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Liberté Hebdo

11 Sept 2007

[ 252: du 10 Sept  2007]  
Les camions des FAT utilisés lors du congrès du RPT

Dans le processus électoral enclenché à l’issue du Dialogue inter togolais avec la signature le 20 août 2006 de l’Accord Politique Global (APG), sous les auspices du Facilitateur M. Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, et devant conduire à la tenue des élections  législatives prévues pour le 14 octobre 2007, le RPT a du mal à abandonner certaines vieilles pratiques. Celles qui consistent à toujours utiliser les biens publics à des fins politiques au détriment de ses adversaires, tous en course pour la conquête des suffrages. Déjà, les signes annonciateurs des pratiques qui ont la peau dure refont surface. Pour preuve, les deux journées de réflexion ayant abouti à l’investiture de ses candidats aux prochaines législatives, ont conduit une fois encore le RPT à faire un usage abusif des biens publics. Des véhicules de transport de troupes des Forces Armées Togolaises (FAT) ont, pendant toute la période des journées de réflexion, permis au transport des femmes militantes du parti sous le vocable de femmes FAT.

Il urge,  dans la recherche des élections libres, démocratiques et transparentes en vue d’une paix durable, gage de tout développement harmonieux qu’aspirent les Togolais, que le RPT fasse en sorte que l’usage des biens publics à des fins partisanes cesse. Il en va de l’intérêt de toute une nation, longtemps victime d’une injustice sociale avec en toile de fond ces pratiques indécentes qui frustrent et révoltent les citoyens qui, en réalité, sont les premiers  contribuables.

             «Voilà qu’ils nous demandent de faire table rase du passé et qu’au même moment, ils ne veulent pas se départir de leurs vieilles habitudes décriées par le peuple. C’est de la tricherie, cette façon de procéder. Si mon parti veut organiser une manifestation quelconque, peut-il obtenir comme eux, ils le font les mêmes privilèges ? », s’est indigné un observateur de la scène d’embarquement des femmes avant d’ajouter : « C’est aussi une preuve qu’ils sont toujours dans la logique du parti Etat, sinon l’on ne peut pas comprendre pourquoi ils utilisent les véhicules de l’armée. Cela veut tout simplement dire que les FAT ne veulent pas observer la neutralité dans le débat politique au Togo. Nous avons encore un long chemin à faire pour que notre armée devienne républicaine. Et là, c’est vraiment très grave pour notre pays ».

La Rédaction

 
La marche des travailleurs empêchée : S’agirait-il d’une malédiction pour nos autorités ?

On se souvient que dans le courant de la semaine écoulée, les syndicalistes, n’en pouvant plus de supporter la roublardise du gouvernement qui avait pris des engagements dans le cadre du dialogue social, avaient convié les travailleurs togolais à une grande marche de protestation contre le peu d’intérêt que semblent accorder nos autorités à l’amélioration des conditions de vie de ceux-ci. La marche était prévue pour se tenir le samedi 8 septembre 2007. Rappelons que sur les 64 engagements pris depuis 15 mois par les autorités vis-à-vis des travailleurs lors de la signature du protocole d’accord, seuls 6 ont été exécutés jusqu’à ce jour. Celui qui s’engage, promet, mais ne tient jamais ses promesses et use de ruse à tous les coups, n’est-il pas frappé d’une sorte de malédiction ?

Dès l’annonce du mot d’ordre de grève, et vu toute la détermination affichée par la Centrale syndicale, le gouvernement s’est dépêché d’obtenir le sursis de cette grève de manière déguisée, en décrétant aussitôt le payement à partir du 14 septembre du versement d’un mois d’arriéré de salaire au titre de novembre 2000. Signalons que jusqu’à ce jour, certains fonctionnaires cumulent jusqu’à six mois d’arriérés. Faut-il de la part du gouvernement, attendre chaque fois que les syndicats menacent de faire descendre les travailleurs dans la rue, pour penser à concéder une infime partie des droits des travailleurs comme ce fut le cas la semaine passée ? Pourtant ceux qui dirigent ce pays mènent tous les jours un train de vie qui choque le bon sens, pendant que la population et les travailleurs végètent dans la grande misère. Certains ne peuvent même pas se payer « le luxe » de trois repas par jour.

            «Ces gens ne sont pas du tout sérieux dans le pays !», lança samedi un travailleur qui s’était rendu à 7h au siège de la CSTT, en vue de participer à la marche qui, comme bien d’autres, a trouvé un cordon de policiers sur les lieux, et dont le but est de disperser tous ceux qui oseraient prendre part à la marche. Signalons qu’officiellement aucun communiqué n’a émané des autorités la veille comme à leur habitude, interdisant ladite marche. Et c’est ainsi que la marche a avorté dans le silence, pour éviter la confrontation. A l’analyse, on croit comprendre que nos autorités sont conscientes du bien-fondé des revendications et de la réaction de la Centrale syndicale, et c’est pour cette raison qu’elles se sont empressées de manipuler les syndicalistes par le payement d’un mois d’arriéré, pensant les faire revenir de ce  fait, à de meilleurs sentiments. Mais la mayonnaise n’a pas pris. Elles sont conscientes, ces autorités, que sortir un communiqué interdisant cette marche somme toute légitime, constituerait bien un discrédit pour elles, car il n’y a pas longtemps, une sortie similaire des travailleurs avait avorté après que le gouvernement et les syndicalistes s’étaient rencontrés pour trouver un terrain d’entente.

            Mais comme au Togo, nos dirigeants ne respectent jamais la parole donnée et qu’ils sont beaucoup plus préoccupés par la roublardise, la politique politicienne, le mensonge et toutes sortes de tares, voilà à quelle extrémité, le peu de sérieux de la part de nos responsables politiques peut conduire. Qui pouvait croire qu’après les concertations entre le gouvernement et les syndicats, il y a quelques mois, la situation stagnerait ainsi jusqu’à ce jour ? Et quand on vous dit que nos autorités ont tout l’air de gens sur lesquels pèse une malédiction pour toute leur vie, certains semblent ne pas le croire. Mais cela semble se vérifier tous les jours que le bon Dieu fait.

            Il y a quelques semaines, un prêtre disait au cours d’une célébration eucharistique et avec beaucoup d’amertume, que « s’il y avait un championnat mondial de mensonge, le Togo le remporterait à chaque fois et très loin devant les autres pays du monde ». Et de regretter qu’ «on a tellement menti dans ce pays, que nos enfants en sont contaminés». C’est dommage que le Togo ne sache que s’illustrer négativement et que l’on ne sente de la part des premiers responsables, aucune bonne volonté d’améliorer les conditions de vie des populations. Une marque de malédiction ? Réfléchissons-y !

   Alain SIMOUBA

Coupe du Monde U-17 2007 : Responsabilité des autorités politiques et sportives dans le bilan peu élogieux de la participation togolaise

Nous nous félicitons que les responsables sportifs togolais aient pu avoir, disons-le net, la présence d’esprit d’organiser un accueil appréciable à nos petits ambassadeurs qui ont vaillamment défendu les couleurs nationales en Corée du sud. Car dans ce pays, il est difficile de compter sur tout ce que l’on appelle : Responsables. Leurs carences crèvent les yeux la plupart du temps. Que les vérités ne blessent pas ! Nous devons construire dans la vérité. Nous avons beaucoup apprécié le communiqué du Comité provisoire à la tête de la FTF, conviant la population à réserver un accueil chaleureux à nos joueurs à leur retour. Compte tenu surtout de leur adolescence, ils méritent un bon et tendre traitement psychologique, susceptible de les remettre d’aplomb et en confiance. Nous tenons à dire pour une fois, bravo à nos responsables sportifs et politiques.

Après la décevante prestation lors du dernier match opposant nos jeunes garçons à leurs homologues sud-coréens, nous étions certains que les autorités sportives et politiques togolaises, telles que nous les connaissons, allaient carrément oublier les deux beaux premiers matches qui les ont certainement amenées à crier ou sauter de joie devant leur poste téléviseur, en ne gardant en tête que la piètre performance devant le pays organisateur. Tel ne fut heureusement pas le cas. Dieu merci.

Défaite contre la Corée

Beaucoup de choses ont été dites et écrites après la mauvaise prestation de nos cadets face au pays organisateur. L’homme de la rue dont nous ne tiendrons pas trop compte de l’appréciation dans notre analyse, et pour cause, est allé jusqu’à jeter la pierre à des joueurs dont il avait vanté les prouesses et les mérites lors des rencontres précédentes contre le Costa Rica et le Pérou, tout simplement parce qu’ils avaient raté des buts, ou parce qu’ils avaient dominé sans gagner. C’est dans la nature de l’homme. Nous, nous avons essayé, avec du recul, de comprendre cette mauvaise prestation lors du match livré le 24 août 2007 par les frères Ségbéfia et leurs camarades et la leur pardonner.

Globalement la démarche semble avoir été presque identique chez beaucoup d’autres qui ont vite compris qu’ils méritaient félicitations et non des pierres. Pour une première participation, ils sont loin de ceux qui ont volé en éclat devant leurs adversaires par des scores fleuve. Deux buts marqués contre trois encaissés sur l’ensemble des trois rencontres. Il faut le faire ! Ils ont prouvé qu’ils n’ont pas usurpé leur titre de vice-champion d’Afrique. Le sentiment général a été la déception et l’amertume au sein du public sportif togolais. Et si l’on se mettait à la place du public sportif coréen, hôte des compétitions et dont l’équipe avait été battue par deux fois et éliminée aussi au premier tour sous ses yeux ?

La logique aurait voulu que, du fait que les Costaricains et les Péruviens avaient battu le pays organisateur respectivement par 2 buts à 0 et 1 but à 0, et qu’aucun de ces deux pays n’avait pu battre le Togo, ce soit ce dernier qui s’en sortît victorieux de la confrontation avec la Corée du Sud. Mais le football ou le sport en général ne relevant pas de sciences exactes, tout le monde a vu ce qui était arrivé ce vendredi-là et nous autres, nous nous étions demandé un moment si la Corée savait si bien jouer au ballon avant de perdre à deux reprises successives devant son propre public. Nous sommes même allés un peu plus loin en nous demandant si on leur avait fait ingurgiter par hasard une drogue. Devant eux, des Togolais qui quelques jours auparavant, avaient fait une bonne démonstration de football à leurs précédents adversaires, ont été malmenés et promenés d’un bout à l’autre de la pelouse par les Coréens comme des âmes en peine. Ces Togolais si irrésistibles, si vifs et rapides, si solides sur les balles avec une excellente technicité et une condition physique à toute épreuve avaient pris l’eau.

Responsabilité de nos autorités

Tout compte fait, la défaite du Togo relève de la trop grande pression qui avait pesé sur les épaules de ces jeunes peu aguerris. A un moment donné, ils avaient craqué sur le terrain. La volonté, ils en avaient à revendre, mais ils étaient limités ce jour-là. A l’impossible, nul n’est tenu. Combien de rencontres de préparation dignes de l’enjeu, les responsables sportifs et politiques avaient cru devoir organiser pour nos joueurs ? Il avait fallu la générosité des Allemands pour la prise en charge des joueurs à Wangen avec des matchs préparatoires aux résultats un peu flatteurs. Nous ignorons si les règlements du football interdisaient aux Togolais, en dehors des rencontres de la CAN U-17 jouées au Togo, de faire une tournée entre temps dans les trois autres pays qualifiés de l’Afrique (Tunisie, Nigeria et Ghana), de potentiels sérieux ‘’sparring-partners’’ pour des rencontres amicales. Cette tournée pouvait se négocier pour nos joueurs. Si cette participation de nos jeunes au Mondial constituait réellement un événement pour nos autorités, pourquoi lésinerait-on sur les moyens ? On aurait exploré toutes les voies susceptibles d’aguerrir nos cadets.

Rappelons que ces cadets, dans leur formule actuelle, n’avaient jamais eu à disputer des matchs de compétition pour se qualifier pour la CAN U-17, et nous pensons que ces jeunes qui n’avaient jamais auparavant été confrontés à un grand public hostile ou entièrement acquis à la cause de l’adversaire comme lors du match contre la Corée, ont subi trois types de pression : celle du public coréen, celle des joueurs adverses tenus de sauver l’honneur à tout prix, mais aussi la pression lointaine d’un public absent et silencieux mais tout de même très présent, constitué de millions de Togolais qui attendent beaucoup d’eux et qu’il ne fallait pas décevoir.

Il nous arrive de voir en nos dirigeants, politiques ou sportifs, des velléitaires. Ils engagent machinalement nos équipes dans les compétitions, mais n’osent pas y mettre les moyens nécessaires comme le font les autres nations qui savent ce qu’elles veulent, d’où nous ne pouvons avoir que les résultats mitigés que nous méritons comme ceux de la campagne sud-coréenne, quand bien même nos jeunes sont animés d’une volonté à soulever les montagnes. Si nos autorités étaient réellement animées de la volonté de faire de notre nation, une grande nation de football, elles n’avaient qu’à s’informer auprès des pays comme le Ghana, le Nigeria, le Cameroun, etc,  pour savoir comment leurs responsables s’y sont pris pour avoir une telle assise aujourd’hui en matière de football. C’est simple. Que personne ne nous dise, qu’il n’y a pas d’argent ! S’il s’agissait d’investir dans des secteurs improductifs et non rentables pour le pays et qui ne sont que des gouffres financiers, on ne se pose guère la question de savoir s’il y a de l’argent ou non. La jeunesse pour ces hommes n’a aucune espèce d’importance et pourtant c’est pour elle qu’ils prétendent agir. Pour les grandes ripailles, les grandes messes, les funérailles exagérément onéreuses et les grandes parades militaires, on sait toujours où trouver de l’argent.

Un compatriote disait après notre élimination que « tout ce qui préoccupe les responsables politiques togolais dans cette histoire de coupe du monde, lorsque les équipes en viennent à se qualifier, ce n’est pas l’honneur que cela représente pour le pays, car ils n’ont aucun sens de l’honneur, mais c’est plutôt les retombées financières d’une telle  participation, et cela, pour leurs poches » et d’évoquer l’affaire Wangen 2006 avec le sieur Rock Balakiyèm. A y voir de près, ce compatriote a vu juste. Car comment comprendre, que l’on sache l’importance du public dans une compétition sportive ou celle des supporteurs pour une équipe, mais qu’on n’eût privé nos enfants de supporteurs en Corée du Sud. Nul ne se tromperait en avançant que les Eperviers cadets seraient l’unique équipe à ne pas avoir eu de supporteurs en Corée. Si lors des deux premiers matchs, les Togolais avaient joué tout à l’aise, notre analyse, nous fait dire que c’est parce que le maigre public coréen (on le sentait dans les retransmissions) était acquis à la cause des nôtres.

Autre preuve, qui atteste de la véracité d’une telle affirmation : si la participation à la phase finale de la coupe du monde de football était un point d’honneur pour nos dirigeants, nous aurions senti un geste d’encouragement et de soutien de l’exécutif, surtout du chef de l’Etat à l’endroit de nos jeunes frères, au moment crucial de l’attente du match fatidique contre le pays organisateur. Cela leur aurait mis du baume au cœur. Même un journaliste sportif togolais, à la fin de la rencontre contre le Pérou, analysant sur l’une de nos chaînes de télévision, les chances de qualification du Togo après son deuxième match nul, émit l’hypothèse, qu’un simple message de soutien par exemple du chef de l’Etat à l’adresse des enfants, serait une véritable bouffée d’oxygène pour eux. Dans un pays normal on ne se ferait pas prier pour un geste si simple qui ne coûte pas un sou. Encore que l’on est arrivé au pouvoir avec la propagande de « candidat de la jeunesse ». Naïvement,  nous autres, nous nous y attendions jusqu’au dernier moment où, nenni ! Alors n’est-ce pas assez parlant tous ces silences ?

Hier on nous disait : « Aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de l’avenir de la jeunesse ». C’était au temps du défunt chef de l’Etat. Et nous avons tous vu les résultats sur tous les plans. Depuis avril 2005 nous avons « un candidat de la jeunesse », mais la jeunesse ne connaît pas un meilleur sort jusqu’ici, surtout, cette jeunesse sportive combattante qui se bat réellement en dépit des moyens limités à sa disposition. Pas grand égard. Pour avoir promis 1 million de FCFA en cas de match nul et 2 millions en cas de victoire, nos dirigeants croient avoir cueilli la lune pour les enfants. Cela leur suffit pour se frotter les mains d’avoir fait quelque chose. Aucune volonté réelle de se surpasser et d’émerveiller, de sortir des sentiers battus. Sommes-nous des gens bornés et complètement limités dans notre imagination au Togo ? 

Eternel problème d’entraîneur

Cela aussi est à mettre au compte de l’aventurisme, du laxisme et de l’amateurisme de nos hommes politiques. On est finalement forcé de comprendre que nos dirigeants n’ont toujours pas l’esprit décolonisé et que pour eux, sans le Blanc, on n’arrivera à rien. Nos frères du Ghana et du Nigeria qui sont parvenus, pour le premier en demi-finale, et en finale avec la coupe dans les valises pour le second, n‘ont que des ‘’Peau noire’’, des Africains, des nationaux comme entraîneurs. Nous avons vu ce dont les poulains de ces ‘’Peau noire’’ ont été capables et cela doit nous amener à enterrer le mythe de l’homme blanc en sport. Personne parmi les Togolais, sauf les dirigeants sportifs et politiques, ne comprend cette décision de mettre le technicien allemand Paul Sauter à la tête des Eperviers cadets, à moins de trois mois du démarrage de la compétition. Nous devons apprendre à nous faire confiance.

Même si c’est par sympathie que M. Sauter avait été mis gratuitement à notre disposition par la Bundesliga, si nous étions des gens mûrs dans le pays, gentiment nous aurions avancé des arguments valables pour laisser M. Abraw Samer continuer son ouvrage. Cela, beaucoup l’avaient souligné déjà. Cela était-il si compliqué ? Il est grand temps de savoir ce que nous cherchons. Nous avons de très bons techniciens qui nous coûtent moins cher par rapport aux expatriés. Il suffit de leur faire totalement confiance. Mais nous devons aussi savoir qu’on aura beau mettre à la disposition du football togolais, le meilleur technicien mondial du foot, il ne réussira rien au Togo, tout simplement parce que nos dirigeants s’embrouillent et manquent cruellement de lucidité dans les moments les plus décisifs. Ils n’ont aucun sens de la motivation pour la promotion du sport et de la culture dans notre pays. Combien d’entraîneurs blancs n’ont pas eu à traîner leur bosse au Togo pour notre foot ces 30 dernières années ? Et combien de coupes avons-nous déjà gagnées au simple niveau africain ? Que d’argent perdu pour rien !

Pour notre part, nous pensons que M. Sauter que nous respectons bien, aura perdu son temps pour rien à la tête de nos jeunes garçons. M. Abraw Samer qui est un produit du football allemand, formé à Leipzig, est d’ailleurs bien outillé pour diriger nos jeunes jusqu’en Corée. Nos dirigeants doivent mûrir et apprendre chez les autres pour le bien de notre sport. Autrement, nous serons condamnés à un éternel recommencement et l’essentiel pour nous sera toujours de participer, selon cette expression du baron Pierre de Coubertin, battue depuis longtemps en brèche. Nos dirigeants, tels que nous les connaissons, ne sont pas loin d’attribuer à Paul Sauter l’élimination précoce de notre équipe « pour incompétence ». Alors que cette incompétence est à rechercher dans leurs propres rangs.

Bonne leçon pour le public togolais

Nous avons tenu à saluer le courage, la persévérance, la détermination, la mobilisation, le fair-play et le grand esprit de tolérance des Sud-coréens à l’égard de leur équipe. Nous les avons admirés, car ils nous ont administré une bonne leçon de sportivité et d’amour. Le public sportif togolais aurait déserté le stade déjà après le premier match perdu en tant qu’hôte de la compétition. Quelle n’a pas notre étonnement de voir que le stade était plein comme au premier match disputé par la Corée du sud contre les Péruviens.

Il faut reconnaître que cette mobilisation derrière leur équipe, en dépit des deux défaites consécutives enregistrées, a été un facteur déterminant pour arracher de très belle manière, qualité du jeu y compris, la victoire de 2 buts contre 1 face à l’équipe togolaise. Le public sportif togolais doit s’inspirer de cette leçon. C’est dans les moments de fléchissement, c’est dans la défaite que nous devons nous mobiliser encore davantage et porter à bout de bras nos équipes vers le succès final. Ne dit-on pas qu’on soutient ce qui tombe ?  Notre émerveillement devant un tel état d’esprit ne saurait nous échapper dans cet article que nous avons voulu assez critique à l’égard des pouvoirs publics et des responsables sportifs du pays qui se permettent trop de laxisme, d’incohérence et d’incongruité dans la gestion de la chose sportive nationale tout comme dans d’autres domaines.

Nous pensons que les postes qu’ils occupent au niveau de l’appareil d’Etat, ainsi que le niveau d’instruction qui est le leur et qui permet à un Togolais d’être ministre ou président de fédération ou directeur de cabinet ou que savons-nous encore, sont à valoriser en démontrant au peuple dont ils sont tous des serviteurs, qu’ils sont réellement utiles à quelque chose. Chacun doit marquer son temps, laisser des traces et non des trous. Autrement, leur place serait au champ, à la pêche ou ailleurs, jamais à un poste où l’on élabore les réflexions de haut niveau pour la prospérité d’une nation et d’un peuple.

Nous allons terminer en adressant le message suivant à nos Eperviers cadets. Jeunes Eperviers, vous avez été assez braves ! Vous nous avez séduits. Si vous n’êtes pas allés plus loin, ce n’est pas de votre faute. C’est la faute à nos dirigeants et que personne ne vous convainque du contraire ! Vous êtes l’une des rares équipes, mieux, la seule équipe cadette au Mondial, lâchée dans l’arène sans supporteurs pour vous pousser à plus de réussite. Vous avez fait ce qui est humainement possible. Quand on dit que nous n’avons pas de buteurs de classe dans votre équipe, nous, nous disons non !

Nous réaffirmons que si votre entraîneur, M. Abraw avait continué son travail jusqu’en Corée, le résultat n’aurait pas été le même. Nous vous demandons de continuer à travailler, à être disciplinés, à observer toutes les règles que doit observer un bon sportif qui veut aller loin. Vous avez de l’avenir et le peuple compte beaucoup sur vous pour les années à venir, en vue de faire sa fierté. Que Dieu vous garde ! Merci pour ce que vous nous avez offert à Lomé, face au Nigeria et en Corée, face au Costa Rica et au Pérou. On sent que ça vient et ce sont de bons indicateurs. Sachez  surtout que le sport que vous pratiquez, c’est d’abord pour vous et pour votre peuple. Ne comptez surtout pas sur ces dirigeants qui sont juste aptes à utiliser le sport, quand cela les arrange, pour une récupération politique. On l’a vu en 2005. Si notre critique peut amener demain, comme par hasard, ceux qui prétendent nous gouverner à se réveiller de leur sommeil pour faire mieux, ensemble nous leur chanterons Alléluia.

Alain SIMOUBA

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 
 
 
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