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On
aurait voulu que celui chargé de la préparation des
réformes institutionnelles, donc de la rédaction des
« articles du code électoral visé par le présent
accord » fût au plus tôt mis en place pour ce
faire car ce sont des dispositions qui vont présider
à l’organisation des prochaines législatives. C’est
un ensemble de préalables, qui se trouvent donc en
amont du processus électoral proprement dit et qui
sont un travail de longue haleine. La crainte que
l’on nourrit est que le délai qui court jusqu’au 24
juin ne soit pas suffisant pour couvrir la mission.
Avec beaucoup de retard, ce n’est que le 02 novembre
2006 que le PM s’est exécuté en prenant un décret
dans ce sens.
Mais là où il y a des difficultés en perspective,
c’est au niveau de ses prérogatives. « Par
décret en date du
02
Novembre 2006, le Premier ministre, Me Yawovi Madji
Agboyibo a créé un Comité dénommé Interministériel
APG, chargé de veiller à la bonne exécution des
tâches assignées au Gouvernement par l’Accord
Politique Global du 20 Août 2006 »,
lit-on dans le communiqué de la primature daté du 03
novembre 2006. Si nos mémoires nous sont encore
fidèles, l’APG avait pris des dispositions dans ce
sens. Il était prévu un Comité de Suivi. Au point
5.2 des Dispositions finales, il est écrit que
« les parties prenantes au Dialogue conviennent de
la mise en place d’un mécanisme de suivi de la bonne
application des engagements souscrits ». Cet organe
dénommé « le Comité de Suivi (CS) » « aura
pour mission de veiller à l’application du présent
Accord » et « sera présidé par le
Facilitateur ou son représentant ». C’est
d’ailleurs ce que s’attèle à mettre en place Blaise
Compaoré en convoquant les parties à Ouagadougou
pour le 13 novembre prochain. Il est donc fort à
redouter des conflits de compétence entre le Comité
de Suivi et le Comité Interministériel du PM. C’est
un flou phénoménal qui risque d’engendrer d’énormes
blocages. Sur un même sujet, les deux structures
risquent d’avoir des avis divergents. A qui sera
alors la primauté ? C’est la grande énigme.
Outre un conflit de prérogatives, il y a un problème
de crédibilité, d’efficacité des deux structures eu
égard à leur composition. Pour des gages de
crédibilité, d’impartialité, la Communauté
Internationale était associée au CS. « Le Comité
de Suivi sera composé d’un représentant de chaque
composante du dialogue, ainsi que des représentants
du Facilitateur, de l’Union Européenne (UE) et de
la
Communauté Economique des Etats de l’Afrique de
l’Ouest (CEDEAO) »,
prévoyait l’APG. Mais « le Comité
Interministériel APG (mis en place et présidé par le
PM)… est composé de 14 ministres », d’après le
communiqué de la primature. Et lesquels en plus ?
MM. Ahoomey-Zunu de l’Administration Territoriale
(Vice-président), Gilbert Bawara de la Coopération
et du NEPAD (Rapporteur), Zarifou Ayéva des Affaires
Etrangères et de l’Intégration Africaine, Komi S.
Klassou des Enseignements Primaire et Secondaire,
Payadowa Boukpessi des Finances, du Budget et des
Privatisations, Kpatcha Gnassingbé de la Défense et
des Anciens Combattants, Gahoun Hegbor de la
Communication et de la Formation Civique,
Atcha Titikpina de
la
Sécurité, Jean Tchessa Abi Chargé des Relations avec
les Institutions de la République, Martin Adimado
Aduayom de l’Enseignement Supérieur et de la
Recherche, Célestine Aïdam des Droits de l’Homme et
de la Démocratie, Séla Polo de la Justice, Messan
Loretta Acouetey Déléguée à la présidence de la
République, chargée de la Réconciliation Nationale
et des Institutions ad’hoc, et Ouro Bossi Tchakondoh
Délégué auprès du Ministre de l’Administration
Territoriale chargé des Collectivités Locales. A y
voir de près, pour un organe de 14 membres présidé
par le PM, chargé de veiller à la bonne application
des recommandations de l’APG, une des parties
signataires n’y figure pas, l’UFC, et il n’y a que
trois (3) de l’opposition contre onze (11) pour le
RPT et associés. Quelle vue équitable peut-il avoir
sur les questions à aborder ? Si décision devra-t-on
y prendre, peut-elle être impartiale ?
Cette mesure, si on ne reprécise pas ses contours,
risque d’être dommageable à la bonne application de
l’Accord, à l’apaisement des cœurs et à la
Réconciliation Nationale tant souhaités.
TINO Kossi |
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Une Communauté internationale complice et
indifférente à la souffrance du peuple togolais :
« Si vous laissez le pouvoir vous échapper, il vous
sera difficile de le reprendre »
Cette phrase n’est pas de nous. Grâce à M. Faure
Essozimna Gnassingbé, ce secret d’alcôve comme le
GaI Eyadema, paix à son âme, en fin roublard et fin
diviseur aimait tant en entretenir lorsqu’il
rassemblait les siens, est tombé dans le domaine
public. C’était à l’occasion du dernier Congrès
extraordinaire du RPT tenu quelques semaines après
la mort de son président-fondateur. S’était-il agi
de naïveté, d’erreur de jeunesse, de manque de
diplomatie et de tact, ou d’inexpérience politique?
Ceux des Togolais qui aiment tant voir la main de
Dieu dans tout, y étaient aussi allés de leurs
commentaires. Seuls Faure et ceux qui l’entourent
peuvent nous situer, car un discours de cette
importance se prépare et l’on ne le sort pas comme
le magicien sort un pigeon de son chapeau magique.
Pourtant, le grand apôtre de la paix, c’était
Eyadema, le grand rassembleur des Togolais, c’était
Eyadema, le chantre de la réconciliation et de
l’unité nationale, c’était encore Eyadema. Comment
peut-on prôner la paix, la réconciliation et l’unité
nationales si l’on est animé d’un si vil esprit?
Qu’on ne nous trompe pas! Lorsqu’en 1963, on
assassinait le premier Président élu des Togolais,
on disait que c’était pour sauver le pays de la
division et du chao. Pourtant, la vraie division et
le grand chaos, c’est sous Eyadema que les Togolais
les ont vécus et les vivent encore aujourd’hui. Nous
n’en voulons pour seules petites preuves que les
recrutements dans la fonction publique où la part
belle est faite à une ethnie donnée (constat fait
par tout le monde) et la disparition du train dans
notre pays. Peut-on connaître plus que ça pour
pouvoir parler de chaos national après près de 4
décennies de pouvoir?
Pourquoi doit-on opter pour le multipartisme depuis
une quinzaine d’années au moins, et en même temps
faire tout pour empêcher ses adversaires politiques
d’accéder au pouvoir, en refusant l’alternance?
Bref, Eyadema était tout et rien à la fois. La
division et les multiples atermoiements que connaît
le pays, le manque patent de volonté réelle de
conduire les Togolais de toutes les ethnies et de
tous les partis politiques à la réconciliation
véritable à la date d’aujourd’hui, surtout après le
drame d’avril 2005 pour calmer les cœurs et atténuer
les rancoeurs, n’est que le prolongement de la
politique de division que le défunt président a su,
en faux « grand bâtisseur du Togo nouveau »,
inculquer à sa progéniture. Ne nous voilons pas la
face! Comment peut-on être tant accroché à la chose
politique au point de demander aux siens (le RPT et
ses enfants en prime) de tout faire pour conserver
le pouvoir et de ne le jamais lâcher? Un homme
politique sérieux, respectable et honnête, ayant
l’amour de la patrie ne saurait à notre sens
conduire son peuple dans une telle voie suicidaire
pour la nation toute entière.
Si
la Communauté internationale (UE en tête, ONU, UA,
etc, oublions la CEDEAO) aime vraiment notre peuple
et si elle était réellement soucieuse de travailler
dans le but d’abréger les souffrances des Togolais,
toutes ethnies confondues, en les sortant de
l’asservissement et des décennies de misère noire
imposés par le RPT et la France, les choses ne se
passeraient pas comme elles ont cours en ce moment.
