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Législatives 2007 : Charles Kondi Agba, futur Président
de l’Assemblée Nationale ?
Le Togo s’illustre toujours par des innovations négatives
connues nulle part auparavant. Depuis le 14 octobre que
les élections législatives ont eu lieu, la totalité des
résultats n’est pas encore connue. Nous sommes le 24
octobre 2007 aujourd’hui, soit dix jours après le scrutin
et les Togolais, plus précisément les populations de la
commune de Lomé en sont toujours à attendre la
proclamation du résultat de leurs votes. Nous nous
demandons dans quel pays cela s’est-il déjà vu ? Dans les
pays normaux, 48 heures après un vote, tous les candidats
sont situés sur leur sort. Par ailleurs, les résultats de
sa circonscription électorale Lomé-Commune ne sont pas
encore proclamés, mais les rumeurs qui très souvent,
deviennent très vite clameurs au Togo, donnent déjà
l’actuel Ministre de la santé pressenti pour le perchoir.
Cela serait à l’origine de la démangeaison et de la
fièvre qui se sont emparées de la CENI ces derniers
temps.
Au Togo, les longues gymnastiques, les longues attentes
ont pour but, tout le monde le sait, de biaiser les
résultats en glanant des points ici et en en ajoutant là
où il en manque cruellement. Si pour les autres régions
du pays, les résultats provisoires falsifiés ont été
difficilement proclamés plus de 72 heures après, ce n’est
pas le cas pour la commune de Lomé où des gymnastiques
sont encore sûrement en cours. Au fait quand les
résultats sont clairs, crédibles et ne souffrent d’aucune
anomalie, qu’est-ce que cela coûterait à celui qui
prétend avoir gagné d’accepter le recomptage des voix
lorsque certains se trouvent trichés, lésés ?
Samedi dernier au cours du meeting organisé par l’UFC à
la place Anani Santos à Lomé, l’information était
parvenue séance tenante aux organisateurs de la rencontre
et de source bien informée, que le RPT s’apprêterait à
voler encore un siège à l’UFC sur les 5 sièges prévus
pour Lomé-commune, ce qui d’ailleurs avait motivé la
démarche de l’UFC vers le siège de la CENI pour y voir
clair. Nous avons souvenance que le RPT lui-même, à
travers l’un de ses représentants à la CENI
en la personne du sieur Kokou Tozoun, avait signalé une
position très favorable pour l’UFC dans la commune
de Lomé. Cette information n’a pas surpris grand monde
dans la commune de Lomé ni dans la préfecture du Golfe où
l’UFC a raflé les deux sièges qui y sont disponibles.
C’est donc tout naturellement, que les
populations de Lomé-Commune s’attendaient à voir l’UFC
enlever les cinq sièges de Lomé-Commune, vu les
raz-de-marée opérés dans presque tous les centres de vote
de la zone par le parti de Gilchrist Olympio. Mais quelle
n’est leur surprise d’apprendre que le RPT fait tout ce
qui est en son pouvoir, pour faire passer le professeur
Charles Kondi Agba, son candidat dans la commune de Lomé
qui n’a rien eu comme siège de par son score. Le but visé
serait, de sources sûres, de le positionner au perchoir
de l’hémicycle. Pourquoi c’est absolument lui qui doit
être le prochain président de l’Assemblée ?
Pourquoi faudrait-il remplacer un Abass Bonfoh par un
Kondi Agba ? Le perchoir serait-il par hasard désormais
« prescrit » pour les gens de cette région ? Nous
profitons pour signaler qu’il y a un officier supérieur
des FAT originaire de la même région qu’eux et qui aurait
atteint l’âge de la retraite, mais il officie toujours
dans l’armée. Selon certaines indiscrétions, il
bénéficierait d’une prolongation de deux ans
supplémentaires. Pourquoi ? Y aurait-il une corrélation
avec le poste de Président de l’Assemblée Nationale que
l’on semble vouloir confier à nouveau à un Bassar ou
s’agirait-il d’une simple coïncidence ? Les Togolais
veulent un vrai changement, et ce changement doit pouvoir
passer par la fin de ces genres de calculs
ethnico-régionalistes saugrenus.
