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19 Oct 2006

[ 130: 18 Oct 2006]  
Péril en la demeure: Des champions en hold-up électoraux au sein de la CENI

Le processus électoral est définitivement enclenché avec l’élection des 19 membres devant composer la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Selon l’Accord politique global, c’est cette structure qui devrait organiser les prochaines législatives « transparentes et crédibles ». Mais déjà, le retour aux affaires des personnalités ayant à maintes reprises consacré des hold-up électoraux au Togo pose problème. Il s’agit de M. Abalo Pétchélébia et de Mme Kissem Tchangaï-Walla. Le premier, un magistrat dont l’une des valeurs cardinales reste la neutralité est aujourd’hui l’un des cinq représentants du RPT à la CENI. Quant à la seconde, elle représente le fameux REFAMP/Togo, une organisation de la société civile qui est plus « Rptiste » que le RPT.

Le cas Pétchélébia

M. Abalo Pétchélébia s’est distingué en 2001 dans le procès ayant opposé Me Agboyibo à l’ancien Premier ministre Messan Agbéyomé Kodjo suite à l’assassinat de Kégbé Mathieu, un militant du CAR, à Sédomé dans la préfecture de Yoto. Il avait à l’époque condamné le leader du CAR à six mois d’emprisonnement ferme. Et depuis, il est devenu un expert des questions électorales. Après que le RPT eut dénaturé le Code électoral consensuel issu de l’Accord cadre de Lomé (ACL), il a mis sur pied un Comité de sept Magistrats pour organiser les législatives anticipées prévues par l’ACL. Ce Comité des sept était dirigé par le juge Pétchélébia, même si au dernier moment le juge Kpomégbé Kokou a abandonné la barque.

Malgré l’absence d’enjeu - l’opposition a, dans son ensemble, appelé au boycott – des fraudes et irrégularités ont émaillé le scrutin du 27 octobre 2002: votes multiples, bourrage d’urnes, trucage des résultats, menaces et intimidations… C’était la vraie pagaille. Par exemple, dans la deuxième circonscription électorale de Wawa, c’était Trokpo Kodjo du RPT qui l’emportait avec 79,43 % alors qu’officiellement il a été battu par Mme Dorothée Iloudjè Ebina de la JUVENTO qui gagnait avec 53,47 %. La même chose s’est passée dans la deuxième circonscription électorale d’Agou où le vaincu de la JUVENTO a été officiellement déclaré vainqueur au détriment du candidat du RPT. Tout ceci avait concouru à la création de cette triste « opposition parlementaire » qui siège depuis lors à l’Assemblée « mouton ». A Lomé, Harry Olympio du RSDD a été surpris le jour du vote en train de distribuer des cartes d’électeurs aux passants pour aller voter pour lui. Dans la mairie du 2ème Arrondissement derrière AUBA, le jour du vote, des milliers de cartes étaient jetées par terre et les gens s’en étaient servis à loisir. La liste est longue.

Mais au RPT, on n’abandonne pas les mauvaises choses. Les exploits du juge Abalo Pétchélébia en fraudes électorales avaient tellement séduit le « Père de la nation » qu’il l’avait reconduit à la tête de la nouvelle CENI qui organisa le scrutin présidentiel du 1er  juin 2003. Ce processus électoral a été émaillé de violences et c’était la préfecture du Zio qui avait payé le lourd tribut.  Comme qui a triché, trichera, il a encore tronqué les résultats en faveur du Général Eyadema qui avait refusé in fine « d’aller se reposer dans son village natal » après ses deux quinquennats. C’est aussi ce juge qui fit tomber Gbogboyagbo « gboya » en lui attribuant 0,94 % des voix. Il nous souvient qu’à l’époque, l’addition des pourcentages que le sieur Pétchélébia a attribués aux différents candidats lors de la proclamation des résultats provisoires a excédé les 100 %. Il a fallu plusieurs gymnastiques avant que le tir ne soit rectifié.

Le cas Kissem Tchangaï Walla

            Cette enseignante à l’Université était à l’avant-garde du hold-up électoral d’avril 2005. Représentante du REFAMP/Togo, elle était la présidente de la CENI. Le processus électoral a été marqué par des échauffourées tant à Lomé qu’à l’intérieur du pays : des opérations de révision des listes électorales à la proclamation des résultats en passant par la période de la campagne électorale et le jour du scrutin proprement dit. Cette dame n’était nullement émue par la démission du ministre de l’Intérieur et le génocide qui se profilait à l’horizon. Elle fit organiser le scrutin marqué par des bourrages d’urnes, votes multiples, achat des consciences, vote massif des étrangers, enlèvement d’urnes, violences exercées sur les électeurs, « sécurisation d’urnes »… Dans le village d’Edzi dans la préfecture de l’Avé, les Ghanéens ont voté sous la bénédiction et la protection du chef du village. A Kara, les délégués des partis de l’opposition ont été chassés de plusieurs bureaux de vote. Malgré toutes ces anomalies, le candidat de la Coalition, Bob Akitani a remporté l’élection haut les mains. Mais les résultats obtenus sur le terrain ont été détruits au profit des « résultats d’ordinateurs ». Comme l’a dit un observateur à l’époque, « Bob-Akitani a gagné dans les bureaux de vote et Faure a remporté la mise dans les ordinateurs ». Et c’est justement à la suite de la proclamation de ces résultats que Lomé et certaines villes de l’intérieur ont connu des manifestations sanglantes faisant près de mille morts, des milliers de blessés, de dégâts matériels importants ainsi que le départ à l’exil de plus de 40 000 Togolais.