On semble se contenter des solutions de rafistolage
comme le dit si bien quelqu’un et c’est juste pour
les beaux yeux de « la
France des droits de l’homme et de la démocratie »
qui s’en fout pas mal du sort de nos populations. La
France n’a pas d’amis; elle n’a que des intérêts,
c’est connu.
Depuis le début, la France, après les élections
frauduleuses de 2005, n’avait à la bouche que cette
histoire d’élections législatives anticipées. Bien
malin qui peut nous dire que cette France que nous
autres avons décidé depuis un moment de qualifier de
criminelle, était sûre que les législatives
apporteraient un changement défavorable au RPT, et
partant à la
France qui semble avoir choisi résolument
d’appauvrir le pré carré, de le mettre en coupe
réglée. Alors onction française à ceux qui peuvent
l’aider dans ce dessein. C’était juste pour endormir
les naïfs après son coup fourré contre le Togo
qu’elle suggérait à tout vent la panacée des
législatives anticipées qui n’apporteront pas grande
chose.
Souvenons-nous que Faure Gnassingbé, après la
signature de l’Accord politique global le 20 Août
dernier, avait dans son discours, martelé avec un
faux air sérieux, qu’il allait s’investir
personnellement pour une application stricte du
contenu de cet accord qui a été signé entre
les Togolais. Combien de fois son père n’avait pas
fait pareils types de promesses par le passé?
Qu’avions-nous constaté du temps de Eyadema? Et que
constatons-nous aujourd’hui? On n’a pas l’impression
que ce soit le même homme qui avait prononcé un tel
discours qui avait eu le mérite d’emballer, pour une
fois, un sceptique et allergique au mot « Faure »
(au point de haïr même un adjectif homonyme du
dictionnaire français), qui nous avait déclaré qu’on
sent de la bonne volonté de bien faire dans sa
déclaration. Nous lui avions demandé de laisser le
temps au temps, car dans notre entendement à nous,
une carpe n’a jamais accouché d’un silure. Et nous,
nous avions toujours eu cette phrase traître en
mémoire et qui est une recommandation de son papa
comme il le dit si bien lui-même.
Il
y a deux semaines quand nous l’avions interrogé, il
nous a répondu tout déçu, surtout après avoir suivi
un débat télévisé: «Vous avez raison ».
Comment peut-on imaginer que quelqu’un qui a déclaré
publiquement et pas en privé, que son père leur
avait recommandé de ne jamais lâcher le pouvoir,
puisse, du jour au lendemain devenir un saint, au
point de faire en sorte que si la transparence est
de mise, le pouvoir puisse leur échapper
progressivement aux prochaines législatives puis aux
présidentielles de 2010 ? Combien de fois cet accord
intertogolais qui, bien qu’imparfait, et ayant
suscité un peu d’espoir pour le Togolais, n’avait-il
pas été déjà violé dans son application? Jusqu’ici
en dehors de l’UFC, que disent les autres? L’union
fait la force. Que dit la communauté internationale?
Concrètement, quel empressement manifeste-t-on face
aux préoccupations fort justifiées de ce parti ?
Il
y a fort à parier que les objections fondées de l’UFC
par rapport à l’élection du président de la CENI et
à sa volte-face pour une entrée dans le fameux
« gouvernement de large union » ne seront pas prises
en compte. Si une solution était possible, compte
tenu de ce qui avait été convenu avec le médiateur
Blaise Compaoré à Ouaga, celui-ci devait s’investir
de tout son poids pour montrer qu’il ne voulait pas
de désordre et qu’il fallait respecter ce qui avait
été convenu, fût-il accord verbal secret ou écrit.
Mais nous ne devons pas nous faire non plus
d’illusion sur le compte de ce médiateur qui n’est
pas propre chez lui. Nous connaissons ses gaffes.
