AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Liberté Hebdo

29 Oct 2007

[ 272: du 26 Oct 2007]  

Gestion du contentieux électoral : Doit-on attendre un miracle de la Cour constitutionnelle ?
Ce n’est pas superfétatoire de se poser pareille question. Elle est  aujourd’hui plus que légitime, eu égard au contexte créé par la situation post électorale. C’est un réel contentieux qui est né à l’issue de la proclamation des résultats du scrutin du 14 octobre. Et comme le recommande le Code Electoral, c’est à la Cour constitutionnelle de gérer le dossier des contestations.

En effet, concernant les opérations de vote, il y a beaucoup à dire. C’est vrai que juste au lendemain du scrutin, tous les observateurs se sont extasiés sur son déroulement paisible. Si c’est vrai qu’on n’a déploré aucune violence lors de ce scrutin, tous ont extrapolé pour conclure à sa clarté, à sa transparence, donc à son caractère démocratique. Mais les divers témoignages recueillis chez les vrais acteurs politiques font croire que c’est tout un bordel qui a été foutu. A part les responsables de l’Union des Forces de Changement (UFC), des voix s’élèvent de partout pour dénoncer des achats de conscience, des manœuvres qui font de ce succès du RPT une victoire déloyale. Pas plus tard qu’hier au cours de l’émission Parole aux auditeurs sur RFI, un responsable de parti a rapporté les manœuvres d’intimidation du RPT à Guérin-Kouka, la corruption active des chefs traditionnels. C’est aussi le cas du parti L’Alliance de Dahuku Péré. D’autres voix dénoncent une campagne ouverte pour le RPT même le jour du scrutin à Kara, jusque dans les bureaux de vote.

Sur le plan des résultats, la contestation est très grande, avec comme maître d’ouvrage l’Union des Forces de Changement. Ce parti ne reconnaît pas les résultats proclamés par la CENI créditant le RPT de 50 sièges, et lui de 27. L’un de ses arguments est le nombre anormalement élevé de bulletins visiblement votés en sa faveur mais injustement invalidés au cours des dépouillements, surtout dans le Nord du pays. Dans une déclaration rendue publique le mardi 16 octobre, le parti parle d’  « annulations intentionnelles, injustifiées et massives de bulletins votés UFC sur toute l’étendue du territoire, alors que le choix précis et clair de l’électeur n’est pas contestable », évoquant les cas de la circonscription électorale de Tchaoudjo où 5485 bulletins ont été annulés, Bassar 5106, Est-Mono 3353, Amou 2373, Assoli 1885, Kloto 4055, Sotouboua 3981, Doufelgou 1949, Avé 5468, Canton de Sagbado dans le Golfe 5714, chaque fois dans le but, indique le parti, de le priver d’un siège.

Au-delà de l’UFC, ce sont des responsables d’autres formations politiques et personnes ressources qui rejettent les résultats, surtout ceux du Nord. Au cours d’une émission sur la TV7, lundi, consacrée aux leçons à tirer du scrutin, tous les cinq invités, MM. Magloire Kokouvi et Nicoué Broohm, Professeurs aux Universités du Togo, MM. Ajavon Zeus, Atsutsè Agbobli et Mme Adjamagbo Johnson, respectivement responsables du RECIT (Réseau des Citoyens Indépendants pour la Transparence), du MODENA (Mouvement pour le Développement National) et de la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains), même s’ils ne disent pas forcement que les voix de l’UFC ont été détournées,  ont tout de même unanimement rejeté les résultats proclamés par la CENI pour  le Nord, faisant  croire que les peuples du septentrion ont voté ethnie. Ce qui signifie que les résultats de cette partie du Togo ont été proprement truqués pour favoriser le RPT qui, on le rappelle, a fait le plein de sièges dans toutes les circonscriptions des Savanes jusqu’à la Région Centrale, sauf dans le Tchaoudjo où il a cédé un (1) siège à l’UFC.

Le cas de Lomé Commune constituant le dernier scénario du feuilleton a accentué la polémique. La CENI a proclamé au forceps les résultats de cette circonscription, proclamation qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Si elle a été effective mardi, c’est sans ignorer les jonglages qui ont prévalu en amont. Tout a été tramé pour « brader » un siège sur les cinq au RPT. C’est justement les rumeurs de cette conspiration qui avaient été à l’origine des incidents de samedi, dans le cadre du meeting organisé par l’UFC. « Alors que se terminait le meeting, les organisateurs ont été informés d’un hold-up sur le scrutin de Lomé Commune, par lequel la CELI  Lomé Commune octroie un siège au RPT après annulation des résultats de trente et un (31) bureaux de vote », lit-on dans le communiqué de presse fait par le parti. Ce qui a suscité une marche sur le siège de la CENI, et la répression violente qui s’en est suivie. Ce sont les mêmes résultats qui ont été à l’origine de la bagarre, le même jour, entre MM. Atantsi Edem et Lamboni Koanka, respectivement représentant de l’UFC et du RPT à la CELI Lomé Commune.

