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Liberté Hebdo

25 Oct 2007

[ 271: du 23 Oct 2007]  

Législatives 2007 : Charles Kondi Agba, futur Président de l’Assemblée Nationale ?
Le Togo s’illustre toujours par des innovations négatives connues nulle part auparavant. Depuis le 14 octobre que les élections législatives ont eu lieu, la totalité des résultats n’est pas encore connue. Nous sommes le 24 octobre 2007 aujourd’hui, soit dix jours après le scrutin et les Togolais, plus précisément les populations de la commune de Lomé en sont toujours à attendre la proclamation du résultat de leurs votes. Nous nous demandons dans quel pays cela s’est-il déjà vu ? Dans les pays normaux, 48 heures après un vote, tous les candidats sont situés sur leur sort. Par ailleurs, les résultats de sa circonscription électorale Lomé-Commune ne sont pas encore proclamés, mais les rumeurs qui très souvent, deviennent très vite clameurs au Togo, donnent déjà l’actuel Ministre de la santé pressenti pour le perchoir. Cela serait à l’origine de la démangeaison et de la fièvre qui se sont emparées de la CENI ces derniers temps.

Au Togo, les longues gymnastiques, les longues attentes ont pour but, tout le monde le sait, de biaiser les résultats en glanant des points ici et en en ajoutant là où il en manque cruellement. Si pour les autres régions du pays, les résultats provisoires falsifiés ont été difficilement proclamés plus de 72 heures après, ce n’est pas le cas pour la commune de Lomé où des gymnastiques sont encore sûrement en cours. Au fait quand les résultats sont clairs, crédibles et ne souffrent d’aucune anomalie, qu’est-ce que cela coûterait à celui qui prétend avoir gagné d’accepter le recomptage des voix lorsque certains se trouvent trichés, lésés ?

Samedi dernier au cours du meeting organisé par l’UFC à la place Anani Santos à Lomé, l’information était parvenue séance tenante aux organisateurs de la rencontre et de source bien informée, que le RPT s’apprêterait à voler encore un siège à l’UFC sur les 5 sièges prévus pour Lomé-commune, ce qui d’ailleurs avait motivé la démarche de l’UFC vers le siège de la CENI pour y voir clair. Nous avons souvenance que le RPT lui-même, à travers l’un de ses représentants à la CENI en la personne du sieur Kokou Tozoun, avait signalé une position très favorable pour l’UFC dans la commune de Lomé. Cette information n’a pas surpris grand monde dans la commune de Lomé ni dans la préfecture du Golfe où l’UFC a raflé les deux sièges qui y sont disponibles.

            C’est donc tout naturellement, que les populations de Lomé-Commune s’attendaient à voir l’UFC enlever les cinq sièges de Lomé-Commune, vu les raz-de-marée opérés dans presque tous les centres de vote de la zone par le parti de Gilchrist Olympio. Mais quelle n’est leur surprise d’apprendre que le RPT fait tout ce qui est en son pouvoir, pour faire passer le professeur Charles Kondi Agba, son candidat dans la commune de Lomé qui n’a rien eu comme siège de par son score. Le but visé serait, de sources sûres, de le positionner au perchoir de l’hémicycle. Pourquoi c’est absolument lui qui doit être le prochain président de l’Assemblée ?

            Pourquoi faudrait-il remplacer un Abass Bonfoh par un Kondi Agba ? Le perchoir serait-il par hasard désormais « prescrit » pour les gens de cette région ? Nous profitons pour signaler qu’il y a un officier supérieur des FAT originaire de la même région qu’eux et qui aurait atteint l’âge de la retraite, mais il officie toujours dans l’armée. Selon certaines indiscrétions, il bénéficierait d’une prolongation de deux ans supplémentaires. Pourquoi ? Y aurait-il une corrélation avec le poste de Président de l’Assemblée Nationale que l’on semble vouloir confier à nouveau à un Bassar ou s’agirait-il d’une simple coïncidence ? Les Togolais veulent un vrai changement, et ce changement doit pouvoir passer par la fin de ces genres de calculs ethnico-régionalistes saugrenus.

