au maximum que 10 clubs ».

            Pourtant, Rock Gnassingbé et les siens ont laissé la possibilité aux ligues de disposer d’autant de clubs qu’elles veulent. C’est l’exemple de la ligue de Lomé qui dispose de plus de 70 clubs. Comment se fera alors le choix des clubs votants au niveau des ligues et comment les clubs d’une même ligue s’arrangeront-ils pour choisir en leur sein les votants ? Les constats sont donc clairs. Rock Gnassingbé et ses ouailles sont en pleine réflexion pour exploiter les failles qu’ils ont créées en leur faveur.  Il se raconte que certaines ligues acquises au président –trésorier de la FTF manoeuvrent déjà pour permettre à certains clubs minuscules de voter à la place d’autres que rejette Rock Gnassingbé. Le Général Séyi Mèmène doit prendre ses responsabilités pour éviter au maximum les dérapages.

GLAKPE Koffi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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