Aujourd’hui, des langues se délient chez certains observateurs. Si au lendemain du scrutin, sans même attendre les résultats, les observateurs ont laissé entendre que les élections ont été claires et transparentes, rentrés dans leur pays, certains ont le courage à présent de faire des révélations. Deux qui étaient de la mission de la CETA dans leur rapport effectué à Nîmes en France le 21 octobre et publié dans « Journal Chrétien » le 23 octobre ont rapporté que les dépouillements étaient favorables de 80 à 85 % à l’UFC dans Lomé Commune et disent s’attendre à ce que  logiquement, ce parti remporte les cinq sièges mis en jeu ; et d’ajouter que « les résultats auront été truqués » si ce n’est pas le cas. Voilà que les résultats proclamés mardi offrent un siège au RPT. Et ça aussi, il a fallu des gymnastiques monstres avant d’y arriver. On signale plus de trois cent (300) urnes -sur un total de 751- acheminées au siège de la CELI sans leurs scellés, et l’ « annulation des résultats de trente et un (31) bureaux de vote », sans doute favorables à l’UFC.

On le voit bien, le tableau est très sombre, malgré les déclarations des uns et des autres. Aujourd’hui, la seule voie de contestation légitime reste celle de la Cour Constitutionnelle, comme l’indiquent les dispositions réglementaires. « …Les contestations concernant les opérations de vote et la conformité des résultats proclamés par la CENI relèvent de la compétence de la Cour constitutionnelle », lit-on à l’article 163 du Code Electoral. Mais la question qui se pose est de savoir si cette Cour pourra transcender l’appartenance politique de ses membres et dire le droit, rien que le droit. Les irrégularités sont manifestes et on croit savoir que l’UFC ainsi que le PDP ont  introduit des recours auprès de cette Cour constitutionnelle.

La question mérite d’être posée quand on connaît le passé de la Cour, même si ce ne sont pas les mêmes têtes qui la composaient. Les Atsu Koffi Améga sont partis mais les nouveaux élus n’inspirent pas trop confiance. Sur un total de neuf (9) membres, six (6) sont des « RPTistes » avérés et pire, le président est un pensionnaire de l’Ecole Atsu Koffi Améga... On se demande donc si cette Cour peut juger les recours recevables et prendre une décision conforme à l’article 167 qui stipule : « S’il ressort de l’examen du dossier, par la Cour constitutionnelle, de graves irrégularités de nature à entacher la sincérité et à affecter la validité du résultat d’ensemble du scrutin, la Cour constitutionnelle en prononce l’annulation.

En cas d’annulation du scrutin, le Gouvernement fixe, sur proposition conjointe de la CENI et de l’Administration électorale la date de la nouvelle consultation électorale qui a lieu au plus tard dans les soixante (60) jours suivant la date de l’annulation ».

En tout cas, on attend de voir pour le croire.                  

TINO Kossi

Sans détour : Le Togo des contradictions          
« Nous ne vivons que de contradictions et pour des contradictions, la vie est tragédie et lutte perpétuelle sans victoire et sans espoir de victoire ; elle est contradiction » (Miguel de Unamuno, Du sentiment tragique de la vie)

Avec ce qui se passe aujourd’hui, on se demande si les jours à venir nous réservent quelque chose de bon. On était aux urnes le 14 octobre dernier pour députer ceux qui devront siéger dans la prochaine Assemblée nationale. Bien que tout se soit déroulé dans le calme, c’est dans la transmission des résultats qu’il y a eu beaucoup d’anomalies. Dieu merci, les contestations n’ont pas tourné au désastre comme ce fut le cas en 2005. Tout se passe de façon responsable et les regards sont tournés vers la cité OUA où siège la Cour Constitutionnelle. Pour l’heure, c’est le camp qui est aux affaires depuis plusieurs décennies, qui a provisoirement la majorité au futur parlement. Cette fois-ci, avec la reprise de la coopération qui s’annonce, il promet des améliorations dans le quotidien des Togolais. C’était en fait le discours qui était tenu lors de la campagne électorale.