            On se souvient d’un communiqué de la CENI publié le samedi 20 octobre dernier à propos des résultats de la commune de Lomé. Selon ledit communiqué, la CENI a décidé que, eu égard aux différents problèmes survenus lors de la centralisation, elle s’en remettait à la décision de la Cour constitutionnelle pour juger le cas de Lomé-Commune. Ces problèmes seraient d’ordre logistique, matériel, organisationnel et humain, selon l’institution chargée de l’organisation et de la proclamation des résultats. C’est un peu curieux que la CENI qui est chargée de donner des résultats provisoires, quitte à les faire valider et proclamer par la Cour constitutionnelle, se soit désistée pour s’en remettre directement à l’instance suprême. 

Dans l’ensemble, ce communiqué de la CENI a laissé tout le monde dans le doute, quand on sait que l’institution avait fait un bon travail au départ, ce que beaucoup ont eu à saluer, mais dans la phase déterminante que constitue la proclamation des résultats (là où les Togolais l’attendaient réellement pour savoir si elle a pu aller au bout de sa mission), elle a cafouillé dangereusement. Beaucoup ont tenu la CENI responsable de la pénurie volontaire des vignettes dans les bureaux de vote des zones acquises à l’opposition. La CENI a été aussi brouillonne dans ses derniers communiqués (les trois du jour même du scrutin) qui ne seraient  même pas être parvenus à leurs destinataires et dans le meilleur des cas, très très tardivement; l’essentiel pour elle étant de se dédouaner qu’elle avait eu à produire des communiqués destinés entre autres, à faire accepter les signatures en lieu et place de croix ou d’empreintes digitales, les bulletins sans vignettes, etc.

Par ailleurs nous sommes curieux de savoir pourquoi la CENI n’a pas fait allusion dans son communiqué du 20 octobre, aux raisons qui sont à l’origine de la bagarre qui a eu lieu ce samedi 20 octobre dans le bureau de son président ? Est-ce parce que ces raisons seraient mal perçues qu’elle avait jugé de ne pas en faire cas dans ledit communiqué ? Signalons que c’est suite à une convocation adressée au représentant de l’UFC à la CELI et en même temps rapporteur de celle-ci, pour venir rédiger et signer le procès verbal de Lomé-Commune. Le Sieur Atantsi Edem, sans doute n’étant pas d’accord avec le PV qu’il devait signer à son corps défendant, avait refusé de s’exécuter. Il fut suivi en cela par ses autres collègues de l’opposition.

Comme nos autorités prétendent travailler d’arrache-pied pour l’avènement de la justice et du respect des libertés, il est de bon ton que cette affaire soit élucidée. Et nous souhaitons que le Sieur Atantsi dépose une plainte en justice le moment venu. Même si d’ores et déjà, elle est supposée n’aboutir à rien, c’est un test pour ceux qui prétendent vouloir moderniser notre justice. Car il est absolument incompréhensible pour le commun des mortels, que comme le prétend le Sieur Lamboni  Koanka,  celui-ci aurait été le premier à encaisser les coups de  sa victime, alors qu’il lui avait été tout simplement demandé de procéder à une signature.

Pour le reste, nous pensons qu’il est grand temps que nous arrêtions de nous comporter comme des bêtes sauvages dans ce pays à l’égard de nos semblables pour un rien du tout. La justice et l’Etat de droit que les Togolais appellent de leurs vœux, sont destinés prioritairement à faire cesser ces comportements qui font la honte de la peau noire. C’est curieux que notre boxeur qui croit avoir accompli un acte élogieux, alors que c’est du discrédit pour un gaillard et père de famille comme lui, s’est plu à ricaner quand on lui posa la question de savoir combien de coups il aurait assénés à Atantsi Edem. C’est triste.

