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1er Déc 2006 |
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[
N°143:
du
1er Déc 2006]
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Chronique d’une grève avortée grâce à l’intervention
de Faure Gnassingbé : Un complot pour «noyer» Me
Agboyibo |
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Gnassingbé Eyadema n’est plus depuis le 05
février 2005. Il s’en est allé après avoir égrené 38
bonnes années aux commandes du pouvoir. Son Fils
Faure Gnassingbé qui lui succéda- de manière
musclée- en avril 2005 vanta un « esprit nouveau »
pour séduire les Togolais qui portent encore les
stigmates de l’autocratie du régime précédent dont
l’une des caractéristiques phares est le culte de la
personnalité. Tout partait d’Eyadema et aboutissait
à lui. C’est l’époque de la monarchie absolue. Pour
s’en démarquer, Faure avait à la bouche une phrase
standard : « Lui c’est lui, moi c’est moi ». Il
apparaît malheureusement que ce n’était qu’un leurre
car les bonnes vieilles méthodes refont surface. Ce
qui nous fait dire que le Fils n’est qu’une
réincarnation du Père. |
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Le
spectre de la grève
Les organisations syndicales des travailleurs- CNTT,
UGSL, CGCT, CSTT et UNSIT- regroupées au sein de
l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT)
menaçaient depuis quelques jours d’appeler les
travailleurs à entrer en grève pour protester contre
le non respect par le gouvernement des engagements
du Protocole d’Accord tripartite qui a été signé à
l’issue d’un dialogue social tenu du 30 janvier au
11 mai 2006. Elles estiment que six mois après,
« aucun » des engagements pris par le
gouvernement n’était respecté : mise sur pied du
Comité ad hoc de suivi, paiement des arriérés de
salaires, du reliquat de la ligne budgétaire d’appui
aux organisations des travailleurs, revalorisation
des salaires, réduction du prix du carburant.
Convaincue que « le gouvernement est fort
insuffisamment préoccupé de leurs problèmes et en
réalité peu enclin à prendre en compte [les]
légitimes doléances » des travailleurs, l’ISTT
est allée jusqu’à les appeler à observer « un mot
d’ordre de grève générale d’avertissement de
vingt-quatre (24) heures, le jeudi
30
novembre 2006, à partir de 06 heures (TU) ».
Pour contenir la grogne, Me Agboyibo a rencontré à
maintes reprises lesdites organisations pour trouver
un terrain d’entente. Bien que ce ne soit pas sous
son gouvernement qu’ont été pris ces engagements,
au nom de la continuité de l’Etat, il s’est employé
à donner suite aux doléances. A la séance du 17
novembre dernier, des propositions ont été faites.
Tous les points conflictuels ont été abordés. Mais
les syndicats boudaient toujours et s’obstinaient à
entrer en grève. A quarante huit (48) heures du
« jeudi noir », les violons n’étaient pas encore
accordés.
Comme un messie, Faure Gnassingbé s’invita dans la
danse. Une rencontre fut improvisée entre les
syndicats et lui ce mardi. Et, comme s’il détenait
une baguette magique, au sortir d’audience, les
délégués syndicaux étaient aux anges car le
« chef de l’Etat » les a satisfaits et la grève
est aussitôt annulée. « Youpi, c’est magique
papa ! », crierait l’autre.
L’acte vu à la loupe
A
travers cette mise en scène, le Premier ministre, Me
Agboyibo apparaît comme un « totolitoto », un
« zéro pointé », un « incapable fini »,
et Faure Gnassingbé comme le messie, « l’agneau
de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Mais
à y voir de près les solutions « Fauriques »,
elles ne sont guère différentes des propositions
faites par le Premier ministre. La seule différence
est la réduction effective du prix du carburant.
Mais de combien ?