On se souvient d’un communiqué de
la CENI
publié le samedi 20 octobre dernier à propos des
résultats de la commune de Lomé. Selon ledit communiqué,
la CENI
a décidé que, eu égard aux différents problèmes survenus
lors de la centralisation, elle s’en remettait à la
décision de
la Cour
constitutionnelle pour juger le cas de Lomé-Commune. Ces
problèmes seraient d’ordre logistique, matériel,
organisationnel et humain, selon l’institution chargée de
l’organisation et de la proclamation des résultats. C’est
un peu curieux que
la CENI qui est chargée de donner des résultats
provisoires, quitte à les faire valider et proclamer par
la Cour
constitutionnelle, se soit désistée pour s’en remettre
directement à l’instance suprême.
Dans l’ensemble, ce communiqué de
la CENI
a laissé tout le monde dans le doute, quand on sait que
l’institution avait fait un bon travail au départ, ce que
beaucoup ont eu à saluer, mais dans la phase déterminante
que constitue la proclamation des résultats (là où les
Togolais l’attendaient réellement pour savoir si elle a
pu aller au bout de sa mission), elle a cafouillé
dangereusement. Beaucoup ont tenu la CENI responsable de
la pénurie volontaire des vignettes dans les bureaux de
vote des zones acquises à l’opposition. La CENI a été
aussi brouillonne dans ses derniers communiqués (les
trois du jour même du scrutin) qui ne seraient même pas
être parvenus à leurs destinataires et dans le meilleur
des cas, très très tardivement; l’essentiel pour elle
étant de se dédouaner qu’elle avait eu à produire des
communiqués destinés entre autres, à faire accepter les
signatures en lieu et place de croix ou d’empreintes
digitales, les bulletins sans vignettes, etc.
Par ailleurs nous sommes curieux de savoir pourquoi la
CENI n’a pas fait allusion dans son communiqué du 20
octobre, aux raisons qui sont à l’origine de la bagarre
qui a eu lieu ce samedi 20 octobre dans le bureau de son
président ? Est-ce parce que ces raisons seraient mal
perçues qu’elle avait jugé de ne pas en faire cas dans
ledit communiqué ? Signalons que c’est suite à une
convocation adressée au représentant de l’UFC à la CELI
et en même temps rapporteur de celle-ci, pour venir
rédiger et signer le procès verbal de Lomé-Commune. Le
Sieur Atantsi Edem, sans doute n’étant pas d’accord avec
le PV qu’il devait signer à son corps défendant, avait
refusé de s’exécuter. Il fut suivi en cela par ses autres
collègues de l’opposition.
Comme nos autorités prétendent travailler d’arrache-pied
pour l’avènement de la justice et du respect des
libertés, il est de bon ton que cette affaire soit
élucidée. Et nous souhaitons que le Sieur Atantsi dépose
une plainte en justice le moment venu. Même si d’ores et
déjà, elle est supposée n’aboutir à rien, c’est un test
pour ceux qui prétendent vouloir moderniser notre
justice. Car il est absolument incompréhensible pour le
commun des mortels, que comme le prétend le Sieur Lamboni
Koanka, celui-ci aurait été le premier à encaisser les
coups de sa victime, alors qu’il lui avait été tout
simplement demandé de procéder à une signature.
Pour le reste, nous pensons qu’il est grand temps que
nous arrêtions de nous comporter comme des bêtes sauvages
dans ce pays à l’égard de nos semblables pour un rien du
tout. La justice et l’Etat de droit que les Togolais
appellent de leurs vœux, sont destinés prioritairement à
faire cesser ces comportements qui font la honte de la
peau noire. C’est curieux que notre boxeur qui croit
avoir accompli un acte élogieux, alors que c’est du
discrédit pour un gaillard et père de famille comme lui,
s’est plu à ricaner quand on lui posa la question de
savoir combien de coups il aurait assénés à Atantsi Edem.
C’est triste.