            Au nom de la réconciliation, du pardon et de l’oubli tant chantés, des gens comme Abalo Pétchélébia, Kissem Tchangaï-Walla ne devraient plus siéger au sein de la CENI chargée d’organiser et de superviser les prochaines législatives. Leur présence va rappeler bien de mauvaises choses aux Togolais. Ces champions en hold-up électoraux qui reviennent aux affaires inquiètent énormément les populations.  

Z. A.

 

Rencontre entre Rock Gnassingbé et les présidents des ligues du Nord : Une pétition en vue pour tromper la vigilance de la FIFA

            Le siège de la Fédération Togolaise de Football a servi de cadre le lundi 16 octobre dernier à une rencontre entre Rock Gnassingbé et certains présidents de ligues. L’objectif était de convaincre ces présidents des ligues qui sont en majorité du Nord à œuvrer pour le maintien de Rock Gnassingbé à la tête de la FTF. La rencontre initiée par un ministre du Gouvernement Agboyibo et président d’un club de football du nord du Togo avait rassemblé une vingtaine de personnalités dont les présidents des ligues de la Kara, Oti, Savanes, Bassar, Tchamba, Central, Plateau ouest (Amlamé) et de Lomé.

« La FTF nous a demandé de venir à la réunion des présidents des ligues aujourd’hui à Kégué. C’est arrivé sur les lieux que nous avons constaté que c’est presque les présidents de ligues du Nord qui sont invités. Ils nous ont demandé de signer une pétition pour montrer  à la FIFA que nous ne déplorons pas la gestion que fait Rock Gnassingbé de la FTF. Et que nous le soutenons plutôt. Un ancien président d’un club de première division qui est actuellement ministre était aussi de la rencontre. Lui, il nous a même dit que Rock Gnassingbé est un fils du nord du pays et que la seule chose que nous pouvons faire pour le sauver des griffes de la FIFA est  de signer cette pétition.

            Ils nous ont également demandé de convaincre les présidents de clubs de deuxième division de nos ligues à signer la même pétition. Or nous savons tous que Rock Gnassingbé ne gère pas bien cette fédération et c’est ce qui a conduit aux débâcles des Eperviers au Caire (Egypte) et à Wangen (Allemagne). Devant cette situation, on ne sait plus ce qu’on peut faire. On se demande tout ce qui arrivera si on refuse de signer cette pétition », avait déclaré un président de ligue après cette rencontre et un autre d’ajouter que « Rock Gnassingbé et ses amis nous demandent de faire l’impossible. Ils ont menti à la délégation de la FIFA et de la CAF qu’ils nous financent et aujourd’hui ils nous demandent de les aider. En tout cas, ce n’est pas moi qui vais signer cette pétition. Ils nous demandent aussi de convaincre les présidents de clubs de deuxième division de nos ligues alors que ce championnat est toujours mal organisé. Comment veulent-ils que ces présidents acceptent de les aider quand eux, ils les ont toujours oubliés ? Ils veulent seulement nous utiliser pour servir leurs intérêts. Ce n’est pas parce que Rock est du nord que nous les présidents des ligues du nord, nous allons le laisser continuer dans les mêmes erreurs ». Il s’agit donc encore des manœuvres orchestrées par Rock Gnassingbé et ses sbires pour faire croire à la FIFA et à la CAF que les acteurs du football togolais les soutiennent. La FIFA doit donc être vigilante et mettre en application les résultats de la mission qui a enquêté sur la FTF. C’est comme ça qu’on pourra sortir le football togolais des sentiers battus.

G. K

 

Remous à la FTF après le passage de la mission FIFA/CAF Un trou de 35 millions constaté *Rock Gnassingbé a failli porter la main sur le Trésorier
Arrivée le jeudi 12 octobre 2006 dernier dans la capitale togolaise, la délégation conjointe FIFA-CAF composée de M. Jan Peeters et de M. Slim Aloulou a, durant trois jours, rencontré les différents acteurs du football togolais ainsi que les autorités administratives de notre pays. La mission de cette délégation a pris fin avec une rencontre qu’elle a eue avec la presse togolaise. Cette délégation a, lors de sa mission rencontré les membres de la FTF pour avoir une idée de la gestion financière de cette institution. L’honneur était ainsi revenu au Trésorier Général Adjoint de la FTF de présenter le rapport financier de la fédération.

Pour camoufler les malversations financières qui caractérisent cette fédération, le sieur Paniah a dû faire certains jonglages pour se tirer d’affaire. Pour justifier un trou de 35 millions de F CFA constaté dans la gestion des fonds que
la FIFA a alloués à la FTF pour les préparatifs du Mondial 2006 en Allemagne, Paniah aurait fait remarquer à la délégation FIFA-CAF que les fonds auraient été détournés par trois membres de la Commission Eperviers créée par l’ex-Premier ministre Edem  Kodjo sans toutefois préciser les noms de ces trois personnes. Ce qui s’avère d’ailleurs faux.

            Puisque de sources proches de la fédération, cette somme est restée à la FTF et n’est passée dans les mains d’aucun membre de cette commission. Cette déclaration du Trésorier Général Adjoint n’a également pas été épousée par le Président trésorier de la FTF qui, lors d’une rencontre avec les membres du reliquat du bureau exécutif de la fédération a voulu porter la main sur lui.

            N’eût été l’intervention des autres, l’on aurait assisté à une bagarre entre les deux hommes. Comme on le voit, la Fédération Togolaise de Football va très mal et il urge que les autorités togolaises prennent des mesures adéquates pour la sauver.

GLAKPE Koffi

 

La Société NINA fait la misère des Togolais : Non respect des droits des employés, licenciements abusifs

Depuis un certain temps, la société NINA spécialisée dans la confection des mèches connaît une agitation perpétuelle. Il s’y passe beaucoup de choses incroyables : violation des droits des employés, licenciements abusifs, exploitations de l’homme par l’homme, mensonges…

Tout a en effet commencé le 29 décembre 2005 où les ouvriers après 13 heures de travail par jour pendant près d’un an s’attendaient à un traitement conséquent. Mais malheureusement, le nouveau Directeur Général ne s’y est pas prêté. Cette situation a conduit à un arrêt momentané du travail le lendemain. Et c’est suite à cela que le problème a été résolu. De plus, pour exiger de meilleures conditions de travail et de vie, les ouvriers ont lancé un mot d’ordre de grève le 07 février 2006 qui a abouti à la satisfaction de certaines de leurs  doléances dont le paiement des indemnités de dédommagement pour les temporaires et d’ancienneté pour les contractuels, l’augmentation du frais de cantine, le paiement du transport 2 500 F pour les contractuels et 1 000 F pour les temporaires, la distribution de deux boîtes de lait par mois. Mais les problèmes de l’embauche et de la réduction des heures de travail n’ont pas été réglés.

Fin août dernier, un accord fut trouvé entre les délégués, la Direction et la SAZOF pour une alternance des heures de travail : 11 heures par jour pendant une semaine et 13 heures par jour la semaine suivante. Cette nouvelle procédure ne fut respectée que durant deux semaines. A l’insu des délégués et de la SAZOF, la Direction ordonne le prolongement des 13 heures de travail par jour chaque semaine et empêche les délégués de rencontrer le Directeur Général et la SAZOF pour des explications. Poussés à bout par les ouvriers, les délégués sont obligés de sonner la sortie à 19 heures le 25 septembre dernier, entraînant ainsi la colère du Directeur Général qui ferme l’usine le lendemain et autorise l’accès uniquement aux chefs de sections et de postes. La situation s’est aggravée le 27 septembre avec le refus cette fois-ci des ouvriers de reprendre le travail et qui demandent la suspension pure et simple des 13 heures de travail par jour, la démission du chef personnel et de deux chefs de section. Au lieu de résoudre les problèmes, la Direction tente plutôt de licencier des délégués dont leur président se voit suspendre son contrat. Pour protester contre cet état de chose, les ouvriers ont déclenché le 02 octobre 2006 une nouvelle grève. Ce mouvement fut fatal à une dizaine d’ouvriers purement licenciés sans avertissement et sans dédommagement le 03 octobre 2006. Ils sont accusés d’empêchement de travail et d’agression physique sur certains ouvriers qui voulaient trahir leurs collègues.

C’est le lieu ici d’inviter les nouveaux dirigeants à prendre à bras le corps les problèmes de la jeunesse togolaise désespérée qui se réfugie dans la Zone Franche, s’exposant ainsi à un esclavage moderne. Le hic, c’est que ces colons qui atterrissent au Togo sont soutenus dans leur basse besogne par certains compatriotes qui échangent la santé de leurs frères contre de l’argent.

Evans Yemey

 

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