Au RPT, on attend donc la dernière décision de
la Cour Constitutionnelle pour organiser la bamboche. Mais voilà qu’en plein processus électoral où tout le monde a les yeux rivés sur les résultats, on a décidé d’augmenter le prix de la farine du blé, un produit incontournable dans la fabrication du pain. Que ceux qui prenaient une baguette de pain pour coincer leurs intestins pendant une journée sachent que les boulangers ont revu la mesure. Pour que la dose normale soit atteinte, il faut au moins deux baguettes qui coûtent désormais 125 F chacune ; donc 250 F pour tenir la journée contre 100 F auparavant. Le cadeau d’après élection ? C’est en tout cas ce qu’on nous offre pour avoir concouru à avoir des élections apaisées. Tout comme en octobre 2005, quand nous jubilions dans les rues pour la qualification historique du Togo pour la Coupe du Monde 2006, le gouvernement a, en guise de remerciement, augmenté le prix du carburant. Aujourd’hui, c’est le pain qui vaut de l’or. Non seulement la mesure est diminuée mais il faut avoir une escarcelle assez garnie avant de se l’offrir. Comme au Togo, tout se décide par rapport aux autres pays de la sous région même si les réalités ne sont pas les mêmes, il fallait réviser les prix. La raison de ce changement est la pénurie du blé sur le marché mondial. On croit aussi savoir qu’au moment où Arnold Schwarzenegger et son Etat de Californie font face à une canicule qui brûle tout sur son passage, les fortes précipitations qu’ont enregistrées en mai dernier les Etats de Nebraska et de Texas seraient  trois  fois supérieures à la moyenne. Conséquence, le blé coûte cher et le chemin pour avoir quotidiennement le « pain de la vie » est encore long.

Dans la foulée, on propose une solution à la togolaise. Il faut penser à substituer au blé nos produits locaux comme le sorgho, le soja, l’igname, le manioc. C’est ce que suggère l’Institut Togolais de Recherches Agricoles (INTRA). On nous apprendra plus tard que c’est depuis 1998 que cet institut aurait mis l’accent sur la fabrication du pain à l’aide du sorgho. Pour régler ce problème de pénurie de blé, nos fameux chercheurs de l’INTRA renvoient systématiquement au sorgho ou au soja. C’est à se demander si la production locale peut combler le vide né de la pénurie du blé.

L’autre contradiction que nous avons constatée dans le journal  de 20 heures sur TVT mercredi dernier, est le reportage sur l’examen du Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP). Et ce sont les coiffeuses et les esthéticiennes dont certaines auraient  le niveau BAC qui sont concernées par cet examen. Mais au même moment, le ministre des  Enseignements primaire et secondaire demande aux élèves (filles) de se raser jusqu’à la sève leur tête et d’exposer à leurs enseignants leur crâne trapézoïdal. Que deviendront alors ces filles formées et admises à l’issue des examens ? C’est le Togo de la contradiction, le Togo où tout est géré sur des coups de tête.  

  Zeus AZIADOUVO

Découverte macabre à Nukafu : Un bébé mort abandonné dans une rue
Enfant, grâce divine qui rend heureux tous les couples ou presque qui en ont eu dans leur existence. Objet de souci et cause de tristesse chez nombre de femmes qui, à prix d’or sont encore à la recherche des voies et moyens pour concevoir. Ainsi l’on peut observer à environ 65% de patients sur les bancs des gynécologues ou obstétriciens, à la recherche d’une solution. Mais ailleurs, l’enfant n’est plus qu’un casse-tête chinois dont il faut se débarrasser.

En effet, le mardi 16 octobre 2007 dernier, les habitants du quartier Nukafu ont fait une découverte macabre dans une ruelle. Il s’agissait en réalité d’un bébé de quelques semaines environ et du sexe féminin. Drapé dans un pagne tissu, bande à l’abdomen et une ficelle noire au poignet, traditionnellement contre l’effet néfaste du vent tel que le disent les conservateurs, le bébé était déposé à l’une des portes d’une maison. Il sonnait 4 heures environ quand un jeune homme de la maison, réveillé pour sa prière buta  sur la chose à sa sortie de la maison. Pris de peur, il vida aussitôt les lieux et ne retourna à la maison que par le  portail annexe. Des heures passèrent et le soleil commençait par jeter ses gerbes d’or sur les toits. Il repassa par la même porte plus tard et  constata que le colis était toujours à sa place. Il prit son courage à deux mains et toucha à la chose qui semble dure. Il croyait à un chat peut-être  enveloppé et déposé là par un individu quelconque. Mais, il poussa sa curiosité jusqu’au bout,  enleva le drap et découvrit l’horreur. C’était bien évidemment le corps d’un bébé sans vie sur lequel défilaient déjà une horde de petites fourmis.

Tout le quartier était alors ameuté et le chef saisi du dossier, informa la gendarmerie la plus proche. Ce drame qui donne l’impression d’un  dossier banalisé, relève pourtant d’un délit pénal. Il faut dire que ces genres de  situations sont  aujourd’hui récurrents dans le pays. Et tant que ces crimes resteront impunis, l’on s’achemine inexorablement vers un enfer pour les fœtus et les bébés. C’est l’une des raisons fondamentale qui fait observer ce phénomène d’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) chez nombre de filles et femmes. Une situation qui interpelle les autorités à une sensibilisation des populations sur les lois relatives à ces pratiques indécentes qui portent atteinte au droit à la vie. Le principe « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne » consigné dans la Déclaration universelle des droits de l’homme en son article 3, semble foulé aux pieds et cela constitue un menace grave à l’humanité tout entière.

Didier LEDOUX

 

 
 
 
Job.com

 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved