|
Le recensement du type RDC et la mauvaise foi du RPT
Comme nous l’avons décrit dans l’une de nos
précédentes parutions (Liberté Hebdo N° 140 du
22 novembre 2006),
ce type de recensement permet de délivrer la carte
d’électeur séance tenante. L’électeur se présente,
fournit les informations avec les preuves à l’appui,
on l’enregistre, il y a une machine qui le
photographie et prend son empreinte digitale. Ce
travail se fait à la chaîne, Après, on passe à
l’élaboration du fichier électoral et à l’édition
des listes d’émargement, certes, il n’y a pas de
méthode parfaite en matière électorale mais ce type
de recensement permet d’éviter au maximum les
fraudes. L'autre avantage est qu’il règle la
question de l’identification de l’électeur.
Cependant, le RPT et ses satellites qui craignent
l’organisation d’un scrutin libre et transparent, se
cramponnent au recensement classique qui permet de
détourner les cartes d’électeurs pour d’autres fins.
Pour tenter de noyer la proposition du recensement
du type RDC, les tenants de l’ordre ancien se sont
empressés pour avancer premièrement un chiffre de
plus de 30 milliards de F CFA puis de 50 milliards
contre 10 milliards pour le recensement classique.
Pour eux, il faut une éternité pour réaliser cette
opération. Et déjà, quelques journaux terrifient les
populations en avançant des chiffres astronomiques.
Certains écrivent que « Cette procédure coûtera
aux contribuables togolais une bagatelle somme de 35
milliards et durera 35 semaines (soit plus de huit
mois) ». D’autres évoquent le chiffre de 52
milliards et une durée de 39 semaines (soit plus de
neuf mois). Pour d’autres encore, « Logiquement,
cette dernière option devra prendre plus de temps
mais, surtout, l’on indique que la proposition de
l’opposition doit faire débourser près de 49
milliards de francs à l’Etat ». Tout ceci n’est
que de l’intox.
Rétablissement de la vérité
En effet, pour permettre aux populations de se faire
une idée sur les fonds et la durée nécessaire pour
ce nouveau type de recensement, nous avons pris
attache avec des experts qui se sont impliqués dans
le processus électoral en RDC. II ressort de nos
investigations qu’il a fallu un peu plus de 100
millions de dollars (environ 50 milliards de F CFA)
pour réaliser les mêmes opérations en RDC. Or, du
point de vue superficie, ce pays d'Afrique centrale
est 42 fois plus grand que le Togo (2 344 885 km2
contre 56 600 km2). En plus, la
population de notre rectangle de pays fait à peu
près 1/10 de celle de l’ex-Zaïre. Dans ce pays -
continent, pour quitter Kinshasa pour aller dans
certaines régions, il faut prendre un avion et faire
par exemple quatre heures de vol. Qui plus est, les
choses coûtent excessivement chères en RDC.
Pourtant, les fonds mobilisés pour les opérations de
recensement tournent autour de 50 milliards de F
CFA. Si on se réfère au chiffre avancé par certains
journaux, il faut plus d’argent pour réaliser ce
type de recensement au Togo qui s’allonge du Nord au
Sud sur 600 kilomètres et qui a à peine 3 millions
d'électeurs. « Soyons sérieux. Il ne faut pas
trop exagérer dans les chiffres. Pour le Togo, il
faut environ 12 millions de dollars (soif 6
milliards de FCFA) pour organiser le recensement de
type congolais. Ce qui veut dire que 12 ou peut-être
15 milliards suffisent pour couvrir fout le
processus », nous a confié un expert. Réagissant
au délai, il a fait savoir que cette opération ne
peut se dérouler sur une durée de 12 semaines. «
Même si cela va prendre un peu de temps, je crois
que 15 semaines suffisent. Ça peut tenir dans le
délai à condition que la requête du gouvernement
soit envoyée à temps », indique un autre.
Comme on le voit, ce n’est pas une exigence pour
l’Etat de financer les élections du 24 juin. Tous
les partenaires du Togo : UE, PNUD, Allemagne,
Etats-Unis sont prêts à accompagner le processus
électoral. Il ne revient qu’au gouvernement, dans le
souci d’assurer une bonne opération des élections,
d’adresser dans les meilleurs délais une requête
d’assistance technique et financière à ces
partenaires. II n’y a donc aucune raison à
pleurnicher que les élections coûteraient telle
somme à l’Etat togolais.
Le recours au facilitateur et la responsabilité de
Faure
Les positions des deux camps à la CENI ont enrhumé
le processus. II y a plusieurs jours que les membres
de cette institution n’ont plus travaillé. Ils
attendent tous le messie et d’ores et déjà, ils
auraient saisi le chef de gouvernement pour qu’il
fasse appel au facilitateur Blaise Compaoré. Ce
dernier viendra dire aux Togolais ce qu’il met dans
« la carte d’électeur infalsifiable et sécurisée
».
Mais pour l’heure, le problème est au niveau du
gouvernement. II revient alors au chef de l’Etat de
prendre ses responsabilités en traduisant dans les
faits l’un de ses « je m’engage personnellement à
oeuvrer de toutes mes forces pour le respect
scrupuleux de tous les points contenus dans l’Accord
». Ce sera à tout son honneur. Sinon c’est
malheureux que pour des interprétations malhonnêtes
de certains de ses partisans, on ait encore recours
au médiateur. Si tous les acteurs sont préoccupés
par le souci d’un scrutin propre et transparent, on
n’a pas besoin d’user de contorsions pour bloquer
les choses.
En outre, c’est une vue simpliste de croire que la
présence de Me Agboyibo à la Primature l’oblige à
s’aligner derrière les positions du RPT. Le CAR est
un parti et la vocation de toute formation politique
est la conquête du pouvoir. On ne peut pas lui
demander de s’aliéner parce qu’il est au
gouvernement. Ce parti a une identité et se doit de
s’affirmer. Et c’est ce qu’il fait en toute
indépendance à la CENI.
Somme toute, le prochain scrutin est capital dans
l’histoire du Togo. II permettra au pays de renouer
définitivement avec les bailleurs de fonds et
favorisera la normalisation un tant soit peu de la
vie politique et socio-économique. C’est pourquoi
toutes les manoeuvres visant à biaiser le processus
électoral doivent être dénoncées.
Zeus A. |
|
En effet, quelques jours après la formation du
gouvernement de Me Agboyibo, le nouveau préposé à la
Sécurité aurait proposé de balayer tous les
commissaires et les remplacer par de nouvelles têtes
qui ne pourraient qu’être ses propres éléments.
II aurait soumis le projet à l’appréciation de
son collègue de la Défense et des Anciens
Combattants, Celui-ci ne serait pas montré intéressé
par ledit projet et aurait souhaité qu’une
commission soit constituée pour étudier la question.
Ce qui aurait mécontenté le Colonel Titikpina qui
aurait commencé à le bouder.
A cela vient s’ajouter le bras de fer qui a opposé
le ministre de la Sécurité et le Directeur Général
de la Police, le Lieutenant-Colonel Agadazi et qui a
conduit au remplacement de ce dernier par le
lieutenant-colonel Monpion Mateindou. Les relations
privilégiées que l’ex-DG de la Police avait avec le
ministre de la Défense et des Anciens Combattants et
le chef de l’Etat seraient vues d’un mauvais oeil
par le ministre de la Sécurité. Pour lui, c’est ce
soutien qui aurait amené le Lt-col. Agadazi à
pousser des ailes et à vouloir le défier.
Mais dans l'entourage des deux ministres,
on minimise ces allégations. « D’où sortez-vous
avec ces histoires », nous a dit une source
proche du ministre de la Sécurité. On soutient que
tout va bien entre les deux personnalités et
qu'aucun problème ne les oppose.
L.H. |