On en appelle à la Cour
constitutionnelle. Elle a un défi à relever. Pour une
fois, les Togolais aimerions voir
la Cour aller dans le sens de la raison et du droit, pas
dans le sens souhaité par d’autres pour les besoins de la
cause. Ce n’est pas évident, mais on ne demande qu’à
avoir tort de ne pas compter avec elle. Beaucoup
prétendent que le bordel que la CENI
prétend découvrir au niveau des votes de Lomé-Commune ne
serait qu’une machination par elle-même pour faire passer
l’actuel Ministre de la santé et le placer à la tête de
notre Assemblée. On signale aussi que le RPT aurait
besoin d’un siège supplémentaire pour se mettre
complètement à l’abri avec 50 sièges sur les 81.
N.B: Cet article a été rédigé avant la publication des
résultats de Lomé-Commune par la CENI
Alain SIMOUBA
Satisfaction des observateurs après le scrutin : La
Communauté internationale a « trompé » les Togolais et se
fait contredire par la CENI
Le 14 octobre dernier, les Togolais se sont massivement
rendus aux urnes pour renouveler l’Assemblée nationale.
Pour preuve, le taux de participation communiqué par la
CENI
lors de la proclamation des résultats provisoires est de
95%. Est-ce que cette mobilisation seule suffit pour
conférer au scrutin un caractère « transparent » ?
Là est la question.
Certes, le scrutin s’est déroulé dans un
climat apaisé en dépit de quelques problèmes constatés
lors de l’ouverture des bureaux de vote. Mais en début
d’après-midi, la pénurie des timbres d’authentification
des bulletins de vote a créé des situations de tension
sur toute l’étendue du territoire. Fort de cette
situation, l’UFC a, à l’issue d’une conférence de presse,
laissé entendre qu’elle pourrait demander l’annulation de
ces élections. Et c’est au forceps que des solutions ont
été trouvées. Les mesures qui ont été prises, ont sauté
le verrou de la sécurisation du vote puisque désormais
l’urne pourrait recevoir tout ce qu’on aurait à lui
proposer : bulletins timbrés ou signés au verso par deux
membres de bureau de vote tirés au sort, bulletins sans
indication. Même si le vote est allé sans heurt à terme,
il serait judicieux que les observateurs attendent
jusqu’à la proclamation des résultats provisoires de
la CENI
avant de se prononcer. Car, au Togo, ce ne sont pas les
résultats issus des urnes qui sont souvent proclamés.
Dès le lendemain, c’est
la CEDEAO qui a donné le ton. L’institution sous
régionale a relevé le déficit de timbres, l’insuffisance
de formation des agents électoraux et délégués de partis
et candidats, l’absence d’une approche unanime de
décompte et consolidation de vote qui a rendu fastidieuse
l’opération de dépouillement. Mais elle déclare qu’«en
dépit de quelques insuffisances notées ici et là, les
élections législatives anticipées du 14 octobre 2007 ont
été libres, justes et transparentes ». Qui plus est,
entre le rapport de la CEDEAO et celui de Latortue de la
Francophonie, il y a des contradictions évidentes. A
titre d’exemple, quand
la CEDEAO
indique que « Dans bien des cas, l’affichage des
listes électorales à l’entrée a facilité l’identification
des bureaux de vote par les électeurs »,
la Francophonie
constate « dans certains centres de vote, la
difficulté éprouvée par des électeurs de retrouver leur
bureau de vote, en raison de la détérioration partielle
des listes affichées ou du transfert de certains bureaux
de vote insuffisamment porté à la connaissance des
électeurs ». Pourtant, « la mission a conclu que
les problèmes relevés ci-dessus ne sont pas de nature à
entacher significativement la régularité, la transparence
et donc la crédibilité du scrutin ». Quant à la
mission d’observation de l’Union Africaine, elle déplore
« un usage abusif des votes par dérogation et par
procuration » ainsi que d’autres anomalies comme
l’insuffisance et le manque de matériel électoral. Mais
selon la formule consacrée, « nonobstant quelques
dysfonctionnement s observés, la mission d’observation de
l’Union Africaine déclare que le scrutin du 14 octobre a
été régulier, libre et transparent ». Tout en
exprimant son satisfecit sur le déroulement du scrutin,
l’Union Européenne s’est montrée prudente en rappelant
que « La mission restera dans le pays pour suivre les
aspects post-électoraux dont les éventuels recours ».
Face à cette situation, les réactions de
certains partis ne se sont pas fait attendre. « L’UFC
constate que les commentaires des observateurs
internationaux des élections se concentrent sur le
déroulement pacifique du scrutin alors qu’elle relève, en
amont comme le jour du scrutin, plusieurs éléments de
nature à compromettre la vérité des urnes », dénonce
le parti de Gilchrist Olympio dans une déclaration remise
à la presse le 16 octobre. Le Président de l’Alliance, M.
Dahuku Péré, n’est pas du reste. Il s’est insurgé contre
cette euphorie de la communauté internationale en
affirmant sur BBC : «A l’allure des résultats, nous
sommes obligés de dire que la communauté internationale
nous a trompés également et nous le déplorons parce que
nous croyions qu’il y avait une vraie volonté de la
communauté internationale d’aider le Togo et les
Togolais. Maintenant, nous croyons que ce n’est pas vrai ».
Et depuis dimanche dernier, cette euphorie de
la communauté internationale est remise en cause par
la CENI. Quand les observateurs internationaux affirment
que le scrutin ne souffre d’aucune contestation,
l’institution en charge de l’organisation des élections
fait état de plusieurs anomalies qui l’obligent à
transmettre « la patate chaude » à
la Cour Constitutionnelle
qui la lui a retournée. Selon elle, les problèmes sont
d’ordre logistique et matériel, organisationnel et
humain. Sur le plan logistique et matériel, « Il est
établi que sur les 751 urnes utilisées dans la
circonscription électorale de Lomé commune, un nombre
considérable (plus de 300 urnes) sont revenues au siège
de
la CELI
de Lomé commune sans les scellés exigés mais plutôt
protégées par du ruban adhésif non réglementaire.
Situation qui suscite interrogations et préoccupations ».
Comme difficulté humaine, le communiqué relève : « Dans
les documents électoraux parvenus à
la CELI de Lomé Commune, il a été décelé de nombreuses
fiches de résultats dont les bureaux de vote n’ont pas pu
être localisés car ne figurant par sur le fichier de
la CENI. Bien
entendu, ces résultats ont été invalidés ».
Si ces problèmes se sont posés à Lomé où il y
a assez de moyens et de ressources humaines qualifiées,
le pire pourrait se produire à l’intérieur du pays. A
preuve, beaucoup d’électeurs de la partie septentrionale
sont surpris des résultats provisoires publiés par
la CENI. Avec
l’achat des délégués de l’opposition dans les bureaux de
vote et au sein des CELI, la voie est ouverte à toutes
les manipulations. Le cas de la préfecture de
la Binah
dénoncé par le Parti Démocratique Panafricaine (PDP) de
M. Bassabi Kagbara dans une déclaration en est une
illustration. « Le Parti Démocratique Panafricain a
constaté, au soir du scrutin, durant les dépouillements,
que bon nombre de ses délégués ont été achetés par le
Rassemblement du Peuple Togolais le jour même du vote,
afin qu’ils cautionnent sans rien dire les PV erronés
qu’allaient établir les membres des CLC, soudoyés
eux-mêmes pour la plupart, par le même RPT. Une stratégie
du parti au pouvoir qui devait donc évidemment faire
biaiser les Procès-verbaux en sa faveur, quand on sait la
paupérisation qui ronge aujourd’hui notre jeunesse. Cette
jeunesse qui constitue justement la majorité des membres
des CLC, bureaux de vote, etc. Au vu de ces attitudes
ci-haut mentionnées de la part des activistes du RPT, et
de ces stratégies de fraudes organisées par le parti au
pouvoir le jour du scrutin, le Parti Démocratique
Panafricain demande que soient mis sous réserve, les
résultats de la préfecture de
la Binah sur les législatives du 14 octobre dernier. Ces
attitudes et stratégies dénoncées plus haut, de la part
du parti au pouvoir, ont vicié l’honnêteté du jeu
électoral et plus, ont fait biaiser les vrais verdicts
exprimés par nos populations dans les urnes en sa faveur »,
déplore-t-il.
Malgré la configuration actuelle de
la Cour Constitutionnelle,
les Togolais espèrent que cette fois-ci elle sauvera la
démocratie en disant le droit, rien que le droit.
R. Kédjagni
Sans
détour
Le
miracle n’a pas eu lieu
« Fiez-vous
à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une
bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la
souffler et de bons valets pour les y aider »
(Pierre Augustin Caron,
Le Barbier de
Séville)
Lors de la présidentielle d’avril 2005, c’était le
spectre de la guerre civile qui a été brandi par les « héritiers »
pour amener la communauté à les suivre. Pour sauver la
paix au Togo, il fallait donner la présidence au clan et
offrir après coup le Premier ministère à l’opposition à
l’issue des élections législatives ouvertes à toutes les
formations politiques. C’est dans ce cadre que s’est
inscrit le dialogue intertogolais qui a abouti après
maints soubresauts à l’Accord Politique Global (APG)
pompeusement signé le 20 août 2006 à Lomé. L’Union
Européenne qui a suspendu sa coopération avec le Togo
depuis 1993, est aussi dans cette logique d’élections
législatives qui doivent conduire à une gestion
collégiale du pays. Le premier exécutif est une chasse
gardée. Interdit de le toucher. Seul le pouvoir
législatif est à partager.
Ces élections législatives préconisées par
les 22 engagements et confirmées par l’APG devraient être
une occasion pour toute
la Nation
de faire un bond en avant et de prendre définitivement la
voie du progrès. Elles devraient conférer à la « Terre
de nos aïeux » le statut d’un pays normal,
fréquentable et respectable. Ce serait le début du
chantier qui va faire du Togo « l’or de l’humanité ».
Malgré les insuffisances de l’APG, beaucoup ont, avec le
climat qui a prévalu et le concours de la facilitation,
cru en la réussite de ces législatives. Mais
malheureusement, le miracle n’a pas eu lieu. Les espoirs
sont déçus. La peur d’un lendemain incertain s’est
ravivée. Pis encore, les Togolais ont le sentiment d’être
« trahis » par la communauté internationale. On a
l’impression que ces observateurs électoraux qui
gambadent dans nos « républiques bananières »
depuis le déclenchement du processus démocratique, ne
sont venus au Togo que pour deux missions : faire en
sorte qu’on en finisse avec une crise qui n’a que trop
duré ; et empocher les frais de mission. Au nom de la
paix qui prévaut, au nom du climat de confiance qui
existe peu ou prou entre les acteurs, il fallait que tout
ce beau monde regarde dans la même direction. Ils ont
regardé « quelques irrégularités » mais ils ne les
ont pas vues ; conséquence « elles ne sont pas de
nature à entacher la crédibilité du scrutin ».
La CEDEAO
l’a dit. Gérard Latortue de
la Francophonie
l’a repris à son compte puisqu’il sait que rien ne sert
de courir et qu’il faut partir à point. Même son de
cloche chez les observateurs de l’UE. Le président de
l’Alliance, l’apprenti chrétien Péré Dahuku n’a-t-il pas
raison quand il affirme que « la communauté
internationale nous a trompés également » ?
Comme en République Démocratique du Congo (RDC), la
communauté internationale est en train d’opter pour une
solution « françafricaine » : un pouvoir très fort
qui dirige de façon collégiale le pays avec une
opposition plus ou moins faible. Une trouvaille qui
consiste généralement à phagocyter l’opposition, à
l’affaiblir avec des débauchages tous azimuts. Tout le
monde étant à la soupe, le premier exécutif a alors les
coudées franches pour continuer allègrement sa présidence
à vie. Il s’agit en fait d’un « creuset national »
dans la démocratie. Ce système a cours aussi bien au
Burkina Faso qu’au Gabon. Même Sarkozy, le néo
célibataire de l’Elysée, raffole cette manière de
gouverner en débauchant les ténors du Parti Socialiste
(PS).
Comme on le voit, ces élections qui ont sonné le glas à
la plupart de formations politiques, ne vont pas résoudre
le problème togolais. Mieux, elles risquent de compliquer
les choses. Le climat de confiance qui a prévalu pendant
la période transitoire, s’est déjà détérioré. Aussi les
résultats tels qu’ils ont été proclamés, ont-ils consacré
la partition du pays en deux : le Nord qui voit blanc et
le Sud qui voit jaune. Ce qui constitue une menace pour
la consolidation de la paix et de l’unité nationale.
Zeus AZIADOUVO |