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7 Déc 2006

[ 144: 6 Déc 2006]  
Mise en oeuvre de l’Accord : Le processus électoral bloqué à cause de la mauvaise foi du RPT et de ses satellites

En attendant l’adoption de son règlement intérieur - il faut que la question de la loi électorale soit d’abord réglée au niveau du Gouvernement- la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) continue ses travaux aux fins de rester dans le temps. Mais depuis quelques semaines, les discussions achoppent sur le choix du mode de recensement électoral. Le RPT et ses satellites : CPP, PDR, REFAMP-Togo préconisent l'ancienne formule de recensement qui a toujours consacré les hold-up électoraux au Togo. Quant aux autres formations politiques (CAR, CDPA, UFC, GF2D), elles se basent sur la confection de « carte d'électeur infalsifiable et sécurisée » précisée dans l'Accord Politique Global (APG) pour proposer un recensement à l’instar de ce qui a été fait en République Démocratique du Congo (RDC). Ce type de recensement est nouveau pour les Togolais et il urge que des informations précises soient données aux populations au lieu de les empoisonner en s’égarant dans des manoeuvres sordides.

Le recensement du type RDC et la mauvaise foi du RPT

Comme nous l’avons décrit dans l’une de nos précédentes parutions (Liberté Hebdo N° 140 du 22 novembre 2006), ce type de recensement permet de délivrer la carte d’électeur séance tenante. L’électeur se présente, fournit les informations avec les preuves à l’appui, on l’enregistre, il y a une machine qui le photographie et prend son empreinte digitale. Ce travail se fait à la chaîne, Après, on passe à l’élaboration du fichier électoral et à l’édition des listes d’émargement, certes, il n’y a pas de méthode parfaite en matière électorale mais ce type de recensement permet d’éviter au maximum les fraudes. L'autre avantage est qu’il règle la question de l’identification de l’électeur.

Cependant, le RPT et ses satellites qui craignent l’organisation d’un scrutin libre et transparent, se cramponnent au recensement classique qui permet de détourner les cartes d’électeurs pour d’autres fins. Pour tenter de noyer la proposition du recensement du type RDC, les tenants de l’ordre ancien se sont empressés pour avancer premièrement un chiffre de plus de 30 milliards de F CFA puis de 50 milliards contre 10 milliards pour le recensement classique. Pour eux, il faut une éternité pour réaliser cette opération. Et déjà, quelques journaux terrifient les populations en avançant des chiffres astronomiques. Certains écrivent que « Cette procédure coûtera aux contribuables togolais une bagatelle somme de 35 milliards et durera 35 semaines (soit plus de huit mois) ». D’autres évoquent le chiffre de 52 milliards et une durée de 39 semaines (soit plus de neuf mois). Pour d’autres encore, « Logiquement, cette dernière option devra prendre plus de temps mais, surtout, l’on indique que la proposition de l’opposition doit faire débourser près de 49 milliards de francs à l’Etat ». Tout ceci n’est que de l’intox.

Rétablissement de la vérité

En effet, pour permettre aux populations de se faire une idée sur les fonds et la durée nécessaire pour ce nouveau type de recensement, nous avons pris attache avec des experts qui se sont impliqués dans le processus électoral en RDC. II ressort de nos investigations qu’il a fallu un peu plus de 100 millions de dollars (environ 50 milliards de F CFA) pour réaliser les mêmes opérations en RDC. Or, du point de vue superficie, ce pays d'Afrique centrale est 42 fois plus grand que le Togo (2 344 885 km2 contre 56 600 km2). En plus, la population de notre rectangle de pays fait à peu près 1/10 de celle de l’ex-Zaïre. Dans ce pays - continent, pour quitter Kinshasa pour aller dans certaines régions, il faut prendre un avion et faire par exemple quatre heures de vol. Qui plus est, les choses coûtent excessivement chères en RDC. Pourtant, les fonds mobilisés pour les opérations de recensement tournent autour de 50 milliards de F CFA. Si on se réfère au chiffre avancé par certains journaux, il faut plus d’argent pour réaliser ce type de recensement au Togo qui s’allonge du Nord au Sud sur 600 kilomètres et qui a à peine 3 millions d'électeurs. « Soyons sérieux. Il ne faut pas trop exagérer dans les chiffres. Pour le Togo, il faut environ 12 millions de dollars (soif 6 milliards de FCFA) pour organiser le recensement de type congolais. Ce qui veut dire que 12 ou peut-être 15 milliards suffisent pour couvrir fout le processus », nous a confié un expert. Réagissant au délai, il a fait savoir que cette opération ne peut se dérouler sur une durée de 12 semaines. « Même si cela va prendre un peu de temps, je crois que 15 semaines suffisent. Ça peut tenir dans le délai à condition que la requête du gouvernement soit envoyée à temps », indique un autre.

Comme on le voit, ce n’est pas une exigence pour l’Etat de financer les élections du 24 juin. Tous les partenaires du Togo : UE, PNUD, Allemagne, Etats-Unis sont prêts à accompagner le processus électoral. Il ne revient qu’au gouvernement, dans le souci d’assurer une bonne opération des élections, d’adresser dans les meilleurs délais une requête d’assistance technique et financière à ces partenaires. II n’y a donc aucune raison à pleurnicher que les élections coûteraient telle somme à l’Etat togolais.

Le recours au facilitateur et la responsabilité de Faure

Les positions des deux camps à la CENI ont enrhumé le processus. II y a plusieurs jours que les membres de cette institution n’ont plus travaillé. Ils attendent tous le messie et d’ores et déjà, ils auraient saisi le chef de gouvernement pour qu’il fasse appel au facilitateur Blaise Compaoré. Ce dernier viendra dire aux Togolais ce qu’il met dans « la carte d’électeur infalsifiable et sécurisée ».

Mais pour l’heure, le problème est au niveau du gouvernement. II revient alors au chef de l’Etat de prendre ses responsabilités en traduisant dans les faits l’un de ses « je m’engage personnellement à oeuvrer de toutes mes forces pour le respect scrupuleux de tous les points contenus dans l’Accord ». Ce sera à tout son honneur. Sinon c’est malheureux que pour des interprétations malhonnêtes de certains de ses partisans, on ait encore recours au médiateur. Si tous les acteurs sont préoccupés par le souci d’un scrutin propre et transparent, on n’a pas besoin d’user de contorsions pour bloquer les choses.

En outre, c’est une vue simpliste de croire que la présence de Me Agboyibo à la Primature l’oblige à s’aligner derrière les positions du RPT. Le CAR est un parti et la vocation de toute formation politique est la conquête du pouvoir. On ne peut pas lui demander de s’aliéner parce qu’il est au gouvernement. Ce parti a une identité et se doit de s’affirmer. Et c’est ce qu’il fait en toute indépendance à la CENI.

Somme toute, le prochain scrutin est capital dans l’histoire du Togo. II permettra au pays de renouer définitivement avec les bailleurs de fonds et favorisera la normalisation un tant soit peu de la vie politique et socio-économique. C’est pourquoi toutes les manoeuvres visant à biaiser le processus électoral doivent être dénoncées.

Zeus A.

Brouille au sommet : Le torchon brûle entre Kpatcha Gnassingbé et le Colonel Titikpina

Selon des sources dignes de foi, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Kpatcha Gnassingbé, et son collègue de la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina, ne seraient pas, depuis un certain temps, sur la même longueur d’onde. Les deux ministres ne s’accorderaient pas sur certaines dispositions ayant trait aux forces de sécurité.

En effet, quelques jours après la formation du gouvernement de Me Agboyibo, le nouveau préposé à la Sécurité aurait proposé de balayer tous les commissaires et les remplacer par de nouvelles têtes qui ne pourraient qu’être ses propres éléments. II aurait soumis le projet à l’appréciation de son collègue de la Défense et des Anciens Combattants, Celui-ci ne serait pas montré intéressé par ledit projet et aurait souhaité qu’une commission soit constituée pour étudier la question. Ce qui aurait mécontenté le Colonel Titikpina qui aurait commencé à le bouder.

A cela vient s’ajouter le bras de fer qui a opposé le ministre de la Sécurité et le Directeur Général de la Police, le Lieutenant-Colonel Agadazi et qui a conduit au remplacement de ce dernier par le lieutenant-colonel Monpion Mateindou. Les relations privilégiées que l’ex-DG de la Police avait avec le ministre de la Défense et des Anciens Combattants et le chef de l’Etat seraient vues d’un mauvais oeil par le ministre de la Sécurité. Pour lui, c’est ce soutien qui aurait amené le Lt-col. Agadazi à pousser des ailes et à vouloir le défier.

Mais dans l'entourage des deux ministres, on minimise ces allégations. « D’où sortez-vous avec ces histoires », nous a dit une source proche du ministre de la Sécurité. On soutient que tout va bien entre les deux personnalités et qu'aucun problème ne les oppose.

L.H.

 

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