Le
Comité de suivi aurait pu être mis en place depuis
au moins un mois. C’est aussi un aspect qui montre
que le règlement de la crise togolaise n’est pas
traitée avec le maximum de sérieux. C’est comme si
la France avait soufflé à l’UA et à la CEDEAO :
«Rassemblez-les et proposez leur quelque chose; et
si un parti de l’opposition veut protester, mettez
la pression sur lui, un point un trait! ». C’est
dommage que c’est maintenant qu’on pense à mettre
sur pied le Comité de suivi de l’APG. Curieusement,
c’est sur insistance du même parti qui en
avait réclamé la mise en place, connaissant bien le
RPT, qu’on a accepté cet organe et c’est
encore sur réclamation du même parti qu’on pense
l’installer dans les prochains jours.
Tout comme ce fut le cas pour les cafouillages et
tergiversations lors des présidentielles d’avril
2005, il n’y aura pas marche arrière côté RPT, nous
en sommes certains, et au point où nous sommes
arrivés, personne de la Communauté internationale
(UE, ONU, USA, ...) ne rappellera Faure et son RPT à
l’ordre, eux qui en font déjà à leur tête. On
répondra à l’UFC de laisser tomber telle ou telle
revendication et d’entrer dans le gouvernement ou de
faire avec telle ou telle mesure et qu’ils
pourraient l’aider à se rattraper à la prochaine
occasion.
En
principe, depuis longtemps, nos autorités auraient
dû être interpellées par l’UE, tout au moins dans
cette affaire de déploiement des magistrats (acquis
au RPT) dans les préfectures en toute violation des
décisions du dialogue. Nous affirmons la main sur la
conscience, que la Communauté internationale que
nous connaissons aujourd’hui semble se contenter de
solution de replâtrage et ne va pas au fond des
problèmes, pour trouver des solutions justes et
définitives. Et cette même communauté qui ne fait
pas de pressions sur les gouvernants (pourvu que
cela arrange la France), est la principale
responsable de la persistance de certains conflits
dans le monde.
Si
cette Communauté internationale ne le sait pas
encore ou l’aurait oublié, le Président Faure
Gnassingbé a prononcé lui-même le 25 février 2005 la
phrase que son père leur avait souvent répétée: «
Si vous laissez le pouvoir vous échapper, il vous
sera difficile de le reprendre». Alors avis à
l’UE, à l’ONU et à leurs envoyés spéciaux qui, après
un entretien avec les chefs d’Etat déclarent sur la
foi des paroles échangées que tel chef d’Etat est
animé de bonne volonté et patati patata. Il faut
arrêter de rebattre les oreilles des populations
avec de simples déclarations d’intention et
commencer par juger et apprécier les hommes
politiques par leurs actes concrets.
Cette révélation faite lors du congrès
extraordinaire du RPT permet de comprendre que de
tout temps, le père n’avait jamais voulu de
transparence dans les élections pour quitter le
pouvoir. Alors, que faire pour le fils et son parti
le RPT auxquels il a fait la même recommandation? La
balle est dans le quand de ceux qui prétendent aider
le Togo à sortir de sa crise et à s’installer dans
la démocratie et la bonne gouvernance. En tout état
de cause, nous, nous parions, qu’après les
prochaines élections, les mêmes problèmes
réapparaîtront et l’on se rendra compte que si la
crise togolaise avait été traitée comme il le
fallait, on aurait fait un grand pas au Togo dans la
voie de la normalisation de la vie politique et
sociale.
C’est dommage que le prix à payer par ces centaines
de morts et handicapés à vie d’avril 2005 ce soit
une solution de mépris à l’égard du règlement
définitif de la crise togolaise. Que ceux qui se
trompent sur le compte de M. Faure Gnassingbé et
ressassent à longueur de temps qu’il est animé de
bonne volonté, se ravisent rapidement. Car les
comportements affichés à l’égard de l’UFC depuis la
nomination du PM jusqu’à ce jour ne donnent guère de
lui l’image d’un homme animé de bonne volonté et de
souci d’apaisement. Au contraire, il semble faire
perdurer la crise togolaise qui profite à certains,
pendant que les 95% environ de la population
souffrent atrocement. Si l’on demandait pour
terminer au « Président de tous les Togolais »
: A quand la mise en pratique de l’école primaire
gratuite promise lors de la campagne électorale de
2005 ? Ce n’est pas de trop.
Alain SIMOUBA |