On en appelle à la Cour constitutionnelle. Elle a un défi à relever. Pour une fois, les Togolais aimerions voir la Cour aller dans le sens de la raison et du droit, pas dans le sens souhaité par d’autres pour les besoins de la cause. Ce n’est pas évident, mais on ne demande qu’à avoir tort de ne pas compter avec elle. Beaucoup prétendent que le bordel que la CENI prétend découvrir au niveau des votes de Lomé-Commune ne serait qu’une machination par elle-même pour faire passer l’actuel Ministre de la santé et le placer à la tête de notre Assemblée. On signale aussi que le RPT aurait besoin d’un siège supplémentaire pour se mettre complètement à l’abri avec 50 sièges sur les 81.

N.B: Cet article a été rédigé avant la publication des résultats de Lomé-Commune par la CENI

Alain SIMOUBA

Satisfaction des observateurs après le scrutin :  La Communauté internationale a « trompé » les Togolais et se fait contredire par la CENI
Le 14 octobre dernier, les Togolais se sont massivement rendus aux urnes pour renouveler l’Assemblée nationale. Pour preuve, le taux de participation communiqué par la CENI lors de la proclamation des résultats provisoires est de 95%. Est-ce que cette mobilisation seule suffit pour conférer au scrutin un caractère « transparent » ? Là est la question.

            Certes, le scrutin s’est déroulé dans un climat apaisé en dépit de quelques problèmes constatés lors de l’ouverture des bureaux de vote. Mais en début d’après-midi, la pénurie des timbres d’authentification des bulletins de vote a créé des situations de tension sur toute l’étendue du territoire. Fort de cette situation, l’UFC a, à l’issue d’une conférence de presse, laissé entendre qu’elle pourrait demander l’annulation de ces élections. Et c’est au forceps que des solutions ont été trouvées. Les mesures qui ont été prises, ont sauté le verrou de la sécurisation du vote puisque désormais l’urne pourrait recevoir tout ce qu’on aurait à lui proposer : bulletins timbrés ou signés au verso par deux membres de bureau de vote tirés au sort, bulletins sans indication. Même si le vote est allé sans heurt à terme, il serait judicieux que les observateurs attendent jusqu’à la proclamation des résultats provisoires de la CENI avant de se prononcer. Car, au Togo, ce ne sont pas les résultats issus des urnes qui sont souvent proclamés.

            Dès le lendemain, c’est la CEDEAO qui a donné le ton. L’institution sous régionale a relevé le déficit de timbres, l’insuffisance de formation des agents électoraux et délégués de partis et candidats, l’absence d’une approche unanime de décompte et consolidation de vote qui a rendu fastidieuse l’opération de dépouillement. Mais elle déclare qu’«en dépit de quelques insuffisances notées ici et là, les élections législatives anticipées du 14 octobre 2007 ont été libres, justes et transparentes ». Qui plus est, entre le rapport de la CEDEAO et celui de Latortue de la Francophonie, il y a des contradictions évidentes. A titre d’exemple, quand la CEDEAO indique que « Dans bien des cas, l’affichage des listes électorales à l’entrée a facilité l’identification des bureaux de vote par les électeurs », la Francophonie constate « dans certains centres de vote, la difficulté éprouvée par des électeurs de retrouver leur bureau de vote, en raison de la détérioration partielle des listes affichées ou du transfert de certains bureaux de vote insuffisamment porté à la connaissance des électeurs ». Pourtant, « la mission a conclu que les problèmes relevés ci-dessus ne sont pas de nature à entacher significativement la régularité, la transparence et donc la crédibilité du scrutin ». Quant à la mission d’observation de l’Union Africaine, elle déplore « un usage abusif des votes par dérogation et par procuration » ainsi que d’autres anomalies comme l’insuffisance et le manque de matériel électoral. Mais selon la formule consacrée, « nonobstant quelques dysfonctionnement s observés, la mission d’observation de l’Union Africaine déclare que le scrutin du 14 octobre a été régulier, libre et transparent ». Tout en exprimant son satisfecit sur le déroulement du scrutin, l’Union Européenne s’est montrée prudente en rappelant que « La mission restera dans le pays pour suivre les aspects post-électoraux dont les éventuels recours ».

            Face à cette situation, les réactions de certains partis ne se sont pas fait attendre. « L’UFC constate que les commentaires des observateurs internationaux des élections se concentrent sur le déroulement pacifique du scrutin alors qu’elle relève, en amont comme le jour du scrutin, plusieurs éléments de nature à compromettre la vérité des urnes », dénonce le parti de Gilchrist Olympio dans une déclaration remise à la presse le 16 octobre. Le Président de l’Alliance, M. Dahuku Péré, n’est pas du reste. Il s’est insurgé contre cette euphorie de la communauté internationale en affirmant sur BBC : «A l’allure des résultats, nous sommes obligés de dire que la communauté internationale nous a trompés également et nous le déplorons parce que nous croyions qu’il y avait une vraie volonté de la communauté internationale d’aider le Togo et les Togolais. Maintenant, nous croyons que ce n’est pas vrai ».

            Et depuis dimanche dernier, cette euphorie de la communauté internationale est remise en cause par la CENI. Quand les observateurs internationaux affirment que le scrutin ne souffre d’aucune contestation, l’institution en charge de l’organisation des élections fait état de plusieurs anomalies qui l’obligent à transmettre « la patate chaude » à la Cour Constitutionnelle qui la lui a retournée. Selon elle, les problèmes sont d’ordre logistique et matériel, organisationnel et humain. Sur le plan logistique et matériel, « Il est établi que sur les 751 urnes utilisées dans la circonscription électorale de Lomé commune, un nombre considérable (plus de 300 urnes) sont revenues au siège de la CELI de Lomé commune sans les scellés exigés mais plutôt protégées par du ruban adhésif non réglementaire. Situation qui suscite interrogations et préoccupations ». Comme difficulté humaine, le communiqué relève : « Dans les documents électoraux parvenus à la CELI de Lomé Commune, il a été décelé de nombreuses fiches de résultats dont les bureaux de vote n’ont pas pu être localisés car ne figurant par sur le fichier de la CENI. Bien entendu, ces résultats ont été invalidés ».

            Si ces problèmes se sont posés à Lomé où il y a assez de moyens et de ressources humaines qualifiées, le pire pourrait se produire à l’intérieur du pays. A preuve, beaucoup d’électeurs de la partie septentrionale sont surpris des résultats provisoires publiés par la CENI.           Avec l’achat des délégués de l’opposition dans les bureaux de vote et au sein des CELI, la voie est ouverte à toutes les manipulations. Le cas de la préfecture de la Binah dénoncé par le Parti Démocratique Panafricaine (PDP) de M. Bassabi Kagbara dans une déclaration en est une illustration. « Le Parti Démocratique Panafricain a constaté, au soir du scrutin, durant les dépouillements, que bon nombre de ses délégués ont été achetés par le Rassemblement du Peuple Togolais le jour même du vote, afin qu’ils cautionnent sans rien dire les PV erronés qu’allaient établir les membres des CLC, soudoyés eux-mêmes pour la plupart, par le même RPT. Une stratégie du parti au pouvoir qui devait donc évidemment faire biaiser les Procès-verbaux en sa faveur, quand on sait la paupérisation qui ronge aujourd’hui notre jeunesse. Cette jeunesse  qui constitue justement la majorité des membres des CLC, bureaux de vote, etc. Au vu de ces attitudes ci-haut mentionnées de la part des activistes du RPT, et de ces stratégies de fraudes organisées par le parti au pouvoir le jour du scrutin, le Parti Démocratique Panafricain demande que soient mis sous réserve, les résultats de la préfecture de la Binah sur les législatives du 14 octobre dernier.  Ces attitudes et stratégies dénoncées plus haut, de la part du parti au pouvoir, ont vicié l’honnêteté du jeu électoral et plus, ont fait  biaiser les vrais verdicts exprimés par nos populations dans les urnes en sa faveur », déplore-t-il.

            Malgré la configuration actuelle de la Cour Constitutionnelle, les Togolais espèrent que cette fois-ci elle sauvera la démocratie en disant le droit, rien que le droit.

R. Kédjagni

 Sans détour Le miracle n’a pas eu lieu
« 
Fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider » (Pierre Augustin Caron, Le Barbier de Séville)

            Lors de la présidentielle d’avril 2005, c’était le spectre de la guerre civile qui a été brandi par les « héritiers » pour amener la communauté à les suivre. Pour sauver la paix au Togo, il fallait donner la présidence au clan et offrir après coup le Premier ministère à l’opposition à l’issue des élections législatives ouvertes à toutes les formations politiques. C’est dans ce cadre que s’est inscrit le dialogue intertogolais qui a abouti après maints soubresauts à l’Accord Politique Global (APG) pompeusement signé le 20 août 2006 à Lomé. L’Union Européenne qui a suspendu sa coopération avec le Togo depuis 1993, est aussi dans cette logique d’élections législatives qui doivent conduire à une gestion collégiale du pays. Le premier exécutif est une chasse gardée. Interdit de le toucher. Seul le pouvoir législatif est à partager.

            Ces élections législatives préconisées par les 22 engagements et confirmées par l’APG devraient être une occasion pour toute la Nation de faire un bond en avant et de prendre définitivement la voie du progrès. Elles devraient conférer à la « Terre de nos aïeux » le statut d’un pays normal, fréquentable et respectable. Ce serait le début du chantier qui va faire du Togo « l’or de l’humanité ». Malgré les insuffisances de l’APG, beaucoup ont, avec le climat qui a prévalu et le concours de la facilitation, cru en la réussite de ces législatives. Mais malheureusement, le miracle n’a pas eu lieu. Les espoirs sont déçus. La peur d’un lendemain incertain s’est ravivée. Pis encore, les Togolais ont le sentiment d’être « trahis » par la communauté internationale. On a l’impression que ces observateurs électoraux qui gambadent dans nos « républiques bananières » depuis le déclenchement du processus démocratique, ne sont venus au Togo que pour deux missions : faire en sorte qu’on en finisse avec une crise qui n’a que trop duré ; et empocher les frais de mission. Au nom de la paix qui prévaut, au nom du climat de confiance qui existe peu ou prou entre les acteurs, il fallait que tout ce beau monde regarde dans la même direction. Ils ont regardé « quelques irrégularités » mais ils ne les ont pas vues ; conséquence « elles ne sont pas de nature à entacher la crédibilité du scrutin ». La CEDEAO l’a dit. Gérard Latortue de la Francophonie l’a repris à son compte puisqu’il sait que rien ne sert de courir et qu’il faut partir à point. Même son de cloche chez les observateurs de l’UE. Le président de l’Alliance, l’apprenti chrétien Péré Dahuku n’a-t-il pas raison quand il affirme que « la communauté internationale nous a trompés également » ?

Comme en République Démocratique du Congo (RDC), la communauté internationale est en train d’opter pour une solution « françafricaine » : un pouvoir très fort qui dirige de façon collégiale le pays avec une opposition plus ou moins faible. Une trouvaille qui consiste généralement à phagocyter l’opposition, à l’affaiblir avec des débauchages tous azimuts. Tout le monde étant à la soupe, le premier exécutif a alors les coudées franches pour continuer allègrement sa présidence à vie. Il s’agit en fait d’un « creuset national » dans la démocratie. Ce système a cours aussi bien au Burkina Faso qu’au Gabon. Même Sarkozy, le néo célibataire de l’Elysée, raffole cette manière de gouverner en débauchant les ténors du Parti Socialiste (PS).

Comme on le voit, ces élections qui ont sonné le glas à la plupart de formations politiques, ne vont pas résoudre le problème togolais. Mieux, elles risquent de compliquer les choses. Le climat de confiance qui a prévalu pendant la période transitoire, s’est déjà détérioré. Aussi les résultats tels qu’ils ont été proclamés, ont-ils consacré la partition du pays en deux : le Nord qui voit blanc et le Sud qui voit jaune. Ce qui constitue une menace pour la consolidation de la paix et de l’unité nationale.

Zeus AZIADOUVO

 

 
 
 
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