Togolais avisés que nous sommes, de ce scénario on a
vu une mise en scène visant à affaiblir Me Agboyibo
qui s’emploie pourtant vaille que vaille à accomplir
sa mission. A y voir de près, tout a été prévu que
c’est du Palais de la Présidence et non de la
Primature que viendrait la solution. Les ébats du
Premier ministre n’étaient qu’un tremplin, une farce
transitoire. Ah, le pauvre! Cette situation est
comparable à celle d’un patron d’atelier qui laisse
son apprenti se défoncer devant un problème qu’il le
sait incapable de résoudre et qui donc sourirait,
sachant que le client viendrait se plaindre à lui
pour qu’il y remédie.
Cette situation ne fait que mettre en exergue cette
assertion que le Togo n’est pas un « pays normal ».
S’il en était un, ce n’est pas le chef de l’Etat qui
doit trancher cette crise. Faure Gnassingbé ne
paiera point les travailleurs de sa propre poche. On
n’avait qu’à mettre les moyens à la disposition du
Premier ministre pour satisfaire les doléances des
travailleurs. On parie que le feuilleton n’est pas à
son terme. C’est au PM de faire exécuter les
fameuses concessions. Et on craint fort que les
moyens, surtout financiers ne soient pas mis à sa
disposition - la Primature elle-même n’a pas de
budget- pour ce faire. Quelques mois après, à
l’approche du 24 juin 2007, les travailleurs
réitéreront les revendications et s’adresseront une
fois de plus à Faure Gnassingbé qui leur trouvera -
comme toujours - une solution.
Tout ce scénario paraît un plan savamment orchestré
pour noyer Me Agboyibo car on se demande pourquoi
les syndicats ont laissé partir le Premier ministre
Edem Kodjo dont le gouvernement a signé le Protocole
d’accord avant de déterrer le dossier. Edem Kodjo a
pourtant passé 128 jours avant de déguerpir. Le
Protocole d’accord a été signé le 11 mai et il
partait le
16
septembre 2006.
C’est regrettable que les bonnes vieilles méthodes
qui étaient de règle au temps fort du régime du Père
séduisent aussi le Fils qu’on dit pourtant
« leader nouveau ».
TINO Kossi |
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Evaluation des 22 engagements : L’UFC a boycotté la
délégation du Comité des Ambassadeurs ACP |
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En fin de semaine dernière, une délégation du
Comité des ambassadeurs ACP est arrivée à Lomé dans
le cadre d’une mission d’évaluation et d’information
sur les 22 engagements souscrits par le gouvernement
togolais auprès de l’Union Européenne. Cette mission
conduite par le Gabonais René Makongo s’est
entretenue avec le gouvernement, les partis
politiques, une délégation de journalistes, les
organisations de la société civile et
l’Intersyndicale. Tous les partis politiques ont
pris part à ces entrevues sauf l’Union des Forces de
Changement (UFC) de Gilchrist Olympio. « Vous savez
que nous avons, au cours de cette mission, eu des
rencontres avec la société civile, les autorités, le
gouvernement du Togo, les partis politiques, le
corps diplomatique. La question de l’UFC s’est posée
et effectivement, nous avons attendu, l’UFC n’a pas
répondu à notre appel. Mais je peux vous dire que l’UFC
a peut-être son choix. C’est un parti politique
indépendant et donc, je n’ai pas de commentaire à
faire là dessus », a déclaré le chef de la mission
M. Réné Makongo. |
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L’une des raisons de ce boycott par l’UFC serait
liée aux actions posées par le passé par ce Comité
des Ambassadeurs. Suite à la signature le 14 avril
2004 des 22 engagements par le gouvernement Sama,
les Ambassadeurs ACP en quête de la magnanimité
légendaire du feu Général-Président ont dépêché une
mission à Lomé. Conduite par le Congolais Jacques
Obiang, cette mission était venue dire aux autorités
togolaises de mettre en œuvre les engagements de
façon « thématique et structurelle ». Le RPT
n’en demandait pas mieux et en avait fait une vérité
d’évangile. C’est ce qui était même à l’origine de
la lenteur constatée dans l’application des
engagements. Là, le divorce était consommé entre ces
ambassadeurs et les partis de l’opposition qui les
considéraient comme le prolongement du RPT. Aussi,
lors de l’élection présidentielle du 24 avril 2005,
ce comité a-t-il envoyé des observateurs qui, malgré
les fraudes patentes, ne s’étaient pas empêchés de
déclarer que « les quelques irrégularités
constatées ne sont pas de nature à mettre en cause
le bon déroulement du scrutin ». Et quand les
parlementaires de l’UE ont dénoncé les fraudes
massives qui ont marqué l’élection, ces ambassadeurs
sont montés au créneau pour les fustiger. Contacté
par notre rédaction, le vice-président de l’UFC,
Patrick Lawson, a déclaré : « Ces Ambassadeurs
ont toujours cautionné les contorsions du pouvoir.
Ils ne nous ont jamais rassurés. Et comme nous
n’avons pas été saisis comme cela se doit, nous
avons préféré ne pas y aller ».
Tout compte fait, l’UFC n’était pas le
seul parti qui boycottait les missions de ce Comité
des Ambassadeurs qui était l’un des supports du
pouvoir RPT. Le CAR de l’actuel Premier ministre et
la CDPA du ministre d’Etat, ministre des Mines et
Energie, ne leur ont jamais accordé d’intérêt. Mais
aujourd’hui, ils sont rattrapés par l’histoire. Avec
leur position actuelle, peuvent-ils refuser une
invite de ce Comité ? Ce serait très mal vu et ils
se sont fait violence pour faire plaisir à la
mission. Les délégations du CAR et de la CDPA ont
été respectivement conduites par Me Apévon Dodzi et
M. Martin Aduayom.
En fait, c’est la énième mission des
Ambassadeurs ACP au Togo depuis la signature des 22
engagements. Mais ces missions tous azimuts
ont-elles une incidence sur les décisions des
Eurocrates ? Non. Pour prendre leurs décisions par
rapport au Togo, ni la Commission, ni le Conseil des
ministres des Etats membres ne demandent à avoir
l’avis des Ambassadeurs ACP. En outre, ce ne sont
pas les Gabonais qui excellent eux aussi dans le
tripatouillage constitutionnel, dans la mal
gouvernance avérée qui viendront aider les Togolais.
Il ne revient qu’aux autorités politiques de faire
preuve de bonne volonté pour que le pays prenne
définitivement la voie du progrès. Il est temps de
mettre fin à la comédie où on voit n’importe qui
débarquer au Togo en qualité de « médiateur »
ou de « solutionneur de crise ».
Zeus A |
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Rapatriement manu militari de réfugiés togolais
d’Europe |
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Il
sonnait environ 8 h 15 hier jeudi
30
novembre 2006,
quand un aéronef atterrit sur les pistes de
l’aéroport International Général Gnassingbé Eyadema.
A bord, des réfugiés en provenance d’Europe, France,
Espagne et Allemagne d’où est parti cet avion
spécialement affrété par les autorités européennes
pour le rapatriement de ces derniers. Plus d’une
heure et demie pour les formalités frontalières pour
les 9 passagers : 3 Ghanéens et 6 Togolais.
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Malgré la fatigue que l’on lisait sur leur visage,
cet exercice n’est que le début de leur calvaire de
retour au bercail. De l’aéroport, ils ont été
conduits à la Direction de la Police Judiciaire
(DPJ) puis à la Sûreté Nationale pour des formalités
d’identification, à en croire les autorités en
charge de la sécurité au Togo.
Il
faut souligner que les réfugiés ont été victimes de
violences corporelles perpétrées à leur encontre par
les forces de l’ordre européennes, à en croire leurs
témoignages. Aussi faut-il souligner que certains
présentent des blessures aux poignets dues aux
menottes; c’est là une preuve de la violation
flagrante des droits de l’homme des pays qui se
disent avancés dans le respect de la dignité
humaine.
L.H. |
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Miss Noël 2006 : Graves atteintes à la dignité des
enfants |
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C’est choquant et même intolérable de voir sur
les petits écrans des enfants naïfs habillés en sexy
pour un supposé « Miss-Noël 2006 - Première
édition ». Puisque cette manifestation d’élection
Miss qui s’apparente à une injure à Dieu, créateur
de l’Univers et tout ce qui s’y trouve, n’a pu être
éradiquée, les organisateurs ont eu le culot d’aller
sans vergogne sur tous les terrains. |
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L’enfance telle qu’elle est définie par les
instruments internationaux est l’âge compris entre 0
et 18 ans. Dans cette tranche d’âge, l’enfant
s’apparente à un œuf de par sa fragilité et sa
vulnérabilité. C’est aussi l’âge par excellence de
l’éducation de l’adulte de demain parce que c’est à
cet âge que tout enfant se cultive à travers la
curiosité et le désir de s’identifier aux adultes
dans l’ignorance absolue du bien et du mal.
Alors si aujourd’hui, des adultes, cachés derrière
des institutions ou entreprises pour leurs intérêts
personnels initient des activités à buts lucratifs
sous le couvert de la promotion culturelle, il urge
que les enfants soient épargnés par leur attitude
machiavélique. Sinon, quel est l’objectif poursuivi
par ces adultes sans foi ni loi qui tirent
énormément profit sur le dos des enfants qui
ignorent à quelle sauce ils sont mangés par
ignorance des conséquences de la manipulation de
leur conscience.
Cette manifestation qui enrôle les adultes depuis un
certain temps dans la prostitution produira des
effets similaires chez les enfants. C’est dire que
le créneau pour la prostitution enfantine est mis en
branle. Pourquoi cette ignominie assaisonnée
d’atteinte à la dignité humaine ? Tout comme devant
certains actes tels la scarification, le mariage, et
autres, n’est-ce pas dit qu’il faut laisser les
enfants atteindre l’âge de la raison pour qu’ils en
décident ?
Dans certaines familles, l’on constate déjà avec
amertume les effets désastreux que ces images ont
laissés chez les enfants ; ils se traduisent par des
démarches déformées des enfants, nommément chez les
filles mineures. Les effets affectent aussi leur
habillement. Certains enfants, dans le choix de
leurs vêtements, sont souvent ou toujours sexy.
En vue de la préservation de la dignité des enfants,
il urge que les « élus » du peuple exercent
de pleins pouvoirs pour que soit abolie au Togo
l’organisation de Miss Noël 2006. La pérennisation
de cette manifestation sera synonyme d’une caution
institutionnelle à la prostitution des mineures, ce
qui est contraire aux contenus des instruments
internationaux ratifiés par le Togo.
Didier LEDOUX |
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FTF/Vaste campagne de corruption en cours : Rock
voudrait séduire le Général Mémène par personne
interposée |
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Légalement, ce que Rock Gnassingbé a pompeusement
baptisé « Deuxième mi-temps » s’achève le 22
décembre prochain. Il n’est plus, à partir de ce
jour président de la Fédération Togolaise de
Football (FTF) et ne doit plus poser des actes au
nom de celle-ci. Le vrai patron de la Fédération
sera le président de la Commission Electorale
Indépendante (CEI), Gal Séyi Mémène qui doit
organiser l’élection le 09 janvier prochain. |
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Mais des manœuvres sont enclenchées pour saboter les
actions du Général et le contraindre à organiser un
simulacre d’élection. Selon des sources
concordantes, le président de la Fédération aurait
dépêché l’un de ses Conseillers auprès du président
de la Fédération Ivoirienne
de Football, Jacques Anouma, un grand ami au Général
Séyi Mémène. L’objectif serait d’amener l’Ivoirien
à intercéder auprès de son ami président de
la
CEI pour qu’il facilite la tâche au « fils de la
nation » lors de l’élection du 09 janvier.
Cinquante millions de F CFA seraient prévus à cet
effet.
Certes, ces manœuvres ne manqueront pas mais il
revient au Général de faire preuve de rigueur et de
tact afin de relever le défi. C’est sa carrière
internationale qui est mise en jeu dans ce difficile
dossier togolais.
L.H |
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